28.10.2009

Démocrates italiens : le PD élit pour la seconde fois un ancien communiste à sa tête

Le Partito democratico a élu dimanche son nouveau président. Issu du rassemblement de centristes issus de l'ancienne Démocratie chrétienne, de socialistes et de centristes de gauche, et enfin des anciens communistes du PCI qui s'était mué en Parti des démocrates de gauche au milieu des années 90, le PD s'ancre de plus en plus fermement à gauche.

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Partito_democratico_logo.pngEn 2007, l'élection comme secrétaire (chef opérationnel du parti) de Veltroni (ancien du PCI) s'était faite dans un certain équilibre entre les formations fondatrices du Parti démocrate. Si les démocrates de gauche (ex-PCI) avaient obtenu la tête du parti, le leader politique "réel" demeurait Romano Prodi, président du PD et surtout tête de pont d'une plus large coalition de gauche et du centre gauche incluant le PD. Rutelli conservait aussi une existence politique à travers l'autonomie dont bénéficiait les élus européens de la Margherita, membres avec l'UDF du Parti démocrate européen et du groupe ADLE au Parlement européen.

En 2008, la coalition fondée par Prodi ne fut pas renouvelée, l'alliance électorale se limitant au PD et à Italie des valeurs (ex-juge Di Pietro, libéral de gauche). Dès la défaite contre Berlusconi, le débat interne au PD mis définitivement en marche l'ancrage pur et simple à gauche du parti. Bien que sortant d'un échec assez cuisant, le parti avait tout de même acquis dans la bataille électorale le statut de "grand" parti, seul capable d'incarner une opposition crédible à Berlusconi.

LogoS&D.pngUn positionnement à gauche définitivement acquis lors des élections européennes de juin dernier, qui mit fin à la partition des élus PD en deux groupes, et à leur intégration au groupe PSE, où siégeaient déjà les ex-PCI depuis leur abandon du communisme, au côté des ex-PSI.

bersani con sigaro.jpgDimanche dernier, c'est donc logiquement que les sympathisants du PD, dans le cadre de primaires rassemblant 2,5 millions d'électeurs, ont confirmé l'élection interne au PD d'un nouveau leader issu du PCI en la personne de Pier Luigi Bersani.

Dans sa stratégie d'autonomie, l'UDF, puis le MoDem, ont souvent cité en exemple l'aventure italienne. La création de la Margherita, puis de L'Olivier, qui avait réussi à constituer un pôle centriste moteur de la rénovation de la gauche italienne. Force est de constater que si Prodi et Rutelli furent les véritables artisans et précurseurs de la reconstruction d'un centre-gauche moderne en Italie, ils n'ont pas véritablement réussi à asseoir leur ligne politique centriste à l'échelle d'un parti unitaire.

Plus que l'émergence d'une voie centriste à vocation majoritaire, le PD sera certainement le cadre historique de l'achèvement de la transmutation des anciens communistes italiens en de classiques sociaux-démocrates, au contact d'anciens démocrates-chrétiens gauchisés par leur rejet de la nouvelle droite berlusconienne.

Au final, le PD reprend l'espace politique laissé vacant par les socialistes depuis la fin de l'ère Craxi, dans le cadre d'un affrontement bipolaire on ne peut plus classique, entre un bloc de gauche et un bloc de droite, lui aussi récemment unifié au sein du Peuple de la liberté. Une sorte de retour à la "norme", près de vingt ans après l'opération Mani pulite qui signa l'arrêt de mort politique de la Démocratie chrétienne et du Parti socialiste italien.

Lien vers un article du Monde sur l'élection de Bersani

14.07.2009

Parlement européen : 6 députés MoDem inutiles ?

