26.09.2009

Bourlanges : "ce qui rapproche François Bayrou de la gauche, c'est ce qu'il y a de pire en chacun d'eux"

La dernière chronique de Jean-Louis Bourlanges parue dans L'Expansion.

La vraie nature de François Bayrou

Un centre génétiquement modifié

Jean-Louis Bourlanges est professeur à l'IEP de Paris -  01/10/2009

jlb1.jpgEnfin ! Il en aura fallu, du temps, des mensonges et des échecs, pour que Marielle de Sarnez consente, au nom de François Bayrou, à briser le tabou de l'"indépendance centriste" et à substituer à un "ni droite ni gauche", dans l'impasse, un "à gauche toute !" virginal et prometteur. En vérité, l'alliance à gauche était le terme inévitable de la dérive engagée au congrès de l'UDF à Lyon, en janvier 2006. Point d'alliance, point de salut. Depuis deux ans, le grand hérétique assiste au naufrage de son Eglise. Il n'a laissé à ses hommes d'autre choix que le martyre ou l'infidélité. "Elu du centre, pars vite et reviens tard" : là où passe le cheval du Béarnais, l'herbe électorale ne repousse pas.

François Bayrou n'en a cure. S'il se moque ainsi de "ses amis", c'est d'abord parce que ce ne sont pas ses amis. Sa dérive se double d'une apostasie. Il a progressivement renoncé à incarner la spécificité centriste. C'est la mission historique du centre que de permettre aux majorités de droite comme de gauche de résister aux poisons de ce que Bernard-Henri Lévy a nommé "l'idéologie française" : refus de la modération et du compromis, culte de l'exception nationale et du souverainisme, exaltation du volontarisme d'Etat, allergie à l'individualisme, à l'Amérique et au marché.

L'homme du centre affirme les droits de la société par rapport à ceux de l'Etat. Il préfère le marché aux monopoles, les vertus du face-à-face aux vices de l'arbitrage au sommet et de l'oukase bureaucratique. Il exalte les corps intermédiaires, respecte les élites ouvertes et répugne au pouvoir d'un seul homme. Il privilégie une vie internationale fondée sur la sécurité collective, la coopération multilatérale et le partage juridiquement organisé de la souveraineté.

Seulement voilà : François Bayrou n'est pas l'homme de ce rôle. Chez cet antimodéré, tout s'inscrit en faux par rapport aux convictions centristes dont l'opinion le crédite. Sa conception du pouvoir, héroïque, solitaire et prophétique, doit faire se retourner dans leurs tombes Tocqueville ou Benjamin Constant. Son horreur "forrestérienne" du capitalisme libéral le situe plus près de Benoît Hamon que de Pascal Lamy. Son exaltation sans nuance de l'uniformité jacobine fait de lui l'adversaire attitré de toute réforme de l'université et le désigne comme l'ultime défenseur du modèle bureaucratique français. Sa dénonciation, quasi religieuse, de la mondialisation emporte avec elle les derniers articles du credo atlantiste et même européen du centrisme historique.

Confiant à Eric Conan (1) qu'il ne lui serait pas difficile de battre, par la gauche évidemment, Dominique Strauss-Kahn, seul concurrent sérieux à ses yeux, François Bayrou vend la mèche. Il désigne le directeur du FMI comme l'ennemi public n° 2, secrètement complice de Nicolas Sarkozy, et nous donne à voir la carte qu'il entend jouer : la dénonciation d'un "salaire de trader" et la stigmatisation d'un habitué des "hôtels de luxe". Avidité ploutocratique, errance cosmopolite : le décor est planté. Décidément, ce qui rapproche François Bayrou de la gauche, c'est ce qu'il y a de pire en chacun d'eux.

Lien vers la chronique sur le site de L'Expansion

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Commentaires

Merci Bob pour cette communication.
JL Bourlanges n'exagèrerait même pas le trait dans ce portrait sans concession.

Le problème, c'est que les "fédéralistes" sont un peu dans le brouillard par les temps qui courrent.

Je suis heureux de constater au passage que Monsieur Bourlanges est un lecteur de B Constant. Enfin quelqu'un qui a compris qu'il n'y a pas que Tocqueville bon sang ;-)

Au fait, je ne comprends pas la date accolée à son nom ?
"Jean-Louis Bourlanges est professeur à l'IEP de Paris -  01/10/2009"
@+

Ecrit par : Thierry P. | 26.09.2009

A Thierry

Comme bien souvent, Jean-Louis Bourlanges signe une bonne chronique, qui ne se limite pas à une attaque politicienne tacticienne de Bayrou, mais tient un raisonnement étayé et fondé.

Cela me fait plaisir qu'il rappelle le rôle "historique" du centrisme. Il est devenu très rare qu'on y fasse référence, et pourtant c'est bien ce rôle modérateur, cette idée qu'il est possible de tirer vers le haut la droite ou la gauche, qui fonde la légitimité démocratique d'une voie centriste médiane.

Sinon, pour la date, je n'ai fait que copier-coller le site de L'Expansion. Je me suis aussi posé la question. Est-ce une faute de frappe ou la parution anticipé de la chronique qui sera en octobre dans le mensuel...

Ecrit par : Bob | 26.09.2009

je ne vois là qu'un texte revanchard d'un homme déçu qui n'a pas voulu accepter une évolution. Monsieur Bourlanges,toujours aussi brillant, comme à son habitude est capable de faire passer des sophismes pour des réalités, bien enrobées, bien écrites... il n'en reste pas moins que c'est inexact.

Ecrit par : Mirabelle | 26.09.2009

Jean-Louis BOURLANGES connait mieux François BAYROU que beaucoup d'entre nous et en parle probablement avec une certaine tristesse.

J'ai le souvenir le 10 mai 2007, un jour qui ne s'invente pas, de la convention de l'UDF où j'avais accompagné ma douce et tendre élue UDF et déléguée départementale, qui vota la création du MoDem dont l'UDF devenait un des membres fondateurs.

Tous les parlementaires ou presque avaient déjà quitté François BAYROU, le seul qui est venu courageusement sous les huées est JL BOURLANGES. Il a parlé ce jour-là d'une "tragique impasse stratégique…"

À l’époque, comme beaucoup de nouveaux arrivants, je n’avais pas compris la portée du propos et je ne suis pas forcément d’accord avec votre analyse. Le système actuel et les réformes qui se profilent vont dans le sens d’une répartition binaire de la vie politique au sein de laquelle le Centre a joué son rôle. Mon beau-père était MRP et a été élu avec des socialistes, ma femme a été élue avec le RPR.

