23.08.2009
Le MoDem assume son ancrage à gauche.
Marielle de Sarnez a participé aux rencontres du courant de Vincent Peillon "L'Espoir à gauche". Au programme une belle photo, et la promesse d'une alliance entre le MoDem et le PS aux régionales.
Si l'on se souvient bien, le MoDem a été créé pour devenir une force politique indépendante de la droite et de la gauche, et qui avait vocation à se porter au niveau du PS et de l'UMP. Encore que pour le PS, s'il y avait moyen d'en récupérer une bonne partie dans le cadre de son prophétisé éclatement... Si on n'a pas de trou de mémoire, on se rappelle aussi que le MoDem ne devait pas faire dans l'opposition systématique, qu'il serait constructif, qu'il serait même la première formation politique à l'être, à saluer et soutenir ce qui serait mené de bon tout en conservant la liberté de combattre et refuser ce qu'il estimerait ne pas l'être.
Et puis on se souvient aussi l'ire qui s'est abattue sur les militants UDF partis au NC sous prétexte qu'ils étaient de centre-droit et qu'ils prédisaient un glissement franc du MoDem vers la gauche.
On se souvient encore de ces piteuses élections municipales, où le MoDem refusait la plupart du temps les alliances au premier tour, car il lui fallait être indépendant et qu'il ne lui était possible de conclure une alliance que dans le cadre d'un projet politique commun, pas par simple tactique...
Et puis voilà, le temps d'un week-end ensoleillé, Marielle de Sarnez tombe le masque. Oui le MoDem est bel bien de gauche. Oui il est prêt à s'allier avec le PS et les autres formations de gauche par pur positionnement tactique.
(extrait d'un article du Figaro)
Une union de la gauche élargie à laquelle la vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez, a montré son adhésion. «Nous venons d'horizons divers mais si nous croyons qu'il y a de l'insupportable dans ce qui se fait aujourd'hui (...) alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce nous divise», lance-t-elle. Standing ovation assurée. Fustigeant l'«ultrapersonnalisation du pouvoir», l'«hégémonie» et la «partialité» de Nicolas Sarkozy, le bras droit de François Bayrou enfonce le clou : «Tous ceux qui partagent ces convictions ont à faire ensemble. Ensemble. Pas les uns sans les autres. Et pas les uns contre les autres». «Les temps appellent des comportements nouveaux. Nous avons beaucoup à faire ensemble», termine-t-elle, parlant «au nom d'une famille politique qui a coupé ses amarres pour rester fidèle à ses valeurs».
Comme je le dis depuis longtemps maintenant, le MoDem, Bayrou, Sarnez, ne valent pas beaucoup plus que les autres. Moi, ça ne me dérange pas, la politique, c'est aussi de la tactique, de la stratégie, de l'ambition personnelle et l'on ne prend pas le pouvoir uniquement avec de belles idées. Mais avec de telles prises de position, aussi clairement affirmées, il est aussi fort possible que Sarnez, Bayrou et le MoDem, grillent définitivement les quelques onces de crédibilité qu'il leur restait. Comme elle dit, le MoDem a rompu les amarres, mais les matelots pensaient-ils se retrouver dans le même port que le PCF ?
14:02 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, sarnez, ps






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Commentaires
En tout cas, pour les régionales, on est parti pour des listes indépendantes.
Que veux-tu qu'on fasse : on ne peut tout de même pas s'allier avec l'UMP par les temps qui courent ...
Écrit par : L'hérétique | 23.08.2009
Répondre à ce commentaireCe qui a été dit à Marseille n'engage personnellement que ceux qui étaient présents, et non pas leur partis respectifs.
Et en ce qui concerne les régionales, je reprendrais ce qu'a écrit ci-dessus l'Hérétique en précisant que les listes soutenues par le MoDem seront indépendantes aussi bien au premier qu'au second tour, ce qui est tout a fait possible (si, si, c'était déjà le cas dans certaines régions en 2004) si toute la famille centriste se rassemble.
