13.06.2009
Centre : des nouvelles boutiques à faire fructifier aux régionales
L'éclatement progressif de l'UDF continue d'accoucher de nouvelles formations politiques. Ce week-end, Jean Arthuis entamera la mutation de son association "Rassembler les centristes" en parti politique. La semaine prochaine, ce sera au tour de Christine Boutin de ripoliner son Forum des républicains sociaux, créé en 2001, pour en faire le "Parti chrétien-démocrate". Un "coming-out" comme elle dit... Un frémissement qui s'inscrit dans la préparation des régionales où l'UMP souhaite capitaliser sur ses partenaires pour jouer la carte de l'ouverture.
Arthuis ouvre sa boutique
Depuis fin mai, Jean Arthuis a passé une vitesse. Il a en effet annoncé à ses adhérents qu'il souhaitait modifier les statuts de l'association "Rassembler les Centristes" en un véritable parti politique. Deux étapes à venir : un conseil d'administration qui se tient aujourd'hui adoptera le principe d'une révision des statuts, et un rassemblement le 27 juin achèvera la procédure avec l'adoption d'une nouvelle dénomination pour le mouvement. La démarche d'Arthuis vise rien de moins que de ressusciter l'UDF. En effet, sa nouvelle chapelle sera conçue sous la forme d'une confédération politique, dont Rassembler les centristes ne constituerait que l'un des piliers à terme.
Le succès de l'entreprise repose sur deux échéances. La première est le remaniement ministériel, que Nicolas Sarkozy a judicieusement positionné 3 jours avant le grand rassemblement d'Arthuis. Ainsi, si Michel Mercier est nommé au gouvernement, il pourra tranquillement rejoindre la boutique d'Arthuis, dans laquelle il a déjà un pied, en tant que co-fondateur de l'association locale du Rhône menée par Muguette Dini. Deuxième rendez-vous fondateur : les élections régionales.
Des primaires de la majorité pour les régionales...
L'UMP et Sarkozy comptent transformer le comité de liaison, présidé par Jean-Claude Gaudin, qui réunit régulièrement les partis de la majorité présidentielle, en une alliance électorale dans la perspective des régionales. Ainsi, les investitures conclues par l'UMP à l'issue de primaires internes, devraient se doubler d'un nouveau tour de piste ouvrant la course aux autres formations de la majorité. A priori, la chose se déroulera en deux temps. D'abord la conclusion d'une alliance où les autres formations de l'UMP se rangeront gentiment derrière certaines têtes de liste déjà investies en échange de places éligibles. Pour la seconde, rien n'est calé, mais l'idée d'organiser une nouvelle série de primaires ouvertes à l'ensemble des formations de la majorité fait son chemin.
Cette démarche aurait l'avantage d'occuper le terrain médiatique, de prendre le PS de court par une procédure démocratique dont il discourt depuis 2002, de donner de la visibilité aux partis frères et par là-même de capitaliser sur l'ouverture de l'UMP en amenuisant son image de parti hégémonique. Reste à éviter la foire d'empoigne, ce qui parait possible grâce à la première étape, qui fixera les règles du jeux en attribuant a priori telle ou telle région à l'une des formations, et une sortie honorable pour les candidats déjà investis qui devraient céder leur place aux cousins.
Le revirement de Sarkozy sur la compatibilité entre un portefeuille ministériel et une candidature en tête de liste aux régionales va dans ce sens. Des 8 ministres UMP qui s'y sont engagés, plusieurs devraient préférer conserver un maroquin à une victoire hypothétique aux régionales. D'autant que selon les experts UMP, seules 4 régions sont gagnables.
Un rassemblement élargi à Arthuis... et au PRG ?
Mais si elle veut rendre crédible ce rassemblement, l'UMP a besoin de l'élargir en apportant de nouvelles formations. Si le Nouveau Centre négocie depuis des mois une place de choix aux régionales, il conserve une image de parti des traitres à Bayrou, qui gâche le signe d'ouverture que constituerait sa participation aux listes de la majorité.
