03.10.2009
Premiers sondages sur les régionales : vers des européennes bis ?
Deux premiers sondages ont récemment parus sur le prochain scrutin régional. Ils confirment le rapport de force des européennes et les difficultés des deux grandes formations, pour le PS au 1er tour et pour l'UMP au second.
La première étude a été menée par Opinion Way pour le Figaro. Elle donne un rapport de 43/36% en faveur de la gauche, ce qui pemettrait au PS et ses alliés de conserver la plupart des régions à l'exception de 3 à 4 qui pourraient basculer. Ce sondage a la particularité de prendre en compte des listes NC au 1er tour. Elles sont créditées de 4%, un niveau légèrement supérieur à celui des européennes dans les sondages de la pré-campagne. Le MoDem se situe en bas de sa fourchette avec 7%. Quant aux Verts, avec 16%, ils sont proches du PS, seulement crédité de 19%. Ces 3 petits points d'écart, s'ils se confirment augurent de belles surprises dans certaines régions... L'UMP caracole en tête avec 32%, mais ne dispose en réserve que des 4% du NC. Même si l'on ajoute les extrêmes, la droite est largement distancée : Gauche + NPA + MoDem totalisent 55% des intentions de vote. Un matelas, qui même s'il sera fragilisé par les divisions du 1er tour, voire les dissensions entre les deux, assure à la gauche un avantage déterminant dans le scrutin.
Le sondage de CSA pour La Chaîne Parlementaire donne des résultats sensiblement équivalents. Le rapport de force est plus avantageux pour la gauche 44% contre 31%, mais le NC n'étant pas testé dans l'étude, les 31% se résument à l'UMP. Faut-il en conclure que cette étude est plus crédible, l'UMP étant bien mieux identifiée par l'électorat que le NC, ou que la présence du NC peut au contraire constituer l'ébauche d'une petite réserve de voix pour le camp présidentiel ? Je pencherais pour la première option, même si une offre centriste indépendante dans certaines régions pourra effectivement apporter un "plus de voix" à la majorité plutôt qu'un transfert de l'UMP vers les centristes. Même si le PS est à 21%, il reste proche des Verts qui sont crédités de 17%. Côté MoDem, un petit 8%. Le rapport de force global (avec extrêmes) est quant à lui encore plus tendu pour l'UMP. Avec 61% la gauche (Gauche + NPA + LO + MoDem) est très nettement majoritaire. Ce qui rend le défi de reconquête de l'UMP particulièrement compromis.
Ces premiers sondages confirment donc pour l'instant le rapport de force issu des européennes.
Une gauche très divisée au 1er tour, mais qui rassemble une large majorité des suffrages. Avec deux écueils. Un vote aux extrêmes qui peut potentiellement "geler" 5 à 9% des suffrages. Et un leadership partisan potentiellement bicéphale, le PS se trouvant désormais à un étiage proche de celui des Verts. Le défi pour la gauche est donc double. Premièrement, ne pas trop souffrir d'un effet "échec du PS au 1er tour" qui pourrait démobiliser l'électorat et sur-avantager l'UMP qui est en capacité de distancer d'une dizaine de points la première liste de gauche au 1er tour. Ensuite, réussir la fusion entre les deux tours, en confinant les psychodrames et marchandages de tapis qu'elle engendrera inévitablement aux arrières boutiques des partis. Pas gagné. Surtout si les Verts devancent le PS dans certaines régions.
Un centre virtuellement hors-jeu. D'un côté le NC et les centristes de la majorité restent trop faibles pour que l'on sache véritablement leur poids. Cela rend impossible la systématisation de la constitution de listes indépendantes, qui pourrait pourtant être un début de réponse à l'absence de réserves de voix de l'UMP. De l'autre, un MoDem à un étiage trop bas pour qu'il puisse jouer un rôle actif entre les deux tours. Qui ne pourra pas se maintenir (moins de 10%) ne pèsera pas grand-chose. L'option d'alliances exclusivement à gauche annihile également tout enjeu "médiatique", la question de l'entre-deux-tours devant très certainement être monopolisée par le rabibochage Verts/PS.
Enfin, à droite, les régionales seront certainement la démonstration des limites de la stratégie présidentielle d'un bloc unitaire autour de l'UMP. Sans réserve de voix, sans ouverture possible sur l'électorat de gauche, l'UMP semble condamnée à un bilan proche de celui de 2004. Même si l'état de la gauche et ses divisions lui offrent un contexte plus favorable. Elle ne peut plus compter que sur les symboles et réussir à faire basculer une grosse région, ce qui lui permettrait, comme Jospin en 2001 avec Paris de faire passer son échec relatif pour une victoire médiatique.
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09.06.2009
1979-2007 : avec le MoDem, les centristes indépendants font leur plus mauvais score

00:05 Publié dans Elections | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, udf, veil, bayrou
08.06.2009
Une abstention qui ne fausse pas les résultats.
On dit souvent trop vite que l'abstention aurait eu une forte influence sur le résultat du scrutin. Cette fois-ci, c'est assez faux.
En effet, si l'on fait le total des suffrages obtenus par les listes "crédibles" (celles qui avaient ne serait-ce qu'une petite chance d'obtenir un siège), il est légèrement supérieur à celui de 2004. Autrement dit, les principales listes, des petites aux grandes, se partagent un corps électoral "utile" qui est au même niveau qu'en 2004, car les suffrages se sont moins éparpillés vers des listes "folkloriques".
Cette stabilité de l'électorat "disponible" est une donnée importante, car elle permet de relativiser l'effet de l'abstention. Certes une partie croissante de l'électorat potentiel s'est détourné des urnes par rapport à 2004, mais cela n'a pas eu d'influence, au contraire, sur le nombre de voix total que pouvait mobiliser chacune des principales listes.
Autrement dit, les gains/pertes en points de pourcentage entre 2004 et 2009, sont en réalité légèrement plus forts qu'ils n'y paraissent. L'UMP ne réalise pas un bond de 10,4 points, mais d'un peu plus de 12 pts. Le PS s'effondre de 13,7 pts et non de 12,4 pts. Le MoDem perd près de 4 pts et non à peine 3,5pts.
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