16.02.2010
Youpi ! la campagne du MoDem continue à faire les gros titres !
Décidément, François Bayrou aura réussi son pari de médiatiser sa campagne en soutenant coûte que coûte la candidature de Patrice Drevet. Côté média, c'est un vrai carton. Côté stratégie, l'adjectif "suicidaire" n'est plus à prendre au figuré, mais bien au sens propre. Le MoDem ne présente même pas de liste et s'apprête à apporter son soutien à une liste 0% MoDem conduite par Drevet... J'en viens à regretter le bordel des municipales de 2008. A cette époque je pouvais ricaner sans trop de mauvaise conscience. Là, mon Dieu, c'est devenu d'un pathétique...
Le Figaro : Régionales : défections en cascade au MoDem
Le Monde : Défections en chaîne au MoDem
Marianne2 : Le Modem tombe dans le piège du casting électoral
Le Temps : François Bayrou s’enfonce
Libération : Le Modem à la traîne
Les Echos : Bayrou laboure le terrain pour éviter au Modem une nouvelle débâcle
01:42 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, régionales, dufour






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Commentaires
Cela va retomber maintenant que les listes sont déposées. Il sera plus difficile à tous les recalés de la constitution des listes de se payer une minute de célébrité en brandissant le drapeau de la rébellion orange.
La majorité des militants MODEM restés dans la vieille maison, ceux qui pensent que l'engagement politique n'exige pas forcemment de contrepartie immédiate, pourront se consoler au spectacle des opportunistes cocufiés par leurs nouveaux parrains, comme Alexis Blanc en Poitou-Charentes.
A quoi se réduisent les autres listes centristes aux régionales ? à la maison Arthuis qui présente deux listes en PACA (pourquoi d'ailleurs se fourvoyer dans une région historiquement rétive à la démocratie-chrétienne ?) et en Alsace (ça a plus de sens). Il est vrai qu'il faut que les héritiers légitimes de l'UDF doivent réserver toute leur énergie pour Morin 2012.
Écrit par : Megalon | 16.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Fulrad | 16.02.2010
Répondre à ce commentaireC'est clair, le site de l'Alliance se résume à une pleine page de "L'Alliance centriste renonce..." Au final Arthuis ne sera présent que sur les listes de l'UMP en Pays de la Loire et à son corps défendant sur celle du MoDem en Aquitaine...
A Megalon
Le soufflé va effectivement certainement se dégonfler. Mais je pense que le mal est fait. Quand on est à 5% dans les sondages, c'est que l'on ne parle plus qu'à un petit carré d'électeurs "militants". Et ceux-là sont forcément sensibles à cette pagaille invraisemblable.
Après, c'est certain qu'à part le MoDem, il n'y aura pas d'autres représentants d'un centre soi-disant indépendant qui n'aura d'élus qu'en les quémandant au PS entre les deux tours. Au mieux, le MoDem finira avec une cinquantaine d'élus. Enfin si l'on compte les traitres du 1er tour et les Cap21 élus via les listes Europe Ecologie.
De l'autre côté, il y aura une petite centaine d'élus NC, représentants d'un centre soi-disant autonome qui ne doit son existence qu'aux largesses de l'UMP.
Les premiers seront quantités négligeables dans des majorités de gauche fourre-tout. Les seconds condamnés à l'impuissance dans des oppositions attrappe-tout.
Tu as raison, il n'y a certainement pas grand chose de mieux que le MoDem au centre de l'échiquier politique. Ce qui a changé depuis 2007, c'est qu'il n'y a pas franchement grand chose de pis non plus...
Écrit par : Bob | 16.02.2010
Répondre à ce commentaireMerci de cette précision. Tout ça pour ça.
@Bob
La seule alternative sera en effet un strapontin offert par le PS ici ou là. Ce sera quand même plus digne que le spectacle des alliances à géométrie variable négociées entre les deux tours des municipales de 2008.
Sur l'offre politique, je me détermine d'abord en fonction des positions sur les déficits publics et la dette, qui reste un excellent baromètre de la démagogie du discours politique ambiant. Et cela me porte davantage vers le MODEM, lorsque son chef annonce que la France est la Grèce de demain, que vers un NC, qui s'est engagé en début de législature à voter toutes les lois de finances, quel qu'en soit le contenu.
