15.10.2009
Ginisty abandonne, Lepage prend du champ... le MoDem sera-t-il durable ?
Après le vague-à-l'âme de l'Hérétique, sorte de vaisseau-amiral de la blogosphère modemiste, le MoDem connaît cette semaine deux autres prises de distance.
L'une est franche et nette, avec le départ de Christophe Ginisty. Un départ qui semblait inéluctable depuis le mois de juin tant l'on sait que le MoDem a d'immenses difficultés à gérer toute contestation interne. Comme à l'accoutumée, la démarche critique de Ginisty s'est très vite transformée en une "trahison" programmée. Je ne sais pas trop quoi en penser. Je constate simplement qu'une fois encore, une personnalité nouvelle et intéressante quitte le MoDem pour ne pas y avoir trouvé sa place. Ni dans l'organisation interne du MoDem où il semble qu'il se soit vite trouvé inutile et peu considéré. Ni dans les campagnes électorales, où Marielle de Sarnez l'a ignoré lors des européennes. Ni dans l'action politique concrète, où Ginisty a perdu il y a quelques mois son mandat de conseiller municipal d'Issy-les-Moulineaux pour cause d'irrégularités dans l'établissement de ses comptes de campagne. Le voici donc qui abandonne le navire, ne souhaitant plus cautionner la désorganisation interne du MoDem, la gestion oligarchique du parti et l'absence de structuration de sa communication... Contrairement à Quitterie Delmas, il annonce également vouloir poursuivre son engagement sous une autre forme. Très certainement au côté de Corinne Lepage qui prend elle aussi du champ vis-à-vis du duo Bayrou-Sarnez.
Corinne Lepage, quant à elle, ne quitte pas - encore ? - le parti. Elle se borne à se dessaisir d'une partie de ses responsabilités internes (coordination des commissions) et de lancer un nouveau club politique "Terre démocrate". Une initiative, qui, si elle s'axe sur le développement durable, et cherche l'ouverture à gauche, rappelle fortement le club d'action politique "Avenir démocrate" lancé par Cavada lors de sa transhumance du MoDem vers le NC.
Terre démocrate se présente en effet comme un club qui serait plus qu'un think-tank, car véritablement engagé dans le débat citoyen et politique, mais pas un nouveau parti, car n'ayant pas d'ambition de nature électorale. Cela dit, "Terre démocrate" semble tout destiné à devenir une passerelle entre le MoDem et Europe-Ecologie, et une sorte de plate-forme testant la possibilité d'un glissement de Cap21 de l'un vers l'autre. En évacuant la question électorale que ne pourrait éluder un parti comme Cap21, Terre démocrate permettra à Lepage de nouer des contacts plus ouverts et formels avec Europe-Ecologie et les Verts, voire le PS, tout en s'adressant au-delà de Cap21 à l'ensemble des adhérents du MoDem par son affichage "démocrate" clairement assumé.
Décidément, les échecs électoraux ne réussissent pas au duo Bayrou-Sarnez. Plutôt que de constituer un électrochoc salvateur, ils semblent avoir figé la direction bicéphale du MoDem dans une stratégie du repli sur soi. L'offre publique de dialogue apparaît de plus en plus comme un leurre, destiné à entretenir médiatiquement l'idée que Bayrou est l'homme de la vraie ouverture. En fait, elle n'est qu'un rideau de fumée qui tente de piéger le PS et les Verts en entretenant les dissensions internes à ces deux formations sur leur stratégie d'alliances, tout en comptant leur faire jouer le mauvais rôle de celui qui dit "non".
Car c'est bien Bayrou et Sarnez qui compliquent sciemment l'émergence de nouvelles alliances à gauche. Chacun des gestes qu'ils adressent est assorti de conditions : pas d'alliance nationale, ancrage à gauche tout en refusant les primaires, ouverture aux Verts tout en rejetant le développement durable comme approche programmatique globale... Chaque appel du pied est assorti d'un cordon sanitaire qui n'a d'autre but que de limiter l'alliance au contexte électoral des prochaines régionales. Et surtout, de garantir à François la possibilité de se présenter en 2012, ce qui n'est envisageable que dans une stratégie d'indépendance complète au niveau national.
