26.09.2009
Bourlanges : "ce qui rapproche François Bayrou de la gauche, c'est ce qu'il y a de pire en chacun d'eux"
La dernière chronique de Jean-Louis Bourlanges parue dans L'Expansion.
La vraie nature de François Bayrou
Un centre génétiquement modifié
Jean-Louis Bourlanges est professeur à l'IEP de Paris - 01/10/2009
Enfin ! Il en aura fallu, du temps, des mensonges et des échecs, pour que Marielle de Sarnez consente, au nom de François Bayrou, à briser le tabou de l'"indépendance centriste" et à substituer à un "ni droite ni gauche", dans l'impasse, un "à gauche toute !" virginal et prometteur. En vérité, l'alliance à gauche était le terme inévitable de la dérive engagée au congrès de l'UDF à Lyon, en janvier 2006. Point d'alliance, point de salut. Depuis deux ans, le grand hérétique assiste au naufrage de son Eglise. Il n'a laissé à ses hommes d'autre choix que le martyre ou l'infidélité. "Elu du centre, pars vite et reviens tard" : là où passe le cheval du Béarnais, l'herbe électorale ne repousse pas.
François Bayrou n'en a cure. S'il se moque ainsi de "ses amis", c'est d'abord parce que ce ne sont pas ses amis. Sa dérive se double d'une apostasie. Il a progressivement renoncé à incarner la spécificité centriste. C'est la mission historique du centre que de permettre aux majorités de droite comme de gauche de résister aux poisons de ce que Bernard-Henri Lévy a nommé "l'idéologie française" : refus de la modération et du compromis, culte de l'exception nationale et du souverainisme, exaltation du volontarisme d'Etat, allergie à l'individualisme, à l'Amérique et au marché.
L'homme du centre affirme les droits de la société par rapport à ceux de l'Etat. Il préfère le marché aux monopoles, les vertus du face-à-face aux vices de l'arbitrage au sommet et de l'oukase bureaucratique. Il exalte les corps intermédiaires, respecte les élites ouvertes et répugne au pouvoir d'un seul homme. Il privilégie une vie internationale fondée sur la sécurité collective, la coopération multilatérale et le partage juridiquement organisé de la souveraineté.
Seulement voilà : François Bayrou n'est pas l'homme de ce rôle. Chez cet antimodéré, tout s'inscrit en faux par rapport aux convictions centristes dont l'opinion le crédite. Sa conception du pouvoir, héroïque, solitaire et prophétique, doit faire se retourner dans leurs tombes Tocqueville ou Benjamin Constant. Son horreur "forrestérienne" du capitalisme libéral le situe plus près de Benoît Hamon que de Pascal Lamy. Son exaltation sans nuance de l'uniformité jacobine fait de lui l'adversaire attitré de toute réforme de l'université et le désigne comme l'ultime défenseur du modèle bureaucratique français. Sa dénonciation, quasi religieuse, de la mondialisation emporte avec elle les derniers articles du credo atlantiste et même européen du centrisme historique.
Confiant à Eric Conan (1) qu'il ne lui serait pas difficile de battre, par la gauche évidemment, Dominique Strauss-Kahn, seul concurrent sérieux à ses yeux, François Bayrou vend la mèche. Il désigne le directeur du FMI comme l'ennemi public n° 2, secrètement complice de Nicolas Sarkozy, et nous donne à voir la carte qu'il entend jouer : la dénonciation d'un "salaire de trader" et la stigmatisation d'un habitué des "hôtels de luxe". Avidité ploutocratique, errance cosmopolite : le décor est planté. Décidément, ce qui rapproche François Bayrou de la gauche, c'est ce qu'il y a de pire en chacun d'eux.
14:05 Publié dans Opposition PS-MoDem | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bourlanges, centrisme, modem, bayrou, ps
22.09.2009
Les Verts sont ils en passe de transformer l'essai des européennes ?