Quand à EE, avant de discuter dette ou retraites, il faudra déjà qu'elle se purge de tous les ralliés des régionales (ex PCF, gauche de la gauche associative) qui n'ont pas renoncé au dépassement de l'économie de marché. EE, c'est le PS d'Epinay le clientélisme en moins. Pas sûr que ce soit le résultat dont révait Dany. Je souhaite à Lepage bien du plaisir avec ses nouveaux camarades.
Écrit par : Megalon | 17.02.2010
Répondre à ce commentaireSur la dette, je crois que malheureusement le MoDem et Bayrou sont loin d'en être les plus grands opposants désormais. Il y a toujours le discours certes. Mais il n'existe plus les moyens politiques de le concrétiser derrière. Même si Bayrou remportait la présidentielle, il est certain qu'il ne pourra disposer d'une majorité à l'Assemblée nationale qu'en s'alliant ou en recyclant une bonne partie du PS...
Je partage ta préoccupation sur ce sujet central, mais je crois que la crise a de toute façon annihiler toute politique énergique en la matière pour bien des années. Du coup, en termes d'efficacité, je préfère la constance d'un Courson, d'un Arthuis ou encore d'un Lambert sur ce sujet, que des discours sans lendemain. Et les parlementaires UMP qui partagent cette ligne sont bien plus nombreux qu'au PS.
Sur Europe Ecologie, je serais beaucoup plus positif. Certes le rassemblement est très hétéroclite et compte bon nombre de gaucho oldschool indécrottables. Mais l'avant garde de ce rassemblement reste la ligne de Dany. Et s'il parvient à contourner la difficulté que représente la présidentielle en 2012, il peut gagner son pari. En tout cas, les résultats électoraux d'EE, même si la dynamique semble commencer à faiblir, constitue une mutation bien plus profonde du paysage politique que l'émergence de Bayrou et du MoDem. C'est la première fois depuis 1971 que le PS voit son hégémonie équilibrée par une force politique en expansion. Même si l'aventure capote, elle laissera des traces profondes.
Je radote, mais c'est pour moi une démonstration supplémentaire que Bayrou s'est dramatiquement planté de stratégie. Comme il existait un boulevard à gauche pour une force "nouvelle" de gauche, il en existe une à droite pour une force "nouvelle" de droite. Mais notre système est bien trop profondément bipolaire pour pouvoir créer une voie centrale ex-nihilo ou encore espérer que la gauche ira chercher son sauveur à droite...
Écrit par : Bob | 17.02.2010
Répondre à ce commentaireLes gouvernements qui ont été un peu responsables en la matière depuis 1976 se comptent vite : Barre, Rocard, Jospin (certes, seul le premier a été vraiment sérieux).
Quant à MM. de Courson, Arthuis ou Lambert, ils parlent certes d'or, à l'image de leurs silences quand il faut voter ces budgets scandaleux. Enfin, même pas de leurs silences : de leurs votes pour.
Écrit par : FrédéricLN | 20.02.2010
Répondre à ce commentaireJe crois qu'il vaut effectivement mieux ne retenir que Barre, et peut-être Rocard, qui a, plus que lutter contre le déficit, pratiqué un mix alliant nouvelles dépenses et nouveaux impôts comme la CSG. Quant à Jospin, il est clairement hors-jeu, ayant bénéficié d'une période de croissance peu commune. Dès 2001, le plongeon était réamorcé.
Quant à Courson & co, ils n'ont certes pas l'influence d'un Premier ministre. Lambert et Arthuis ont pour eux d'avoir été ministres dans des périodes disposant de peu de marges budgétaires et où le déficit a tout de même été réduit.
Après, tout le problème c'est le déficit structurel auquel aucun gouvernement ne s'est véritablement attaqué. Encore que la droite, en diminuant le nombre de fonctionnaire et en réorganisant les services de l'Etat via la RGPP, a peut-être amorcé, malgré la crise et les excès de 2009, un cycle potentiellement vertueux...
Sous Jospin, on a recruté des fonctionnaires à tout va et aucune grande réforme structurelle n'a été réalisée...
