29.04.2008

Pourquoi j'ai voté Sarko au 2nd tour. Bilan un an après.

Comme un certain nombre d'électeurs centristes, j'ai fait le choix, au second tour de l'élection présidentielle de voter pour Nicolas Sarkozy. Retour sur les raisons qui ont fondées ce choix et bilan après un an de sarkozysme présidentiel.

Après l'échec relatif de Bayrou au 1er tour, les centristes se trouvaient face à une triple alternative. L'abstention par dépit. Le vote Royal par esprit contestataire. Le vote Sarkozy par esprit constructif.

Le premier, confortable, mais finalement peu responsable, était tout à fait honorable. Voter pour Sarko ou Ségo, c'était en effet tirer un trait sur l'aventure bayrouiste. C'était considérer que les centristes ne pourraient, dans la séquence à venir, poursuivre leur stratégie d'autonomie.

Le vote Royal quant à lui, était essentiellement tactique. Donc selon moi bien moins honorable. Il s'agissait de tenter de faire perdre Sarko coûte que coûte, quitte à renier à la fois ses idées et le rêve d'un centre qui n'aurait pas été plus autonome comme supplétif du PS qu'il n'a pu l'être comme allié-soumis au RPR dans le passé.

Reste le choix Sarko. Pour moi, plus que stratégique, il fut aussi un vote d'adhésion. Par défaut. Mais un vote d'adhésion tout de même.

Première raison, le volontarisme. Sarkozy, en tant que ministre de l'intérieur, mais aussi sous Balladur en tant que ministre du budget avait su démontrer qu'il était une nouvelle incarnation du volontarisme en politique. L'idée qu'en agissant, il est toujours possible de faire plus qu'en restant essentiellement passif, comme avaient pu l'être, au moins dans leur style suranné et compassé, Mitterrand et Chirac.

Deuxième raison, la rupture face au système. Si la véritable rupture était bien celle prônée par Bayrou, celle qui aurait fait voler en éclat, par sa seule élection, une bonne partie des pratiques et des institutions de la Ve République, Sarko avait lui aussi été le chantre d'une rénovation en profondeur du système politique. Et sur des fondements plus crédibles que la démocratie participative ségoléniste, impraticable et dangereuse pour la démocratie représentative, la seule qui vaille à mes yeux.

Troisième raison, le programme économique. Si le programme de Sarko sentait bon la machine à promesses, il était toutefois principalement d'essence libérale. Seul véritable point noir, sa mollesse quant aux déficits publics et le mirage d'un certain dirigisme économique à la grand papa. Mais sur ces deux points, je n'avais pas trop d'inquiétude quant à la realpolitik à laquelle il serait bien obligé de se plier. Qu'il s'agisse du déficit ou de l'interventionnisme, il serait bien obligé de se rendre rapidement aux évidences respectives de l'urgence et l'impuissance.

Quatrième raison, le rassemblement. Pour moi, le centre est le fruit d'une tradition historique, il est porteur d'un corpus de valeurs qui le porte naturellement à s'allier avec les forces de droite, pourvu qu'elles soient relativement modérées. Contrairement à ce que l'on a bien pu dire durant la campagne, Sarko incarne une droite relativement modérée. Bien moins libérale qu'un Madelin avec lequel nous fûmes pourtant alliés jusqu'en 1998. Bien plus sociale que la plupart des droites européennes. La droite française reste une droite influencée par le syncrétisme gaulliste, qui la positionnerait au centre-gauche dans bien des États membres de l'Union. L'intérêt d'une alliance avec le centre, c'est que ce dernier la modère sur ses travers. Au dirigisme, le centre répond libéralisme. A l'individualisme, le centre répond humanisme social. Au nationalisme, le centre répond Europe. Aux valeurs traditionalistes, le centre répond ouverture sur les sujets sociétaux. En tout cas, le centre tel que je le conçois.