Aussi Sarkozy se réjouit-il à l'avance de pouvoir ajouter à son escarcelle la petite formation centriste qu'Arthuis est en train de constituer. Renforcée par l'arrivée d'un Mercier et constituée dans un contexte où le MoDem aura du mal à refaire le coup du départ des traitres, le parti d'Arthuis donnera une touche "100% vrais centristes" à l'équipée sarkozyste. De plus, il dispose d'un poids électoral non négligeable dans l'une des régions gagnables, les Pays de la Loire, où son département de la Mayenne reste pour ainsi dire le seul bastion du grand Ouest démocrate-chrétien. Toutes les autres places fortes, flirtent durablement ou épisodiquement avec le PS. Avec la Vendée villieriste, il est donc l'une des clés pour un retour de la droite à la tête de l'exécutif régional.
Parallèlement, Sarkozy négocie avec Jean-Michel Baylet et le PRG. Oubliée par le PS aux européennes, force d'appoint indispensable à Sarkozy pour l'adoption de la révision de la Constitution, la gauche cassoulet se laisse gentiment draguer par l'UMP. On parle de l'entrée au gouvernement d'un radical de gauche. Reste que le PRG doit quand même l'essentiel de son implantation électorale, qu'il s'agisse des parlementaires ou des élus locaux, à la bienveillance du PS. Aussi, il semble assez peu probable que Baylet réussisse le tour de force de faire prendre le risque à son parti, presqu'exclusivement composé d'élus, de se fâcher avec le PS pour tenter une aventure assez folklorique avec l'UMP. Le plus probable est certainement la conclusion d'alliances au niveau régional, comme en Corse, où il se dit que les pourparlers vont déjà bon train.
Boutin ripoline sa boutique
Dernier "événement" de la galaxie centriste plus ou moins alliée à l'UMP, avec l'initiative de Christine Boutin. En passe de quitter le gouvernement bien qu'elle n'ait pas l'assurance de conserver la présidence du CG des Yvelines qu'elle exerce par intérim depuis la condamnation de Pierre Bédier (UMP), Christine Boutin tente de revigorer la petite formation catho qu'elle a créé en 2001. Au placard les appellations cache-sexe, la Boutin souhaite désormais s'assumer et renommer son parti en Parti démocrate-chrétien.
Boutin ne pèse pas grand chose, et ne pèsera certainement toujours que presque rien, mais elle compte ainsi capter une partie des villieristes déçus du score de leur champion aux européennes. Et pour le futur PDC, comme pour tout groupuscule, quelques dizaines de militants et d'élus, c'est toujours une bonne manne à prendre. Surtout si Boutin quitte le gouvernement, ce qui lui permettra de reprendre sa liberté de paroles et ainsi de peser plus certainement par son petit pouvoir de nuisance sur l'UMP. Et on l'a vu avec le NC aux européennes, il suffit d'être en capacité de mobiliser quelques pour cents de l'électorat pour être en capacité de négocier avec le grand frère quelques places éligibles.
L'UMP assèche son camp, face à un PS qui devra composer avec ses dissensions et les concurrents de son camp.
Voilà. A ceux qui posent régulièrement la question des réserves de voix dont aura besoin l'UMP pour gagner aux régionales au second tour, le parti présidentielle commence à apporter sa réponse. Il poursuit sa stratégie d'assèchement à ses marges, pour concentrer le plus largement possible son socle électoral naturel dès le premier tour. L'idée est de réitérer un score autour de 30% avec un net écart face au PS.
Un PS que l'UMP espère sérieusement handicapé par un double exercice très périlleux. D'une part, celui de constituer des listes respectant les équilibres internes du PS et compensant le déséquilibre issu de son échec aux européennes qui a désavantagé certains courants. D'autre part, celui de donner des places à ses alliés naturels (PCF, Verts), de limiter leur propension à faire fructifier en solo leur bon score aux européennes avec un retour du Front de Gauche et d'une alliance écologiste élargie à la société civile. Ce dernier défi semble le plus difficile à tenir, et ne devrait s'opérer qu'entre les deux tours, avec la constitution d'alliances artificielles qui devront aussi composer avec les quelques pour cents du MoDem, et avantageront sans nul doute les listes UMP arrivées largement en tête.