Encore et toujours, la seule ligne qui compte, c'est la candidature en 2012. Si en 2007, on pouvait considérer légitime que cette ligne conduise Bayrou à sacrifier une grande partie du travail de reconstruction d'un centre indépendant allié à la droite engagé depuis 2002, il est aujourd'hui injustifiable de le voir gâcher la réorientation de son mouvement sur la thématique politique lisible du développement durable. Avec l'apport interne de Lepage, de Cap21, des ex-Verts ralliés, elle aurait pu conduire le MoDem à devenir un partenaire compatible sur le fond et sur la forme avec Europe-Ecologie.
23:10 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, sarnez, lepage, ginisty
08.09.2009
Bayrou : le come-back qui fit pschitt
Triste spectacle que celui de François Bayrou en cette rentrée politique...
Coûte que coûte, François doit tenir jusqu'aux régionales. Impossible de vendre comme aux européennes l'espoir d'un grand soir. Un de ces soirs où l'on se prend à croire que les pas hésitant du "un peu timide mais très courageux", ne seront plus que larges enjambées musclées d'un prophète des temps nouveaux.
Non, François ne plus refaire ce coup-là. Ni à ses militants, ni aux médias, ni à lui-même. Alors que faire ?
Depuis 2007, rien n'a été comme prévu. Les bédouins de 2002, dont on espérait retenir quelques bonnes têtes, ont tous filés. Les invités au banquet de 2004, à qui l'on était prêt à resservir quelques victuailles, ont vite tourné talons. Restent Marielle, Corinne et une poignée d'écolos venus chercher un rêve que Dany vient de concrétiser sans eux. Impossible de partir en ermitage, personne à qui laisser les clés de la maison.
Et puis l'allié de l'anti-Chiraquisme, ce Sarkozy avec qui l'on était si complice depuis 1995, est allé chercher à gauche ceux que l'on espérait rallier le grand soir venu. Plus rien à glaner au centre gauche social-libéral.On aura beau dire, tout le monde sait que François n'a jamais été aussi seul qu'il le sera demain.
Et puis l'électeur s'est défilé. Le troisième homme de 2007 a été bien vite oublié. Son ambition remisée. A côté de celles de Veil, Barre, Rocard, Balladur, Chevènement, Jospin, Villiers-Pasqua, Tapie... Le Pen, peut-être... Des 18% de 2007, plafond que François vendait comme un horizon, il ne reste plus qu'un mirage... Inutile d'espérer gagner avec ses propres forces. Il n'y a plus que la déroute des autres qui peut permettre d'exister.
Ne reste qu'un atout, son ambition intime et personnelle, qui, elle, reste intacte. Après tout, un cauchemar reste un rêve. Et chaque meurtrissure, au contact de l'orgueil, vient renforcer un peu plus l'obsession de 2012. Reste à bazarder l'accessoire : ce parti démocrate et ses militants bordéliques, ces petits élus locaux qui n'auront pas les reins plus solides que les bédouins d'hier, cette fumeuse troisième voie indépendante qui ne verra jamais le jour...
Alors, François tente le tout pour le tout. Il lance sa monture à l'assaut du socialisme déclinant. Voici Marielle transformée en arme de drague massive. Il fallait oser. Mais elle est la seule qui peut avoir le culot d'aller taquiner les play-boys du PS (Vincent, Manuel, Arnaud) et un vieux rockeur national-communiste (Robert). Et, coup de maître, la mine flottante fut lâchée avec brio dans le port de la Rochelle.
Aucune chance que Martine la ringarde puisse en réchapper. Et Ségolène ? c'est avec l'aide de ses propres enfants que l'arme médiatique a été lancée. La muraille socialiste n'a plus qu'à se fissurer, puis s'ouvrir en une brèche béante à travers laquelle l'on pourra se faufiller. Il ne restera plus qu'à envoûter ces militants socialistes désabusés, ces présidents de conseils régionaux aux abois ou cette jeune garde bientôt cinquantenaire, qui perd la tête de n'avoir pu encore étreindre les ors de la République. On jouera le modeste compatissant, le charmeur d'instits et le bobo-compatible, le républicain de province qui saura humblement et généreusement offrir une place à tous ceux qui viendront se blottir contre sa candidature-radeau-de-la-méduse. Bref un remake de 2007, la pintade du Poitou en moins.
Mais voici qu'une fois encore le sort s'acharne.
Plutôt que déchirés, voilà les socialistes réconciliés. Assurément, Lagardère, Bouygues, Dassault et Chabot ont encore réussi à contrer la noble et désintéressée stratégie du gentil François. Voici que les médias, certes, le temps d'un week-end, font de Martine la star consensuelle de la Rochelle. Et presque plus un mot sur François. Même les scuds de Jean-Luc et Marie-George se transforment en pétards mouillés. Et face à tant de guimauve, aucun recours possible. Même plus le plaisir de pouvoir brandir une nouvelle fois l'enveloppe qui contient les preuves du complot. L'ignoble Dany l'a brûlée au mois de juin.