L’idée annoncée par François BAYROU et entendue par 7 millions de Français est qu’il y a une troisième voie possible qui s’appuierait sur les projets plus que sur les appareils. Pour fonctionner correctement, il faudrait modifier le système de désignation des députés et rétablir un scrutin proportionnel pour assurer la plus juste représentation possible quitte à relever le seuil pour éviter une profusion inutile de partis.

Le virage à gauche pris pour le compte du MoDem par Marielle de SARNEZ est pour beaucoup d’entre nous un hold-up et une forme d’escroquerie, en cela c’est « une tragique impasse »

Cette troisième voie est possible, Europe Écologie l’a initiée, mais j’ai dit précédemment que ce n’est pas suffisant pour faire un programme, Corinne LEPAGE a beaucoup écrit et parlé sur le sujet. À l’évidence, François BAYROU ne peut incarner cette voie, il est l’archétype de l’apparatchik solitaire et incapable de fédérer un groupe, faut-il pour autant renoncer à essayer de faire émerger cette troisième voie ?

S'il me reste une ilusion, c'est celle -là

à bientôt Bob

Ecrit par : cocobe | 26.09.2009

bon, Bob, vous voulez qui en 2012 ??? cessez donc de casser du Bayrou, ce n'est pas parce qu'il a pris des positions qui ne vous plaisent pas, d'une part qu'il sera statique et d'autre part que ce sera voué à l'échec. Il ne faut pas non plus oublier que Monsieur Bourlanges a une vision très technique et pas forcément pragmatique... les électeurs peuvent lui réserver des surprises, aujourd'hui la seule alternative à Sarkozy et au PS en pleine déconfiture reste Bayrou qu'on le veuille ou non. Moi non plus je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais je sais ce que je ne veux surtout pas, et je pense que rien n'est jamais définitif, tout étant évolutif.

Ecrit par : Mirabelle | 26.09.2009

bon, Bob, vous voulez qui en 2012 ??? cessez donc de casser du Bayrou, ce n'est pas parce qu'il a pris des positions qui ne vous plaisent pas, d'une part qu'il sera statique et d'autre part que ce sera voué à l'échec. Il ne faut pas non plus oublier que Monsieur Bourlanges a une vision très technique et pas forcément pragmatique... les électeurs peuvent lui réserver des surprises, aujourd'hui la seule alternative à Sarkozy et au PS en pleine déconfiture reste Bayrou qu'on le veuille ou non. Moi non plus je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais je sais ce que je ne veux surtout pas, et je pense que rien n'est jamais définitif, tout étant évolutif.

Ecrit par : Mirabelle | 26.09.2009

@ Mirabelle
"vous voulez qui en 2012 ???". Ta question me permet de rebondir sur une question qui m'a été souvent posé.
Au-delà du cas particulier de Monsieur Bayrou, je me pose de plus en plus la question de savoir si ce serait porteur de placer toutes ses espérances sur un "candidat par défaut" ? Quel projet d'avenir si on est appelé à désigner a minima le candidat du choix le moins pire ?
La question est de savoir ce qui sera mis en avant en 2012, le rejet d'un homme, d'un système ou d'une politique.
Je suis par ailleurs convaicu que l'addition de tous ceux qui rejettent pour un raison ou pour une autre la gouvernance de Monsieur Sarkozy ne suffira pas à créer une dynamique d'alternance...
Nous sommes à mi-parcours du quinquennat de Sarkozy. Et je l'avoue, je suis dubitatif sur la possibilité de voir émerger une offre crédible d'alternance. Crédible en ce sens que le ou la candidate aura une vision d'avenir claire et aura su fédérer autour de sa personne les aspirations de gens ayant réussi à se mettre d'accord sur les grandes orientations d'un contrat de quinquennat. Contrat qui restera à écrire.
En lieu et place, nous avons des chevaux piaffant dans leurs paddocks. Ces personnes ne semblent animées que par la hâte d'en découdre pour coiffer au poteau du premier tour les autres candidats afin de se retrouver au second face à Monsieur Sarkozy SI ce dernier se représente (rien n'est jamais sûr). D'aucuns commencent à dramatiser à l'extême les enjeux de ce premier tour.
Les clivages droite gauche ont pris un coup de vieux. La voie médiane, pourtant honorable, que rappelle JL Bourlanges elle aussi.
Notre République traverse une drôle d'époque. On face à deux conceptions du fait politique.Et ça, Nicolas Sarkozy l'avait entrevu.
Que faire alors ? Vous voulez qui en 2012 ? A chacun d'y réfléchir. La priorité sera d'abord de déterminer les défis à relever, ensuite se posera la question de la personne capable d'assurer un leadership pour incarner l'alternance. Et je terminerai en te citant, Mirabelle, tout est effectivement évolutif.

Ecrit par : Thierry P. | 26.09.2009

A Mirabelle

Sur Bourlanges, je pense que vous faites fausse route. Il n'y a pas d'esprit de revanche chez lui, mais une immense déception. Au fond, ce qu'il reproche à Bayrou, c'est de prendre le risque de sacrifier toute une famille politique sur l'autel d'une stratégie personnelle qui le mènerait à l'Elysée. Vous pourriez me dire qu'il se réveille un peu tard, mais je pense qu'il fait partie de ces élus UDF qui n'ont pas pris la mesure de l'ambition personnelle de Bayrou, ou qui du moins n'avait pas pensé une seconde qu'elle pourrait être confortée à ce point loin du dernier scrutin présidentiel avec les conséquences que l'on sait. Bourlanges, lui, considérait que l'UDF devait se renforcer pour peser au sein d'une majorité, système bipolaire oblige. Sa troisième voie, c'était sauver le centre d'une absorption pure et simple par l'UMP en 2002, et le faire fructifier pour retrouver une majorité de droite et du centre équilibrée, au sein de laquelle les rapports ne se limiteraient pas à un parti ultra-dominant entouré de partis satellites.

Force est de constater que la stratégie de Bayrou risque d'aboutir à l'inverse. D'un côté le MoDem a renié ses origines pour aller se fondre dans une néo-gauche plurielle qui n'existera peut-être jamais, et qui restera profondément divisée, son pivot central, le PS, n'ayant pas engagé sa mue. De l'autre, des centristes réfugiés dans des petites chapelles, NC, AC, inféodés à une UMP qui est en capacité des les éradiquer à la première législative venue.

Sur votre deuxième question pour 2012.

Je ne suis pas sûr de vouloir Bayrou.