16:14 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau centre, centrisme, rassembler les centristes, arthuis, boutin, forum des républicains sociaux
12.06.2009
Quelques idées pour mes amis MoDemistes
Allez, je vais me mêler un peu du débat interne au MoDem suite aux européennes. Volontairement, je ne le suis pas vraiment. A vrai dire, le parti est tombé si bas, que je ne pense pas qu'il soit en mesure de se refonder dans l'immédiat. Il faudra sûrement un mauvais score aux régionales et le compte-à-rebours des présidentielles, pour que "Bayrou=le Modem" soit en mesure de changer véritablement. D'ailleurs, vous verrez que les quelques idées que je vous lance, ne sont pas nouvelles, pas très originales, et qu'elles n'ont aucune chance de trouver un écho favorable.
1. La méthode : faire une pause dans le militantisme, prendre de la distance, retrouver une certaine objectivité. Pas facile, mais ce qui handicape le plus le MoDem selon moi, c'est son côté bien trop militant. Le centrisme a un énorme défaut. Tout en étant ouvert sur les autres auxquels il est prêt à s'allier, il a une propension désastreuse à ne supporter que l' "entre-soi". Autrement dit, le centriste est certainement ce qui existe de plus sectaire en politique. Il se croit supérieur moralement (et souvent intellectuellement). Du coup, s'il daigne apporter son génie à la gauche ou à la droite, pas question qu'il se mélange véritablement à l'aurte. Tant que le centre n'essaie pas de se transformer en appareil militant de masse, il joue un rôle utile en pesant sur l'un ou l'autre camp. Dès que le centre veut réunir 2 Français sur 3, il devient insupportable de prétention. Car il ne sait pas gérer le débat interne sans vouloir définir une ligne pure, cohérente, intelligente et allergique à toute notion de mensonge ou de démagogie. Résultat pour le MoDem ? Un débat interne bordélique, qui ne débouche sur rien, qui ne s'organise pas en courants car il faut rester unitaire derrière François, et une ligne politique qui se résume à peu de choses car il lui est impossible d'y inclure des contradictions flagrantes, comme le font à qui mieux mieux PS et UMP afin de rassembler l'ensemble de leurs tendances internes. Le centrisme c'est le compromis avec les autres sans compromission avec soi-même. C'est combattre pour faire avancer ses idées, pas militer pour le succès d'un homme ou d'un parti.
2. La stratégie : renouer avec la droite. C'est une évidence stratégique qui est démontrée à chaque élection depuis 2002. Comme mon Batracien préféré le note dans un récent billet, seul le centre-droit est fidèle au MoDem. C'est tout con, mais le boulevard pour un centre indépendant reste à droite. Si Bayrou était resté une alternative de Sarko à droite, son mouvement aurait fait fructifier les acquis durement gagnés depuis la création de l'UMP en 2002. Au lieu de ça, il est parti draguer un centre-gauche qui ne lui sera jamais fidèle, il compte sur l'éclatement d'un PS qui a survécu à la débâcle de 1993 et à l'humiliation de 2002. Il faut vraiment avoir vu la Vierge pour penser que le PS puisse éclater ;). Et même si cela arrivait, comment penser qu'il irait chercher un centriste de droite fraîchement converti comme sauveur. Juste pour mémoire, Mitterrand a mis 20 ans se faire accepter comme homme de gauche, et presque 20 ans de plus pour en prendre le contrôle définitivement. N'oubliez jamais qu'en 1979, il devait encore se justifier par rapport à la nouvelle garde de la deuxième gauche incarnée par Rocard !