Depuis hier, le Parlement européen tient sa première session à Strasbourg. Si tous les postes ne sont pas encore officiellement attribués, on peut désormais jauger l'influence des uns et des autres, et l'utilité d'avoir voté MoDem, UMP, PS ou Europe Écologie lors des dernières élections.

pse_ppe_eldr.pngPremière donnée, la coalition. Finalement, il s'agit d'une très grande coalition, associant les conservateurs du PPE, les soc-dem du S&D (socialistes européens et démocrates italiens) et les libéraux de l'ADLE (dont le MoDem est membre). Cet accord technique va permettre au PPE de co-gérer avec ses alliés le Parlement européen pendant la législature. Il ne constitue pas une alliance politique, même si faire partie ou non de cette coalition est tout de même un signe de l'Europe que l'on souhaite. Clairement, PPE, PSE (S&D) et ELDR (ADLE) ont fait le choix du maintien d'un modus vivendi consensuel, plutôt que d'opter pour un parlement géré par une majorité et une opposition politiques claires, sur un mode droite/gauche. J'ai tendance à me réjouir de ce maintien de la recherche du consensus, qui correspond bien à l'esprit européen, même s'il est certain que cela continuera à rendre peu lisible le fonctionnement du PE pour les citoyens qui lui appliqueront pour la plupart une grille de lecture nationale.

_beres_fabius.pngDans le partage des rôles quelques bonnes nouvelles. D'abord, la députée française fabiusienne Pervenche Bérès, perd sa présidence de commission. Si Pervenche a de remarquables qualités intellectuelles, je suis très content que cette fervente européenne passée dans le camp du Non en 2005, comme un caniche au bout de sa laisse suit son maître, se retrouve ainsi le symbole de la perte d'influence des socialistes français au PE. _lama_sarko.pngA contrario, Alain Lamassoure obtient la présidence de la commission des budgets. Voilà un monde bien fait, où la traitresse est finalement punie de ses fautes et, celui qui est toujours resté fidèle à ses convictions, enfin récompensé pour son travail en faveur de l'Europe.

_sharon-pde.pngCôté ADLE, c'est une lib dem, Sharon Bowles, qui récupère la commission "économique et monétaire" de Bérès. Contrairement à la légende sarnezo-bayrouiste qui présentait l'ADLE comme un groupe de gentils centristes limite à gauche, cette députée britannique n'a rien d'une modérée, mais est belle et bien une vraie libérale. Elle est somme toute le symbole de l'extrême marginalisation du MoDem au sein du PE. Avec le départ des démocrates italiens dans le groupe commun qu'ils ont fondé avec le PSE, le MoDem est la dernière délégation à représenter le Parti démocrate européen au sein de l'ADLE. Le groupe est désormais très nettement dominé (mais il l'était déjà très largement durant la précédente législature) par les libéraux qui ont pris pour la plupart d'entre eux un chemin politique inverse à celui du MoDem, en étant des alliés des démocrates-chrétiens et conservateurs.

Et le MoDem n'a pas fini d'avaler les couleuvres. En effet, l'un des principaux points (implicites) de l'accord PPE-S&D-ADLE est qu'aucun de ses groupes n'empêchera le maintien de José-Manuel Barroso à la tête de la commission européenne. Et voici l'ADLE, qui vient d'élire comme président de groupe Guy Verhofstadt, qui s'apprête à laisser passer, laisser faire.

_dany_stop_barroso.pngIronie de l'histoire, si vous vouliez voter utilement pour l'Europe et contre Barroso, il fallait décidément voter Europe Écologie. Le groupes des Verts/ALE reste le seul à s'opposer vigoureusement et unitairement à la "réélection" de Barroso.

Une fois de plus, la stratégie de l'isolement du MoDem montre ses limites. Dans sa recherche de pureté fédéraliste, l'UDF avait quitté le PPE qui avait pris la décision d'accueillir les conservateurs britanniques eurosceptiques au sein de son groupe. Aujourd'hui, les tories ont quitté le groupe du PPE, le Partito democratico a rejoint le PSE, et le MoDem se retrouve au sein d'un groupe libéral qui penche de plus en plus sérieusement à droite... Quelle cohérence idéologique ? Quelle efficacité politique ? Double zéro pointé.