D'abord, car il n'est plus le même qu'en 2007. Son rejet pur et simple, en bloc, de l'UMP, n'en fait plus un homme du centre, mais bien un satellite du PS. Et comme je l'ai dit à maintes reprises, je ne vois pas ce qui est aujourd'hui meilleur au PS qu'à l'UMP. Le jour où l'on me démontrera en quoi le PS vaut mieux que l'UMP, je suis prêt à revoir la question. Mais pour l'instant je n'ai entendu que "anti-Sarko" pour justifier le renoncement à l'émergence d'un centre indépendant. Non seulement, "c'est un peu court", mais surtout c'est stratégiquement nul. On ne gagne pas une élection sur de l'anti.

Voter Bayrou en 2012, ce sera préparer le second tour, car je suis intimement persuadé, qu'il ne sera pas au second. Il ne bénéficiera pas deux fois de suite d'un contexte aussi favorable qu'en 2007. Si voter Bayrou, c'est voter en perspective du second tour, cela revient à considérer que voter Bayrou, c'est influencer le PS dans la ligne qu'il appliquera en cas de victoire. Aujourd'hui, je ne sais pas qui sera le candidat PS. Il se peut que cela m'intéresse de lui envoyer un message en votant Bayrou au 1er tour. Il se peut aussi que je préfère voir réélu Sarkozy.

Car à votre différence, je ne considère pas Sarkozy comme le pire de ce qui peut arriver à la France. Je n'aime pas le personnage, je n'aime pas son fonctionnement clanique, je suis en décalage sur un certains nombre des politiques qu'il mène, mais jusqu'ici je lui reconnais trois qualités très importantes.

D'abord, il tient peu ou prou ses engagements, qu'il a clairement exposé et sur lesquels les Français se sont prononcés en connaissance de cause. Sarko n'a pas changé, et l'ouverture mise à part, il n'est pas revenu sur le deal qu'il a passé avec les Français en 2007. Démocratiquement, il s'agit d'une avancée primordiale, qui contribuera à responsabiliser l'électeur. Aucun électeur de Sarko ne peut dire honnêtement qu'il s'est fait avoir. Et il faut certainement remonté à Pompidou pour retrouver ce sentiment.

Ensuite, son énergie. Après deux mandats de Chirac et un de Mitterrand, la France avait besoin d'un président qui donne le sentiment de prendre les sujets à bras le corps. Il y a du cinéma et de la démagogie là-dedans, mais pour la psychologie collective, cela est bien plus profitable que la prudence émolliente du passé. Même si les choses bougent moins qu'il le dit, même si elles ne bougent pas toujours dans le sens que je voudrais, elles bougent, et dans tous les domaines. Là aussi, c'est essentiel pour notre démocratie. Cela redonne légitimité à l'action politique, entretient un débat national permanent sur l'orientation qu'il faut lui donner et place les gouvernants en responsabilité.

Enfin, ce qu'il a ajouté au "deal" depuis 2007, n'est pas pour me déplaire. Il a pratiqué l'ouverture et a confirmé avec la crise qu'il était plus pragmatique qu'idéologue.

Donc voilà, je ne suis pas sarkozyste, mais je ne vois rien qui me permettrait de rejeter Sarkozy plus fortement que le PS. Au contraire. Je reste intimement persuadé que je prend moins de risques à voter Sarko, qu'à voter Ségo ou pour la plupart des candidats possibles au PS.

En 2012, nous verrons bien qui est candidat. Ce qui est sûr pour moi, c'est que je ne me réengagerais surement pas dans une campagne bayrouiste, car elle n'en vaut pas la peine. Elle ne conduit pas au second tour, et elle a peu de chances d'établir un rapport de force politique capable d'influer le président qui sera élu. D'autant que les candidats PS putatifs que je souhaiterais influencer, DSK, Delanoé, n'aurait pas franchement besoin de l'être par Bayrou.

Ecrit par : Bob | 26.09.2009

@ Thierry P : "je me pose de plus en plus la question de savoir si ce serait porteur de placer toutes ses espérances sur un "candidat par défaut" ?" : Ne rêvons pas, il s'agit TOUJOURS d'un candidat par défaut, ou comme tu dis, le "moins pire" :)))
Pour ma part, je suis convaincue que les français vont se réveiller et constater les dégâts de la politique de Sarkozy, et que ce mécontentement suffira et qu'il faudra alors quelqu'un capable d'agréger les mécontentements et d'ouvrir sa politique pour former une alternance.
Jamais un homme n'a fait la majorité, il s'agit toujours d'agrégation, d'addition ou de consensus, qu'on le veuille ou non !
@ Bob : la stratégie de Bayrou pur gagner l'Elysée ne date pas d'hier à ma connaissance, et Bourlanges ne peut lui reprocher. Ce qu'il peut lui reprocher c'est dans un premier temps d'avoir sacrifié son équipe UDF pour construire un parti plus ouvert ... beaucoup de ses ex bédouins en ont été "mortifiés", drapés dans leur dignité de "droite à papa". L'UDF devait se renforcer mais en s'ouvrant, pas en devenant elle aussi l"UMP, l'indépendance avait été votée bien avant par les UDF eux-mêmes. Si les ex UDF sont partis à l'UMP et au NC, c'est qu'en fait ils n'étaient pas capables de s'ouvrir à autre chose que la droite. Le constat est là ! combien de fois ai-je entendu dans les réunions des phrases du style : "de toutes les façons, je suis de droite" ! Bayrou n'a fait que mettre en lumière le fait que beaucoup d'UDF n'étaient en fait pas centristes, mais bien de droite, une bonne droite bien traditionnelle et finalement assez coincée.

La stratégie de Bayrou est une stratégie du long terme, et c'est la raison d'ailleurs de ses échecs aux diverses élections actuelles. Il va lui falloir le temps, c'est tout le problème. Il ne s'allie pas avec les néo gauchistes, il s'allie avec des pragmatiques centristes qui ont fait le choix de la droite ou de la gauche par défaut d'avoir un vrai parti centriste. Beaucoup de lieutenant de droite comme de gauche ne seraient jamais allés à l'UMP ou au PS si le MODEM avait existé. C'est ce qu'a compris François BAYROU et ce qu'il a eu le courage de faire, quitte à sacrifier des mandats. Je pense que l'histoire lui donnera raison même si il y a eu des difficultés, des erreurs, etc.

enfin, ce n'est pas l'UMP qu'il rejette, c'est Nicolas Sarkozy, qu'il considère comme destructeur et dangereux pour la France. Et il n'a pas tord. Ton erreur consiste à assimiler Sarkozy à l'UMP ! ça fausse complètement ton raisonnement.

