15.06.2009

Gouvernement : Blanc éjecté ? Leroy prêt à faire son entrée...

Et voici que Maurice Leroy a de nouveau la faveur de rumeurs qui le font entrer dans le prochain gouverment remanié. Après avoir été pressenti à l'Agriculture (poste qui semble promis à Michel Mercier), le voici qui bénéficierait d'un double jeu de chaises musicales.

momo à choue.jpgD'abord, le départ de Christian Blanc, qui paierait ses mauvaises relations avec le préfet de la région Île-de-France, et l'objet de son secrétariat d'Etat "de mission", l'Elysée considérant que le travail commandé est désormais achevé. Du coup, il faudrait faire une place à un nouveau ministre Nouveau Centre. Momo pourrait donc en profiter et piquer la place de Roger Karoutchi, annoncé sur le départ depuis son échec lors de la primaire interne à l'UMP pour les régionales... Décidément, l'avenir de Momo semble se jouer en Île-de-France...

Cela dit, il n'est pas dit que Blanc tout en switchant sur un autre poste n'arrive pas à conserver un maroquin. Même si son existence médiatique et le peu de marge de manoeuvre que lui a laissée Sarkozy pour accomplir sa mission, en font l'un des secrétaires d'Etat les plus facilement remerciables.

Enfin, rien ne dit que Sarkozy lâchera totalement Karoutchi, l'un de ses fidèles, auquel il n'a pas de plan B digne de ce nom à proposer. D'ailleurs, si l'idée de nommer Momo au secrétariat d'Etat aux relations avec le Parlement pourrait amuser Sarko car cela casserait les pieds de Copé, il n'est pas certain que l'idée fasse rire les parlementaires UMP. S'ils sont beaucoup à trouver Momo sympathique, ils auraient du mal à accepter qu'un néo-centriste vienne leur annoncer l'ordre du jour des Assemblées.

Un autre point de chute pour Momo pourrait être le secrétariat d'Etat à la ruralité, qui pourrait être créé... L'élu du Poislay, village de 198 âmes du Perche vendômois, et président du département où "les gens ne font pas de manières", ne détonerait pas à ce poste.

Dépêche du Point.fr sur le sujet

Leroymedia, La webTV de Maurice Leroy

05.05.2009

Manon Fouquet éjectée, bienvenue à Sophie Auconie, future députée

La région Centre a cette particularité qu'elle compte certainement la plus forte concentration en France d'élus du Nouveau Centre. Pas moins de trois députés, un sénateur, et avec les cumuls plusieurs mairies et un conseil général. Rien de moins. De Maurice Leroy à Pierre Fauchon en passant par Nicolas Perruchot et le petit nouveau Philippe Vigier (dans les starting blocks pour les régionales), l'axe Châteaudun-Vendôme-Blois reste, après l'avoir été pour l'UDF libre bayrouiste, l'ultime épine dorsale du centrisme français. C'est donc tout naturellement que fort de cette position unique face à l'UMP, les élus Nouveau Centre du Centre se sont étrillés pendant de nombreuses semaines pour placer en n°2 de la liste aux européennes une de leur militante.

logo2.jpgDans un premier temps, le NC a donc intronisé pas moins de deux chefs de file pour la circonscription Centre-Massif central. Très vite les deux personnalités ont fait figure pour beaucoup d'un simple rideau de fumée.

D'abord par la présence de Florent Montillot, élu libéral tendance très dur. Ancien conseiller régional DL francilien concomitamment devenu adjoint au maire UMP d'Orléans, il a hérité du médiatique dossier de la sécurité (il est l'un des inventeurs des fameux couvre feux anti-jeunes au début du siècle). Après un début de mandat musclé, il s'est très vite marginalisé. En se ridiculisant médiatiquement (on l'a vu à la télé errer dans un quartier chaud d'Orléans pour justifier son couvre feux et n'y trouver qu'un gamin en trottinette à sermoner), puis en confirmant son caractère pas facile facile, une sorte de resucée du fameux "tel le roquet" qu'un certain Chichi avait balancé à Fabius. Depuis que l'insécurité est passée de mode, Florent Montillot ne peut plus compter que sur son pouvoir de nuisance. Ainsi s'est-il présenté aux dernières législatives contre le vénérable Jean-Louis Bernard, député radical valoisien et ancien maire d'Orléans. Cette candidature dissidente lui vaudra l'exclusion de l'UMP, puis son adhésion au NC, où les authentiques centristes du Loiret cherchent toujours quelle fibre centriste peut avoir cet élu aux dents qui crépitent sur le parquet.