Ironie de l'histoire, c'est bien l'UMP qui permet à un centriste, Alain Lamassoure, d'obtenir la présidence d'une commission importante.

10.06.2009

Guy Verhofstadt, candidat de compromis

Le compromis est loin d'être trouvé, mais l'idée de désigner Guy Verhofstadt à la tête de la Commission européenne commence à faire son chemin. Revue des bonnes raisons qui pourraient amener un libéral à la tête du "gouvernement" européen :

1. Barroso n'a pas fait ses preuves. Par son manque de dynamisme, son aplat-ventrisme face au Conseil, Barroso manque de véritables soutiens parmi les membres du Parlement européen. Même au sein du PPE (centre-droit), bien des députés lui reprochent de faire systématiquement le jeu des Etats et de ne pas s'appuyer suffisamment sur le Parlement pour soutenir une politique européenne ambitieuse. Barroso n'incarne pas l'intérêt de l'Union européenne, mais bien celui des Etats. Il contribue donc à déséquilibrer le "triangle institutionnel" qui fonde le fonctionnement des institutions européennes : un Parlement incarnant l'intérêt des peuples, un Conseil celui des Etats, et une Commission l'intérêt général de l'Union.

2. Barroso incarne, à tort, une Europe libérale. Même s'il n'est pas franchement plus libéral que ses prédecesseurs, Barroso s'est laissé enfermer par les socialistes dans le difficile rôle du bouc émissaire. A l'heure de la crise, il colle assez peu avec le revirement dirigiste/économie sociale de marché qu'ont pris les gouvernements.

3. Barroso fait un peu trop savoir qu'il est candidat. A force de répéter presque tous les jours qu'il est candidat et qu'il est soutenu par une majorité de gouvernements, Barroso donne le sentiment depuis plusieurs semaines que son maintien en fonction est joué d'avance. En fait, cela traduit surtout qu'il en est tellement peu assuré qu'il cherche à forcer les chefs d'Etat et de gouvernement à s'engager publiquement en sa faveur. Mais qui s'est senti forcé de soutenir, se sent libre de tout engagement. Quelles que soient les déclarations répétées de plusieurs dirigeants européens, Barroso reste sur la scellette et peut très bien être éjecté de la course à la candidature.

4. Les gouvernements commencent à instiller le doute. Depuis le scrutin, les déclarations des chefs de gouvernements vont toutes dans le même sens : Barroso est le seul candidat, il n'existe pas d'alternative. En termes diplomatiques, c'est ce que l'on appelle un soutien mou. Nul ne dit avec force qu'il est le meilleur candidat, ni même qu'il est le plus crédible. Tous ou presque se bornent à constater qu'il n'en existe pas d'autres... pour le moment ? Ajouter à cet enthousiasme relatif une déclaration de Merkel reconnaissant que la désignation de Barroso sera "difficile", et vous comprenez que d'autres options sont à l'étude.

5. Verhofstadt en recours. Pas ouvertement candidat, libéral (ce qui assure le soutien de l'ELDR au Parlement), modéré, éloigné de la vie politique nationale belge, citoyen d'un Etat-membre de taille moyenne, Verhofstadt a encore deux atouts. D'abord, il est également ouvertement soutenu par les Verts, une partie du PDE et de l'ELDR voire le PSE. Ensuite, il a déjà obtenu un quasi consensus parmi les Etats en 2004, si ce n'est le veto que Tony Blair a opposé à sa nomination. Aujourd'hui, il est le meilleur compromis possible.

6. Verhostadt rend possible un double compromis. A la tête de la commission, il rend possible la conclusion d'une coalition au Parlement européen entre le PPE, l'ELDR et le PSE ou les Verts. Elle se traduirait vraisemblablement par une présidence du Parlement avec une alternance à mi-mandat. Un début de mandat pourrait être confié au PSE ou aux Verts, la fin de mandat au PPE, ce qui lui laissera le temps de s'accorder sur un nom.