D'abord, contrairement à ce que tu crois, Sarkozy ne tient pas ses engagements, et pour la bonne raison qu'il n'est pas possible pour lui de le faire tant ses engagements étaient contradictoires. La pratique de l'ouverture telle qu'il l'a faite n'était pas dans le but de faire travailler et confronter des façons de voir différentes, mais de soustraire certains responsables politiques de tous bords de leur parti pour d'une part leur appliquer sa politique et d'autre part foutre le bazar dans leur parti. Cette volonté de casser les autres partis, de les réduire à néant n'est pas une volonté de démocrate mais de dictateur. Sarkozy a très nettement dit qu'il voulait que l'UMP devienne un grand parti hégémonique... c'est ainsi que commencent les dictatures, il ne faut pas se voiler la face.
IL n'entretient pas un débat permanent, ne t'y trompe pas non plus, il fait simplement SA propagande. Il faut que les français se réveillent !
alors certes, voter Ségo ... c'est pas la solution ... mais il y aura Bayrou ! et ce dernier n'est pas le pire :)))
quant à DSK ... je crois qu'il est maintenant un peu passé aussi, et Delanoe a une gestion très contestée de la ville de Paris.

Ecrit par : Mirabelle | 27.09.2009

@ Mirabelle
Notre démocratie serait bien malade à te lire si, je résume, le choix se limite à un candidat par défaut qui cristaliserait tous les "antis" contre un autre.

Je nuance un point de ton dernier commentaire quand tu écris :
"IL n'entretient pas un débat permanent, ne t'y trompe pas non plus, il fait simplement SA propagande."
Monsieur Sarkozy, n'en soyons pas dupe, pense effectivement à la trace qi'il laissera dans l'histoire.
Mais au-delà, je lui reconnais cette qualité d'avoir imposer son timing. Aux autres de suivre... S'ils le peuvent !

J'ai pu peu à peu constater que le Modem n'apportait pas grand chose, quand j'ai constaté que Bayrou ne voulait pas en faire une force de propositions et/ou de contre-propositions.
Quand le Président a installé la Commission Balladur, j'ai signalé quelques points sur lesquels, il convenait de prendre position.
Comme je n'obtins pas de réponse du Modem, j'écrivis au Monde qui me publia. En juillet 2007, personne ne s'était beaucoup penché sur les axes que proposaient le Président dans la lettre de mission adressée à Monsieur Balladur..
Force est de constater que des mois après, Rebsanem publia une tribune dans le Monde allant dans le même sens. En tout cas, je constate que la Commission Balladur ne retint pas l'hypothèse de supprimer le Premier ministre.
Deuxième exemple, quand Monsieur le président songea à faire réécrire le Préambule de la Constitution, je fis immédiatement une note adressée à F Bayrou et à C.Lepage. J'attends toujours la réponse du premier. Corinne quant à elle, me répondit dans la journée en me demandant de développer. Ce que je fis. Comme elle partageait mon analyse (ça flatte car elle est élève du Doyen Vedel) elle me proposa de publier ma note sur le site de Cap 21.
Troisième exemple, quand Monsieur Marleix commença à évoquer le remodelage de la carte électorale, j'ai proposé la mise en place d'un groupe de travail. Corinne Lepage, toujours elle, trouva l'idée excellente, mais apparemment au niveau supérieur cela n'a pas semblé constituer un thème intéressant.
Quand j'ai lu dernièrement la déclaration du sénateur Vanlerenbergue, vice-président en charge de l'organisation, qui estimait que le Modem, avec trois députés n'était guère "concerné" par le redécoupage de la carte électorale, j'ai halluciné. Il aurait mieux fait de se taire ! Car ce brave sénateur, dans le même entretien déplorait que la proportionnelle ne soit pas introduite. Quand on se souvient que ce sénateur s'est courageusement abstenu lors du vote portant sur la réforme constitutionnelle de juillet 2008, j'ai eu le rictus narquois.
Je suis loin d'être aigri, je n'ai constaté que des faits.
Au-delà de Bayrou, donc se pose la question de l'existence et de l'utilité du Modem depuis deux et demi.
Que l'on chante les louanges du béarnais visionnaire en interne, pourquoi pas. Mais que l'on fasse de Monsieur Bayrou un recours me laisse par contre bien perplexe.
Quelle alternance incarnera-t-il ?
On me répondra que cette question sera au centre des débats du Congrès d'Arras.
Attendons pour voir donc.
@+

Ecrit par : Thierry P. | 27.09.2009

Thierry, tu soulèves bien des points, et parfois tu mélanges un peu, je vais tenter de te répondre point par point.
1/ oui, notre démocratie est bien malade et le sera bien plus si on laisse Sarkozy mettre en place son funeste programme visant à annihiler toute contestation, qui, tu le remarques toi-même a déjà pas mal déstabilisé et rendu la réplique parfois inaudible.
2/ compte tenu du scrutin à deux tours, il n'y a pas d'autre possibilité d'élire un candidat par défaut, ne crois tu pas que ce fut souvent le cas ? rappelle toi simplement à titre d'exemple 2002, lorsque le choix se fit entre Chirac et Le Pen !
3/ Sarkozy impose un timing au détriment de la qualité. Tout se fait dans la précipitation, rien n'est réfléchit dans le fond, beaucoup de choses sont à reprendre ... timing peut être mais tout est bâclé !
4/ Le modem : pour le moment c'est un très jeune parti qui parfois cherche encore ses "angles d'attaques", et sera encore amené à évoluer donc il y a hésitations, discussions, déclarations intempestives etc. Je l'ai dit, le modem c'est du moyen/long terme, pour le moment il a besoin de se structurer et de trouver ses dimensions.
5/ J'ai moi aussi étudié la révision de la Constitution et le contenu des propositions Balladur. Le problème de cette commission est qu'elle réunissait des personnes de différents bords politiques avec des visions très disparates sur l'avenir de notre régime politique, et que les propositions retenues ne l'ont pas été suite à un consensus, mais un vote. chacune a fait l'objet d'un vote et c'est la majorité qui l'a emporté, laissant ainsi de côté parfois de très bonnes idées. Cependant lorsque tu examines le rapport de cette commission et le projet de loi du gouvernement, tu t'aperçois que bien des solutions de ce rapport n'ont pas été retenues par le gouvernement qui a fait finalement ce qu'il voulait. Les parlementaires ont modifié ce texte en y apportant souvent des aménagements bénéfiques. Mais ils ne sont pas allés assez loin. Dommage.
Si François Bayrou ne t'a pas répondu, je vais te dire que je ne vois pas Sarkozy ou Copé te répondre non plus. Faut arrêter !
6/ le redécoupage logiquement ne changera rien à un parti centriste, il ne joue que sur les côtés, pas sur le milieu ! quant à la proportionnelle,
ce serait simplement se mettre en conformité avec le nouvel article 4 de la Constitution :).
7/ je pense que ne pas soutenir la réforme constitutionnelle était une erreur, je te l'accorde, mais j'accorde aussi à ses détracteurs, le fait que cette révision qui promettait beaucoup n'était pas à la hauteur des attentes, on pouvait faire beaucoup mieux, et on n'a pas osé. Encore une occasion raté, simplement parce qu'un gesticulateur voulait vite qu'on approuve sa politique.
8/ tu es intelligent, je pense que tu sauras mettre de côté tes déceptions que je peux comprendre parfois pour certaines et regarder devant toi, et évoluer dans ta position ... d'ailleurs tu apprécies beaucoup Corinne Lepage, pose toi la question de savoir pourquoi elle reste, même si elle aussi parfois n'est pas satisfaite du tout.
Amicalement