Ce dimanche se tenait le 1er tour de la législative partielle de la 10e circo des Yvelines visant à pourvoir le poste laissé vacant par Christine Boutin. Surprise, la candidate des Verts arrive en 2e position avec un score supérieur à 20%.
La circonscription en question est de tradition conservatrice. Autour de Rambouillet, le sud des Yvelines est une terre qui n'est pas sans avoir quelques accents d'une province bourgeoise à la Chabrol. Le fief de Boutin et Larcher n'a pas failli à sa réputation en 2007. La chrétienne-démocrate était en tête dès le premier tour, avec un confortable 49.23%, qui la porta à plus de 58% au second, face à son adversaire socialiste qui avait fait 21% au 1er tour. En troisième position, on trouvait le candidat UDF-MoDem avec un score honorable de près de 11.5%. Très loin derrière se situait la candidate des Verts, Anny Poursinoff, qui, avec 3.8%, faisait tout juste mieux que le FN, autour de 3.6%.
Dimanche, la plupart des têtes ont changé, à l'exception de la candidate verte. Boutin a cédé la place à son suppléant-sortant, Jean-Frédéric Poisson, qui réalise un bon score avec plus de 43% des suffrages. L'abstention atteignant plus de 77% (contre 36% en 2007), le nombre de voix qu'il capitalise est néanmoins faible, avec à peine 10 000 suffrages, contre plus de 30 000 à Boutin deux ans plus tôt.
Chez les socialistes, c'est une femme sans mandats, Françoise Pelisollo, qui succède à David Fischer, conseiller régional PS candidat en 2007. La chute est rude, Pelisollo n'arrivant que 3e avec un peu plus de 12%, avec à peine 3 000 voix contre plus de 13 000 à Fischer en 2007.
Le MoDem n'a pas réinvesti son candidat de 2007. Candidat aux municipales avec le soutien de l'UMP au 1er tour, Pierre Le Guerinel a finalement fusionné entre les deux tours avec la liste du maire DVG de Maurepas, Georges Mougeot, et est devenu son 1er adjoint. Un retournement de veste qui vaut à Mougeot d'être investi par le MoDem lors de cette partielle. Sans succès, avec 9.5%, Mougeot fait moins bien que Le Guerinel qui avait flirté avec les 11.5% en 2007.
Enfin, la surprise vient des Verts. Leur candidate, Anny Poursinoff, conseillère régionale, se qualifie pour le second tour avec 20.15% des voix. Une progression fulgurante, qui se traduit aussi en voix, avec plus de 4500 en 2009 contre à peine 2500 en 2007. Un gain de voix de 88%, là où les autres candidats en perdent de 70% (UMP et MoDem) à près de 80% pour le PS, pendant que la participation fond de 65%.
S'il est impossible d'extrapoler sur une simple partielle, elle confirme cependant que les Verts, au-delà de leur bon score aux européennes, semblent au moins pour un temps en capacité d'incarner une alternative crédible à gauche. Elle montre aussi que le MoDem, qu'il penche à droite comme en 2007, ou à gauche comme cette année, ne joue au final qu'un rôle assez marginal. Il ne profite ni du départ de Boutin, ni d'une candidate PS à la notoriété semble-t-il encore peu assurée. Il est aussi à noter qu'il soutenait, ce qui n'est pas si courant, un maire d'une ville importante de la circonscription, toute proche de la ville nouvelle de Saint-Quentin (hors circonscription), fief de Nicolas About.
Sans avoir suivi de près la campagne, il semble qu'une nouvelle fois, le PS se soit fait piégé. Voyant dans le maire de Maurepas une menace réelle de perdre des voix à gauche et au centre, il semble avoir négligé la candidature verte, il est vrai lilliputienne en 2007.