Cinquième raison enfin, l'adhésion à la bipolarisation. Votez Sarko, c'était aussi assumer que la France était, depuis l'élection au suffrage universel instituée en 1962, entrée dans un système politique viscéralement bipolaire. Et que les Français l'avait accepté massivement, trouvant en l'alternance, devenue possible depuis 1981, une façon de faire vivre la démocratie. Revenir sur cette bipolarisation n'est possible qu'en changeant le mode de scrutin présidentiel. Ce qui est impossible. En outre, bipolarisation ne veut pas dire bipartisme, mais seulement l'affrontement de deux coalitions naturelles de partis, l'une ancrée à droite, l'autre à gauche. Dans la bipolarisation, le centre peut donc continuer à jouer un rôle, certes minoritaire. Mais à long terme, rien ne lui interdit de modifier sa stratégie d'alliance. Avec un PS rénové, dans le cadre d'un contexte local ou régional particulier, le centre reste une force libre, capable de s'allier intelligemment. Mais cela n'est possible, comme dans les autres États européens, que dans un cadre clair pour le citoyen-électeur. Quand la CDU allemande s'allie avec le SPD au niveau fédéral ou avec les Verts à Hambourg, cela reste exceptionnel et non une règle de l'alliance à géométrie variable systématique.

Passons maintenant au bilan.

Sur le volontarisme, la déception est grande. Plutôt que de volontarisme, Sarkozy a fait preuve d'agitation tous azimuts. Le volontarisme aurait consisté à une sorte de Grenelle général. Une traduction concrète, avec échéancier, de ses promesses de campagne en un programme législatif de mandature. Bien au contraire, la réforme a été lancée dans tous les domaines sur le mode classique de la réformette. Plutôt que de réformer le système fiscal en profondeur, on nous a livré un paquet fourre-tout, peu lisible, et qui plus est sans réel effet immédiat. Plutôt qu'une réforme de l'enseignement, on a donné une semi-autonomie aux universités. Puis on a distillé, sans mise en perspective, des réformes de l'éducation nationale, qui semblent être autant de perles enfilées sur un collier que l'on sait déjà sans fin depuis 30 ans. Plutôt que de libéraliser la vie économique là où cela est nécessaire, on a enchaîné les petites touches cosmétiques. L'abrogation des lois Royer-Raffarin-Galland en est certainement le plus bel exemple, la touche Chatel ayant inutilement précédée la touche Lagarde actuellement en débat, pas encore assez radicale pour réellement changer la donne.

Sur la rupture face au système, Sarkozy a confirmé qu'il était bel et bien dual en la matière. Si la réforme des institutions annoncée reste porteuse de belles avancées, Sarkozy n'a pas véritablement rompu avec le système clanique des ères Mitterrand et Chirac. Le retour d'un Guaino plus pathétique qu'inspirant une tendre nostalgie, l'omniprésence du couple Balkany en véritable décalcomanie des réseaux Pasqua, la répartition des postes élyséens et ministériels qui tient compte de l'humeur de la Première Dame, sont autant de signes que Sarko raisonne plus chef d'une bande de copains, qu'en chef d'un État moderne et démocratique.

Le programme économique. Là aussi, nous sommes loin du compte. Mais force est de constater que Sarkozy s'en est plutôt tenu à son programme initial. Mi libéral, mi dirigiste, mi père-la-morale, mi démagogue, il ne lui aura pas fallu six mois pour s'engluer définitivement dans son refus de faire des choix responsables. Plutôt que d'assumer d'emblée les réalités, Sarkozy a préféré tenter de bercer les Français dans l'illusion que nous pouvions éviter d'adapter notre économie à la mondialisation. Point de réelle remise en cause des 35h, point de traitement de choc contre le déficit et la dette publics, point de réforme de l'État-providence... Mais sur ce point, Sarkozy n'aura pas le choix. L'État n'a plus de marges de manœuvre budgétaires et les coupes ciblées qui sont actuellement réalisées démontrent l'impasse dans laquelle il se trouve. Mais plutôt que d'être le Président qui aura mis les Français face aux réalités, Sarko restera certainement celui du bonimenteur aux "poches vides". Un boulet bien lourd et dont il aura bien du mal à se délier.

Sur le rassemblement, Sarkozy a plus que rempli sa mission. Je reste un fervent amoureux de l'ouverture. Même si elle n'a pas l'ampleur qu'elle pourrait avoir en raison du sectarisme qui inspire profondément l'opposition socialo-bayrouiste, cette ouverture est bien celle dont, nous centristes, avions rêvé. Un gouvernement rassemblant Kouchner, Borloo, Alliot-Marie, Dati, Bockel, Lagarde, Yade, Wauquiez, Darcos... des missions confiées à Bourlanges, O. Duhamel, Attali, Amara, Hirsch, Simone Veil, cela reste une belle aventure politique. Et au-delà du coup politique, des symboles porteurs de sens, et l'intégration de valeurs différentes dans un esprit pluraliste. Quel dommage cependant que Bayrou n'est pas su donner à l'UDF la place qui lui revenait dans ce schéma. Mais à côté de ce tableau plus que séduisant, reste l'UMP. La large victoire aux législatives n'a fait que renforcer son godillotisme grognon par la réélection de bon nombre de députés aussi nuls qu'issus de la droite la plus conne du monde. Là encore, avec le score réalisé par l'UDF au 1er tour de la présidentielle, il aurait sans doute été possible de rééquilibrer quelque peu cette majorité en négociant des circonscriptions "gagnables" pour des candidats centristes. Las, il ne nous reste que la grosse vingtaine de députés NC et l'autre petite vingtaine de députés radicaux. Une force bien maigre, à côté des centaines d'UMP, aussi bien élus qu'une vache l'autre été avec l'étiquette Sarkozy agrafée à l'oreille droite.