Autre écran de fumée, la gentille Manon Fouquet. Bien malgré elle, son intronisation comme chef de file et son adoubement rapide par une indiscrétion de Brice Hortefeux au Figaro n'avait d'autre but que de laisser le temps aux nombreux élus NC du Centre de se mettre d'accord sur un nom. D'un côté, le siège national a tenté à plusieurs reprises de parachuter Brigitte Fouré. Cette dernière a d'abord refusé, puis s'est laissé convaincre. Candidature relayée par MoMo (a priori par bouderie), ce dernier est allé jusqu'à tenter récemment le coup de force en livrant son nom à la presse locale comme la nouvelle championne du NC... Info démentie dès le lendemain par les instances officielles du parti, avec en première ligne Philippe Vigier, toujours à la manoeuvre pour défendre une autre candidate. En fait, Brigitte s'est décidée trop tard et a raté le coche, qui lui aurait permis de mettre d'accord l'ensemble des barons du NC par une solution externe. Au stade où elle a donné son accord, il ne restait plus que MoMo à faire de la résistance pour accepter la candidature d'une conseillère municipale tourangelle.

sophie_auconie.pngUltime rebondissement, c'est donc finalement Sophie Auconie, conseillère d'opposition à Tours, qui a gagné une place quasi assurée à Strasbourg. Il faut dire que face à la jeune candidate trilingue Manon Fouquet, simple directrice de maison de retraite et conseillère d'opposition d'une ville de la banlieue tourangelle (Ballan-Miré), Sophie Auconie apporte la classe d'une candidature de centre-ville et le sens créatif d'une mère de famille qui a souhaité faire partager à autrui la beauté de son intérieur. Proche historiquement de Renaud Donnedieu de Vabres, elle pourra mettre à profit au Parlement européen son expertise en matière économique. 15 ans passé à la CCI d'Indre-et-Loire et la gérance d'un magasin de décoration "Les Merveilles du Sud" (sans aucun lien avec Fetia Api) de quelque 200 m2 sur l'une des avenues les plus prisées de Tours.

Bon, tout comme pour Manon Fouquet, je n'ai rien contre cette candidate, mais son élection laissera quand même un tenace arrière-goût de honte pour les centristes ligériens.

D'abord, car la place réservée au NC sert de prétexte à l'éjection d'une autre candidature UMP bien plus valable. Celle de Catherine Colonna, qui malgré le soutien hyperactif de Monsieur et Madame Jean-Jacques Descamps (gardien du temple giscardien et parrains de nombre de personnalités politiques centristes de la région), une implantation de longue date dans la région (elle y a grandi et y habite toujours) n'a pas réussi à faire oublier son chiraco-villepinisme.

Ensuite, parce que sur l'autre rive centriste, le MoDem parachute lâchement Jean-Marie Beaupuy, un député européen de grande qualité, qui n'a pas l'assurance de conserver son siège dans une circonscription où seulement 5 sièges sont à pourvoir dont 4 iront automatiquement au PS et à l'UMP. Et il est fort possible que le dernier siège n'aille pas à la troisième liste, mais bien à celle arrivée en tête.

Une démonstration supplémentaire des effets désastreux de l'éclatement de l'UDF.

Site internet de campagne de Sophie Auconie

Site internet de Marie-Hélène Descamps (députée tourangelle giscardienne sortante)

Site de Manon Fouquet (avec toujours le message de soutien d'Hervé Morin)

Blog de Brigitte Fouré (toujours actif)

19.04.2009

Européennes : le destin du NC conditionné par les dissensions au sein de l'UMP.

Le Nouveau Centre a abandonné depuis plusieurs mois l'idée de conduire seul des listes aux européennes de juin. Au moment où l'UMP a bien du mal à boucler ses listes, ou pour le moins, joue la carte de les dévoiler le plus tard possible, le NC tente de profiter de ce délai de grâce pour enfin obtenir quelque chose de tangible du marchandage de tapis...

L'objectif a été clairement affiché par le NC au niveau national : il renonce à présenter des listes, mais compte obtenir au moins trois places éligibles sur les listes de l'UMP.

Pour l'instant aucune de ces places n'est officiellement confirmée. Même la troisième place qui semblait promise à Jean-Marie Cavada en Île-de-France reste en suspens.