Nul doute que le PS suivra de près les résultats de la prochaine partielle qui se déroulera à Poissy, qui malgré le parachutage de David Douillet, lui offre un contexte favorable, le député UMP sortant Masdeu-Arus ayant été condamné pour corruption et abus de bien sociaux. En 2007, Masdeu-Arus avait fait un score moyen à 52%, contre 60% en 2002. Le PRG-PS était arrivé avec 21.5% en deuxième position, suivi du MoDem à 12.5%. La candidate verte n'avait mobilisé que 3.5% des suffrages... Le parachutage d'Alain Lipietz créera-t-il la surprise les 11 et 18 octobre prochains ? Il lui reste certainement à "dégauchiser" son image. Pour y contribuer, il peut déjà compter sur la présidente de son comité de soutien, qui n'est autre qu'Eva Joly.
01:07 Publié dans Ecologistes | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : verts, cohn-bendit, législatives, yvelines, modem, ump, ps
15.09.2009
Alliance MoDem/PS : êtes-vous vraiment prêts à voter pour elle au 2nd tour ?
22:22 Publié dans Opposition PS-MoDem | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, modem, royal, ségolène, bayrou, régionales, présidentielles, politique
13.09.2009
Le NC remporte seul la municipale partielle de Saint-Cyprien
Même s'il s'agit plutôt d'une petite ville (10 000 habitants), qui vote à droite très majoritairement, la victoire du candidat du Nouveau Centre Thierry Del Poso mérite qu'on s'y arrête une petite seconde.
Parce qu'il a gagné avec face à lui une liste UMP, une liste PS et ce jusqu'au second tour où quatre listes ont pu se maintenir (la quatrième étant divers droite). Et qu'il la remporte avec 47,5% des suffrages, ce qui est un très bon score dans le cadre d'une quadrangulaire.
Cette victoire valide en partie la stratégie du NC qui démontre qu'il est encore possible pour un centriste d'exister face à l'UMP et au PS, pour peu qu'il s'inscrive dans un camp lisible pour l'électeur. Il l'avait d'ailleurs déjà fait à Annecy en mars 2008. Le MoDem, lui, n'en est pas encore là. Les villes qu'il a gagné ou remporté l'ayant toute été à la suite d'une alliance dès le premier tour avec l'un des grands partis, et le plus souvent avec l'UMP.
Une petite éclaircie d'indépendance centriste, que le NC ne peut cependant se permettre qu'à une échelle très réduite. Mais en ces temps où les formations centristes s'orientent toutes vers un positionnement de supplétifs de l'UMP ou du PS, même les petits signes comptent...
22:54 Publié dans Le nouveau centre | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau centre, saint-cyprien
Régionales : 4 têtes de liste pour le Nouveau Centre ?
Dans le cadre de ses négociations avec l'UMP, le NC pourrait obtenir quatre têtes de liste.
En Nord-Pas-de-Calais, l'affaire semble déjà pliée. Valérie Létard est déjà présentée comme la tête de liste officieuse de la majorité malgré la désignation par l'UMP de Thierry Lazaro, personnalité peu médiatique s'il en est. Elle bénéficie à la fois de son étiquette NC, mais aussi de sa proximité avec Jean-Louis Borloo. Qui plus est, le Nord-Pas-de-Calais est une région acquise à la gauche et en abandonner la tête de liste à un allié ne posera pas de problème à l'UMP. D'autant, qu'avec sa fibre sociale, Létard possède un profil intéressant pour contrer la gauche.