Ecrit par : Mirabelle | 27.09.2009

Excellent article, tu as raison Bob, il rappelle les valeurs du centrisme. Mais contrairement à lui et je m'éloigne de lui à la fin, je ne pense pas que Bayrou ne soit pas un "centriste"

Ecrit par : LCDM | 27.09.2009

J'ai lu vos échanges en com, très intéressants.

Ecrit par : LCDM | 27.09.2009

A Mirabelle

Ce n'est pas moi qui confond Sarko et UMP. Depuis le mois de juin, c'est la position du MoDem que de dire qu'aucune alliance avec l'UMP aux régionales n'est possible avec pour seule explication Sarkozy. C'est bien le MoDem qui radicalise son positionnement en abandonnant son intention d'adopter une attitude d'opposition constructive pour tomber dans le sectarisme.

Le simple fait que tu associes Sarkozy à une tentation de dictature est tout à fait symptomatique. Et encore une fois, en plus d'être faux et de tenir de la paranoia, cela est complètement vain d'un point de vue stratégique. Cela victimise l'adversaire, décrédibilise tout le reste de votre discours, vous coupe d'une grande partie de l'électorat modéré qui ne se reconnaît pas dans les positions excessives, et enfin, cela ne parle absolument pas de la vie quotidienne des Français. Qui sent aujourd'hui poindre dans sa vie quotidienne l'émergence, même subtile, d'une dictature ?

Et quand bien même, s'il on admettait que vous étiez une avant garde éclairée, plus sensible que d'autres aux premiers signes d'une dérive funeste, je crois que le meilleur travail que vous pourriez faire, c'est d'apporter des réponses concrètes à ce qui intéresse les Français aujourd'hui. Quel discours original avez-vous sur la crise, le chômage, l'éducation, le développement durable, le pouvoir d'achat, la sécurité, la justice, la mondialisation, les retraites... ? Rien. En tout cas rien qui soit identifiable par l'électeur. Au mieux, Bayrou se pose en censeur critique de ce qui est proposé. Et pourtant, le meilleur, le seul, moyen de faire obstacle aux dérives de Sarko, serait d'offrir une alternative crédible à la politique qu'il mène.

Au-delà des questions organisationnelles de l'opposition, de ses divisions, de son absence de leadership, je pense que votre principal handicap réside aussi dans le fait que la politique menée par Sarko n'est pas si libérale, de droite et liberticide que vous le dites. Et de là, développer un programme qui serait aussi radicalement opposé au sien que les attaques que vous formulez contre sa personne, tient du mythe.

L'alternative à Sarko se construira dans la nuance, car notre démocratie est depuis bien longtemps dominée par un consensus au niveau de ses élites, qui n'est pas tant une pensée unique, qu'une vision pragmatique du champ des possibles. Et sortir radicalement de ce consensus, c'est donner dans la démagogie, comme Le Pen, Besancennot, Villiers ou Mélenchon.

Ecrit par : Bob | 27.09.2009

A LCDM

Bayrou est-il centriste ? Moi je dirais qu'il est un néo-centriste révolutionnaire. Il cherche à inventer une nouvelle vision du centrisme, quitte à le couper de ses racines et de ses traditions, pour mener une révolution institutionnelle qui permettrait à cette nouvelle famille politique, en fait à lui, de prendre le pouvoir.

Après au fond, c'est un homme de centre-droit, voire de droite. Ce qui le distingue est certainement sa posture morale, typiquement démocrate-chrétienne et donc atypique en France et son libéralisme-social, qui s'oppose à la tradition autoritaire et dirigiste de la droite bonaparto-gaulliste française.

Cela en fait moins un homme du centre, qu'un homme de droite qui cherche à contrer l'hégémonie des autres familles de pensée de droite.

Tout comme Giscard n'était pas centriste, mais bien libéral, et qu'il utilisait le centre pour appuyer sa stratégie personnelle sur un espace politique identifiable par l'électeur. Bayrou retente le coup, quitte à aller chercher à gauche l'espace qu'il n'a pas gagné à droite.

En cela, il n'est pas véritablement centriste. Le centrisme est une force politique d'influence, qui pondère, modère la vie politique, une source d'intelligence qui vient enrichir des débats et confrontations partisans trop souvent démagogiques et idéologiques.

Tout comme Mitterrand n'a pas été le même lorsqu'il s'est allié aux centristes avec Rocard, Sarkozy n'aurait pas été le même si Bayrou avait intégré sa majorité en 2007. Et avec 18.5%, nous aurions pu faire œuvre utile.

Ecrit par : Bob | 27.09.2009

Bob, c'est tout de même extrêmement court comme réponse que de dire que nous sommes paranoïaques ! c'est pourtant la stricte vérité...
Tu trouves que nous ne parlons pas de la vie quotidienne des français, mais que fait donc l'UMP ??? elle parle découpage électoral, stratégie politique pour avaler ou casser les autres partis, elle continue de casser les services publics, le tout sous couvert de grippe ou de Carla pour éviter d'aborder le fond ! en attendant, le déficit et la dette se creusent un peu plus, le chômage continue sa croissance etc etc ... ah ! beau et bon bilan !
Qu'est devenu l'argent prêté aux banques ? pour quelles contreparties ? sur chaque point je peux te renvoyer l'ascenseur : l'UMP navigue à vue et n'a aucune politique autre que de tout faire pour garder le pouvoir.
Lorsqu'un parti a le pouvoir, il n'est pas normal qu'il fasse diversion en disant que les autres n'ont pas d'idées. Il n'a qu'à assumer sa position, ses erreurs, sa m ... quoi ! et surtout faire ses preuves sans accuser les autres de ses propres turpitudes !
enfin, bien que je ne sois pas d'accord avec toi sur les définitions et notamment de politique libérale, il n'est pas obligatoire d'être libéral en économie pour ne pas moins en être dictateur.