Blues médiatique.
Alors, voilà, il a bien fallu se coltiner l'université de la Grande Motte. Même si l'on se retrouve à jouer la Martine que l'on aurait voulu voir une semaine plus tôt.
Des primaires ? Oui si on n'y participe pas.
Des alliances ? Non, à condition que l'on ne nous impose pas de conditions qui ne soient pas les conditions que l'on pose pour pouvoir s'allier sans conditions.
Avec le PS ? Les Français trancheront.
Avec les Verts ? Les meilleurs font déjà partie du MoDem...
Alors, de gauche ? Non, c'est tellement évident qu'on est de la même famille.
Encore un peu de droite ? Non, c'est tellement évident qu'on n'est plus de la même famille.
Toujours au centre ? On peut dire que oui, mais si quand même.
Anti-Sarkozyste ? Non. On est juste anti-ce-qui-est-tout-pas-bon. Et Sarko, y'a juste rien de bon dedans.
Un programme ? On sera prêt sans problème pour la prochaine élection. Il reste du temps d'ici 2012.
Le pouvoir aux militants ? Oui, c'est librement qu'ils l'ont délégué à leur président.
Une réforme interne ? Un point sur neuf, c'est un bon début quand on en a oublié huit sur neuf... non ?
2012 ? Il reste trois ans pour que nous me prépare à une candidature que je n'avons pas encore décidée.
00:03 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, sarnez, 2012, aubry, ps
07.09.2009
Eté 2009, encore un traitre ?







20:46 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, udf, modem, ginisty
25.08.2009
Pluralisme d'idées au MoDem, merci Marielle !
Je ne pensais pas le faire un jour, mais me voici rendu à remercier Marielle de Sarnez pour avoir insuffler un peu d'esprit démocratique au MoDem.
Grâce à ses déclarations chez Peillon, voici qu'elle initie l'émergence d'un débat interne au MoDem qui dépasse les questions nombrilistes qui l'occupent un peu trop depuis sa création. Bon, le débat est encore très empreint du savoureux "méchante direction nationale" contre "gentils militants de base". Mais au moins, il s'appuie aussi sur une véritable question de fond. Et même parmi ceux qui soutiennent la position de Sarnez, il en est pour réclamer que la question ne soit pas traiter à la légère. Plus que les municipales, les élections européennes et cette petite sortie tacticienne de Sarnez auront eu le mérite de réinstiller un doute salvateur dans un MoDem qui, il y a encore peu, aurait soutenu parnurgiquement le discours de la patronne. C'est une bonne nouvelle. C'est le signe qu'il peut encore sortir quelque chose de bon de l'aventure bayrouiste. En espérant que ceux qui s'expriment aujourd'hui ne seront pas les nouveaux traites de demain...
Voici un petit florilège des réactions qui m'ont mis du baume au coeur, avec un intru pas si facile à débusquer ;)
Après, il y en aura toujours quelques uns pour minimiser ce discours de Marielle...
22:43 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, sarnez, leroy, ps
23.08.2009
Le MoDem assume son ancrage à gauche.
Marielle de Sarnez a participé aux rencontres du courant de Vincent Peillon "L'Espoir à gauche". Au programme une belle photo, et la promesse d'une alliance entre le MoDem et le PS aux régionales.
Si l'on se souvient bien, le MoDem a été créé pour devenir une force politique indépendante de la droite et de la gauche, et qui avait vocation à se porter au niveau du PS et de l'UMP. Encore que pour le PS, s'il y avait moyen d'en récupérer une bonne partie dans le cadre de son prophétisé éclatement... Si on n'a pas de trou de mémoire, on se rappelle aussi que le MoDem ne devait pas faire dans l'opposition systématique, qu'il serait constructif, qu'il serait même la première formation politique à l'être, à saluer et soutenir ce qui serait mené de bon tout en conservant la liberté de combattre et refuser ce qu'il estimerait ne pas l'être.
Et puis on se souvient aussi l'ire qui s'est abattue sur les militants UDF partis au NC sous prétexte qu'ils étaient de centre-droit et qu'ils prédisaient un glissement franc du MoDem vers la gauche.