En Basse-Normandie, la tête de liste pourrait échoir à Philippe Augier. Il bénéficiera en effet du retrait il y a quelques jours d'Alain Lambert, qui a annoncé qu'il renonçait à conduire la liste de la majorité en mars 2010. Principale raison : il n'est pas parvenu à s'entendre avec Augier auquel il reproche toujours d'avoir fait perdre la région à la droite en 2004. Enfermez deux centristes dans une salle pour les contraindre à unir leurs forces, et il y en aura toujours un pour la quitter au bout de quelques minutes avec fracas. Cette année-là, l'UMP était arrivée en tête au 1er tour, avec plus de 28% des suffrages. Mais elle fut victime d'une triangulaire intégrant le FN et d'une fusion du bout des lèvres avec l'UDF... Si Augier s'est forgé pas mal d'inimitiés à droite à cette occasion, il a aujourd'hui l'avantage de pouvoir éviter à l'UMP une nouvelle guerre interne. Et Lambert ayant déclaré forfait, Nicole Ameline (qui avait perdu face à lui lors des primaires) pourraient constituer un ticket intéressant. Reste que géographiquement, cette hypothèse reste peu probable. Ameline et Augier étant tous les deux élus du même secteur "huppé" du Calvados. De plus, ils sont aussi deux héritiers des réseaux d'Ornano, il serait donc plus logique que l'UMP aille chercher une autre femme pour seconder Augier s'il est tête de liste.
En région Centre, la rumeur va aussi bon train. Surtout depuis que Xavier Bertrand a confirmé que ministre et président de conseil régional serait deux fonctions non-cumulables. Aussi, le chef de file de l'UMP, le très libéral Hervé Novelli (un ancien du FN passé au Parti républicain au début des années 80) se trouve sur la sellette. S'il continue à multiplier les déplacements dans la région en tant que secrétaire d'Etat pour se faire connaître, il se dit de plus en plus qu'il n'abandonnerait justement pour rien au monde les commodités de Bercy. Il se trouve aussi que la région Centre est un des plus forts bastions centristes de France depuis 2002. Elle conserve trois députés NC, un sénateur NC, une sénatrice MoDem (Jacqueline Gourault) et une des deux présidences de conseils généraux NC (Loir-et-Cher). Au-delà, la région est prenable par la droite. Elle vote à droite à tous les scrutins nationaux et a même plutôt bien résisté à la vague rose lors des municipales. En 2004, l'UDF y a fait parmi ses meilleurs scores avec près de 14% au 1er tour. Enfin, la gauche est toujours à la recherche d'un candidat crédible. En effet, élu en 1998 et en 2004, Michel Sapin a, comme lors de son premier mandat, abandonné en cours de route la présidence de la région à un élu de troisième division, très peu connu des électeurs, sans véritable réseau propre au PS et par ailleurs simple conseiller municipal d'opposition dans une sous-préfecture du Loiret. Pour mieux revenir comme en 2004 ? On le voit mal renouveler l'expérience maintenant qu'il est député et qu'il ne pourra être président de région pour cause de cumul. Une tête de liste centriste aurait donc plusieurs avantages. D'abord, éviter à la droite de se voir opposer ses accointances avec l'extrême-droite dans une région très marquée par la question (Dreux, Stirbois, alliances droite FN en 98, sans parler de Papon, des camps d'internement de la 2nde guerre mondiale). Dès son investiture par l'UMP, Novelli n'a d'ailleurs pas manqué de voir étalé dans la presse régionale son long passé de jeunesse à l'extrême droite. Ensuite, il y a une véritable légitimité à ce qu'un centriste mène la liste dans une région où il détient son plus fort bastion à l'échelle nationale. C'est pourquoi, de son bureau blésois de président de conseil général à ses terres vendômoises, Maurice Leroy distille depuis quelques semaines une rumeur voulant que sa candidature serait très sérieusement étudiée, tant à l'Elysée que rue de la Boétie. Avec l'avantage d'offrir une porte de sortie honorable à celui qui n'en peut plus de ne pas avoir de maroquin ministériel... Deux ombres au tableau cependant. Philippe Vigier ; ce jeune député d'Eure-et-Loir est en effet le chef de file officiellement désigné par le NC. Et il lui serait plus stratégiquement favorable de se placer derrière Novelli pour guigner la présidence la prochaine fois, que de voir Leroy s'installer à Orléans à la place dont il rêve depuis de nombreuses années. Deuxième ombre, Jacqueline Gourault. Elle a déjà montré ses talents de tueuse aux municipales de Blois avec Perruchot. Même si elle est peu nuisible dans le reste de la région, elle n'hésitera pas à tenter de faire mordre la poussière à Momo. Et il pourrait être dangereux pour l'UMP de désigner comme tête de liste un élu du Loir-et-Cher, alors que ce département sera le théâtre d'une guerre au centre, qui plus est dans un contexte local plutôt favorable à la gauche, forte d'un réseau de jeunes élus assez bien implantés et d'une UMP-croupion que Gourault et Momo ont patiemment dépecée depuis quinze ans.
