12.10.2009

Ce soir, j'ai lu l'Hérétique, et j'ai failli pleurer...

Bon ben voilà... Avec le résultat de la législative partielle à Poissy, je me voyais déjà "contraint" à produire un post démontrant une nouvelle fois l'échec patent de la stratégie de Bayrou.

bayrou reconstruire.jpgA stigmatiser l'incapacité du MoDem, sur un circo de droite au contexte "hyper" favorable (sortant UMP pourri, candidat Verts moisi, candidat UMP parachuté, candidat PS moyen, ex-candidat PRG en embuscade, candidat MoDem correctement implanté), à faire un score digne de ce nom...

Et puis L'Hérétique a tout dit. Pas une ligne à retirer à son billet. Ça faisait tellement longtemps que j'attendais qu'il revienne à un discours réaliste sur l'aventure du MoDem, que j'ai presque eu envie de pleurer.

Pleurer de voir que l'espoir était en train de quitter, non pas les plus idolâtres bayrouistes, mais ceux qui le soutiennent avec intelligence et convictions politiques. Ceux qui peuvent de temps à autre me faire douter de mes certitudes.

Pleurer de voir que devant l'échec, L'Hérétique n'a d'autre solution à apporter, comme je le fais régulièrement, que la machine à remonter le temps. Celle qui nous permettrait de séquestrer François pendant deux ou trois semaines après le 22 avril 2007 pour l'empêcher de couper bien trop prématurément et hermétiquement de la droite, l'UDF et le centre.

Pleurer de voir que nous partageons tant, tout en étant désormais si éloignés.

Pleurer à l'idée que le seul lieu où nous pourrions nous retrouver serait l'Alliance centriste. Cette petite chapelle qui cumule plus les handicaps du MoDem et du NC qu'elle n'ouvre une véritable issue de secours au centrisme.

Mais bon, heureusement, il nous restera sans doute une dose suffisante de mauvaise foi pour continuer à nous "opposer" jusqu'en 2012. Lui fera semblant d'y croire encore vraiment, Marielle aidant, moi de ne plus pouvoir être tenté une nouvelle fois par l'aventure, Marielle aidant...

30.08.2009

Centristes et régionales, une seule stratégie possible, la soumission

Le centre éclaté en différentes chapelles n'a d'autre choix que de conclure des alliances électorales avec l'un des deux grands camps pour espérer exister lors des prochaines élections régionales.

cover-affiche_vletard_13-11-03.jpgCôté Nouveau Centre, les alliances sont une évidence. Consubstantielle à la création du parti, sa participation à la majorité présidentielle le pousse logiquement vers des listes communes avec l'UMP. D'autant qu'il n'a pas les moyens de faire autrement dans la mesure où il reste un petit parti sans leader médiatique et donc peu connu de l'électeur moyen. Contrairement aux européennes, où il avait fait semblant de partir tout seul, le NC s'oriente cette fois-ci clairement vers cette issue. Il a désigné une bonne partie de ses chefs de files, qui négocient des places éligibles avec leurs partenaires de la majorité présidentielle. Leurs staffs ont d'ailleurs déjà intégré les équipes de campagne des candidats UMP. Le NC sera donc la petite touche centriste de la majorité. Il jouera sa crédibilité sur son nombre d'élus, mais encore bien plus sur le nombre de têtes de liste, voire de présidences de région, qu'il obtiendra. A ce jour, seul le Nord-Pas-de-Calais lui semble dévolu, avec Valérie Létard, autrement dit, une région archi-perdable. Pour le reste, les négociations vont bon train. Dans plusieurs régions, il a une carte à jouer, mais le NC ne dispose d'aucun leader pouvant a priori s'imposer à l'UMP.

arthuis sarko.jpgPour ce qui est de l'Alliance centriste, les choses sont assez difficiles à déterminer. Le parti a clairement été créé pour être en mesure de jouer un rôle aux régionales. On l'imagine mal cependant constituer des listes indépendantes qui démontreraient sa constitution fragile et se traduiraient vraisemblablement par un score minable. L'AC va donc certainement se contenter de capitaliser sur les régions où elle est forte. En premier lieu les Pays de la Loire, qui comptent la Mayenne, bastion d'Arthuis. Même si cette région a sans nul doute une fibre centriste, elle est aussi celle où le MPF de Villiers pèse fortement. Il y a fort à parier que l'aile centriste de la majorité ne sera pas aussi bien servie que son aile droite vendéenne. Dans les autres régions, AC semble trop peu implantée. Peut-être en Bretagne, Champagne-Ardenne ou encore l'Île-de-France, quoi qu'il en soit, les alliances possibles sont toutes à droite. On ne voit pas quel leader PS irait chercher Arthuis et consort pour sauver sa région. Comme quoi, on peut défendre un positionnement moins inféodé que le NC à la majorité, et l'être au final tout autant.