3. La ligne : plutôt que de réinventer le centre, repartir des fondamentaux. Dévolution des pouvoirs au niveau local, Europe fédérale, valeurs chrétiennes laïcisées, libéralisme, pluralisme, exigence démocratique, politique sociale pour l'équité... Les valeurs fondatrices du centrisme n'ont rien perdu de leur actualité. Des valeurs facilement synthétisables pour l'électeur moyen : Europe / régions / ouverture politique / libéral-social. Il faut juste les dépoussierer et les inclure dans une stratégie de développement durable. Avec cette grille de convictions, il est possible de forger des propositions programmatiques concrètes, lisibles pour l'électeur. A contrario, critiquer la sphère politico-médiatico-sondagière, Le Pen l'a démontré, ça n'a jamais permis de construire un programme crédible. A contrario, s'opposer systématiquement à la droite en la diabolisant, le PS l'a démontré, ça n'a jamais suffit pour gagner une élection.
4. L'ambition : préférer les petits pas concrets au grand soir qui n'arrivera jamais. Encore une fierté et une vertue centristes que Bayrou a oublié. N'est pas Jean Monnet qui veut, mais le centre n'a pas vocation à faire la révolution. C'est une force morale, pluraliste, de conviction, de tenacité, d'humilité pour influencer et faire avancer ses idées. Un Sarko qui aurait du composer avec un Bayrou dans sa majorité ne serait certainement pas le même. Et personne ne joue plus ce rôle aujourd'hui. Ni le trop faible et docile Nouveau Centre, ni les très marginalisés gaullo-chiraco-villepinistes. A vouloir n'être qu'un opposant qui fait miroiter un grand soir dont aucun électeur ne sait vraiment quelle nouvelle ère il inaugurerait, le MoDem a sacrifier le rôle utile qu'il aurait pu jouer pour modérer la droite en l'influençant de l'intérieur.
Alors, voilà, tout le problème du MoDem, c'est qu'il ne peut pas reprendre une seule de ces idées sans contredire ce qui a justifié sa création. J'en reviens toujours à la même conclusion, à la juste prédiction de Jean-Louis Bourlanges. Le MoDem est une aventure séduisante, mais qui repose sur un formidable malentendu. Même avec un leader de la qualité de Bayrou, la conviction et l'activisme de 50 000 militants ne changeront rien aux lignes de force de la Ve République.
Bayrou n'est qu'un porte-messages qu'ont utilisé les Français à la présidentielle. Comme ils ont utilisé Le Pen en 2002. Comme il l'ont fait aux européennes de 1994 avec Tapie, Pasqua en 1999, Cohn-Bendit en 2009. Le drame de Bayrou, c'est qu'il est plus présentable, plus crédible que tout ceux-là. Il faudra bien du temps aux militants du MoDem pour comprendre que sans la dynamique propre à l'un des deux grands camps politiques, le coup de 2007 et la crédibilité de l'homme, n'ont qu'une chance infime de porter les idées centristes au pouvoir. Car il existe effectivement, une chance, même si elle est infime. Et pour entretenir la flamme de cette petite lueur, combien de sacrifices...
00:03 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, centrisme
09.06.2009
Les 17 députés européens centristes français
A l'issue du scrutin de dimanche, la délégation française au Parlement européen comptera 17 députés "centristes".
Le MoDem conserve le plus fort "bataillon" avec 6 élus, suivi du Parti radical qui compte désormais 4 élus et du Nouveau Centre avec 3. Le Sud-Ouest a également élu 3 députés centristes UMP. Sur l'ensemble, on dénombre 8 sortants (Bennahmias, Cavada, Griesbeck, Lamassour, Mathieu, Saïfi, Sarnez et Veyrac) et 10 femmes.

















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07.06.2009
Le MoDem : 25 ans de perdus !
8 à 8,5%, c'est le score dont est crédité le MoDem. Soit, ironie du sort, à peu de chose près, le score de Simone Veil en 1984. Le parti montre l'extrême volatilité et fragilité de son électorat.
Il a désormais également la certitude que la popularité de Bayrou ne se traduit pas électoralement à la hausse, mais que ses erreurs peuvent être sanglantes à la baisse. En gros, Bayrou ne rapporte pas de voix, mais lorsqu'il déconne, sa posture présidentielle donne une occasion à certains électeurs de s'éloigner.