Sur la bipolarisation, là aussi, le contrat est rempli. Il n'était d'ailleurs pas question de contrat, mais tout simplement de logique. Et son application était bien moins l'affaire de Sarkozy que celle des Français. En lui donnant une majorité franche au 2nd tour de la présidentielle, ils ont confirmé leur validation d'un système bipolaire. Sans réserve. Tout comme aux législatives, où entre les deux tours, ils ont porté leurs voix sur des candidats socialistes pour modérer le raz-de-marée umpiste annoncé. Tout comme aux municipales, où, lorsqu'ils ont voulu sanctionner la droite, ils ont voté à gauche, et vice-versa.

Alors, au final, était-ce un bon choix que de voter Sarkozy ?

Peut-être pas si l'on tient compte de son échec sur les principales questions de fond. Mais aurait-il mieux valu voir l'élection de Ségolène. Rien n'est moins sûr. Nous aurions certainement eu droit à un grand n'importe, sans plus de rigueur économique, sans plus de méthode dans la mise en œuvre des réformes et assurément avec encore moins d'intensité, et, qui plus est, nous n'aurions certainement pas eu d'ouverture.

Peut-être pas non plus si l'on considère que Bayrou a finalement survécu. Au fond de sa chapelle, abandonné des Français qui lui conservent pourtant une affection parfois un peu honteuse, souvent superficielle et qui ne se traduit nullement en acte d'amour électoral, Bayrou entretient la petite flamme du centrisme révolutionnaire, qui nous a tant fait espérer jusqu'au soir du 22 avril 2007. Mais la chapelle qu'il s'est construite est entourée d'un champ de ruine. En rompant de façon définitive avec ses racines, ses amis et l'homme de centre-droit, viscéralement démocrate-chrétien, qu'il est au fond de lui, la flamme qu'il entretient n'a d'autre destin que d'attendre que la chandelle qui la fait luire finisse par se consumer. Pas plus qu'au soir du 22 avril, le choix du non-choix que nous a imposé Bayrou n'a de sens.

Voter Sarkozy est donc un choix que je continue d'assumer. Parce qu'il reste un choix par défaut. Parce qu'il ne fut pas un choix irraisonné, qu'il ne fut pas le choix d'un militant aveuglé par ses croyances. Si Sarkozy m'était apparu véritablement sincère dans son volontarisme, sa capacité à rompre avec le système, son courage à assumer une ligne économique nécessaire, je n'aurais pas voté Bayrou au 1er tour. Ce que je regrette le plus au final, c'est que Sarkozy ne se soit pas muer en un autre, qu'il n'ait pas changé plus qu'il ne nous avait dit avoir changé.

Mais au final, j'ai voté sur un programme clairement présenté, par un homme dont je savais la personnalité, les qualités et les défauts.

Cela reste le principal avantage d'avoir voté Sarkozy. Celui d'avoir voté pour un candidat qui s'est placé en situation d'hyper-responsabilité. Une hyper-responsabilité qu'il a assumé et qu'il ne peut qu'assumer jusqu'à la fin de son mandat.  Sarko aura certainement apporté beaucoup à notre démocratie en ce sens.

Et si les Français l'aiment si peu aujourd'hui, c'est certainement qu'en assumant son programme et ce qu'il est, Sarkozy leur rappelle chaque jour à quel point ils ont voté pour lui en connaissance de cause. Et en conscience.

28.08.2007

L'UMP remporte la sénatoriale partielle dans l'Hérault. Le MoDem fait 5%.