François_Bayrou.jpgEnfin le MoDem. Vraisemblablement, le MoDem n'aura d'autre choix que de renouer avec l'hypocrisie des dernières municipales. Son positionnement demeurera officiellement l'indépendance, des alliances uniquement sur des projets et tutti quanti. En réalité, les alliances du MoDem se feront uniquement, comme aux municipales, en fonction de l'intérêt électoral du leader local du MoDem. C'est d'ailleurs pourquoi les négociations entre conseillers régionaux MoDem et PS vont déjà bon train. Et ce n'est pas d'aujourd'hui, la question étant débattue avec ardeur depuis 2007 et la préparation psychologique des deux partis, initiée depuis 2004.

Mais dès la rentrée, on va rentrer dans le marchandage de tapis plus concret : les présidences de commission, vice-présidences, présidences d'organismes extérieures... donc tout ce qui à défaut d'une voiture de fonction, pourrait convaincre les élus régionaux MoDem que le programme socialiste vaut bien une secrétaire ou quelques notes de frais.

bayrou_mjs.jpgCela dit, plusieurs élus du MoDem sentent un piège sur le point de se refermer sur eux. Sachant que le MoDem ne dépassera vraisemblablement pas les 10%, et que le MoDem n'assumera pas d'alliance avec eux dès le 1er tour dans la majorité des cas, les leaders régionaux du PS se frottent déjà les mains. Un jeu de dupes qui consiste à promettre en secret monts et merveilles, et à ne donner au final pas grand chose, voire rien du tout si les Verts se trouvent être particulièrement voraces entre les deux tours. Du coup, plusieurs élus MoDem, principalement dans les régions gagnables par le droite, auraient dans le courant de l'été renoués avec leurs amis de trente ans du Nouveau Centre et de l'UMP. Soit pour négocier avec les premiers un ralliement direct - ou progressif, après les élections, par la constitution de groupes communs - sous réserve que le NC joue les entremetteurs avec l'UMP pour leur conserver au moins une place. Soit pour obtenir directement un engagement de bienveillance de l'UMP pour sauver quelques têtes. Le discours à tenir semble déjà intégré "Le PS ne veut pas de nous, et M. Duschmol, leader de l'UMP, est un mec très modéré dans le fond, alors comme il est en tête et me le demande gentiment, je vais rejoindre sa liste au second tour. D'ailleurs, j'ai obtenu de sa part qu'il intègre notre idée de forum participatif sur le développement durable et un programme ambitieux en matière d'éducation. Cela ne remet pas en cause mon engagement au MoDem et derrière François, et je me battrai pour faire changer ce parti de l'intérieur".

bayrou sarnez.jpgC'est aussi ce qui explique en partie la sortie de Marielle à l'endroit du PS. La direction nationale du MoDem doit en effet convaincre ses troupes dans les régions qu'elle est en capacité de leur obtenir quelques places en dépit du mauvais score qui s'annonce. Et donc de ne pas relâcher le travail de drague mutuelle que MoDem et PS ont engagé depuis 2007 dans les conseils régionaux. Un travail qui s'il s'avère inutile régionalement, le reste d'un point de vue national. D'un côté une direction nationale qui tient à ce qu'aucune de ses troupes régionales ne retombent dans le camps sarkozyste deux ans avant l'affrontement final. De l'autre des élus MoDem, qui conscients de la faiblesse de leur parti, d'une élection que ne sera pas une redite de 2004 vu l'état respectif du PS et de l'UMP et de la concurrence que représenteront les Verts à gauche, essaient de se ménager une issue de secours à droite.

Au final l'électeur "centriste" aura donc le choix entre deux options. Celle franche mais "aplat-ventriste" de centristes de centre-droit qui se seront alliés avec l'UMP et ne devront leur influence qu'à la bienveillance de Nicolas Sarkozy. Celle opportuniste mais "malgré-nous-iste" de candidats MoDem qui ne devront leurs places qu'au camp qui aura bien voulu leur en donner... Ah, si seulement la France était encore celle de 2004, avec une UMP faible, un PS qui ne savait pas encore qu'il pouvait regagner des élections locales, des Verts inexistants, et une UDF unie, en mesure d'accélérer la défaite de son camp...