PPE et ELDR s'accordent sur leur intention de fonder une majorité commune au Parlement européen

En toute logique, le PPE cherche à constituer une nouvelle majorité au Parlement européen, dans la mesure où il lui manque 100 sièges pour l'atteindre seul. Le rapprochement entre libéraux de l'ELDR et démocrates-chrétiens du PPE semble en bonne voie, même s'il s'accompagne pour l'instant de scénarios plus ou moins innatendus. Reste à savoir comment compléter cette axe "idéologique" (dixit Graham Watson, leader ELDR du groupe ALDE) auquel il manque au moins 30 sièges pour atteindre la majorité.

Joseph Daul, président sortant du groupe PPE-DE a annoncé son intention d'inclure l'ALDE dans la future majorité. Il propose en fait une grande coalition PPE-ALDE-PSE qui s'accorderait sur la reconduction de Barroso à la commission et pourrait laisser la présidence du Parlement à un libéral de l'ELDR. Ce qui résoudrait la difficulté qu'a le PPE à s'accorder sur un candidat (actuellement il en a deux, un Italien et un Polonais).

Graham Watson, président sortant ELDR de l'ADLE, souhaite quant à lui limiter la coalition à une alliance "idéologique" de centre-droit, autrement dit PPE-ALDE. Paradoxalement, il laisse ouverte la possibilité d'un accord technique qui se traduirait par une présidence partagée, alternant un PSE et un ALDE. Tout en réaffirmant être pour sa part candidat à la présidence du PE pour ... cinq ans, soit la totalité du mandat. Enfin, il reste opposé à la reconduction de Barroso... ce qui signifierait que le PPE devrait non seulement renoncer à la présidence du PE, mais se voir imposer le candidat qu'il lui est permis de présenter pour la commission. Cela risque de faire un peu beaucoup...

Côté PSE, la position reste pour l'instant de présenter un candidat à la présidence du Parlement. Même si une hypothèse d'un partage du mandat en 3 est déjà évoquée, au profit du PSE Martin Schultz et des deux candidats PPE.

Pour finir sur ce qui prend la tournure d'un grand marchandage de tapis à géométrie variable, il faut noter une autre option de Graham Watson, qui propose une coalition PPE-ALDE alliée aux Verts ou à la droite eurosceptique (UEN). Rejetée d'emblée par les Verts, l'autre hypothèse qui verrait une alliance conservateurs-démocrates chrétiens-libéraux-droite nationaliste aurait l'avantage de confirmer les arguments de campagne du PSE. L'ALDE n'a rien d'un groupe de centre-gauche, il est bien un groupe libéral, qui penche sensiblement à droite de l'échiquier politique européen.

07.06.2009

Européennes : premiers résultats

Allemagne - La CDU serait en tête avec plus de 38%, suivie du SPD à 21%. Le FDP (libéraux alliés à la CDU) doublerait presque leur score de 2004 avec 11%.

Autriche - Une triste soirée s'annonce. Les conservateurs du ÖVP arrivent en tête avec 29.6%, suivent le SPÖ qui fait un mauvais score à 23.4%. Après une liste eurosceptique faire 18% et le FPÖ d'extrème droite à 18.1%.

France - Depuis la mi-journée circulent des soi-disants sondages distillés du côté gauche de l'échiquier. L'UMP est annoncée à plus de 28%, Europe-Ecologie à 16%, le PS à 18% et le MoDem à 10 ou 12%. Manifestement, il s'agit d'une tentative desespérée de mobiliser l'eléctorat PS, en particulier à Paris.

Mise à jour 19.15

Grèce - Les socialistes seraient en tête.

Pays-Bas - Avec 17% des suffrages, le parti islamophobe obtient 4 des 25 sièges néérlandais.

France - On parle longuement de ce qui pourrait expliquer un bon score d'Europe Ecologie sur LCI. On y donne aussi un argument à Bayrou s'il se fait chiper la 3e place : la diffusion de "Home" hier soir pourrait avoir un effet équivalent à Papy Voise en 2002.