Brigitte Fouré, dont on pouvait penser que son statut d'unique députée sortante du NC allait lui favoriser l'accès au haut de la liste du Nord-Ouest, attend elle aussi toujours le coup de fil de son compatriote picard Bertrand. En tout cas, elle sait faire montre de sa loyauté à l'UMP en consacrant les deux derniers de son blog, l'un à Barnier (ce qui n'est pas rien pour qui entend se présenter dans une région qui compte les pêcheurs les plus remontés du moment), l'autre à Bertrand.

Parmi les jeunes pousses, la candidature de Manon Fouquet dans le grand Centre semble un peu compromise. Si l'hypothèse Colonna semble définitivement abandonnée, le choix présumé de Brice Hortefeux de la jeune candidate néocentriste a suscité une avalanche de revendications côté UMP, où chaque leader de la région Centre a depuis sorti en off "sa" jeune candidate inconnue, avec pour certains des profils qui ajouteraient un peu de couleur à la jeunesse et à la féminité. Autre handicap pour le jeune femme, celui d'être élue de l'Indre-et-Loire, département qui vient de remporter la tête de liste UMP aux régionales en la personne d'Hervé Novelli. Que Tours soit à la fois avantagée aux européennes et aux régionales n'est pas sans faire grincer les dents du côté de la capitale régionale Orléans...

f20f88e1fb.jpgCelle de Damien Abad, dans le grand Sud-Ouest est de plus en plus souvent évoquée, avec la mise en avant désormais explicite de son handicap physique. Reste que la liste de cette circonscription demeure l'une de plus délicate à boucler. Juppé exige que l'on sauve Alain Lamasoure, VGE est prêt à tout pour sauver sa très proche amie Christine de Veyrac... D'ailleurs, du côté d'Agen, il semble que Jean Dionis du Séjour ait mis une croix sur le 3e place pour le NC. Il mise désormais sur la 2de, vouée a une femme et propose la candidature de Muriel Boulmier (photo), également soutenue par le sénateur Soulage (centriste rassemblé). Si cette stratégie - pas idiote, vue l'ire que Veyrac a toujours provoqué chez ses collègues qui ne savent que trop bien à quoi elle doit sa place - réussit, Damien Abad n'aura qu'une chance infime d'avoir la 3e place pour des questions d'équilibre politique.

Seule éclaircie véritable pour le NC, l'Outre-Mer, où il portera de façon autonome ses couleurs avec le chapelet de chefs de file qu'il avait présenté. Il sera donc possible d'évaluer le score du NC seul dans au moins une circonscription et voir s'il dépasse la marge d'erreur des sondages.

18.02.2009

Coup de théâtre : Manon Fouquet a failli être évincée par Brigitte Fouré

Brigitte Fouré est au bord de la rébellion et menace de partir telle une Simone Veil en 1989, à la tête d'une liste "Nouveau Centre et indépendants" aux prochaines élections européennes.

fouré-porte-lille.pngLa députée européenne unique confirme sur son blog que l'UMP a finalement accédé à la revendication du NC de la sauver en la plaçant en position éligible pour le prochain scrutin européen... Mais la mauvaise surprise de Brigitte fut qu'il ne s'agissait pas de la liste du Nord-Ouest dont sa terre picarde fait partie, mais de la circonscription Massif-Central-Centre !

Brigitte Fouré a refusé tout net cette proposition, refusant que la Picardie ne soit plus présente au Parlement européen. Et peut-être, par égard pour la jeune Manon Fouquet qui se serait retrouvée à réciter un cours en trois langues sur son site internet pour rien du tout.

Très échaudée par cette proposition malhonnête, Brigitte reste perplexe sur la stratégie de l'UMP... Pourquoi diable le Mouvement populaire envisage-t-il de présenter en numéro 2 de sa liste une femme lilloise, alors qu'elle a à sa disposition une amiénoise ? Oserais-je avancer l'idée que l'UMP a repéré que Lille est le centre d'une aire urbaine de plus d'un million d'habitants, capitale d'une région de plus de 4 millions alors qu'Amiens n'en compte que 270 000 et règne sur 1,8 millions de citoyens picards...

Fustigeant comme Jospin en 1995 l'arithmétique des chiffres et mettant en avant la dynamique de sa candidature, Brigitte Fouré annonce qu'elle ira jusqu'au bout. Elle n'acceptera qu'une place de numéro 2 dans le Nord-Ouest, ou à défaut se lancera dans la bataille avec la liste de secours qu'elle dit déjà avoir constitué avec Claude du Granrut, vénérable conseillère régionale de Picardie et membre du Comité des régions de l'Union européenne (bon, là, j'arrête de blaguer deux secondes, elle y fait véritablement un excellent travail).