En Bourgogne. Ici l'UMP est un peu à court de candidat véritablement crédible. La primaire qui a départagé ses candidat n'a pas donné lieu à une participation très enthousiaste et, le vainqueur, Alain Suguenot (député-maire de Beaune), l'a remporté sans terrasser son adversaire. Signe que les bataillons de l'UMP se sont fortement divisés au niveau local. L'ancrage de la région à gauche reste probable. La personnalité de Rebsamen pèsera de tout son poids sur le scrutin et, son image d'homme d'ouverture qu'il a jouée aux municipales en s'alliant au MoDem, sera un atout pour conserver la région à François Patriat. Le PS pourra aussi s'appuyer sur Arnaud Montebourg, président du conseil général de Saône-et-Loire, département le plus peuplé de la région, ainsi que sur les terres toujours miterrandiennes de la Nièvre. Si elle semble vouée à un échec programmé, la candidature de François Sauvadet pourrait tout de même s'avérer une solution intelligente. Permettant de capter plus facilement une partie de l'électorat centriste, de limiter l'avance socialiste en Côte-d'Or, dont il préside le conseil général.
18:16 Publié dans Le nouveau centre | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau centre, régionales, centrisme, politique, morin, leroy, sauvadet, augier, normandie, bourgogne
08.09.2009
Bayrou : le come-back qui fit pschitt
Triste spectacle que celui de François Bayrou en cette rentrée politique...
Coûte que coûte, François doit tenir jusqu'aux régionales. Impossible de vendre comme aux européennes l'espoir d'un grand soir. Un de ces soirs où l'on se prend à croire que les pas hésitant du "un peu timide mais très courageux", ne seront plus que larges enjambées musclées d'un prophète des temps nouveaux.
Non, François ne plus refaire ce coup-là. Ni à ses militants, ni aux médias, ni à lui-même. Alors que faire ?
Depuis 2007, rien n'a été comme prévu. Les bédouins de 2002, dont on espérait retenir quelques bonnes têtes, ont tous filés. Les invités au banquet de 2004, à qui l'on était prêt à resservir quelques victuailles, ont vite tourné talons. Restent Marielle, Corinne et une poignée d'écolos venus chercher un rêve que Dany vient de concrétiser sans eux. Impossible de partir en ermitage, personne à qui laisser les clés de la maison.
Et puis l'allié de l'anti-Chiraquisme, ce Sarkozy avec qui l'on était si complice depuis 1995, est allé chercher à gauche ceux que l'on espérait rallier le grand soir venu. Plus rien à glaner au centre gauche social-libéral.On aura beau dire, tout le monde sait que François n'a jamais été aussi seul qu'il le sera demain.
Et puis l'électeur s'est défilé. Le troisième homme de 2007 a été bien vite oublié. Son ambition remisée. A côté de celles de Veil, Barre, Rocard, Balladur, Chevènement, Jospin, Villiers-Pasqua, Tapie... Le Pen, peut-être... Des 18% de 2007, plafond que François vendait comme un horizon, il ne reste plus qu'un mirage... Inutile d'espérer gagner avec ses propres forces. Il n'y a plus que la déroute des autres qui peut permettre d'exister.