Mise à jour 19.30

France - Un sondage "sortie des urnes", diffusé par le Temps (Suisse) donne l'UMP entre 25 et 28%, le PS à 20/21%, EuropeEcologie à 14/16% et le MoDem à 10/12%.

Hongrie - La droite obtient 67% des suffrages, écrasant les socialistes (au pouvoir) qui font à peine 20%.

Mise à jour 21.00

Slovénie - L'opposition de centre-droit en tête.

Danemark - L'opposition de centre-gauche en tête.

Mise à jour 19.40

Bulgarie - Les conservateurs obtiendraient 5 sièges contre 4 pour les socialistes.

France - Le PS serait en dessous des 20%. Le MoDem serait largement distancé par EuropeEcologie. Un sondage sorti des urnes donne l'UMP à 28%, le PS à 20%, et EuropeEcologie à 11/12% et le MoDem à 10%.

Mise à jour 19.45

France - Nouvelle estimation : UMP 28% - PS 17% - EuropeEco 15% - MoDem <10% - Front de Gauche 7% - NPA, FN, Libertas 5% - Alliance écolo 4 %. C'est sûr le MoDem se gauffre.

Mise à jour 20.45

France Sud-Est - UMP 29.5 (5 sièges) - EurEco 17% (3) - PS 15.5% (2) - FN 8.5% (1) - MoDem 7.5% (1)

Espagne - Le Parti populaire devançerait légèrement le PSOE.

Roumanie - Gauche et droite à égalité avec 30%.

Mise à jour 21.15

France Ile-de-France - UMP 30.5 - EurEco 19.5% - PS 14% - MoDem 8%

Slovénie - L'opposition de centre-droit en tête.

Danemark - Le centre gauche bat les libéraux au pouvoir. Sièges : 4 PSE - 3 ELDR - 2 GUE/NGL - 1 PPE - 1 ID - 1 UEN

Mise à jour - 21.30

France Ile-de-France - Hamon et Sarnez ne seraient pas élus selon une estimation.

Mise à jour - 21.45

Malte - Les travaillistes en tête (55%) devant la droite (40%).

06.06.2009

Les 100 candidats éligibles

EurActiv a réalisé un trombinoscope des 100 candidats éligibles en France.

100-candidats-1.jpg
Lien vers la version pdf (qui permet de consulter des bios succinctes des candidats)

Lien vers les bios des candidats

02.06.2009

Européennes : enfin un sondage "par circonscription".

BVA a livré à la presse régionale (parution demain) le premier sondage dont l'échantillon (+3500 sondés) permet de donner un résultat circonscription par circonscription. Plusieurs surprises, bonnes ou moins bonnes...

588px-Circonscriptions_françaises_européennes_2009.svg.pngAu niveau national, le sondage est dans la moyenne des derniers. Seul fait notable, il place Europe Ecologie et le MoDem à égalité avec 11%. L'UMP est à 26%, et le PS plutôt en "bonne forme" avec 21.5%. Le FN réalise aussi un bon résultat avec 8.5%.

Nord-Ouest. Dans cette région à forte tradition socialiste, PS et UMP se retrouve quasi à égalité. L'UMP, à 23%, ne devance le PS que d'un point. Le MoDem se situe à 11%, trois points devant Europe Ecologie. Le FN, sans surprise, est aussi un peu plus fort qu'au niveau national avec 9% et fait jeu égal avec le NPA.

Si l'on projette ces résultats en sièges : 3 UMP / 3 PS / 1 MoDem / 1 Europe Ecologie / 1 NPA / 1 FN.

Est. A dominante conservatrice, le grand Est place logiquement l'UMP en tête avec 24%, suivie du PS à 20%. Suivrait un FN très fort à 15% ! Puis le MoDem à 10% et Europe Ecologie à 9%. Le NPA réalise un score honnête à 7%. Si le FN semble manifestement surévalué, il semble que le MoDem ne bénéficie pas d'un effet "Vu à la TV" avec JFK.