L'UMP n'a plus qu'à trembler... On verra bien si elle va jusqu'à prendre le risque de se priver des voix de la "marge d'erreur" des sondages.

Lien vers le blog de Brigitte Fouré

Lien vers le blog de Claude du Granrut

15.02.2009

Manon Fouquet : 1 vidéo en 3 langues pour faire connaissance

La candidate désignée par Brice Hortefeux pour représenter le Nouveau Centre aux européennes vient de lancer son site internet. Une bonne façon de faire connaissance avec la seule candidate du NC quasi-officialisée à une position éligible. Cette directrice d'un établissement de santé privé, conseillère municipal d'opposition de Ballan-Miré (Indre-et-Loire), vous accueille en trois langues, avec beaucoup de naturel et l'assurance des grands tribuns politiques. Espérons que le NC l'envoie quelques jours en stage chez MoMo pour la décoincer un peu...



07.02.2009

Manon Fouquet : le NC porte sa Quitterie sur la liste UMP aux européennes.

Brice Hortefeux a tranché. Il aurait retenu la candidature de Manon Fouquet (cheffe de file n°2 du NC dans la circonscription Centre-Massif Central) pour être en deuxième position de la liste dont il est le parrain, pour l'avoir menée en 2004.

93267_Brice-Hortefeux.jpgPlus que donner une place au NC, cela permet à l'UMP d'éjecter la candidature supposée de Catherine Colonna (dernière ministre déléguée aux affaires européennes de Chirac). Il faut dire que mettre une ancienne ministre en numéro 2 aurait fait un peu tâche, vu que le tête de liste n'est qu'un simple conseiller général de Corrèze. Avec Manon Fouquet, simple conseillère municipale d'opposition de la banlieue de Tours, l'UMP fait donc le choix d'un duo équilibré. Les espoirs de Damien Abad d'incarner les jeunes centristes aux européennes sont donc aujourd'hui minces.

12.01.2009

Redevance, le NC tient tête à l'UMP...

Dépêche AFP

Redevance: M. Copé n'est pas en charge de la Culture (Maurey, UC)

maurey.jpgL'orateur du groupe centriste du Sénat sur le projet de loi sur l'audiovisuel, Hervé Maurey a contesté lundi les propos du patron des députés UMP, Jean-François Copé sur la redevance, en soulignant qu'il n'est pas "en charge de la Culture".

"Je ne crois pas que ce soit M. Copé qui soit en charge de la Culture ou du gouvernement, je ne donne donc pas plus d'importance à cette déclaration que ce qu'elle mérite", a déclaré à l'AFP le sénateur Union Centriste de l'Eure.

"Nous attendons une réponse du gouvernement et de la ministre de la Culture et non pas du président du groupe UMP à l'Assemblée nationale", a-t-il ajouté.

M. Copé, lorsqu'il présidait une commission sur l'audiovisuel, "avait conclu à une taxe de 0,5% sur les opérateurs de télécommunication et non pas de 0,9% comme votée en première lecture par l'Assemblée nationale", a-t-il remarqué.

M. Copé a exclu lundi toute hausse, hors inflation, de la redevance télévisée, affirmant sur lepoint.fr qu'il n'était pas question de "lâcher" sur ce point pour "complaire à tel ou tel sénateur centriste".

Les centristes souhaitent une augmentation de deux euros de la redevance en plus de son indexation sur l'inflation - ce qui conduirait à une redevance de 121 euros en 2010. Ils souhaitent également la suppression ou la réduction à 0,5% de la taxe sur les opérateurs télécom prévue par le texte pour compenser la perte de la publicité.

AFP - 12.01.09 | 16h46

Lien vers la dépêche sur LeMonde.fr

29.04.2008

Pourquoi j'ai voté Sarko au 2nd tour. Bilan un an après.

Comme un certain nombre d'électeurs centristes, j'ai fait le choix, au second tour de l'élection présidentielle de voter pour Nicolas Sarkozy. Retour sur les raisons qui ont fondées ce choix et bilan après un an de sarkozysme présidentiel.

Après l'échec relatif de Bayrou au 1er tour, les centristes se trouvaient face à une triple alternative. L'abstention par dépit. Le vote Royal par esprit contestataire. Le vote Sarkozy par esprit constructif.

Le premier, confortable, mais finalement peu responsable, était tout à fait honorable. Voter pour Sarko ou Ségo, c'était en effet tirer un trait sur l'aventure bayrouiste. C'était considérer que les centristes ne pourraient, dans la séquence à venir, poursuivre leur stratégie d'autonomie.

