30.08.2009
Centristes et régionales, une seule stratégie possible, la soumission
Le centre éclaté en différentes chapelles n'a d'autre choix que de conclure des alliances électorales avec l'un des deux grands camps pour espérer exister lors des prochaines élections régionales.
Côté Nouveau Centre, les alliances sont une évidence. Consubstantielle à la création du parti, sa participation à la majorité présidentielle le pousse logiquement vers des listes communes avec l'UMP. D'autant qu'il n'a pas les moyens de faire autrement dans la mesure où il reste un petit parti sans leader médiatique et donc peu connu de l'électeur moyen. Contrairement aux européennes, où il avait fait semblant de partir tout seul, le NC s'oriente cette fois-ci clairement vers cette issue. Il a désigné une bonne partie de ses chefs de files, qui négocient des places éligibles avec leurs partenaires de la majorité présidentielle. Leurs staffs ont d'ailleurs déjà intégré les équipes de campagne des candidats UMP. Le NC sera donc la petite touche centriste de la majorité. Il jouera sa crédibilité sur son nombre d'élus, mais encore bien plus sur le nombre de têtes de liste, voire de présidences de région, qu'il obtiendra. A ce jour, seul le Nord-Pas-de-Calais lui semble dévolu, avec Valérie Létard, autrement dit, une région archi-perdable. Pour le reste, les négociations vont bon train. Dans plusieurs régions, il a une carte à jouer, mais le NC ne dispose d'aucun leader pouvant a priori s'imposer à l'UMP.
Pour ce qui est de l'Alliance centriste, les choses sont assez difficiles à déterminer. Le parti a clairement été créé pour être en mesure de jouer un rôle aux régionales. On l'imagine mal cependant constituer des listes indépendantes qui démontreraient sa constitution fragile et se traduiraient vraisemblablement par un score minable. L'AC va donc certainement se contenter de capitaliser sur les régions où elle est forte. En premier lieu les Pays de la Loire, qui comptent la Mayenne, bastion d'Arthuis. Même si cette région a sans nul doute une fibre centriste, elle est aussi celle où le MPF de Villiers pèse fortement. Il y a fort à parier que l'aile centriste de la majorité ne sera pas aussi bien servie que son aile droite vendéenne. Dans les autres régions, AC semble trop peu implantée. Peut-être en Bretagne, Champagne-Ardenne ou encore l'Île-de-France, quoi qu'il en soit, les alliances possibles sont toutes à droite. On ne voit pas quel leader PS irait chercher Arthuis et consort pour sauver sa région. Comme quoi, on peut défendre un positionnement moins inféodé que le NC à la majorité, et l'être au final tout autant.
Enfin le MoDem. Vraisemblablement, le MoDem n'aura d'autre choix que de renouer avec l'hypocrisie des dernières municipales. Son positionnement demeurera officiellement l'indépendance, des alliances uniquement sur des projets et tutti quanti. En réalité, les alliances du MoDem se feront uniquement, comme aux municipales, en fonction de l'intérêt électoral du leader local du MoDem. C'est d'ailleurs pourquoi les négociations entre conseillers régionaux MoDem et PS vont déjà bon train. Et ce n'est pas d'aujourd'hui, la question étant débattue avec ardeur depuis 2007 et la préparation psychologique des deux partis, initiée depuis 2004.
Mais dès la rentrée, on va rentrer dans le marchandage de tapis plus concret : les présidences de commission, vice-présidences, présidences d'organismes extérieures... donc tout ce qui à défaut d'une voiture de fonction, pourrait convaincre les élus régionaux MoDem que le programme socialiste vaut bien une secrétaire ou quelques notes de frais.