Projection en sièges : 3 UMP / 2 PS / 2 FN / 1 MoDem / 1 Europe Ecologie.

Île-de-France. La nette avance donnée à l'UMP dans des sondages précédents est confirmée. Elle réalise 30.5% face à un PS en déroute à 18%. La grosse surprise est le score qui suit, à 16% pour la liste Europe Ecologie. Plus loin derrière, Marielle de Sarnez n'est créditée que de 11%. Suit le Front de Gauche à 7%. Le NPA ne fait pas recette à 3%.

Projection en sièges : 5 UMP / 3 PS / 2 Europe Ecologie / 2 MoDem / 1 FdG.

Centre-Massif central. Comme en 2004, l'UMP réalise un bon score et devance avec 27% de quatre point le PS, toutefois crédité d'un très honorable 23%. Suit Europe Ecologie avec 11%, un petit point devant le MoDem à 10%, un petit point devant le FN à 9%. NPA et FdG font ensuite jeu égal à 6%.

Projection en sièges : 2 UMP / 2 PS / 1 Europe Ecologie.

Ouest. Cette circonscription est certainement avec l'Île-de-France la plus originale. Elle commence par placer en tête le PS à 24%, suivi de l'UMP à 22%, qui risque de regretter d'avoir mis un angevin peu connu à la tête de sa liste. En troisième position, le MoDem se hisse à 16%, nettement devant Europe Ecologie à 12%. Suit, autre particularisme, Libertas, avec 7%, mais qui à 1 point près, ne décrocherait pas d'élu. Exit Villiers ?

Projection en sièges : 3 PS / 3 UMP / 2 MoDem / 1 Europe Ecologie.

Sud-Est. Sans surprise, l'UMP y réalise son 2e meilleur score avec 29% face à un PS qui résiste cependant mieux qu'en Île-de-France avec 22%. En troisième, le FN avec 9,5%, puis Europe Ecologie à 9% et enfin le MoDem avec un petit 8,5%. Libertas réalise un bon score à 7%. Le NPA à 6% ne fait que 0,5pt de mieux que le Front de Gauche.

Projection en sièges : 5 UMP / 3 PS / 1 FN / 1 Europe Ecologie / 1 MoDem / 1 Libertas / 1 NPA

Sud-Ouest. Dans cette circonscription traditionnellement à gauche, l'UMP réalise un bon score avec 24%. Le PS suit avec un très moyen 21%. puis viennent le MoDem à 12% et Europe Ecologie à 11%. Troisième groupe, avec le NPA et le FN à 8%, suivis de près par le FdG à 7%. Mélenchon ne serait donc pas élu, Lamassoure sauve sa place.

Projection en sièges : 3 UMP / 3 PS / 1 MoDem / 1 Europe Ecologie / 1 FN / 1 NPA

Au niveau national, la projection en sièges donnerait donc les résultats suivants (hors Outre-Mer) :

  • UMP : 25
  • PS : 19
  • MoDem : 8
  • Europe Ecologie : 8
  • FN : 5
  • NPA : 3
  • Libertas : 1
  • Front de Gauche : 1

Lien vers l'intégralité des résultats du sondage sur le site de La Nouvelle république du Centre-Ouest.

17.05.2009

Sondages européennes : petite synthèse

Les sondages pour les européennes se multiplient. Jeudi prochain sera la date limite de dépôt des listes. Petit point sur les intentions de vote.

Avant toute chose, il faut évidemment rappeler que la prudence est de mise. D'abord en raison du très fort taux d'abstention qui rend très difficile d'évaluer réellement les intentions de vote. La mobilisation/démobilisation de tel ou tel électorat potentiel, même marginale, peut avoir des conséquences importantes sur le résultat final.

Cela dit, les intentions de vote aux sondages successifs permettent de dégager le terrain électoral de chacune des listes.