20:10 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : européennes, bayrou, modem, udf
04.05.2009
Classement des députés : Méhaignerie en tête, Leroy en queue de liste
Depuis quelques semaines circule un classement des députés publié par le site lesInfos.com. Voici une extraction que j'ai réalisée répertoriant les députés centristes du NC, du Parti radical, du PRG, de l'UMP (seulement quelques têtes d'affiche) et du MoDem.
Sur 60 députés centristes, le NC truste 8 des 10 premières places. Le Parti radical, à l'inverse occupe 6 des 10 dernières places. Notons le classement honorable des députés MoDem, qui ne bénéficient pas d'une grande capacité d'intervention (élément pris en compte pour le classement) du fait qu'ils siègent parmi les non-inscrits.
Le bonnet d'âne revient sans conteste à Maurice Leroy, classé seulement 68e sur 577 députés. Pas glorieux pour l'un des députés centristes les plus médiatiques. Au classement général on peut enfin relever que les centristes occupent 3 des 10 premières places et 14 des 100 premières. Selon leur poids numérique, ils ne devraient tenir qu'une place dans le top ten et 10 dans le top 100.
Pour agrandir l'image, cliquer dessus.
23:28 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : centrisme, assemblée nationale, nouveau centre, modem, rassembler les centristes, leroy, benoit, méhaignerie, sauvadet, salles
19.04.2009
Sénateurs centristes : plus que jamais dans la majorité
Le journaliste politique Laurent de Boissieu a récemment publié sur son blog iPolitique une radioscopie du groupe Union centriste du Sénat. Cette étude confirme la marginalisation de la ligne de François Bayrou parmi les rangs du groupe. Tant numériquement, que par le sens des votes de ses membres.
Dans un premier temps, Laurent de Boissieu ose un comptage des sénateurs centristes selon leur obédience. Pas de grande révélation sur ce point, les "purs" MoDem ne sont plus que 6, les "purs" NC sont 6, et les purs Rassembler les centristes ... 6 également. S'ajoutent à ce décompte 6 sénateurs MoDem également membres de RC et 4 sénateurs NC membres de RC. Le rapport de forces numérique reste donc légèrement en faveur du MoDem, qui compte 12 membres, contre 10 au NC et 6 purement RC.
Cela dit, cette légère avance n'est que numérique. Tout d'abord car les lignes politiques du RC et du NC, si elles divergent sur la stratégie d'alliance avec l'UMP, se rejoignent sur le fond, à savoir, inscrire les centristes au sein de la majorité menée par l'UMP, dans un positionnement libre et critique.
Du coup, le rapport de forces politique est nettement défavorable au MoDem. Le groupe Union centriste compte bien une forte majorité (16 + 6 sénateurs MoDem-RC) qui s'inscrit dans un soutien clair au gouvernement et au président de la République.
Mais la donnée la plus intéressante et "nouvelle" que livre l'étude de Laurent de Boissieu, réside dans son étude des votes des sénateurs centristes, afin d'en affiner la sensibilité entre majorité et opposition. Le bilan est dur pour François Bayrou qui ne voit sa ligne d'opposition suivie fermement que par 3 des sénateurs UC. Parmis les "purs" MoDem, il ne sont que 5 sur 6 à se positionner dans l'opposition. Quant aux sénateurs MoDem-RC, au nombre de 6, tous s'inscrivent dans la majorité, 3 fermement, 2 de façon moins systématique et un seul de façon "molle".
Côté NC et RC "purs", les choses sont beaucoup plus simples. Les 16 sénateurs s'inscrivent fermement dans la majorité, sans ambiguïté.


Si l'on ne tient plus compte des clivages partisans, le rapport de force est très clairement en faveur de la majorité, qui rassemble 23 sénateurs, contre 6 dans l'opposition. Et si l'on ne s'en tient qu'aux plus fermement engagés dans l'un et l'autre camp, la majorité repose sur un socle de 20 sénateurs, contre 3 à la ligne d'opposition défendue par Bayrou.
Cette étude démontre un double échec.