On se souvient encore de ces piteuses élections municipales, où le MoDem refusait la plupart du temps les alliances au premier tour, car il lui fallait être indépendant et qu'il ne lui était possible de conclure une alliance que dans le cadre d'un projet politique commun, pas par simple tactique...
Et puis voilà, le temps d'un week-end ensoleillé, Marielle de Sarnez tombe le masque. Oui le MoDem est bel bien de gauche. Oui il est prêt à s'allier avec le PS et les autres formations de gauche par pur positionnement tactique.
(extrait d'un article du Figaro)
Une union de la gauche élargie à laquelle la vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez, a montré son adhésion. «Nous venons d'horizons divers mais si nous croyons qu'il y a de l'insupportable dans ce qui se fait aujourd'hui (...) alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce nous divise», lance-t-elle. Standing ovation assurée. Fustigeant l'«ultrapersonnalisation du pouvoir», l'«hégémonie» et la «partialité» de Nicolas Sarkozy, le bras droit de François Bayrou enfonce le clou : «Tous ceux qui partagent ces convictions ont à faire ensemble. Ensemble. Pas les uns sans les autres. Et pas les uns contre les autres». «Les temps appellent des comportements nouveaux. Nous avons beaucoup à faire ensemble», termine-t-elle, parlant «au nom d'une famille politique qui a coupé ses amarres pour rester fidèle à ses valeurs».
Comme je le dis depuis longtemps maintenant, le MoDem, Bayrou, Sarnez, ne valent pas beaucoup plus que les autres. Moi, ça ne me dérange pas, la politique, c'est aussi de la tactique, de la stratégie, de l'ambition personnelle et l'on ne prend pas le pouvoir uniquement avec de belles idées. Mais avec de telles prises de position, aussi clairement affirmées, il est aussi fort possible que Sarnez, Bayrou et le MoDem, grillent définitivement les quelques onces de crédibilité qu'il leur restait. Comme elle dit, le MoDem a rompu les amarres, mais les matelots pensaient-ils se retrouver dans le même port que le PCF ?
14:02 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, sarnez, ps
15.07.2009
Nicolas About, centriste de la majorité présidentielle
Libération consacre un petit article à l'élection récente de Nicolas About à la tête du groupe de l'Union centriste au Sénat. Au passage, ce dernier clarifie sa position au sein du MoDem...
«Même si je suis au Modem, qui reste pour moi un mouvement centriste, je représente sa frange droite. J’appartiens à la majorité présidentielle et j’ai soutenu la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République»
C'est dire si le MoDem fait bien de se réjouir de l'élection de l'un des plus ardents fidèles à sa ligne politique d'indépendance et d'opposition à Nicolas Sarkozy.
15:25 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, about, sénat, modem, alliance centriste, nouveau centre
04.07.2009
Bariani sur le point de rejoindre le Parti radical
Qui connaît Monsieur Bariani ? C'est vrai que depuis 2007, on avait presqu'oublié l'ancien leader de l'UDF parisienne. Le voici qui s'exprime aujourd'hui dans le Figaro en plein conseil national du MoDem.
Depuis la création Bariani fait partie de la frange des sceptiques de l'UDF. A plusieurs reprises il s'est démarqué de Bayrou-Sarnez et réclamer la persistance de l'UDF à l'intérieur du MoDem. Et régulièrement, il a fini par "se coucher" gentiment dans son panier.
Aujourd'hui, ce toujours membre du MoDem explique son silence radio ces derniers moi. C'est que Didier s'est "mis en retrait du MoDem", sans pour autant le quitter. Sur le fond, il dit une fois de plus des choses plutôt bien senties :
"Dans la campagne, on a principalement retenu son aversion, obsessionnelle, maladive, pour le chef de l'État. Et ça ne suffit pas pour faire une politique. Cette quête du Graal de l'indépendance s'est transformée depuis quelques mois en une volonté de faire du MoDem le parti du premier opposant à Nicolas Sarkozy. Ce rôle a peut-être flatté l'orgueil de François Bayrou, mais la mise en cause récurrente du chef de l'État ne constitue pas une alternative. Et cette technique n'a pas retenu l'adhésion. Par exemple, les socialistes déçus de la gauche se sont reportés sur les écologistes plutôt que sur le MoDem. J'ajoute que c'est une manœuvre pas très réglo vis-à-vis des gens qui le soutenaient, et qui espéraient un vrai positionnement, ni à gauche ni à droite. La troisième voie lui échappe de plus en plus. C'est dommage."
"Marielle de Sarnez doit passer la main et renoncer à l'emprise psychologique, personnelle et politique qu'elle exerce sur l'ensemble de cette famille politique."