Le vote Royal quant à lui, était essentiellement tactique. Donc selon moi bien moins honorable. Il s'agissait de tenter de faire perdre Sarko coûte que coûte, quitte à renier à la fois ses idées et le rêve d'un centre qui n'aurait pas été plus autonome comme supplétif du PS qu'il n'a pu l'être comme allié-soumis au RPR dans le passé.

Reste le choix Sarko. Pour moi, plus que stratégique, il fut aussi un vote d'adhésion. Par défaut. Mais un vote d'adhésion tout de même.

Première raison, le volontarisme. Sarkozy, en tant que ministre de l'intérieur, mais aussi sous Balladur en tant que ministre du budget avait su démontrer qu'il était une nouvelle incarnation du volontarisme en politique. L'idée qu'en agissant, il est toujours possible de faire plus qu'en restant essentiellement passif, comme avaient pu l'être, au moins dans leur style suranné et compassé, Mitterrand et Chirac.

Deuxième raison, la rupture face au système. Si la véritable rupture était bien celle prônée par Bayrou, celle qui aurait fait voler en éclat, par sa seule élection, une bonne partie des pratiques et des institutions de la Ve République, Sarko avait lui aussi été le chantre d'une rénovation en profondeur du système politique. Et sur des fondements plus crédibles que la démocratie participative ségoléniste, impraticable et dangereuse pour la démocratie représentative, la seule qui vaille à mes yeux.

Troisième raison, le programme économique. Si le programme de Sarko sentait bon la machine à promesses, il était toutefois principalement d'essence libérale. Seul véritable point noir, sa mollesse quant aux déficits publics et le mirage d'un certain dirigisme économique à la grand papa. Mais sur ces deux points, je n'avais pas trop d'inquiétude quant à la realpolitik à laquelle il serait bien obligé de se plier. Qu'il s'agisse du déficit ou de l'interventionnisme, il serait bien obligé de se rendre rapidement aux évidences respectives de l'urgence et l'impuissance.

Quatrième raison, le rassemblement. Pour moi, le centre est le fruit d'une tradition historique, il est porteur d'un corpus de valeurs qui le porte naturellement à s'allier avec les forces de droite, pourvu qu'elles soient relativement modérées. Contrairement à ce que l'on a bien pu dire durant la campagne, Sarko incarne une droite relativement modérée. Bien moins libérale qu'un Madelin avec lequel nous fûmes pourtant alliés jusqu'en 1998. Bien plus sociale que la plupart des droites européennes. La droite française reste une droite influencée par le syncrétisme gaulliste, qui la positionnerait au centre-gauche dans bien des États membres de l'Union. L'intérêt d'une alliance avec le centre, c'est que ce dernier la modère sur ses travers. Au dirigisme, le centre répond libéralisme. A l'individualisme, le centre répond humanisme social. Au nationalisme, le centre répond Europe. Aux valeurs traditionalistes, le centre répond ouverture sur les sujets sociétaux. En tout cas, le centre tel que je le conçois.

Cinquième raison enfin, l'adhésion à la bipolarisation. Votez Sarko, c'était aussi assumer que la France était, depuis l'élection au suffrage universel instituée en 1962, entrée dans un système politique viscéralement bipolaire. Et que les Français l'avait accepté massivement, trouvant en l'alternance, devenue possible depuis 1981, une façon de faire vivre la démocratie. Revenir sur cette bipolarisation n'est possible qu'en changeant le mode de scrutin présidentiel. Ce qui est impossible. En outre, bipolarisation ne veut pas dire bipartisme, mais seulement l'affrontement de deux coalitions naturelles de partis, l'une ancrée à droite, l'autre à gauche. Dans la bipolarisation, le centre peut donc continuer à jouer un rôle, certes minoritaire. Mais à long terme, rien ne lui interdit de modifier sa stratégie d'alliance. Avec un PS rénové, dans le cadre d'un contexte local ou régional particulier, le centre reste une force libre, capable de s'allier intelligemment. Mais cela n'est possible, comme dans les autres États européens, que dans un cadre clair pour le citoyen-électeur. Quand la CDU allemande s'allie avec le SPD au niveau fédéral ou avec les Verts à Hambourg, cela reste exceptionnel et non une règle de l'alliance à géométrie variable systématique.

Passons maintenant au bilan.