Ecrit par : Mirabelle | 27.09.2009

@ Mirabelle
Merci pour ta réponse structurée :-)
Explications préliminaires pour mon apparent "désordre" qui est dû en partie à une saisie sur téléphone mobile qui rend ardue la relecture et la mise en page :-))
Je vais tâcher de répondre à ces quelques points qui font que même si nous serions souvent d'accord sur les objectifs à atteindre, nous avons des divergences sur les moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir.
Au passage, je demande à Bob de bien vouloir excuser le squatt de ses colonnes qui nous éloigne (quoique) du thème initial de ce billet :-))

1. Sur la mise en oeuvre du "funeste" programme de Monsieur Sarkozy. Je serais enclin à partager ton avis. Mais dès 2007, j'avais "prévu" que les réformes constitutionnelles et les grandes réformes structurelles seraient immédiatement votées. Car je suis persuadé que notre président avait bien pris conscience qu'il ne disposerait au fil du temps que d'une majorité de plus en plus ric-rac au Parlement (en l'espèce le Sénat) et par conséquence au Congrès pour obtenir la majorité qualifiée. L'exemple du vote du 21 juillet dernier à deux voix de majorité l'atteste. Je pense que le point essentiel et symbolique que Sarkozy voulait obtenir était la possibilité de venir s'exprimer devant le Congrès. Il aura lâché du lest sur d'autres points pour l'obtenir.

5. + 7. (Pour pousuivre cette réponse, je continue par tes points 5. et 7. ^^) Alors s'agissait-il d'une "bonne" ou "mauvaise" réforme constitutionnelle ? Il est encore tôt pour le dire car toutes les lois organiques n'ont pas encore été votées.
En l'espèce, et c'est l'image du verre à moitié vide ou plein, je ne pense pas qu'il fallait voter EN L'ETAT cette révision constitutionnelle. J'ai encore la mémoire d'un Michel Mercier à la tribune du Congrès évoquer les avancées à venir (proportionnelle).
Les centristes avaient les clés de ce scrutin en leurs mains. Ils ont raté le coche, après, désolé c'est trop tard, tout n'est que gesticulation.

3. La réforme votée l'an passé a-t-elle accru pour autant le rôle du Parlement ? Force est de constater que le Gouvernement abuse désormais de la procédure d'examen des textes en "urgence" ce qui a pour intérêt de réduire les navettes entre les deux chambres. Je ne pense pas qu'il soit sain pour nos institutions de continuer à avoir un Parlement qui accepte de fonctionner ainsi. La multiplication des sessions extraordinaires concourt à donner l'impression que le Gouvernement agit puisqu'il légifère. Mais combien de lois restent inapplicables si les décrets d'application ne suivent pas immédiatement ? J'ai toujours souhaité, à titre personnel, que la loi mentionne de manière expresse les délais dans lesquels devraient être signés les décrets d'application sous peine de caducité de la loi. Il s'agirait là d'une avancée considérable qui limiterait probablement la prolifération de toutes ces lois "bavardes".
Car là, je suis d'accord avec tout est baclé dans le domaine de la loi. Ensuite, il convient de s'interroger si ce que le Gouvernement fait voter est nécessaire (je respecte l'esprit de la Constitution en évoquant le Gouvernement) ou si ce ne serait pas seulement qu'une forme de réponse comme une autre à des sujets qui ont affecté l'opinion publique. Nous confinerions, si tel est le cas, au détournement de l'objet de la loi qui est de garantir avant tout l'intérêt général.

6. Sur le point particulier du redécoupage des circonscriptions législatives, le Parlement a choisi d'habiliter le Gouvernement à agir par ordonnances. OK, sur le principe, mais la transparence affichée des débuts, les belles déclarations de Monsieur Marleix seront-elles suivies d'effets ? Ou était en l'espèce l'urgence à agir dans la mesure où les prochaines élections législatives (sauf improbable dissolution) n'interviendront pas avant 2012 ? Je crois t'avoir déjà répondu, chère Mirabelle sur l'article 4 où tu crois discerner la possibilité de reconnaître la proportionnelle. Mon point de vue, je te l'ai dit, rejoint la position de G. Carcassonne. Je rappelle la formulation du second alinéa l'article 4 pour ceux qui ne la connaissent pas :
"La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation."
C'est bien joli. Mais je vois surtout qu'il s'agissait d'une concession pour amadouer les parlementaires centristes. Ces derniers auront vite oublié cet article 4 quand il aura été question de voter la loi d'habilitation du Gouvernement à procéder au rédécoupage par voie d'ordonnances.

2. Tu as raison, mais l'électrochoc du 21 avril 2002 y était pour quelque chose. Je me souviens que j'évoquais cette hypothèse avant le premier tour à des amis socialistes qui se "réservaient" pour le second tour car ils entendaient ainsi désapprouver Lionel Jospin. Pauvres camarades socialistes, certains sont si désespérants !
Je persiste, rien ne sera aussi peu porteur d'enthousiasme qu'un rassemblement autour d'un candidat rassembeur a minima. Je ne suis hélas pas pas de la veine de "sortons les sortants".

4. Enfin évoquons le Modem :-)
Je crois que c'est toi même qui en résume le mieux la situation. je te cite :
" Le modem : pour le moment c'est un très jeune parti qui parfois cherche encore ses "angles d'attaques", et sera encore amené à évoluer donc il y a hésitations, discussions, déclarations intempestives etc. Je l'ai dit, le modem c'est du moyen/long terme, pour le moment il a besoin de se structurer et de trouver ses dimensions."
A partir de combien de temps, peut-on estimer qu'un parti est entré dans l'âge adulte ? Le grand chantier permanent au Modem devra bien s'arrêter un jour. Je crois que comme beaucoup, tu as une vision de ce mouvement comme celle d'une force politique en devenir, alors que je pense que Monsieur Bayrou se contenterait bien d'un parti dont la logistique serait dédiée à son ambition. C'est mon point de vue, je respecte celui que tu exposes, on verra ce que l'avenir nous réservera. Mais prétendre vouloir assumer la magistrature suprême sans s'appuyer sur des ressources internes à promouvoir pour en faire des cadres intermédiaires est un pari risqué.