Intentions vote eu09.png

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

L'UMP semble cumuler les avantages. Elle est sans discontinuer en tête des intentions de vote depuis novembre. Elle détient une avance de 2 à 6 points sur le PS. Elle bénéficie d'une tendance doublement positive. Elle réalise en moyenne 10 points de mieux qu'en 2004. Elle a également gagné 4 points depuis novembre, et son résultat dans le dernier sondage est de 1,25 point au dessus de la moyenne des intentions de vote en sa faveur.

Suit le PS, qui lui semble cumuler les handicaps. D'abord, il ne bénéficie pas d'une véritable dynamique, ni à la hausse, ni à la baisse. Les intentions de votes en sa faveur oscille le plus souvent entre 22 et 23%, sans véritable pic (sauf un 25% en avril), ni décrochage significatif. C'est le signe que le PS n'a presqu'aucune prise sur la campagne, dans laquelle il semble condamner à jouer un rôle de spectateur passif, soumis à l'évolution des intentions de vote des listes concurrentes. En plus il est victime d'une tendance doublement négative. Il perd en moyenne un peu plus de 6 points par rapport aux résultats de 2004. Le résultat du dernier sondage est lui également en léger recul (-0,8pt) par rapport à la moyenne des intentions de vote en sa faveur.

Ensuite vient le MoDem. Comme dans les autres élections depuis 2007, la situation du parti est paradoxale. Son étiage est le plus large, de 10 à 14,5%. Soit, entre un peu moins et un peu plus que son score de 2004. La tendance n'en est pas moins légèrement positive. Il a gagné 1 pt depuis novembre, son score moyen est identique à celui de 2004, et le dernier sondage lui donne 0,5 pt de plus que la moyenne de ses intentions de vote. Cela dit, il est notable que la popularité de son leader ne semble pas se répercuter mécaniquement sur le score de son parti. Il est tout de même remarquable que le MoDem tient son étiage pour la première fois depuis 2007. En effet, contrairement aux législatives et aux municipales, il n'a pas connu de forte dégringolade, entre des premiers sondages "très bons" et les derniers "très moyens".

Désormais sensiblement distancé par le MoDem, vient le rassemblement Europe Ecologie. Pour lui, il est difficile d'en dire plus que de constater que son étiage va de 7 à 11%. Le niveau des intentions de vote en sa faveur varient régulièrement, alternant des scores autour de 10% et d'autres autour de 7%. Il semble juste que son électorat potentiel soit plus lié à ceux du NPA et du Front de Gauche, qu'à ceux du PS et du MoDem.

Sur les autres listes, je m'en tiendrai à quelques remarques.

Un pari qui semble pour l'instant raté pour le NPA qui plus que ne pas décoller semble engluer dans une tendance à la baisse. Il fait tout de même plus de 5 points de mieux qu'en 2004.

Un FN qui se maintient plutôt bien, même s'il perd un peu plus de 3 points en moyenne par rapport à 2004, et qui pourrait conserver sa 4e place si le NPA continue à baisser.

Un Front de gauche qui réussit à exister, mais qui ne parvient pas à faire mieux que le seul PC en 2004, avec 1 point de moins en moyenne.

Une droite souverainiste qui n'émerge pas, DLR demeurant dans la marge d'erreur et Libertas restant scotché à 5 ou 6%.

Comme jamais, la campagne des européennes patit d'une absence d'enjeu au niveau européen. L'absence de véritable débat de niveau européen sur les grandes questions habituelles (institutions, élargissement...) rend le scrutin illisible pour l'électeur et empêche l'émergence de nouvelles forces politiques, comme cela fut de nombreuses fois le cas. Le débat tourne un peu autour de la gestion de la crise (ce qui fait émerger le NPA), mais surtout sur la future présidentielle de 2012 et encore plus strictement à la teneur du message que l'électeur souhaitera adresser à Sarkozy.