Le premier est celui de Bayrou, qui ne parvient pas (mais le souhaite-t-il vraiment ?) à constituer une "troisième voie" véritablement centrale au Sénat. Si l'on devait rassembler les sénateurs sur cette ligne médiane, à savoir les plus modérément inscrits dans l'un et l'autre camp, ils ne sont que 3 à 6. Le problème est que cette ligne n'est plus incarnée aujourd'hui par Bayrou et qu'il n'est que très difficilement possible de convenir que ces sénateurs, tous MoDem, s'inscrivent toujours dans la ligne de leur parti dans la mesure où ils votent des projets de loi que leur leader conteste et condamne.
Le second échec est celui du NC. L'analyse de Laurent de Boissieu démontre clairement que le clivage partisan des sénateurs centristes ne repose pas sur une scission idéologique, mais bien sur leur positionnement vis-à-vis de l'UMP. Si le NC ne se complaisait pas dans une ligne quasi-systématique de supplétif de l'UMP, il pourrait naturellement compter dans ses rangs les 23 sénateurs qui partagent son positionnement théorique de parti centriste libre au sein de la majorité.
Les deux principales formations centristes sont donc l'une et l'autre face à l'hypocrisie de leur positionnement stratégique respectif.
Que dire pour finir des acolytes de Jean Arthuis qui, tout en adoptant une ligne presque identique à celle du NC, parviennent à réunir 16 sénateurs ? Peut-être qu'ils ont su trouver le supplément d'hypocrisie nécessaire à cette séquence politique. Qui consiste pour les centristes à choisir un camp, tout en se laissant la possibilité de le trahir si les événements le rende nécessaire. Quoi de plus centriste après tout ?
22:02 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sénateurs, sénat, centrisme, udf, modem, nouveau centre, rassembler les centristes
08.02.2009
Sarnez et Bayrou à nouveau trahis : Gérard Vignoble rejoint le NC
Gérard Vignoble a récemment annoncé son adhésion au Nouveau Centre. Celui qui a été de tous les combats centristes depuis qu'il a quitté le PS pour le CDS en 1988, considère le NC comme le véritable héritier de l'UDF. Pour le convaincre, Hervé Morin lui a confié une lourde tâche : coordonner la campagne des européennes...
Article de Nord-Eclair
Gérard Vignoble signe au Nouveau centre
« On m'a appelé », lâche Gérard Vignoble. Au bout du fil, Hervé Morin. Le président du Nouveau centre lui a confié une mission.
Le maire a depuis signé au parti. Au PS puis à l'UDF, le maire s'explique sur cette nouvelle position.
François Bayrou reste son ami. Gérard Vignoble l'assure mais a choisi de ne pas suivre sa ligne politique et de se tourner vers un autre parti, le Nouveau centre, « la formule du MoDem ne me convient pas ». Les raisons ? Une succession de déceptions... Tout d'abord au niveau national, « lorsque François Bayrou s'est affiché aux côtés de Ségolène Royal lors de la présidentielle.
Puis, au niveau local lorsque « j'ai vu que le MoDem suivait Martine Aubry ». Pour lui, les choses sont claires, « le MoDem, aujourd'hui, regroupe soit des gens déçus par leur propre parti ou des arrivistes. En gros, il ne ressemble plus à rien ».
« Le dernier pilier de l'UDF que je suis », comme se plaît à le rappeler le maire de Wasquehal a donc décidé de répondre à l'appel d'un autre homme, un certain Hervé Morin. Le président du Nouveau centre lui proposant de devenir le correspondant national en charge de l'équipe parlementaire avec deux missions. La première : préparer et coordonner les élections européennes dans les circonscriptions. La deuxième : participer à l'animation de l'équipe des parlementaires du Nouveau centre. Élément déclencheur ? Certainement. Car pourquoi a-t-il attendu autant avant d'adhérer ? Pour se justifier Gérard Vignoble cite là l'un de ses premiers amours, « François Mitterrand disait toujours : il faut laisser du temps au temps ».
Des années PS qu'il décrit toujours et encore avec nostalgie. « Jamais je n'y retournerai. À l'époque, ce parti représentait de vraies valeurs. J'ai connu trop de personnes brillantes. Tout comme au MoDem, il y a aussi un groupuscule d'arrivistes.