8. Sur ce point, nulle crainte, comme je n'aspirais à rien, je ne regrette rien et je ne suis en rien déçu de mon passage au MD. Je n'exprime qu'un point de vue personnel que d'aucuns ont vite balayé en le ramenant à de l'aigreur. J'ai constaté qu'il y aurait en effet au Modem un grand nombre de "gastrologues" qui sont prompts à diagnostiquer les aigreurs des uns et des autres. Il faudrait souhaiter parfois que ce parti compte en son sein un peu plus "d'ophtalmologistes" pour aider à regarder de plus près les faits. Mais il n'en demeure pas moins, que si je n'ai pas le talent de JL Bourlanges, il faut espérer que les adhérents n'ont pas opté pour l'engagement a minima autour de François Bayrou... parce qu'il n'y aurait pas d'autres choix à leurs yeux.
Corinne Lepage est une femme politique responsable ; je reconnais qu'elle a prononcé un discours admirable à la Grande Motte. A elle seule appartient de déterminer à terme la forme d'engagement qu'elle estimera être la plus susceptible de faire avancer ses idées.
@+

Ecrit par : Thierry P. | 27.09.2009

A Mirabelle

J'ai bien peur que tu ne retiennes de la politique gouvernementale qu'une bien petite partie qui correspond très exactement aux sujets qui intéressent le MoDem. Tu as oublié la taxe carbone, la loi Hadopi, le grenelle de l'environnement, le rSa, la réforme des universités, le grand Paris, la réforme des collectivités, la suppression de la TP, la diminution de la TVA dans la restauration, la refonte de la carte judiciaire, la réorganisation des armées, la modernisation du statut de la Poste, la réforme des retraites, celle des hôpitaux...

Et franchement, si tu arrives à me trouver une contreproposition sérieuse et étayée du MoDem (ou du PS) sur l'une de ces réformes, je veux bien revoir mes positions.

Mais je sais que ta tâche sera bien plus difficile que celle consistant à se placer en grand défenseur d'une démocratie en danger. Le Modem ne parle pas du concret, il se focalise sur les questions institutionnelles et d'ordre démocratique. Même la dette, il n'en parle presque plus, en tout cas bien moins que le NC.

Quant au bilan de Sarkozy, il n'est pour l'instant pas si mauvais. La France sera en récession de 2.1% en 2009. Elle fera donc mieux que la plupart de ses voisins : -3.7% en Espagne, -4.3% au Royaume-Uni, -5% en Italie, -5.1% en Allemagne.

S'il n'y a pas de quoi se réjouir, au moins, cela devrait tous nous inciter à réfléchir un peu avant de considérer la politique de Sarkozy comme catastrophique. C'est d'ailleurs ce que font les Français, en lui conservant une popularité relativement élevée pour un homme honnis par ses opposants et qui était au plus bas à peine six mois après son élection.

Ecrit par : Bob | 27.09.2009

@ Bob : ha ben non !!!! ton article valait mieux que ce commentaire ! tu ne crois tout de même pas que je vais opiner ni polémiquer... dans ton catalogue beaucoup de questions ne méritaient à l'origine même pas d'être posées et tu verras au résultat qu'il s'agissait davantage de casser un modèle que de construire quelque chose.

@ Thierry : la réforme de la constitution, nous en avons déjà parlé, je pense qu'il fallait la voter en attendant mieux, simplement parce qu'elle apporte quelques améliorations qui étaient attendues depuis longtemps.

maintenant je t'applaudis des deux mains, je ne sais pas comment avec un téléphone portable tu fais pour écrire d'aussi longs messages, moi avec ce fond vert foncé, je peine à te lire ...

en tous les cas merci pour ta courtoisie habituelle.

Ecrit par : Mirabelle | 27.09.2009

@ Mirabelle
Je varie les plaisirs avec mes deux possibilités d'accès à internet !
Bah pour la réforme constitutionnelle, on restera chacun devant sa moitié de verre.
Je ne pense pas que nous ayons avant longtemps de nouvelles réformes. Si le Parlement avait le courage de remplir son rôle, ce serait une avancée. Si Copé fait avancer les choses, je serais le premier à applaudir, c'est dire !
Au fait, je suis toujours sidéré que la loi constitutionnelle relative à l'application de l'article 68 ne soit toujours pas votée.
Pour le Modem, on verra bien

Merci Bob pour l'hospitalité ;-)
Si tu veux découvrir des propositions "progressistes" va faire un tour de temps en temps sur le site de Terra Nova...

Ecrit par : Thierry P. | 27.09.2009

@ Thierry : pour l'article 68 concernant la destitution du Président tu peux encore attendre, cet article n'ayant pas été modifié par la réforme !
bonne soirée à vous tous.

Ecrit par : Mirabelle | 27.09.2009

@ Mirabelle
Tu m'auras mal lu avant de me répondre ;-)
Bien sûr que je sais que l'article 68 n'a pas été modifié en 2008 puisqu'il le fut à la fin de la présidence de Jacques Chirac.
Je faisais état de la loi organique à laquelle renvoit l'article. L'absence de loi organique rend cet article 68 inapplicable.
Ce n'est pas faute de temps (!) car certaines des lois organiques prévues par la révision de 2008 ont déjà été votées.
Il y aurait autour de l'article 68, une mauvaise volonté évidente à avancer !
Pourtant on a assez mis en avant alors le fait que la modification du statut du président était une avancée... comme la révision de 2008 :-)

Ecrit par : Thierry P. | 27.09.2009

@ Thierry : si si je t'ai bien lu, c'est ce que je voulais dire, pas de changement, statut quo ... je suis d'accord avec toi c'est de la mauvaise volonté ! ...

Ecrit par : Mirabelle | 27.09.2009

Deux observations sur ce billet, d'abord, on peut critiquer BAYROU mais sa démarche est conforme à nos institutions.

Je n'aimes pas celles-ci mais la seule façon de faire émerger un centre fort, c'est de gagner la présidentielle.

Le PS ne serait pas ce qu'il est si Mitterrand n'avait pas gagné et l'UMP si Chirac n'avait pas gagné.

Le parcours de BAYROU est peut-être solitaire et égoïste mais il s'inscrit dans la logique de notre système politique.

Second point, le NC et ses proches peuvent toujours baver tant qu'ils veulent sur BAYROU, il n'empêche que le NC n'existe que pour deux raisons, la première c'est que BAYROU a fait 7% en 2002, la seconde, c'est que BAYROU a fait 18% en 2007.

Sans ces deux faits, la plupart des députés NC ne seraient que d'obscures députés de l'UMP, dans le meilleur des cas.

Alors oui, Bob, en 2012, soutenez, militez, votez Sarkozy, comme cela vous aurez le plaisir de voir l'UMP liquider le NC, devenu inutile, voir encombrant.