Le maire UMP de Béziers Raymond Couderc a remporté l'élection sénatoriale qui se déroulait dans l'Hérault. Il succède au sénateur PS démissionnaire suite à son élection à l'Assemblée nationale. Le MoDem, qui avait présenté un candidat ne passe pas, sans surprise, le premier tour. Avec un score de 5%. Honorable selon les responsables locaux, mais surtout bien peu pour qui entend bousculer l'alternance droite-gauche.

a1d5b443ee7f8fe77575b554d6e2b730.jpgRaymond Couderc (UMP), maire de Béziers, a remporté dimanche au second tour la sénatoriale partielle organisée dans l'Hérault pour remplacer le socialiste André Vézinhet, élu en juin député de la 2e circonscription de ce département.

2.010 grands électeurs étaient convoqués aux urnes pour ce scrutin qui a vu l'UMP remporter un bastion socialiste avec 53,04% des suffrages pour Raymond Couderc contre 46,96% pour sa rivale PS, Karine Chevalier.

Mieux placée sur papier puisqu'il s'agissait de remplacer un sénateur socialiste, cette dernière a souffert du passage à droite de plusieurs villes du département dont Sète et Agde depuis l'élection de M. Vézinhet en 1998.

Les résultats du second tour ont été proclamés très tard en raison de débats sur la validité de certains bulletins sur lesquels figuraient uniquement le nom du candidat UMP Raymond Couderc et pas celui de sa suppléante. M. Couderc, retenu par un problème d'avion en Bolivie, n'a pas pu lui-même déposer sa candidature au second tour et a dû laisser agir sa suppléante.

Six candidats s'étaient présentés à cette sénatoriale partielle: M. Couderc, Mme Chevalier, le secrétaire de la fédartion PCF de l'Hérault Jean-Louis Bousquet, Dominique Canu du Modem, le président du groupe FN au conseil régional de Languedoc-Roussillon Alain Jamet et un non inscrit, Christian Olive.


Premier tour:


Inscrits: 2.010
Votants: 1.973
Bulletins blancs: 58
Exprimés: 1.915

Alain Jamet (FN) : 32 voix (1,67%)
Jean-Louis Bousquet (PCF): 279 voix (14,57%)
Raymond Couderc (UMP): 817 voix (42,67%)
Karine Chevalier (PS): 629 voix (32,84%)

Dominique Canu (Modem): 106 voix (5,53%)
Christian Olive (SE): 52 voix (2,72%)

Second tour:

Inscrits: 2.010
Votants: 1.950
Bulletins blancs: 191
Exprimés: 1.759

Raymond Couderc (UMP): 933 (53,04%)

Karine Chevalier (PS): 826 (46,96%)

© 2007 AFP - Le 26/08/2007 à 21:11

08.07.2007

Amendement sur le bouclier fiscal : "On est pas là pour faire des cadeaux aux plus riches"

Un article paru sur Liberation.fr fait le tour de la passe d'arme entre Copé et les députés du Nouveau Centre. En voici quelques extraits.

bc41888d4671c315b2e54bf32069e305.jpg« Je ne comprends pas cette agitation, réagit Charles de Courson, l’auteur de l’amendement. Il y a sans doute surréaction. Mais le Parlement va jouer tout son rôle. De toutes façons, je suis député Nouveau Centre, je n’entends pas me laisser donner des ordres par qui que ce soit.»

Si la querelle s’envenime, c’est qu’à la commission des finances, une bonne partie des députés de droite s’estiment bernés par les derniers développements du paquet fiscal. Auditionnée mardi, Christine Lagarde, la ministre de l’Economie a fait grimper d’un coup la facture des cadeaux fiscaux de 11 à au moins 13 milliards d’euros. Surtout, l’annonce par Christine Lagarde que la France va «sans doute être amenée à creuser un peu sa dette» pour «dégripper» le pays, a agacé des députés qui pensaient avoir signé pour une politique de désendettement et de réduction des déficits. Faute de la voir se profiler, le débat parlementaire servira à recadrer les débats.  «On est pas là pour faire des cadeaux aux plus riches, dit un député Nouveau centre. Notre feuille de route était claire : la dette, la dette, la dette.» D’autres amendements sur les parachutes dorés ou les heures supplémentaires défiscalisées vont tomber. Jean-François Copé n’a donc pas fini de taper du poing sur la table.