Pour la première fois, aucune liste, mise à part les extrèmes, ne joue la carte d'un discours européen. L'UMP ne l'aborde qu'à travers la personne du président. Son volontarisme hexagonal aurait fait la démonstration de son efficacité à l'échelle européenne lors de la présidence française de 2008. Le PS ne l'aborde que pour dire qu'une Europe de gauche serait un rempart à la droite qui dirige la France. Le MoDem ne capitalise pas sur sa génétique européenne, mais sur le potentiel de son leader face à Sarkozy en 2012. Les autres listes sont inaudibles. Seules les listes souverainistes de tous bords, par leur existence même capitalisent sur un discours européen.

Lien vers l'article de Wikipédia qui répertorie les résultats des sondages.

Tableau de bord du Monde (seulement 2 instituts pris en considération).

12.05.2009

Européennes : quels programmes ?

Pour ce post, je vais la jouer simple mémo. Juste une petite compilation des programmes actuellement disponibles pour les prochaines européennes, au niveau des partis européens, et au niveau national. Et les vidéos de campagne du moment.


UMPEurope.jpgParti populaire européen, UMP et NC

Site du PPE spécial européennes
10 priorités du groupe PPE-DE 2009-2014 (.pdf)
Site de l'UMP pour les européennes
Programme de l'UMP (.pdf)
Programme du Nouveau Centre (.pdf)



affiche-europe-notre-avenir.jpgParti démocrate européen et MoDem

08.05.2009

Européennes : Marielle de Sarnez "reine" du parlement buissonnier

Suite à l'éphémère classement des députés européens, très contesté, du site Parlorama, Marianne a répertorié dans un récent article les autres classements encore disponibles. J'en ai tiré un classement des députés centristes sortants qui se présentent à nouveau aux suffrages des électeurs. 

L'article de Marianne m'a permis de découvrir le travail réalisé par la députée PS sortante Catherine Guy-Quint (qui ne se représente pas). Plutôt que de ne tenir compte que de la présence en séance, elle a épluchée les comptes-rendus des réunions de commissions et donne une fourchette de présence pour chaque député français de 2004 à 2009. Sachant que le travail parlementaire se fait essentiellement à ce niveau, j'ai retenu ce "classement" comme le critère le plus important. Ensuite, j'ai tenu compte du nombre de votes en séances, critère intéressant retenu par l'Internaute. Enfin, j'ai intégré au tableau le taux de présence en séances, retenu par L'Express, sans en tenir compte dans le classement. En effet, le fait de venir "pointer" régulièrement ne me parait pas significatif, ce que confirme l'écart sensible qui peut exister entre la présence et le nombre de votes, qui seul atteste d'une participation active aux séances plénières.

Classement-MEP.jpg

beaupuy1.jpgSans surprise, on retrouve tout en haut du tableau Jean-Marie Beaupuy. Ce qui démontre d'une façon définitive l'injustice dont il est victime en ayant été parachuté par François et Marielle dans une circonscription où il n'est pas certain de conserver son siège. On verra si Kahn sera aussi actif que lui au PE...


Jean-Marie CAVADA.jpgPetite surprise, Beaupuy est suivi de près par Jean-Marie Cavada dont la rumeur, distillée par le MoDem depuis qu'il l'a quitté, voulait qu'il soit un député dilletante. Il semble que ce soit tout le contraire, avec une forte assiduité en commissions et un nombre de vote élevé si l'on tient compte de sa faible présence en séance. Signe que lorsque Cavada est à Strasbourg, il n'y va pas que pour pointer.

sarnez_rec.jpgCe qui ne semble pas être le cas de Marielle de Sarnez, qui en plus de sécher 70 à 80% des réunions de commission, détient le nombre de votes le moins élevé en séances plénières. Malgré un taux de présence égal à celui de Jean-Marie Beaupuy. Soit Marielle est victime d'un problème technique sur son boîtier de vote, soit il est possible de penser qu'il lui arrive plus fréquemment qu'à d'autres de signer la feuille de présence sans mettre les pieds dans l'hémicycle.

Lien vers le classement réalisé par Catherine Guy-Quint (.pdf)

Lien vers l'article de Marianne2.fr

Lien vers le classement de l'Internaute (nombre de votes)

Lien vers l'article de L'Express (taux de présence)

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