Cela dit, plusieurs élus du MoDem sentent un piège sur le point de se refermer sur eux. Sachant que le MoDem ne dépassera vraisemblablement pas les 10%, et que le MoDem n'assumera pas d'alliance avec eux dès le 1er tour dans la majorité des cas, les leaders régionaux du PS se frottent déjà les mains. Un jeu de dupes qui consiste à promettre en secret monts et merveilles, et à ne donner au final pas grand chose, voire rien du tout si les Verts se trouvent être particulièrement voraces entre les deux tours. Du coup, plusieurs élus MoDem, principalement dans les régions gagnables par le droite, auraient dans le courant de l'été renoués avec leurs amis de trente ans du Nouveau Centre et de l'UMP. Soit pour négocier avec les premiers un ralliement direct - ou progressif, après les élections, par la constitution de groupes communs - sous réserve que le NC joue les entremetteurs avec l'UMP pour leur conserver au moins une place. Soit pour obtenir directement un engagement de bienveillance de l'UMP pour sauver quelques têtes. Le discours à tenir semble déjà intégré "Le PS ne veut pas de nous, et M. Duschmol, leader de l'UMP, est un mec très modéré dans le fond, alors comme il est en tête et me le demande gentiment, je vais rejoindre sa liste au second tour. D'ailleurs, j'ai obtenu de sa part qu'il intègre notre idée de forum participatif sur le développement durable et un programme ambitieux en matière d'éducation. Cela ne remet pas en cause mon engagement au MoDem et derrière François, et je me battrai pour faire changer ce parti de l'intérieur".
C'est aussi ce qui explique en partie la sortie de Marielle à l'endroit du PS. La direction nationale du MoDem doit en effet convaincre ses troupes dans les régions qu'elle est en capacité de leur obtenir quelques places en dépit du mauvais score qui s'annonce. Et donc de ne pas relâcher le travail de drague mutuelle que MoDem et PS ont engagé depuis 2007 dans les conseils régionaux. Un travail qui s'il s'avère inutile régionalement, le reste d'un point de vue national. D'un côté une direction nationale qui tient à ce qu'aucune de ses troupes régionales ne retombent dans le camps sarkozyste deux ans avant l'affrontement final. De l'autre des élus MoDem, qui conscients de la faiblesse de leur parti, d'une élection que ne sera pas une redite de 2004 vu l'état respectif du PS et de l'UMP et de la concurrence que représenteront les Verts à gauche, essaient de se ménager une issue de secours à droite.
Au final l'électeur "centriste" aura donc le choix entre deux options. Celle franche mais "aplat-ventriste" de centristes de centre-droit qui se seront alliés avec l'UMP et ne devront leur influence qu'à la bienveillance de Nicolas Sarkozy. Celle opportuniste mais "malgré-nous-iste" de candidats MoDem qui ne devront leurs places qu'au camp qui aura bien voulu leur en donner... Ah, si seulement la France était encore celle de 2004, avec une UMP faible, un PS qui ne savait pas encore qu'il pouvait regagner des élections locales, des Verts inexistants, et une UDF unie, en mesure d'accélérer la défaite de son camp...
17:08 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, nouveau centre, alliance centriste
25.08.2009
Pluralisme d'idées au MoDem, merci Marielle !
Je ne pensais pas le faire un jour, mais me voici rendu à remercier Marielle de Sarnez pour avoir insuffler un peu d'esprit démocratique au MoDem.
Grâce à ses déclarations chez Peillon, voici qu'elle initie l'émergence d'un débat interne au MoDem qui dépasse les questions nombrilistes qui l'occupent un peu trop depuis sa création. Bon, le débat est encore très empreint du savoureux "méchante direction nationale" contre "gentils militants de base". Mais au moins, il s'appuie aussi sur une véritable question de fond. Et même parmi ceux qui soutiennent la position de Sarnez, il en est pour réclamer que la question ne soit pas traiter à la légère. Plus que les municipales, les élections européennes et cette petite sortie tacticienne de Sarnez auront eu le mérite de réinstiller un doute salvateur dans un MoDem qui, il y a encore peu, aurait soutenu parnurgiquement le discours de la patronne. C'est une bonne nouvelle. C'est le signe qu'il peut encore sortir quelque chose de bon de l'aventure bayrouiste. En espérant que ceux qui s'expriment aujourd'hui ne seront pas les nouveaux traites de demain...
Voici un petit florilège des réactions qui m'ont mis du baume au coeur, avec un intru pas si facile à débusquer ;)
Après, il y en aura toujours quelques uns pour minimiser ce discours de Marielle...
22:43 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, sarnez, leroy, ps
23.08.2009
Le MoDem assume son ancrage à gauche.
Marielle de Sarnez a participé aux rencontres du courant de Vincent Peillon "L'Espoir à gauche". Au programme une belle photo, et la promesse d'une alliance entre le MoDem et le PS aux régionales.
