04.07.2009

L'UDF est morte, vive l'Alliance centriste

Le week-end dernier, Arthuis a lancé officiellement son nouveau parti politique. Au milieu du milieu, l'Alliance centriste va transformer l'eau tiède en arme électorale de nuisance massive.

Pour l'instant, la nouvelle chapelle est forte de quelques centaines de militants et de quelques élus. Seuls Arthuis, Zocchetto et Dini l'ont ouvertement rejoint parmi les sénateurs. Cornillet est toujours de la partie, sans remettre en cause son adhésion au Parti radical, mais il n'a plus de mandat. Thierry Benoit participe également à la fondation du parti. Enfin, Mercier, qui devrait vraisemblablement devenir un compagnon de route des centristes alliés, n'est pour le moment qu'en congé du MoDem.

Grâce à cette "confédération" partisane qui ne regroupe pour l'instant qu'un seul parti, Arthuis entend perpétuer son positionnement fidèle à l'UDF libre. Une participation critique à la majorité présidentielle, dans laquelle il se situe clairement, tout en conservant une distance sanitaire vis-à-vis du pouvoir. D'une façon plus terre à terre, Arthuis cherche à cumuler les avantages du MoDem et ceux du Nouveau Centre. Du premier il souhaite conserver l'indépendance et la capacité de présenter des candidats librement là où il le souhaite. Du second, il retient la capacité à négocier des postes et fonctions avec l'UMP.

L'Alliance centriste semble donc une être vouée à devenir une petite machine électorale, spécialement conçue pour faire fructifier au maximum le petit pouvoir de nuisance électorale que détiennent la poignée d'élus centristes qui en fera partie.

Pour finir une petite vidéo (d'assez mauvaise qualité) publiée par les centristes unis de l'Hérault, où Arthuis explique sa démarche, en particulier vis-à-vis du Nouveau Centre.

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Commentaires

Une petite correction à propos de Thierry Cornillet. Il lui reste un mandat de conseiller régional Rhône-Alpes.

Sinon, il y a parfois une ambivalence dans le discours d'Arthuis. Il a souvent invoqué le souvenir de l'UDF de 1978, mais ici vous ne faites état que de l'UDF libre, déjà bayrouïsée et très différente de son aïeule.

Ecrit par : Fulrad | 06.07.2009

A Fulrad
Merci pour la précision.

Sur l'UDF dont Arthuis veut perpétuer l'héritage, je ne suis pas sûr qu'il fasse une grande différence entre celle de 2002 et celle de 1978.

En 2002, l'UDF s'est "autonomisée" en ne rejoignant pas l'UMP. Durant le quinquennat de Jacques Chirac, elle s'est éloignée de plus en plus pour finir par quitter presque formellement la majorité (encore que Bayrou n'a été que mollement suivi par ses collègues députés à l'époque).

Lors de sa création en 1978, l'UDF n'était rien d'autre qu'une force pluraliste, centriste et libérale, qui entendait supplanter les gaullistes comme principale force de la droite et du centre. Si VGE avait été réélu en 1981, le pari aurait d'ailleurs sûrement été gagné. Mais comme ce ne fut pas le cas, l'UDF s'est contenté d'un rôle de "2e pilier" un peu derrière le RPR. Mais l'UDF des années 80, même si elle était déjà minée par ses divisions internes, même si les centristes qui en étaient membres, comme Barre, Veil exprimaient déjà des velléités en faveur d'une ligne centriste à vocation majoritaire et indépendante de la droite, cette UDF des années 80 avaient un positionnement finalement assez proche de celui de l'UDF libre de Bayrou.

La période noire pour l'UDF sera la décennie 88-98. Après l'échec de Barre à la présidentielle (déjà un 3e homme), une partie des centristes a tenté l'ouverture avec Mitterrand. Ils ont constitué à cet effet un groupe indépendant de l'UDF à l'Assemblée nationale. Même s'ils ont vite rejoint l'opposition devenue majorité en 1993, le divorce programmé avec les libéraux du Parti républicain était déjà consommé dans les esprits. Suivra l'impossibilité pour l'UDF de présenter un candidat en 1995, la balkanisation du parti entre Force démocrate et Démocratie libérale, l'échec de Balladur et enfin les régionales de 1998 qui donnèrent le prétexte pour l'implosion.

Souvent on ne conserve à l'esprit que ces dix dernières années de l'UDF giscardienne. Arthuis, lorsqu'il pense à l'UDF doit à la fois regretter la grande coalition des années 80 et l'arche de Noë centriste qu'elle est devenue après 2002. Et ces deux UDF ne sont pas si éloignée l'une de l'autre. Du moins par l'esprit qui les animaient.

Ecrit par : Bob | 08.07.2009

Nouveau Centre, MoDem et maintenant Alliance Centriste. Faut-il traduire par centristes de droite, centristes de gauche et centristes du centre ? Le pauvre citoyen électeur n'a aucune chance de s'y retrouver !

Ecrit par : Carisma | 10.07.2009

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