« En vérité il y a trois débats autour de la question du bouclier fiscal, résume Charles de Courson. Un débat politique, un constitutionnel et un technique. » Politique, expliquent les députés favorables à l’amendement, parceque Nicolas Sarkozy n’aurait jamais vraiment tranché sur l’idée d’intégrer ou non les deux cotisations CGS et CRDS au bouclier. Le problème constitutionnel relève, lui, de l’égalité devant l’impôt. En créant un super-bouclier, le risque est de rendre l’impôt dégressif pour certains contribuables : les ménages les plus riches paieraient moins d’impôt que les classes moyennes. La gauche pourrait être tentée de contester cette disposition devant le Conseil constitutionnel.

Certains membres UMP de la commission des finances donnent, à mots couverts, une autre explication : le bouclier fiscal tel qu’il existe aujourd’hui (à 60 %) n’aurait pas donné entière satisfaction. Cette arme contre l’évasion fiscale devait à l’origine bénéficier à 90 000 contribuables. Par un simple courrier aux services fiscaux, ils peuvent réclamer le remboursement d’un trop perçu par les services des impôts. Selon les premiers chiffres de 2006, «seulement» une dizaine de milliers de contribuables auraient demandé à en bénéficier. Neuf fois moins que prévu, sans doute par crainte des contrôles fiscaux. «Avant d’abaisser à nouveau le bouclier, explique un député de l’UMP, voyons pourquoi il ne joue pas à plein.» 

Par Muriel Gremillet | QUOTIDIEN : samedi 7 juillet 2007

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06.07.2007

Sauvadet à Copé : "La majorité n'a pas besoin de surveillant général"

Article paru sur NouvelObs.com

Le chef de file des députés du Nouveau centre lance un avertissement au président du groupe UMP, qui a refusé un amendement excluant la CSG et la CRDS du bouclier fiscal.

98f965c5e08698030a88dd7e12dc64d0.jpgLe président du groupe Nouveau centre à l'Assemblée nationale, François Sauvadet, a lancé un avertissement à son homologue de l'UMP, vendredi 6 juillet. La "majorité n'est pas un pensionnat" et n'a "pas besoin d'un surveillant général", a-t-il lancé à l'adresse de Jean-François Copé, le président du groupe UMP, après qu'il a refusé un amendement sur le bouclier fiscal.
Cette déclaration constitue le premier incident public entre les dirigeants de la majorité présidentielle.

"Feuille de route"

Jean-François Copé avait affirmé un peu plus tôt, vendredi, que l'amendement voté jeudi en commission des Finances excluant la CSG (Contribution sociale généralisée) et la CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale) du bouclier fiscal ne serait "pas adopté" lors de l'examen en séance du "paquet fiscal".
Jean-François Copé a affirmé qu'il était "hors de question que le groupe UMP adopte cet amendement" voté la veille en commission des Finances contre l'avis du rapporteur général, Gilles Carrez (UMP).
"Je veillerai scrupuleusement à ce que la feuille de route du président de la République soit intégralement adoptée, je suis tout à fait ouvert aux amendements qui améliorent le texte mais tout à fait défavorable à ceux qui le dénaturent", a affirmé l'ancien ministre du Budget, se disant prêt à "taper du poing sur la table".

"Respecter le travail des parlementaires"

A l'adresse des parlementaires du Nouveau Centre, Jean-François Copé a mis en garde: "le Nouveau Centre ne peut pas être un pied dedans, un pied dehors, nous avons été élus sur une feuille de route".
François Sauvadet lui répond que "le dialogue et l'ouverture voulus par le président de la République et que (le NC) partage pleinement doit s'exercer à l'Assemblée nationale". "Car si le débat n'a pas lieu là, il risque d'avoir lieu ailleurs". François Sauvadet observe que l'amendement de Charles de Courson (Nouveau Centre) lui semblait "juste" et avait été "adopté à la majorité de la commission avec l'appui de plusieurs parlementaires UMP".
"On ne peut pas vouloir la revalorisation du rôle du Parlement sans respecter le travail des parlementaires et leur rôle de propositions", a-t-il fait valoir.

 
"Supprimer l'ISF pour les riches".
 
Jeudi, la commission des Finances a voté un amendement excluant CSG et CRDS du bouclier fiscal, en estimant qu'en incluant ces deux contributions le bouclier n'était pas ramené à 50% mais à 39%, ce qui revenait à "supprimer l'ISF pour les riches".
L'examen en séance publique du projet de loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA), dit "paquet fiscal" commence mardi à l'Assemblée.
Sur les parachutes dorés, c'est un amendement de Michel Bouvard (UMP) qui a été adopté.
L'amendement prévoit que seules "les indemnités de départ et de licenciement" pour une personne inférieures à un million d'euros sont exclues de l'assiette de l'impôt sur les sociétés (IS).
Même si le texte "renforce le contrôle" sur les parachutes dorées, "ces primes ou indemnités constituent aujourd'hui et constitueront encore demain des charges déductibles (...) et réduisent donc d'autant l'impôt sur les sociétés payé par les entreprises concernées" ce qui "revient à faire prendre en charge par la Nation une partie du coût de ces rémunérations", estime Michel Bouvard dans l'exposé des motifs de son amendement.