"Je garde toute mon affection pour François Bayrou, mais il faut qu'il remette en cause sa stratégie politique et qu'il fasse son autocritique au conseil national. Je me méfie du syndrome groupusculaire qui, à chaque élection, affecte le centre. Je redoute cette balkanisation de la famille centriste."
15:46 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bariani, modem, bayrou, sarnez
15.06.2009
Bayrou président ? Même les électeurs MoDem n'y croient plus
Article du NouvelObs.fr
86% des Français ne croient plus aux chances de Bayrou pour l'Elysée
NOUVELOBS.COM | 15.06.2009 | 17:24
Exclusif Après l'échec du MoDem aux européennes, seulement 10% des Français pensent encore que François Bayrou peut devenir président de la République, selon une enquête LH2 pour nouvelobs.com. Le doute est majoritaire jusqu'au sein des sympathisants MoDem (52%).
L'image présidentielle de François Bayrou est fortement compromise depuis le glissement du MoDem aux élections européennes (8,4% des voix). Selon une enquête exclusive réalisée par LH2 pour nouvelobs.com, et publiée lundi 15 juin, 10% seulement des Français estiment que le leader centriste conserve des chances de devenir un jour président de la République, dont 3% "tout à fait". 86% des personnes interrogées pensent le contraire, dont 57% "pas du tout".
Scepticisme au MoDem
Les électeurs du MoDem doutent également. Si 48% d'entre eux croient toujours en les chances de François Bayrou, 52% n'y croient plus - dont 26% qui n’y croient "plus du tout".
Du côté des sympathisants de gauche, 10% pensent que François Bayrou conserve ses chances de devenir président. Parmi les sympathisants de droite, cette proportion tombe à 5%.
22:11 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, européennes
31.05.2009
"Bayrou : un Le Pen centriste ?"
C'est le titre d'un article de l'iconoclaste Bruno Roger-Petit récemment paru sur LePost.fr. Dans cet article, le journaliste développe en quatre points ce qui rend selon lui possible de faire le parallèle entre François Bayrou et Jean-Marie Le Pen. Du point de vue de leur stratégie.

"Une ambition strictement personnelle". Pour BRP, Bayrou, tel Le Pen, n'a d'ambition que pour lui. Il ne pense qu'à son ascension politique personnelle et reproduit les méthodes de Le Pen en faisant le vide autour de lui : "Bayrou a peur du talent des autres".
Sur le constat "brut", je partage ce point de vue. L'aventure bayrouiste est en effet une affaire très personnelle, qui n'a jamais eu peur de sacrifier les talents de l'UDF sur l'autel de son intérêt personnel. 2007 en aura été le plus bel exemple, où quelles que soient les conséquences pour ses plus fidèles soutiens dans la perspective des législatives, Bayrou n'a pas hésité à rompre définitivement les ponts avec la droite.
Cela dit, je ne crois pas que Bayrou ait peur des talents. Au contraire, il a toujours cherché à les agréger autour de lui, bien conscient qu'il lui fallait une équipe pour lui apporter un programme crédible à la hauteur de sa vision trop strictement messianique de la politique. Le drame de Bayrou, c'est que le dernier scrutin présidentiel lui a fait oublier ses propres faiblesses, et ses propres échecs. Ce qui l'a empêché de battre Royal au 1er tour tient autant à son positionnement au centre-droit qui l'a coupé d'une partie des déçus du PS, que le manque de lisibilité de son programme, qui ne le rendait pas véritablement plus crédible que Ségolène.
"Ils ont un objectif strictement présidentiel". En plus d'être des hommes seuls, Bayrou et Le Pen partagent effectivement ce seul objectif de remporter la présidentielle et "profiter d'un accident électoral socialiste de l'Histoire et se hisser au second tour de l'élection présidentielle". C'est vrai, la tactique est semblable.
Cela dit, quel homme ou femme politique d'envergure (ou pas) n'a pas en notre pays comme véritable objectif de gagner la présidentielle. C'est le jeu de nos institutions qui fait qu'il ne sert pas à grand chose de gagner d'autres élections si l'on n'est pas capable de remporter la principale. Le PS depuis 2002 en est une démonstration flagrante, qui remporte toutes les élections intermédiaires, et échoue à la présidentielle.