Sur le volontarisme, la déception est grande. Plutôt que de volontarisme, Sarkozy a fait preuve d'agitation tous azimuts. Le volontarisme aurait consisté à une sorte de Grenelle général. Une traduction concrète, avec échéancier, de ses promesses de campagne en un programme législatif de mandature. Bien au contraire, la réforme a été lancée dans tous les domaines sur le mode classique de la réformette. Plutôt que de réformer le système fiscal en profondeur, on nous a livré un paquet fourre-tout, peu lisible, et qui plus est sans réel effet immédiat. Plutôt qu'une réforme de l'enseignement, on a donné une semi-autonomie aux universités. Puis on a distillé, sans mise en perspective, des réformes de l'éducation nationale, qui semblent être autant de perles enfilées sur un collier que l'on sait déjà sans fin depuis 30 ans. Plutôt que de libéraliser la vie économique là où cela est nécessaire, on a enchaîné les petites touches cosmétiques. L'abrogation des lois Royer-Raffarin-Galland en est certainement le plus bel exemple, la touche Chatel ayant inutilement précédée la touche Lagarde actuellement en débat, pas encore assez radicale pour réellement changer la donne.

Sur la rupture face au système, Sarkozy a confirmé qu'il était bel et bien dual en la matière. Si la réforme des institutions annoncée reste porteuse de belles avancées, Sarkozy n'a pas véritablement rompu avec le système clanique des ères Mitterrand et Chirac. Le retour d'un Guaino plus pathétique qu'inspirant une tendre nostalgie, l'omniprésence du couple Balkany en véritable décalcomanie des réseaux Pasqua, la répartition des postes élyséens et ministériels qui tient compte de l'humeur de la Première Dame, sont autant de signes que Sarko raisonne plus chef d'une bande de copains, qu'en chef d'un État moderne et démocratique.

Le programme économique. Là aussi, nous sommes loin du compte. Mais force est de constater que Sarkozy s'en est plutôt tenu à son programme initial. Mi libéral, mi dirigiste, mi père-la-morale, mi démagogue, il ne lui aura pas fallu six mois pour s'engluer définitivement dans son refus de faire des choix responsables. Plutôt que d'assumer d'emblée les réalités, Sarkozy a préféré tenter de bercer les Français dans l'illusion que nous pouvions éviter d'adapter notre économie à la mondialisation. Point de réelle remise en cause des 35h, point de traitement de choc contre le déficit et la dette publics, point de réforme de l'État-providence... Mais sur ce point, Sarkozy n'aura pas le choix. L'État n'a plus de marges de manœuvre budgétaires et les coupes ciblées qui sont actuellement réalisées démontrent l'impasse dans laquelle il se trouve. Mais plutôt que d'être le Président qui aura mis les Français face aux réalités, Sarko restera certainement celui du bonimenteur aux "poches vides". Un boulet bien lourd et dont il aura bien du mal à se délier.

Sur le rassemblement, Sarkozy a plus que rempli sa mission. Je reste un fervent amoureux de l'ouverture. Même si elle n'a pas l'ampleur qu'elle pourrait avoir en raison du sectarisme qui inspire profondément l'opposition socialo-bayrouiste, cette ouverture est bien celle dont, nous centristes, avions rêvé. Un gouvernement rassemblant Kouchner, Borloo, Alliot-Marie, Dati, Bockel, Lagarde, Yade, Wauquiez, Darcos... des missions confiées à Bourlanges, O. Duhamel, Attali, Amara, Hirsch, Simone Veil, cela reste une belle aventure politique. Et au-delà du coup politique, des symboles porteurs de sens, et l'intégration de valeurs différentes dans un esprit pluraliste. Quel dommage cependant que Bayrou n'est pas su donner à l'UDF la place qui lui revenait dans ce schéma. Mais à côté de ce tableau plus que séduisant, reste l'UMP. La large victoire aux législatives n'a fait que renforcer son godillotisme grognon par la réélection de bon nombre de députés aussi nuls qu'issus de la droite la plus conne du monde. Là encore, avec le score réalisé par l'UDF au 1er tour de la présidentielle, il aurait sans doute été possible de rééquilibrer quelque peu cette majorité en négociant des circonscriptions "gagnables" pour des candidats centristes. Las, il ne nous reste que la grosse vingtaine de députés NC et l'autre petite vingtaine de députés radicaux. Une force bien maigre, à côté des centaines d'UMP, aussi bien élus qu'une vache l'autre été avec l'étiquette Sarkozy agrafée à l'oreille droite.