Ainsi, nous serons arrivés au point voulu par cette gentille formation qui déteste les centristes et le centre sera inexistant pour longtemps.

Ecrit par : Guillaume | 29.09.2009

@bob
je lis vos réponses et je trouve que vous préparez bien le terrain pour votre ralliement intellectuel au sarkozisme qui vraiment, même lorsque il fait un truc bien comme la taxe carbone le fait à moitié car il ne le fait qu'a but électoraliste. Je n'ose pas imaginer ce que sera un deuxième mandat de Sarko : Sanglant.
Par ailleurs vous reprochez à Mirabelle sa représentation modemiste de l'antisarkozisme (pour résumer). Il y a un fond de vérité mais je crois bien qu'elle est sincère cependant on peut vous reprocher, bob, exactement le même chose mais à l'envers. Votre vision, prosarkozisme n'a d'intérêt à vos yeux que par ce que le Modem est contre, donc sarko a raison.
Par ailleurs nous somme nombreux des centristes au Modem qui ne somme pas spécialement enchantés du tropisme vers la gauche cependant il reste préférable à une alliance avec la droite totalement prise en otage par le Sarkozisme et son dogme inégalitaire.
Nous savons aussi que Bayrou ne sera pas au deuxième tour de la prochaine présidentielle mais il n'est pas questions que le prochain président s'assoit sur la modération et l'équilibre que peut apporter la sensibilité centriste.
Les centristes du NC ne font pas pas ce qu'ils disent et continuent de se tromper d'adversaires. c'est dommage.

Ecrit par : Franck | 30.09.2009

A Franck

Je ne prépare aucunement mon ralliement. J'assume sans problème d'avoir voté pour Sarkozy au 2nd tour en 2007. Au 1er tour en 2012, je ne sais pas ce que je ferai, s'il existe une alternative crédible à droite, je serai certainement tenté. Mais il est certain que je me vois de moins en moins voter Bayrou pour influer sur un camp, la gauche, dans lequel je ne me reconnais pas.

Ensuite, je n'ai pas la prétention d'être totalement objectif. Il y a matière à être critique sur la politique menée par Sarkozy et sur sa pratique du pouvoir. Mais je ne crois pas que la bonne façon de le contrer sur ses défauts et dérives soit de noircir le tableau excessivement. Quand je faisais une petite liste de sujets que Mirabelle oubliait, ce n'était aucunement pour dire que j'étais en accord avec l'ensemble des mesures prises par Sarko, mais juste pour lui montrer que l'angle d'attaque du MoDem se focalise bel et bien sur une petite partie de l'œuvre gouvernementale. Et à trop critiquer systématiquement sur la forme et les questions démocratiques, le MoDem reste totalement inaudible sur le fond et les nuances et exigences qu'il serait pourtant très utile de verser au débat public.

Après voilà, comme je l'ai dit à maintes reprises, je ne suis pas opposé théoriquement à une alliance des centristes avec la gauche. Mais comme vous le faites, la seule raison que l'on me donne pour la justifier, c'est que Sarko est bien pire que la gauche... Désolé, mais ça ne me convainc pas. Pour deux raisons essentielles. 1/ Pour moi une évolution d'alliance doit en partie se fonder sur une compatibilité programmatique ou idéologique. 2/ Pour moi, le PS ne démontre en rien qu'il serait meilleur que Sarko. Même en termes de démocratie, où tant les pratiques internes que l'exercice passé du pouvoir, que l'actuel façon dont il gère les collectivités au niveau local, ne démontre que le PS est véritablement meilleur que l'UMP.
Quant au NC, je partage en partie votre avis, mais je serai plus indulgent. On ne peut pas demandé au NC de faire ce qu'il n'est pas en capacité de faire... Si les 18.5% de Bayrou sont inutiles jusqu'en 2012, je ne crois pas qu'ils en soient les seuls responsables.

Ecrit par : Bob | 01.10.2009

@bob,
Petites remarques tout de même pour une meilleure lecture de mon premier message, J'ai voté sarko en 2007, aussi, là n'est pas la question, mais contrairement à vous, je n'assume plus.
Comme vous je suis un centriste acharné, mais contrairement à vous je peux imaginer une liberté d'alliance, vous non, vous êtres ancré à Droite.
Je n'ai jamais dt que sarko est pire que la gauche, je dis que le sarko 2 potentiel sera pire que tout. La gauche gère mieux les collectivités que la droite, y"a qu'a voir pour qui les gens votent en ce moment, mais je serai d'accord avec vous pour dire que la meilleur gestion est au centre.
enfin, je n'ai jamais mis sur le dos du NC les pertes électorales du Modem, je ne comprends pas pourquoi vous répondez par ce point en particulier, je ne crois pas, d'ailleurs, que les élus et militants du Modem se disent chaque matin en se rasant "c'est la faute au NC si nous sommes dans cet état". nous sommes à 7-8% au lieu de 18,5% uniquement par le fait de l'organisation défaillante du Modem (sur tout les plans y compris sur la lisibilité de l'offre politique) et accessoirement par l'acharnement sarkozyste.

Ecrit par : Franck | 04.10.2009

A Franck

Sur le PS, pas grand chose à ajouter, sinon que je ne crois pas du tout qu'il gère mieux au niveau local que la droite. C'est avant tout une affaire d'équipe et si je n'ai pas grand chose à redire du PS lorsqu'il gère les villes et les agglos, je suis plus sceptique sur les régions et départements. La dérive consistant à utiliser les moyens de ces collectivités pour mener des campagnes anti-gouvernementales transforme les régions et départements en outils d'opposition nationale et va à l'encontre de la décentralisation. Et puis, sur les symboles (cumul des mandats, diversité, parité...) on ne peut pas dire que la gauche soit particulièrement exemplaire, tout comme sur l'exercice du pouvoir, qui est en général très autocratique, comme il l'est souvent à droite.

Après sur le NC, je crois que nous ne nous sommes pas compris. Je ne pense pas une seconde que les militants/sympathisants MoDem reprochent au NC d'être la cause de la situation actuelle du MoDem. Je réagissait juste à votre dernière phrase. Si le NC ne tient pas ses promesses, il faut je pense reconnaître qu'il n'est pas dans une situation aisée pour le faire. Et au bilan, je pense que l'éclatement de l'UDF en deux familles tient autant à l'ambition personnelle de Bayrou qu'à celles des députés UDF devenus NC. Ni l'un ni l'autre n'a réussit à rendre utile le bon score de Bayrou au 1er tour de 2007.

Ecrit par : Bob | 04.10.2009

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