Si l'on se souvient bien, le MoDem a été créé pour devenir une force politique indépendante de la droite et de la gauche, et qui avait vocation à se porter au niveau du PS et de l'UMP. Encore que pour le PS, s'il y avait moyen d'en récupérer une bonne partie dans le cadre de son prophétisé éclatement... Si on n'a pas de trou de mémoire, on se rappelle aussi que le MoDem ne devait pas faire dans l'opposition systématique, qu'il serait constructif, qu'il serait même la première formation politique à l'être, à saluer et soutenir ce qui serait mené de bon tout en conservant la liberté de combattre et refuser ce qu'il estimerait ne pas l'être.
Et puis on se souvient aussi l'ire qui s'est abattue sur les militants UDF partis au NC sous prétexte qu'ils étaient de centre-droit et qu'ils prédisaient un glissement franc du MoDem vers la gauche.
On se souvient encore de ces piteuses élections municipales, où le MoDem refusait la plupart du temps les alliances au premier tour, car il lui fallait être indépendant et qu'il ne lui était possible de conclure une alliance que dans le cadre d'un projet politique commun, pas par simple tactique...
Et puis voilà, le temps d'un week-end ensoleillé, Marielle de Sarnez tombe le masque. Oui le MoDem est bel bien de gauche. Oui il est prêt à s'allier avec le PS et les autres formations de gauche par pur positionnement tactique.
(extrait d'un article du Figaro)
Une union de la gauche élargie à laquelle la vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez, a montré son adhésion. «Nous venons d'horizons divers mais si nous croyons qu'il y a de l'insupportable dans ce qui se fait aujourd'hui (...) alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce nous divise», lance-t-elle. Standing ovation assurée. Fustigeant l'«ultrapersonnalisation du pouvoir», l'«hégémonie» et la «partialité» de Nicolas Sarkozy, le bras droit de François Bayrou enfonce le clou : «Tous ceux qui partagent ces convictions ont à faire ensemble. Ensemble. Pas les uns sans les autres. Et pas les uns contre les autres». «Les temps appellent des comportements nouveaux. Nous avons beaucoup à faire ensemble», termine-t-elle, parlant «au nom d'une famille politique qui a coupé ses amarres pour rester fidèle à ses valeurs».
Comme je le dis depuis longtemps maintenant, le MoDem, Bayrou, Sarnez, ne valent pas beaucoup plus que les autres. Moi, ça ne me dérange pas, la politique, c'est aussi de la tactique, de la stratégie, de l'ambition personnelle et l'on ne prend pas le pouvoir uniquement avec de belles idées. Mais avec de telles prises de position, aussi clairement affirmées, il est aussi fort possible que Sarnez, Bayrou et le MoDem, grillent définitivement les quelques onces de crédibilité qu'il leur restait. Comme elle dit, le MoDem a rompu les amarres, mais les matelots pensaient-ils se retrouver dans le même port que le PCF ?
14:02 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, sarnez, ps
22.08.2009
Décès d'Adrien Zeller
Le président de la région Alsace est décédé aujourd'hui d'une crise cardiaque. Ce centriste convaincu avait rejoint l'UMP en 2002, mais avait réussi à maintenir une liste commune avec l'UDF lors des dernières élections régionales. Je l'ai rencontré une fois et il m'avait frappé par ses propos intelligents, son ouverture d'esprit, sa modération et sa simplicité. Les centristes perdent avec lui la seule présidence de région qu'il conservait. Pas tout à fait, car c'est un autre centriste, Bernard Stoessel, qui assure l'intérim depuis son hospitalisation à la mi-juillet. Stoessel était président du MoDem Haut-Rhin jusqu'au début de cette année. Il a quitté le parti car il n'était pas satisfait de la constitution des listes aux européennes. Certainement car il n'en était pas, mais aussi car il s'est opposé sans succès au parachutage par Paris de Jean-François Kahn dans le grand Est.
22:42 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : centre, modem, udf
07.08.2009
« let's trash the beach »
Petite pause estivale pour le blog...
15:55 Publié dans Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
01.08.2009
L'Alliance centriste a trouvé sa wonder-woman
Rien à dire en fait, sinon que c'est l'une des toutes premières vidéos du nouveau parti centriste. Un conseil. Reculez-vous un peu, vous risquez d'être victime d'un lancer de mèche blonde ;)
18:16 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alliance centriste





