14/07/2011

Un saut fédéraliste pour sauver la zone euro

Jean Quatremer a publié hier un excellent papier de synthèse sur les solutions qu'élaborent péniblement les chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union face aux attaques successives des marchés contre les économies fragilisées de la zone euro. Ou comment l'Allemagne résiste maladroitement et inefficacement à un saut fédéral en matière budgétaire qui semble programmé pour s'imposer à elle in fine.

20071206Merkelsarkozy.jpgDepuis le début de la crise grecque, l'Allemagne n'a accepté qu'à reculons la mise en place de structures intégrées permettant de garantir la solvabilité des Etats de la zone euro se trouvant dans l'incapacité de financer leur déficit public sur les marchés. Malgré les atermoiements et la mauvaise grâce, le résultat n'est pas négligeable et a permis la création d'un Mécanisme européen de stabilité (MES) qui prendra en 2013 la suite du Fonds européen de stabilité financière créé pour résoudre la première crise grecque. La zone euro s'est donc doté d'un instrument pérenne, doté de 500 milliards d'euros qui pourra directement prêter aux Etats qui n'ont plus la capacité de se financer sur les marchés.

Mais le problème semble rester entier dans la mesure où les marchés ont bien compris que les Etats restaient dans un règlement des problèmes au coup par coup, avec peu de réactivité et beaucoup de dissenssions. Rien ne permet de décourager les spéculateurs qui peuvent toujours compter sur le risque d'un effet de contagion que les solutions "petits bras" consenties par Angela Merkel ne seraient toujours pas en mesure de contrer efficacement.

C'est certainement pourquoi le camp des partisans d'un saut fédéraliste dans les matières économiques et budgétaires se renforce de jour en jour. On y trouve, à des degrés d'implication divers, Jean-Claude Trichet, président de la BCE, le président de la Bundesbank, l'Italie, la Belgique, le Luxembourg, la Belgique et la France, ainsi que la présidente du Medef Laurence Parisot. Création d'un ministre européen des finances, création d'un marché européen mutualisant les dettes publiques, l'idée est bien de concrétiser enfin, le deuxième pilier qui manque à la monnaie unique en la dotant d'une politique économique et budgétaire fédérale.

Selon Jean Quatremer, Nicolas Sarkozy serait très clairement acquis à cette solution, même si la France doit ménager diplomatiquement l'Allemagne et n'a pas encore assumer totalement cette position publiquement.

Comme souvent, l'Europe semble condamnée à se construire comme une réponse à une crise et surtout au coût pour l'ensemble des Etats membres qu'elle représente. Ce n'est pas une nouveauté. L'Acte unique achevant le marché commun n'a pu s'imposer aux Etats dans les années 80 que lorsque la Commission les avaient convaincu du retard de croissance que prendrait la CEE sur les autres grands ensemble par les seuls coûts générés par les contraintes réglementaires et fiscales qui pesaient encore sur les échanges intra-zone.

Si l'Allemagne regrette peut-être d'avoir partagé avec ses partenaires européens le pilotage de sa monnaie en transformant la zone Deutsche Mark en zone euro, elle est très certainement au pied du mur. L'éclatement de la zone euro aurait un coût direct très disuasif. Sans compter qu'il ouvrirait à nouveau la possibilité aux économies qui en sortirait de jouer la carte des dévaluations compétitives. Un duming monétaire qui peut s'avérer très nuisible pour les Etats à monnaie forte, en particulier ceux dont l'économie est très orientée vers l'export comme en Allemagne.

Merkel n'aura donc au final pas vraiment le choix. Et sa stratégie consistant à gratter le crépis du mur auquel la zone euro fait face, pour faire croire que le mur a reculé, ne tiendra pas très longtemps. Les marchés ont déjà démontré leur cérélité à ajouter une rangée de briques après chaque ripolinage. Et personne, même une Merkel, plus soucieuse de contenter son opinion publique nationale que de prendre des décisions politiques courageuses, ne peut ignorer qu'un effondrement partiel ou total de l'Espagne ou de l'Italie se traduirait par la pose de quelques rangées de parpaings supplémentaires. De quoi se prendre le mur et reculer violemment de quelques mètres avant de rebondir plusieurs fois dessus.

Lien vers l'article de Jean Quatremer

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Commentaires

N'import nawak ce billet...Enfin bon bref.

Écrit par : Martine | 14/07/2011

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