Et de conclure, Hervé Morin, lui, m'a fait prendre conscience que ma famille c'était l'UDF. J'ai toujours été fidèle à ce p arti. Je serai encore plus proche et me battrai pour suivre cette ligne même si je n'aime pas tellement le terme de Nouveau centre. »
AURÉLIE JOBARD - Publié le vendredi 06 février 2009 à 06h00
15:48 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, nouveau centre, gérard vignoble
11.01.2009
Bourlanges : "les élections européennes seront gagnées par le MoDem"
Dans la chronique mensuelle qu'il signe dans L'Expansion, Jean-Louis Bourlanges fait le point sur la stratégie bayrouiste. Magnant un humour pour le moins acide pour son ancien ami, dont il démonte chaque élément fondateur de sa stratégie, il lui concède néanmoins un victoire probable lors des prochaines élections européennes. Tout en instistant sur l'impasse que constitue la stratégie d'alliance du MoDem et son absence de véritable projet politique.
Une histoire sainte
François Bayrou vit d'une certitude : le doigt de Dieu lui a touché le front. La divine providence a été inventée pour le porter à l'Elysée. Loin de l'abattre, les revers le stimulent : il n'est pas de résurrection sans Passion. La trahison de Judas, le reniement de saint Pierre, la dispersion des apôtres sont autant de signes de l'élection divine.
L'« entrée en résistance », n'ayons pas peur des mots, se fondait, pour François Bayrou, sur la prémonition d'un triple désastre. Chez le président du MoDem, il y a du Philipulus, le prophète de malheur de L'Etoile mystérieuse, dans « Les Aventures de Tintin », qui proclame la fin des temps et l'imminence du châtiment. Le désastre, en l'occurrence, ce serait d'abord celui de Nicolas Sarkozy, de l'usurpateur puéril et agité qui serait, comme dit l'Ecriture, « pesé et jugé trop léger ». Ce serait aussi celui d'un Parti socialiste privé de son âme, écartelé entre ses fantasmes et ses dérives, promis de science certaine à la cannibalisation générale. Ce serait enfin la déconfiture nécessaire d'une société asservie à l'idolâtrie du veau d'or. « Ça ne peut pas durer » : tôt ou tard se lèveront les orages désirés et sonnera l'heure du bayrouisme en majesté.
Il y avait dans ces promesses d'apocalypse quelque chose d'égolâtre et de mégalomane. Mais aujourd'hui, les fruits ont passé la promesse des fleurs. Certes, après un début de mandat calamiteux, Nicolas Sarkozy avait retrouvé, avec le calme au foyer, le ton juste, le rythme apaisé et le bonheur dans l'action. Et puis, patatras, voici que la hideuse crise traverse sa course, met à mal son discours, poisse le quinquennat et l'offre en victime expiatoire à un peuple malheureux et vindicatif.
Quant aux socialistes, inutile d'épiloguer. Reims est un antisacre. Le clergé a refusé l'étendard à Jeanne d'Arc, mais raté la mise à feu de la sorcière. Elle est toujours là, intacte et menaçante. Résultat, on passe des Valois aux Mérovingiens : Brunehaut contre Frédégonde, une guerre sans arbitre, la haine à l'état pur entre un passé mythifié et un avenir nébuleux.
L'heure du berger de Nay a-t-elle sonné ? La crise serait-elle sa « divine surprise », la revanche de Péguy sur les golden boys, le triomphe du tracteur sur le CAC 40 ? Politiquement, le dilemme est redoutable : comment gagner à gauche sans perdre à droite ? Comment faire du Mitterrand avec du Lecanuet ? Comment faire du collectif avec un homme seul ? Les élections européennes seront gagnées par le MoDem, mais elles laisseront dans l'ombre les deux questions majeures : celle des alliances et celle du projet. Or, non seulement aucun socialiste n'entend participer à une coalition dominée par les centristes, mais François Bayrou lui-même est ontologiquement allergique à l'idée d'alliance : dès que l'autre n'est pas un miroir, c'est un enfer. Quant au projet, il se décline comme une charade : mon premier est mon horreur du libéralisme, fût-il social ; mon second, mon impuissance majoritaire ; mon troisième, la vigilance corporatiste de la France de gauche ; mon quatrième, mon goût pour les fresques oratoires ; et mon tout, un immobilisme tempéré par la glose. Bref, l'observateur s'émerveille, le romantique s'émeut... et le réformateur souffre.