Ne reste qu'un atout, son ambition intime et personnelle, qui, elle, reste intacte. Après tout, un cauchemar reste un rêve. Et chaque meurtrissure, au contact de l'orgueil, vient renforcer un peu plus l'obsession de 2012. Reste à bazarder l'accessoire : ce parti démocrate et ses militants bordéliques, ces petits élus locaux qui n'auront pas les reins plus solides que les bédouins d'hier, cette fumeuse troisième voie indépendante qui ne verra jamais le jour...
Alors, François tente le tout pour le tout. Il lance sa monture à l'assaut du socialisme déclinant. Voici Marielle transformée en arme de drague massive. Il fallait oser. Mais elle est la seule qui peut avoir le culot d'aller taquiner les play-boys du PS (Vincent, Manuel, Arnaud) et un vieux rockeur national-communiste (Robert). Et, coup de maître, la mine flottante fut lâchée avec brio dans le port de la Rochelle.
Aucune chance que Martine la ringarde puisse en réchapper. Et Ségolène ? c'est avec l'aide de ses propres enfants que l'arme médiatique a été lancée. La muraille socialiste n'a plus qu'à se fissurer, puis s'ouvrir en une brèche béante à travers laquelle l'on pourra se faufiller. Il ne restera plus qu'à envoûter ces militants socialistes désabusés, ces présidents de conseils régionaux aux abois ou cette jeune garde bientôt cinquantenaire, qui perd la tête de n'avoir pu encore étreindre les ors de la République. On jouera le modeste compatissant, le charmeur d'instits et le bobo-compatible, le républicain de province qui saura humblement et généreusement offrir une place à tous ceux qui viendront se blottir contre sa candidature-radeau-de-la-méduse. Bref un remake de 2007, la pintade du Poitou en moins.
Mais voici qu'une fois encore le sort s'acharne.
Plutôt que déchirés, voilà les socialistes réconciliés. Assurément, Lagardère, Bouygues, Dassault et Chabot ont encore réussi à contrer la noble et désintéressée stratégie du gentil François. Voici que les médias, certes, le temps d'un week-end, font de Martine la star consensuelle de la Rochelle. Et presque plus un mot sur François. Même les scuds de Jean-Luc et Marie-George se transforment en pétards mouillés. Et face à tant de guimauve, aucun recours possible. Même plus le plaisir de pouvoir brandir une nouvelle fois l'enveloppe qui contient les preuves du complot. L'ignoble Dany l'a brûlée au mois de juin.
Blues médiatique.
Alors, voilà, il a bien fallu se coltiner l'université de la Grande Motte. Même si l'on se retrouve à jouer la Martine que l'on aurait voulu voir une semaine plus tôt.
Des primaires ? Oui si on n'y participe pas.
Des alliances ? Non, à condition que l'on ne nous impose pas de conditions qui ne soient pas les conditions que l'on pose pour pouvoir s'allier sans conditions.
Avec le PS ? Les Français trancheront.
Avec les Verts ? Les meilleurs font déjà partie du MoDem...
Alors, de gauche ? Non, c'est tellement évident qu'on est de la même famille.
Encore un peu de droite ? Non, c'est tellement évident qu'on n'est plus de la même famille.
Toujours au centre ? On peut dire que oui, mais si quand même.
Anti-Sarkozyste ? Non. On est juste anti-ce-qui-est-tout-pas-bon. Et Sarko, y'a juste rien de bon dedans.
Un programme ? On sera prêt sans problème pour la prochaine élection. Il reste du temps d'ici 2012.
Le pouvoir aux militants ? Oui, c'est librement qu'ils l'ont délégué à leur président.
Une réforme interne ? Un point sur neuf, c'est un bon début quand on en a oublié huit sur neuf... non ?
2012 ? Il reste trois ans pour que nous me prépare à une candidature que je n'avons pas encore décidée.
00:03 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, sarnez, 2012, aubry, ps
07.09.2009
Eté 2009, encore un traitre ?







20:46 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, udf, modem, ginisty