Le bénéfice du dispositif d'exonération d'ISF étendu

 
La commission a également étendu le bénéfice du dispositif d'exonération d'ISF pour les investissements dans les PME aux investissements dans les établissements de recherche privée, comme par exemple l'institut Pasteur, ou encore dans les ateliers ou les chantiers d'insertion.
Concernant le Revenu de solidarité active (RSA) dont le texte lance l'expérimentation, la commission a demandé que "toute généralisation du dispositif" soit précédée d'un "rapport d'évaluation" présenté au Parlement. (avec AFP)

NOUVELOBS.COM | 06.07.2007 | 17:19

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Communiqué de F. Sauvadet sur le site du NC

06.06.2007

Europe : Sarkozy veut donner une vraie substance au "traité simplifié"

C'est le seul bon point qu'a daigné donner Bayrou au nouveau président de la République. Tout en conditionnant son timide soutien à un traité qui ne soit pas sans substance... Le voici exaucé. Dernier extrait de l'interview du Figaro.

411c906b29c13b91d7ebe32529a314ee.gif« (...) nos partenaires ont compris que la France, en élisant un président de la République qui a eu le courage de s'engager sur une ratification parlementaire, apporte les clés pour sortir de la crise européenne. Reste à se mettre d'accord sur le contenu du traité simplifié. Cela ne peut pas être une Constitution dont les Français n'ont pas voulu. Il faut qu'il y ait de la substance: un président stable du Conseil européen, un ministre européen des Affaires étrangères, des domaines plus larges soumis à la majorité qualifiée et une référence aux droits fondamentaux. Aujourd'hui, personne ne dit plus que c'est impossible. »

L'ouverture demeure une priorité pour le président de la République

Toujours dans l'interview qu'il a donné au Figaro, Nicolas Sarkozy affirme sa volonté d'une majorité ouverte au centre et à la gauche.

1009b6531c5f5abb4880bd216e5b9fc4.jpg« Mon devoir de président c'est de rassembler une majorité et le devoir de la majorité c'est de s'ouvrir. Si la majorité ne s'ouvre pas, elle se condamne. Le président de la République ne peut être l'homme d'un parti ou d'un clan. Cet engagement sera donc tenu dès le lendemain des élections législatives.»

« Je pense aux droits de l'opposition qui doit enfin avoir un statut. Je pense à l'encadrement des nominations, à l'évaluation de tous les responsables sur leurs résultats. Je crois à cette politique. Je la mènerai. (...) Si l'opportunité se présente, je proposerai à d'autres personnalités de gauche et du centre de nous rejoindre. Avec l'ouverture, je n'ai pas voulu faire un "coup". Je veux réformer en profondeur notre pays pour le moderniser. Parce que les changements seront forts, j'ai besoin d'une majorité large

 

Sarkozy récuse l'idée de "pause" dans la lutte contre les déficits

C'était devenu un des arguments favoris des bayrouistes pour fustiger la stratégie défendue par le Nouveau Centre de s'allier avec l'UMP : "Sarko le démago" allait sacrifier la réduction du déficit et de la dette sur l'autel de ses promesses de baisses d'impôt. Dans une interview au Figaro, le président de la République affirme tout le contraire.

0b20a8676b563b974d8722fca56070d9.jpg« (...) je ne laisserai dire à personne que nous ne tiendrons pas nos engagements européens en matière de maîtrise des dépenses publiques. Je n'ai jamais employé le mot "pause". La France a pris des engagements, elle les respectera. Pour réduire les déficits, il faut réduire les dépenses et augmenter les recettes. Je suis engagé dans un projet de revalorisation du travail. J'affirme que cette politique nous permettra de gagner la croissance qui nous manque. Mais cette démarche n'est pas exclusive d'économies. Je confirme la règle du non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux dès le budget 2008. Je confirme que nous réformerons les régimes spéciaux en 2008. Je confirme aussi qu'il nous faudra trouver de nouvelles économies sur l'assurance maladie. »