22.08.2009

Décès d'Adrien Zeller

zeller.jpgLe président de la région Alsace est décédé aujourd'hui d'une crise cardiaque. Ce centriste convaincu avait rejoint l'UMP en 2002, mais avait réussi à maintenir une liste commune avec l'UDF lors des dernières élections régionales. Je l'ai rencontré une fois et il m'avait frappé par ses propos intelligents, son ouverture d'esprit, sa modération et sa simplicité. Les centristes perdent avec lui la seule présidence de région qu'il conservait. Pas tout à fait, car c'est un autre centriste, Bernard Stoessel, qui assure l'intérim depuis son hospitalisation à la mi-juillet. Stoessel était président du MoDem Haut-Rhin jusqu'au début de cette année. Il a quitté le parti car il n'était pas satisfait de la constitution des listes aux européennes. Certainement car il n'en était pas, mais aussi car il s'est opposé sans succès au parachutage par Paris de Jean-François Kahn dans le grand Est.

01.08.2009

L'Alliance centriste a trouvé sa wonder-woman

Rien à dire en fait, sinon que c'est l'une des toutes premières vidéos du nouveau parti centriste. Un conseil. Reculez-vous un peu, vous risquez d'être victime d'un lancer de mèche blonde ;)

30.07.2009

Quizz : Centristes, histoires de familles

Un nouveau quizz, pour mieux connaître les familles de personnalités centristes, de la tante d'André Santini au "palais présidentiel" de François Bayrou.

26.07.2009

Hervé Morin, aussi "populaire" que François Bayrou...

La chute de popularité de François Bayrou depuis les européennes l'a fait tombé dans le baromètre Ipsos/Le Point au même niveau de popularité qu'Hervé Morin. Conjoncturel, certainement un mauvais passage, mais qui aurait pu penser que cela puisse arriver un jour ?

borloo.jpgbayrou.jpgmorin.jpg

Dans le baromètre du Point, François Bayrou est effectivement passé derrière Hervé Morin en juin dernier (32% d'opinions favorables pour Morin, 31% pour Bayrou). En juillet, Bayrou le devance de nouveau d'une courte tête avec 35% d'opinions favorables, contre 33% à Morin. Cela dit, Morin obtient un solde désormais positif, avec 26% d'opinions négatives, alors que Bayrou reste largement "impopulaire" avec 57%.

Maintenant, il ne faut pas s'y tromper, ce baromètre confirme aussi le net différentiel de notoriété entre les deux hommes. Morin n'engendre une opinion qu'à 59% des sondés, alors que Bayrou cumule 92% d'opinions exprimées.

Côté personnalités centristes, Jean-Louis Borloo fait la course en tête, avec 57% d'opinions favorables, contre 28%, il est 4e du classement du Point.

Dans le baromètre de Ifop/Paris-Match, les résultats sont nettement différents. Bayrou, qui avait chuté de 14 points en regagne 7 en juillet et se hisse à 50% d'opinions favorables contre 48% d'opinions négatives. Hervé Morin se place loin derrière avec 37% contre 26%. Jean-Louis Borloo, quant à lui, se situe dans le top 10, avec 66% d'opinions positives contre 30.

Lien vers les résultats complets du dernier baromètre Ipsos/Le Point

Lien vers les résultats complets du dernier baromètre Ifop/Paris Match (.pdf)

25.07.2009

Quizz "Petites phrases : qui a dit quoi ?"

Encore un petit quizz, sur des déclarations et petites phrases qui ont émaillées 2008 et 2009.

16.07.2009

Quizz "Le Centre à travers l'Histoire"

Pour ne pas se ramollir pendant les vacances, un petit quizz sur le centrisme à travers l'histoire...

08.07.2009

« Centristes cherchent UDF, désespérément »

La dernière chronique de Jean-Louis Bourlanges parue dans l'Expansion.

Deux France
Jean-Louis Bourlanges est professeur à l'IEP de Paris -  01/07/2009

bourlanges.pngTout semblait les rapprocher : une robuste allergie au sarkozysme, une aversion commune pour les grands et mornes appareils de la gauche établie, de vieux combats partagés pour une Europe différente, le goût des voies traversières. Mais il a suffi d'un débat, d'un échauffement, d'une passe d'armes, pour que François Bayrou et Dany Cohn-Bendit apparaissent pour ce qu'ils sont vraiment : les figures emblématiques de deux France qui se comprennent mal et ne s'aiment guère.