Sur la bipolarisation, là aussi, le contrat est rempli. Il n'était d'ailleurs pas question de contrat, mais tout simplement de logique. Et son application était bien moins l'affaire de Sarkozy que celle des Français. En lui donnant une majorité franche au 2nd tour de la présidentielle, ils ont confirmé leur validation d'un système bipolaire. Sans réserve. Tout comme aux législatives, où entre les deux tours, ils ont porté leurs voix sur des candidats socialistes pour modérer le raz-de-marée umpiste annoncé. Tout comme aux municipales, où, lorsqu'ils ont voulu sanctionner la droite, ils ont voté à gauche, et vice-versa.

Alors, au final, était-ce un bon choix que de voter Sarkozy ?

Peut-être pas si l'on tient compte de son échec sur les principales questions de fond. Mais aurait-il mieux valu voir l'élection de Ségolène. Rien n'est moins sûr. Nous aurions certainement eu droit à un grand n'importe, sans plus de rigueur économique, sans plus de méthode dans la mise en œuvre des réformes et assurément avec encore moins d'intensité, et, qui plus est, nous n'aurions certainement pas eu d'ouverture.

Peut-être pas non plus si l'on considère que Bayrou a finalement survécu. Au fond de sa chapelle, abandonné des Français qui lui conservent pourtant une affection parfois un peu honteuse, souvent superficielle et qui ne se traduit nullement en acte d'amour électoral, Bayrou entretient la petite flamme du centrisme révolutionnaire, qui nous a tant fait espérer jusqu'au soir du 22 avril 2007. Mais la chapelle qu'il s'est construite est entourée d'un champ de ruine. En rompant de façon définitive avec ses racines, ses amis et l'homme de centre-droit, viscéralement démocrate-chrétien, qu'il est au fond de lui, la flamme qu'il entretient n'a d'autre destin que d'attendre que la chandelle qui la fait luire finisse par se consumer. Pas plus qu'au soir du 22 avril, le choix du non-choix que nous a imposé Bayrou n'a de sens.

Voter Sarkozy est donc un choix que je continue d'assumer. Parce qu'il reste un choix par défaut. Parce qu'il ne fut pas un choix irraisonné, qu'il ne fut pas le choix d'un militant aveuglé par ses croyances. Si Sarkozy m'était apparu véritablement sincère dans son volontarisme, sa capacité à rompre avec le système, son courage à assumer une ligne économique nécessaire, je n'aurais pas voté Bayrou au 1er tour. Ce que je regrette le plus au final, c'est que Sarkozy ne se soit pas muer en un autre, qu'il n'ait pas changé plus qu'il ne nous avait dit avoir changé.

Mais au final, j'ai voté sur un programme clairement présenté, par un homme dont je savais la personnalité, les qualités et les défauts.

Cela reste le principal avantage d'avoir voté Sarkozy. Celui d'avoir voté pour un candidat qui s'est placé en situation d'hyper-responsabilité. Une hyper-responsabilité qu'il a assumé et qu'il ne peut qu'assumer jusqu'à la fin de son mandat.  Sarko aura certainement apporté beaucoup à notre démocratie en ce sens.

Et si les Français l'aiment si peu aujourd'hui, c'est certainement qu'en assumant son programme et ce qu'il est, Sarkozy leur rappelle chaque jour à quel point ils ont voté pour lui en connaissance de cause. Et en conscience.

28.08.2007

L'UMP remporte la sénatoriale partielle dans l'Hérault. Le MoDem fait 5%.

Le maire UMP de Béziers Raymond Couderc a remporté l'élection sénatoriale qui se déroulait dans l'Hérault. Il succède au sénateur PS démissionnaire suite à son élection à l'Assemblée nationale. Le MoDem, qui avait présenté un candidat ne passe pas, sans surprise, le premier tour. Avec un score de 5%. Honorable selon les responsables locaux, mais surtout bien peu pour qui entend bousculer l'alternance droite-gauche.

a1d5b443ee7f8fe77575b554d6e2b730.jpgRaymond Couderc (UMP), maire de Béziers, a remporté dimanche au second tour la sénatoriale partielle organisée dans l'Hérault pour remplacer le socialiste André Vézinhet, élu en juin député de la 2e circonscription de ce département.

2.010 grands électeurs étaient convoqués aux urnes pour ce scrutin qui a vu l'UMP remporter un bastion socialiste avec 53,04% des suffrages pour Raymond Couderc contre 46,96% pour sa rivale PS, Karine Chevalier.

Mieux placée sur papier puisqu'il s'agissait de remplacer un sénateur socialiste, cette dernière a souffert du passage à droite de plusieurs villes du département dont Sète et Agde depuis l'élection de M. Vézinhet en 1998.