Jean-Louis Bourlanges - 01/01/2009 - L'Expansion
Lien vers la chronique sur L'Expansion.com
Ajout du 13/01/09
Sur son blog, Le centriste en vadrouille m'a fait découvrir un article de La Croix consacré à Jean-Louis Bourlanges. A lire d'urgence.
17:03 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bourlanges, bayrou, modem, élections européennes, européennes, centrisme
06.01.2009
MoDem, Nouveau Centre et Parti radical à l'unisson
Un front centriste s'est formé pour résister à l'adoption du projet de réforme de l'audiovisuel public au Sénat. En figure de proue, on retrouve Mercier, Morin-Desailly et Thiollière qui demandent que le mode de financement de la réforme soit amendé (redevance) avant de donner quitus au projet gouvernemental... On aurait pu espérer sujet plus majeur pour que les centristes renouent avec l'unité... mais bon c'est un petit début de quelque chose... Reste maintenant pour Albanel à trouver le prétexte qui permettra aux centristes de la majorité de rentrer au bercail avec dignité.


Extrait d'un article du JDD sur le sujet :
"Il n'y a pas, en l'état actuel, de majorité pour ce texte au Sénat"
Au gouvernement, on redoute qu'une partie des droites et du centre ne vienne soutenir la gauche sur le thème de la liberté et de l'indépendance. Michel Mercier, président du groupe centriste, doit rencontrer François Fillon demain, avant d'être reçu, mercredi, par Nicolas Sarkozy. Longtemps proche de François Bayrou, mais souvent cité comme ministrable, le sénateur du Rhône se voulait apaisant: "Il n'y a pas, en l'état actuel, de majorité pour ce texte au Sénat. Reste à la construire."
Sur la même longueur d'onde, les deux rapporteurs du texte, Catherine Morin-Desailly (Union centriste) et Michel Thiollière (UMP), qui sont en contact régulier avec le PDG de France Télévisions Patrick de Carolis, vont, quant à eux, concentrer leurs efforts sur le point épineux de la redevance, qui sera désormais indexée à l'inflation. Les dirigeants de France Télévisions veulent être sûrs que toute augmentation de la redevance sera bien affectée à la télévision publique, et non reversée dans la cagnotte de l'Etat.
11:20 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : mercier, morin-desailly, thiollière, modem, nouveau centre, parti radical
18.11.2008
Catherine Morin-Desailly quitte le MoDem pour le NC
Membre du bureau exécutif du MoDem, son départ était effectif depuis fin octobre. MoDem et Nouveau Centre sont donc désormais à égalité au sein du groupe Union centriste (29 membres). Encore que de modemistes purs et durs, on n'en compte plus que 7. Les membres de Rassembler les Centristes, seraient au moins 6, en comptant la double appartenance de Mercier au MoDem et à la chapelle d'Arthuis...
Communiqué publié par le Nouveau Centre.
Un 9ème sénateur pour le Nouveau Centre
Catherine Morin-Desailly, Sénatrice de la Seine-Maritime (Haute-Normandie), élue en 2004 sous l’étiquette UDF, a rejoint le Nouveau Centre. Adjoint au Maire de Rouen de 2001 à 2008, elle est aujourd’hui conseiller municipal de Rouen.
Très active sur les questions relatives à la culture, l’internet et l’audiovisuel, notamment, Catherine Morin-Desailly est Vice-Présidente de la commission des affaires culturelles du Sénat où elle siège au groupe de l’Union Centriste.
Ayant été membre de la commission « Copé» sur la réforme de l’audiovisuel public, elle sera rapporteur au Sénat du projet de loi relatif à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision.
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