Écrit par : Eric Marroule | 23.08.2009
Répondre à ce commentaireQuand vous parlez de pur positionnement tactique en échange d'une "promesse" de sièges aux régionales, vous seriez bien incapable de donner des sources. Vincent Peillon n'a pas la possibilité de promettre quoi que ce soit dans ce domaine, ça ne dépend pas de lui ! S'il s'était agi de cela, Marielle de Sarnez aurait été au mauvais endroit au mauvais moment !
Par ailleurs, l'allocution de Marielle de Sarnez a été une reprise méthodique de tous les thèmes de campagne de François Bayrou - contrairement à la grande habitude socialiste de laisser dans le flou toute perspective concrète pour le pays, au profit d'incantations sur la victoire de la gauche. Bref, pour du pur positionnement tactique, c'est là encore certainement une très mauvaise méthode ...
Ceci dit : si nous avions le choix entre Nicolas Sarkozy et Vincent Peillon, vous imaginez bien qu'il n'y aurait pas grand monde au MoDem pour préférer Nicolas Sarkozy. Heureusement, nous avons François Bayrou.
Écrit par : FrédéricLN | 23.08.2009
Répondre à ce commentairePrendre le meilleur de droite, de gauche, d'en haut et même d'en bas, pourquoi pas, n'est qu'une manifestation de la plus grande intelligence qu'il soit. On peut ensuite le renommer « le centre » ou « le milieu » ou « le meilleur » ou « l'humanisme ». Peu importe du moment que l’esprit d’indépendance du MoDem est préservée. Le seul positionnement des démocrates est d’être libre d’expression avant tout. Et libre d’attaches imposées.
Parce que nous avons le droit et surtout le devoir de rejeter « le pire » (celui-là on n'a pas besoin de le renommer autrement, hein ?) en même temps que prendre le meilleur. Ce n’est pas une nouvelle manœuvre politicienne, c’est une opération de survie de notre planète.
« Heureusement nous avons François Bayrou… » est un très bon slogan Frédéric. A condition de dire aussi « …et tous les autres du MoDem : Corinne Lepage, Jean Lassalle, Gilles Artigues, Marielle de Sarnez et Cie ! » ;-)
Écrit par : Françoise Boulanger | 23.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : alex | 24.08.2009
Répondre à ce commentaireMais gageons que le Nouveau Centre accourra à la niche UMP dès que Sarko le lui aura demandé, rendant un tel rassemblement impossible. Cela nous laisse-t-il dès lors d'autres choix ?
Écrit par : KPM | 24.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Noosnaute | 24.08.2009
Répondre à ce commentairePersonnellement, ça ne me gêne pas que le MoDem se positionne au centre-gauche, voire plus clairement à gauche. Je trouve cela plus honnête et plus clair. Au moins, il n'est plus question de créer une troisième voie, mais bien d'assumer qu'une force centriste indépendante ne vient qu'en appoint de l'un ou l'autre des deux grands "camps". Le fait même de justifier l'alliance avec le PS par l'impossibilité de s'allier avec l'UMP est à lui seul fort éclairant. Le MoDem réduit son aventure à l'antichambre électorale du PS... Rien contre, mais franchement c'est très loin de me faire rêver...
Ce qui est moins honnête, c'est que cette ligne inévitable et évidente, qui pousse toute formation politique à s'inscrire dans la bipolarité de notre régime aurait du être celle du MoDem depuis le début. S'il a quitté le centre-droit, c'est inévitablement pour rejoindre le centre-gauche. S'il s'oppose à Sarkozy, c'est principalement pour entretenir la stature de présidentiable de Bayrou. Et le MoDem n'était pas tout aussi tactique, stratégique et personnalisé que les autres partis, toutes ces questions auraient fait l'objet d'un véritable débat interne au MoDem. Par exemple lors de votre congrès de l'automne prochain, où elles auraient utilement pu être le fondement d'une grille programmatique. Mais il semble que toute seule, Marielle soit en mesure d'expérimenter une nouvelle ligne pour le MoDem et de se faire la porte-parole d'une stratégie d'alliance, qui à ma connaissance, n'a en rien été définie par le parti. C'est dire si les leçons des européennes ont été retenues, et à quel point les mesures d'ouverture des instances nationales se résume à quelques aménagements purement cosmétiques.