Les résultats du second tour ont été proclamés très tard en raison de débats sur la validité de certains bulletins sur lesquels figuraient uniquement le nom du candidat UMP Raymond Couderc et pas celui de sa suppléante. M. Couderc, retenu par un problème d'avion en Bolivie, n'a pas pu lui-même déposer sa candidature au second tour et a dû laisser agir sa suppléante.

Six candidats s'étaient présentés à cette sénatoriale partielle: M. Couderc, Mme Chevalier, le secrétaire de la fédartion PCF de l'Hérault Jean-Louis Bousquet, Dominique Canu du Modem, le président du groupe FN au conseil régional de Languedoc-Roussillon Alain Jamet et un non inscrit, Christian Olive.


Premier tour:


Inscrits: 2.010
Votants: 1.973
Bulletins blancs: 58
Exprimés: 1.915

Alain Jamet (FN) : 32 voix (1,67%)
Jean-Louis Bousquet (PCF): 279 voix (14,57%)
Raymond Couderc (UMP): 817 voix (42,67%)
Karine Chevalier (PS): 629 voix (32,84%)

Dominique Canu (Modem): 106 voix (5,53%)
Christian Olive (SE): 52 voix (2,72%)

Second tour:

Inscrits: 2.010
Votants: 1.950
Bulletins blancs: 191
Exprimés: 1.759

Raymond Couderc (UMP): 933 (53,04%)

Karine Chevalier (PS): 826 (46,96%)

© 2007 AFP - Le 26/08/2007 à 21:11

08.07.2007

Amendement sur le bouclier fiscal : "On est pas là pour faire des cadeaux aux plus riches"

Un article paru sur Liberation.fr fait le tour de la passe d'arme entre Copé et les députés du Nouveau Centre. En voici quelques extraits.

bc41888d4671c315b2e54bf32069e305.jpg« Je ne comprends pas cette agitation, réagit Charles de Courson, l’auteur de l’amendement. Il y a sans doute surréaction. Mais le Parlement va jouer tout son rôle. De toutes façons, je suis député Nouveau Centre, je n’entends pas me laisser donner des ordres par qui que ce soit.»

Si la querelle s’envenime, c’est qu’à la commission des finances, une bonne partie des députés de droite s’estiment bernés par les derniers développements du paquet fiscal. Auditionnée mardi, Christine Lagarde, la ministre de l’Economie a fait grimper d’un coup la facture des cadeaux fiscaux de 11 à au moins 13 milliards d’euros. Surtout, l’annonce par Christine Lagarde que la France va «sans doute être amenée à creuser un peu sa dette» pour «dégripper» le pays, a agacé des députés qui pensaient avoir signé pour une politique de désendettement et de réduction des déficits. Faute de la voir se profiler, le débat parlementaire servira à recadrer les débats.  «On est pas là pour faire des cadeaux aux plus riches, dit un député Nouveau centre. Notre feuille de route était claire : la dette, la dette, la dette.» D’autres amendements sur les parachutes dorés ou les heures supplémentaires défiscalisées vont tomber. Jean-François Copé n’a donc pas fini de taper du poing sur la table.

« En vérité il y a trois débats autour de la question du bouclier fiscal, résume Charles de Courson. Un débat politique, un constitutionnel et un technique. » Politique, expliquent les députés favorables à l’amendement, parceque Nicolas Sarkozy n’aurait jamais vraiment tranché sur l’idée d’intégrer ou non les deux cotisations CGS et CRDS au bouclier. Le problème constitutionnel relève, lui, de l’égalité devant l’impôt. En créant un super-bouclier, le risque est de rendre l’impôt dégressif pour certains contribuables : les ménages les plus riches paieraient moins d’impôt que les classes moyennes. La gauche pourrait être tentée de contester cette disposition devant le Conseil constitutionnel.

Certains membres UMP de la commission des finances donnent, à mots couverts, une autre explication : le bouclier fiscal tel qu’il existe aujourd’hui (à 60 %) n’aurait pas donné entière satisfaction. Cette arme contre l’évasion fiscale devait à l’origine bénéficier à 90 000 contribuables. Par un simple courrier aux services fiscaux, ils peuvent réclamer le remboursement d’un trop perçu par les services des impôts. Selon les premiers chiffres de 2006, «seulement» une dizaine de milliers de contribuables auraient demandé à en bénéficier. Neuf fois moins que prévu, sans doute par crainte des contrôles fiscaux. «Avant d’abaisser à nouveau le bouclier, explique un député de l’UMP, voyons pourquoi il ne joue pas à plein.» 

Par Muriel Gremillet | QUOTIDIEN : samedi 7 juillet 2007

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