Mais il est aussi vrai qu'il est possible de reprocher plus qu'à d'autres l'application de cette stratégie à Bayrou. Il démontre par là-même l'hypocrisie profonde de son discours. La création du MoDem, d'un nouveau parti qui rivaliserait avec l'UMP et le PS, d'une troisième voie, n'est en effet qu'un trompe l'œil. Comme le note BRP, son seul objectif est de faire des scores honorables aux européennes et aux régionales pour faire croire que son parti pèse dans le jeu institutionnel. Alors, que comme le FN par le passé, et jusqu'ici avec moins d'efficacité, le MoDem n'existe dans le jeu politique que par la personnalité médiatique de son chef et le pouvoir de nuisance qu'il peut représenter pour l'un des grands camps établis. On est loin de la refondation politique que nous vend Bayrou depuis 2002.
"Ils dissimulent une même stratégie du chaos". Là, je partage l'analyse de BRP. "Comme Le Pen n'avait que Le Pen à offrir, Bayrou ne peut offrir que Bayrou". Il ne répond effectivement à aucune des questions essentielles qui se posent à lui pour exercer le pouvoir : quel programme, quelle équipe, quels alliés ? Comme pour Le Pen, le risque est effectivement qu'une fois arrivé au 2nd tour, l'électeur s'aperçoivent que Bayrou n'a définitivement pas les moyens de traduire en actes politiques les valeurs qu'il incarne.
Et la situation est en la matière pire aujourd'hui qu'en 2007. En 2007, Bayrou était entouré d'un certain nombre d'intellectuels qui le conseillaient utilement. Il était secondé d'une équipe d'élus peu connus, mais fidèles et capables de former un noyau dur au sein d'un gouvernement. On voyait bien quelques personnalités, à gauche et à droite susceptibles de jouer l'ouverture avec lui. Aujourd'hui, il n'a plus rien de tout cela.
"Ils adoptent une même tactique complotiste". Là aussi, il est clair que Bayrou use des mêmes ficelles que Le Pen dans le passé. Victimisation, populisme antisystème, rejet des élites médiatiques et politiques présentées comme des corporations au service de l'établissement, posture de chevalier blanc "la tête haute et les mains propres". C'est ce qui m'inquiète le plus dans la stratégie de Bayrou.
D'abord car elle entretient effectivement l'idée d'un complot d'une élite organisée contre le peuple. On peut être très critique, et je le suis, sur le personnel politique et la sphère médiatique. Mais il est primordial de considérer que bon nombre de leurs travers sont en vérité acceptés par le peuple. Notre problème est collectif, et c'est une culture politique qu'il faut faire évoluer. Et non se limiter à jeter une opprobre tous azimuts sur un système qui ne s'imposerait que parce que ses instigateurs se sont donnés les moyens de conserver le pouvoir.
Ensuite, cette stratégie est aussi dangereuse pour Bayrou lui même et les valeurs dont il est l'héritier. A force de rejeter systématiquement ses faiblesses dans la force malfaisante des autres, on évite toute remise en question et l'on ne se donne plus les moyens de progresser soi-même en retenant les leçons de ses erreurs.
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17.02.2009
Bayrou et Sarnez trahis une fois de plus : deux défections alsaciennes pour le MoDem
En quelques jours, le MoDem a perdu deux personnalités alsaciennes haut-rhinoises.
Bernard Stoessel, président de la fédération MoDem du Haut-Rhin et 1er Vice-Président du Conseil régional et colistier de Bockel aux municipales à Mulhouse. Est-ce utile de préciser qu'en 2001, il avait conduit la liste d'union de la droite et du centre face à Bockel. Aujourd'hui, il quitte le parti suite à la constitution des listes aux européennes dans le grand Est, qui ont selon lui été établies sans concertation.
Anne Dehestru, candidate aux législatives et aux municipales du côté de Guebwiller fustige quant elle « un parti qui n’a même pas la décence de soutenir ceux qui se sont engagés en son nom, dans des contextes difficiles, participant accessoirement à son financement, un parti qui préfère cautionner la duplicité, la trahison et l’absence de courage. Je n’ai plus ma place aujourd’hui dans ce parti. » A priori cette dernière n'aurait toujours pas digéré les dernières municipales. Bayrou l'a investi comme tête d'une liste d'union MoDem-UMP-NC mais n'a pas sanctionné un autre militant MoDem, présent sur la liste du PS (gagnant) et fils d'un ancien maire gaulliste de la ville de 1976 à 2001... Ah, le MoDem... et dire qu'avec les Verts on pensait avoir atteint le point maximal de bordélisme politique ;)
16:25 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, stoessel, alsace