Le discours de Sarnez, si on le lit dans son intégralité, reprend effectivement quelques antiennes, plutôt qu'il fait preuve d'une véritable nouveauté. Cependant, ce qui est fort différent et constitue un petit tournant tient selon moi en 3 points. D'abord, le contexte dans lequel il est prononcé, à savoir celui d'une rencontre organisé par un courant du PS. On n'est pas dans un petit appel du pied au détour d'une interview ou d'un discours. On est clairement dans une demande en mariage. Ensuite, la prédominance du "nous". PS, MoDem et les autres mouvements anti-sarko ne sont plus des individualités, mais avant tout un collectif. Enfin, il se fonde sur une contre-vérité. Sa force est justifiée par Sarnez par le fait que les temps ont changé. Je ne vois pas en quoi Sarkozy est plus insupportable aujourd'hui qu'il ne l'était hier, en quoi sa politique est moins acceptable aujourd'hui qu'elle ne l'était en mars 2008 ou en juin 2009... si ce n'est que le MoDem s'est mangé deux bananes électorales et qu'il a bel et besoin du PS pour exister l'année prochaine. Et que face à des Verts indépendantistes, il tente d'occuper la place du futur allié fidèle.
Je ne partage évidemment pas le point de vue de ceux qui défendent le fait que le PS serait "moins pire" que Sarko. Le PS compte nombre de personnalités estimables, mais il faut être sérieux deux secondes. Ce parti est complètement à la rue, sans leader, sans projet politique, il n'est plus qu'un club rassemblant les élus de la "non-droite".
Je reste persuadé que la famille centriste est bien plus utile dans son rôle traditionnel de modération de la droite.
Écrit par : Bob | 24.08.2009
Répondre à ce commentaireCe n'est pas par l'impossibilité de s'allier avec l'UMP qu'on justifie l'alliance avec le PS, mais par le fait que la plupart des centristes non-MoDem préfèrent travailler avec De Villiers plutôt qu'avec le MoDem. C'est vous qui nous placez dans une situation délicate et qui avez tué, par votre ralliement sans condition à Sarkozy (modération ? Allons bon, elle est où l'influence du NC qui n'a même pas été capable de faire échec au travail du dimanche ?), l'existence d'un centre indépendant et riche de ses sensibilités de centre-gauche comme de centre-droit.
Un centre qui préfère travailler avec la droite dure plutôt qu'avec le MoDem, ce n'est plus le centre.
Écrit par : KPM | 25.08.2009
Répondre à ce commentaireQuant à l'influence du NC, vaste débat... Ce qui est sûr c'est qu'en participant au gouvernement, à la majorité, et grâce au groupe NC à l'Assemblée et au groupe UC au Sénat, les centristes qui n'ont pas rejoints le MoDem jouent un rôle dans les institutions.
Le MoDem, lui n'aura pas fait grand chose de concret pendant cette législature. Et si l'aventure bayrouiste s'achève au 1er tour en 2012, le bilan sera même proche de zéro.
Je crois qu'il vaut mieux ne pas être fier de tout cela. C'est plutôt lamentable globalement que des personnes qui pensent à quelques nuances près la même chose sur le fond, se soient ainsi divisés sur des questions tactiques et stratégiques. Était-ce possible qu'il en soit autrement... j'en doute. Même si pour moi, Bayrou a la plus grande responsabilité. Parce qu'il était le chef. Et parce qu'il était le seul en mesure de maintenir son unité à la famille centriste. Le sacrifice qu'il a fait pour conserver une chance ténue de gagner en 2012 me parait de moins en moins justifié et fondamentalement contradictoire avec le rôle que peut/doit jouer le centre dans le système politique organiquement bipolaire qui est le nôtre.
Écrit par : Bob | 26.08.2009
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