C'est l'histoire de celui qui croyait au ciel et de celui qui n'y croyait pas. Ou encore, plus sociologiquement, de celui qui avait un tracteur et de celui qui n'en avait pas. D'un côté, un gars de chez nous, qui ne dédaigne pas le béret, qui fleure bon la France de toujours, accroché à son village et à ses pâtures, élevé entre l'église, l'école et le monument aux morts. De l'autre, un homme aux semelles de vent, un cosmopolite qui atterrit en France une fois sur deux, des amis partout, des racines nulle part. Pour l'un, la France est une mémoire, pour l'autre, une liberté. A Strasbourg, François avait apprécié Dany comme un produit exotique, le compagnon d'une bonne soirée un peu canaille. Pour le reste, c'était un martien, étranger au combat des vrais hommes politiques, sur le seul terrain qui compte, le sanctuaire national, et pour le seul enjeu qui vaille, la présidence de la République.

Et patatras, voici que d'affreux sondages, un agencement humiliant du débat télévisé et la hideuse familiarité de son interlocuteur (« On ne tutoie pas le président de la République », disait Gaston Doumergue à des amis irrespectueux) retranchent brutalement Bayrou de la cour des grands, le ramènent à son étiage et l'enferment dans un combat réducteur contre un histrion libertaire. Trop. C'était trop. C'est qu'elle vient de loin, l'indignation de François Bayrou. Là où Sarkozy nous amuse d'une critique rhétorique de Mai 68, le président du MoDem s'attaque à la racine du mal.

Il distingue le péché originel, dénonce en Dany le serpent de la damnation et suggère que la faute première ne s'efface jamais. Le crime de Mai 68 est là, intact et sacrilège. Bayrou refuse la prescription, et cette sévérité sonne comme un appel au secours à droite. Malheureux clin d'oeil qui ruine en un instant la complicité grandissante du MoDem et de la gauche. Le rêve vole en éclats d'une fédération antilibérale des amis du tracteur, de la poste et de l'université réunis. Le drame du MoDem, c'est que l'idéologie française, comme la qualifie Bernard-Henri Lévy, porte à la dénonciation du marché, au scepticisme européen et à un culte exacerbé de l'exception française. Cette horreur du libéralisme vous arrache du centre, vous met à la droite de la droite, quelque part entre Uriage et les Chantiers de jeunesse, et à la gauche de la gauche, du côté du ressentiment anticapitaliste et altermondialiste.

Le 4 juin, les téléspectateurs ont compris qu'il ne suffisait pas d'être antilibéral pour tenir politiquement debout. Le 7, avec la victoire de Nicolas Sarkozy et de Dany Cohn-Bendit, libéralisme bien tempéré et ambition européenne ont repris des couleurs. Il leur reste à s'incarner dans un parti. Ni l'UMP ni les Verts ne sauraient y prétendre pleinement. Une petite annonce s'impose : « Centristes cherchent UDF, désespérément ».

Lien vers la chronique sur le site de L'Expansion

04.07.2009

L'UDF est morte, vive l'Alliance centriste

Le week-end dernier, Arthuis a lancé officiellement son nouveau parti politique. Au milieu du milieu, l'Alliance centriste va transformer l'eau tiède en arme électorale de nuisance massive.

Pour l'instant, la nouvelle chapelle est forte de quelques centaines de militants et de quelques élus. Seuls Arthuis, Zocchetto et Dini l'ont ouvertement rejoint parmi les sénateurs. Cornillet est toujours de la partie, sans remettre en cause son adhésion au Parti radical, mais il n'a plus de mandat. Thierry Benoit participe également à la fondation du parti. Enfin, Mercier, qui devrait vraisemblablement devenir un compagnon de route des centristes alliés, n'est pour le moment qu'en congé du MoDem.

Grâce à cette "confédération" partisane qui ne regroupe pour l'instant qu'un seul parti, Arthuis entend perpétuer son positionnement fidèle à l'UDF libre. Une participation critique à la majorité présidentielle, dans laquelle il se situe clairement, tout en conservant une distance sanitaire vis-à-vis du pouvoir. D'une façon plus terre à terre, Arthuis cherche à cumuler les avantages du MoDem et ceux du Nouveau Centre. Du premier il souhaite conserver l'indépendance et la capacité de présenter des candidats librement là où il le souhaite. Du second, il retient la capacité à négocier des postes et fonctions avec l'UMP.

L'Alliance centriste semble donc une être vouée à devenir une petite machine électorale, spécialement conçue pour faire fructifier au maximum le petit pouvoir de nuisance électorale que détiennent la poignée d'élus centristes qui en fera partie.

Pour finir une petite vidéo (d'assez mauvaise qualité) publiée par les centristes unis de l'Hérault, où Arthuis explique sa démarche, en particulier vis-à-vis du Nouveau Centre.

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