Donc voilà, l'UMP est loin d'être suffisamment vertueuse, mais elle est tout de même moins génétiquement portée à l'augmentation démagogique des dépenses...
Écrit par : Bob | 20.02.2010
Répondre à ce commentaireLa croissance française a été superieure a celles des pays comparables dans les premieres annees du gouvernement Jospin, on peut a mon avis le mettre a son crédit au moins en partie. Mais entre ouverture du capital d'ASF et, surtout, bonneteau géant du prétendu financement des 35h, ce gouvernement a bel et bien contribué au déficit "structurel".
En d'autres termes le mot "structurel" est un peu trompeur : Il est certes inscrit aujourd'hui dans la structure du secteur public, mais il ne vient pas de ses structures. C'est un déficit construit, décidé et transmis par les gouvernements UMP et PS successifs. S'il y a un déterminant "génétique", il n'est pas lié à un parti particulier mais à la façon française de faire de la politique - un mistigri des faux-semblants et de l'irresponsabilité. Dont les votes NC "pour" les budgets UMP sont un bon échantillon amha.
Écrit par : FrédéricLN | 01.03.2010
Répondre à ce commentaireA ce niveau, force est de constater que le gouvernement Jospin n'a que peu agit. Il n'a pas véritablement lancé de refonte de l'organisation des services de l'Etat, mise à part le dégraissage du mammouth de l'Education nationale, ce qui en soit n'est pas rien. Mais parallèlement, il a aussi favoriser l'embauche de nouveaux fonctionnaires à tour de bras, en particulier à la SNCF et dans toutes les structures publiques qui pouvaient accueillir les fameux emplois-jeunes. Sans parler effectivement de l'effet 35h qui a été désastreux dans la fonction publique en ce qu'il s'est également traduit par des embauches pour acheter la paix sociale, alors que la plupart des services publics fonctionnaient sur des durées hebdomadaires réelles qui étaient déjà inférieures à 35h...
Concernant les gouvernements de droite depuis 2002, je noterais quatre mesures "structurelles" qui vont dans le bon sens :
1/ la révision générale des politiques publiques (RGPP) et ses mesures parallèles (réorganisation du Minefi et de l'Equipement) qui réorganisent profondément les services de l'Etat.
2/ la mise en œuvre de la LOLF qui introduit une structuration "analytique" du budget de l'Etat et facilite l'évaluation des politiques publiques (elle a été adoptée en 2001 sous Jospin, mais elle doit beaucoup à l'implication d'Alain Lambert, tant dans sa rédaction que dans son application à partir de 2002).
3/ un engagement à ne pas augmenter sensiblement la pression fiscale. C'est fondamental. Si l'on ne s'interdit pas d'augmenter les impôts, on ne s'oblige pas à réduire les dépenses. Globalement, c'est à peu près tenu, même si bien sûr grâce à l'augmentation des bases et la création de quelques taxes, la pression fiscale continue à augmenter...
4/ le non renouvellement d'une part sensible des départs en retraite dans le fonction publique. C'est pour l'instant encore un peu trop symbolique. Mais au moins, cela a cassé le cercle vicieux du "toujours plus de moyens", et le gouvernement l'a tenu, même en période de crise économique, alors qu'il est à peu près certain que les socialistes auraient dégainé un nouveau dispositif d'emplois aidés.
Après sur les socialistes, il suffit de regarder ce qu'ils font dans les régions. A l'évidence, cela ne les dérange absolument pas d'augmenter les impôts, y compris pour des raisons purement politiciennes. Il faut savoir que la plupart des conseils régionaux vivent depuis 2004 avec un "gras" budgétaire dû aux augmentations d'impôts qu'ils ont adoptés en prévision des transferts de compétences de l'Etat. Et depuis, la question est plus "que fait-on de tout cet argent ?" plus que "avons-nous les moyens d'assurer ce nouveau service qui serait véritablement utile aux citoyens ?".
Peut-être la question n'est-elle pas génétique. Mais culturellement, il est certain que les socialistes ne sont pas encore convertis aux vertus de la rigueur budgétaire. Alors qu'à droite, la conversion est opérée dans les têtes. Pas encore véritablement dans les actes, je le reconnais volontiers.
Écrit par : Bob | 01.03.2010
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