15.06.2009
Bayrou président ? Même les électeurs MoDem n'y croient plus
Article du NouvelObs.fr
86% des Français ne croient plus aux chances de Bayrou pour l'Elysée
NOUVELOBS.COM | 15.06.2009 | 17:24
Exclusif Après l'échec du MoDem aux européennes, seulement 10% des Français pensent encore que François Bayrou peut devenir président de la République, selon une enquête LH2 pour nouvelobs.com. Le doute est majoritaire jusqu'au sein des sympathisants MoDem (52%).
L'image présidentielle de François Bayrou est fortement compromise depuis le glissement du MoDem aux élections européennes (8,4% des voix). Selon une enquête exclusive réalisée par LH2 pour nouvelobs.com, et publiée lundi 15 juin, 10% seulement des Français estiment que le leader centriste conserve des chances de devenir un jour président de la République, dont 3% "tout à fait". 86% des personnes interrogées pensent le contraire, dont 57% "pas du tout".
Scepticisme au MoDem
Les électeurs du MoDem doutent également. Si 48% d'entre eux croient toujours en les chances de François Bayrou, 52% n'y croient plus - dont 26% qui n’y croient "plus du tout".
Du côté des sympathisants de gauche, 10% pensent que François Bayrou conserve ses chances de devenir président. Parmi les sympathisants de droite, cette proportion tombe à 5%.
22:11 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, européennes
Gouvernement : Blanc éjecté ? Leroy prêt à faire son entrée...
Et voici que Maurice Leroy a de nouveau la faveur de rumeurs qui le font entrer dans le prochain gouverment remanié. Après avoir été pressenti à l'Agriculture (poste qui semble promis à Michel Mercier), le voici qui bénéficierait d'un double jeu de chaises musicales.
D'abord, le départ de Christian Blanc, qui paierait ses mauvaises relations avec le préfet de la région Île-de-France, et l'objet de son secrétariat d'Etat "de mission", l'Elysée considérant que le travail commandé est désormais achevé. Du coup, il faudrait faire une place à un nouveau ministre Nouveau Centre. Momo pourrait donc en profiter et piquer la place de Roger Karoutchi, annoncé sur le départ depuis son échec lors de la primaire interne à l'UMP pour les régionales... Décidément, l'avenir de Momo semble se jouer en Île-de-France...
Cela dit, il n'est pas dit que Blanc tout en switchant sur un autre poste n'arrive pas à conserver un maroquin. Même si son existence médiatique et le peu de marge de manoeuvre que lui a laissée Sarkozy pour accomplir sa mission, en font l'un des secrétaires d'Etat les plus facilement remerciables.
Enfin, rien ne dit que Sarkozy lâchera totalement Karoutchi, l'un de ses fidèles, auquel il n'a pas de plan B digne de ce nom à proposer. D'ailleurs, si l'idée de nommer Momo au secrétariat d'Etat aux relations avec le Parlement pourrait amuser Sarko car cela casserait les pieds de Copé, il n'est pas certain que l'idée fasse rire les parlementaires UMP. S'ils sont beaucoup à trouver Momo sympathique, ils auraient du mal à accepter qu'un néo-centriste vienne leur annoncer l'ordre du jour des Assemblées.
Un autre point de chute pour Momo pourrait être le secrétariat d'Etat à la ruralité, qui pourrait être créé... L'élu du Poislay, village de 198 âmes du Perche vendômois, et président du département où "les gens ne font pas de manières", ne détonerait pas à ce poste.
21:12 Publié dans Majorité UMP-NC | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : maurice leroy, leroy, blanc, christian blanc, nouveau centre, ump
14.06.2009
Rocard et la refondation du PS
Ce post se résumera à une déclaration de Michel Rocard au sujet du PS et de sa refondation, que j'ai trouvée sur Mediapart.
« Dans parti socialiste, il y a parti et socialiste, or chacun de ces termes doit aujourd'hui être reconstruit. Le nom même du socialisme s'est forgé dans une conception du monde tout entière basée sur des rapports de production, sur des rapports de classe qui ont cessé d'être les seuls fondements de l'action politique. Etre fidèle aujourd'hui c'est prendre acte de ce fait. Mais que dire du parti lui-même? Qui peut croire qu'il pourra demeurer une société close attachée à ses rites, pratiquant les querelles de chapelles ou les luttes de courant et prétendant offrir à l'extérieur un discours monolithique par rapport auquel tout désaccord est un drame, toute déviation un sacrilège, et n'acceptant d'alliés que dans la soumission ? Ce dont nous avons besoin, c'est un vaste mouvement ouvert et moderne, extraverti, riche de sa diversité et même l'encourageant. Un mouvement qui fédère tous ceux qui partagent les mêmes valeurs de solidarité, le même objectif de transformation. Ce mouvement s'étendra à tout ce que l'écologie compte de réformateurs, tout ce que le centrisme compte de fidèles à une tradition sociale, tout ce que le communisme compte de véritablement rénovateur, et à tout ce que les droits de l'homme comptent aujourd'hui de militants actifs et généreux. »
Le drame est que cette déclaration date de 1993.
22:16 Publié dans Opposition PS-MoDem | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, ps, rocard, michel rocard
13.06.2009
Centre : des nouvelles boutiques à faire fructifier aux régionales
L'éclatement progressif de l'UDF continue d'accoucher de nouvelles formations politiques. Ce week-end, Jean Arthuis entamera la mutation de son association "Rassembler les centristes" en parti politique. La semaine prochaine, ce sera au tour de Christine Boutin de ripoliner son Forum des républicains sociaux, créé en 2001, pour en faire le "Parti chrétien-démocrate". Un "coming-out" comme elle dit... Un frémissement qui s'inscrit dans la préparation des régionales où l'UMP souhaite capitaliser sur ses partenaires pour jouer la carte de l'ouverture.
Arthuis ouvre sa boutique
Depuis fin mai, Jean Arthuis a passé une vitesse. Il a en effet annoncé à ses adhérents qu'il souhaitait modifier les statuts de l'association "Rassembler les Centristes" en un véritable parti politique. Deux étapes à venir : un conseil d'administration qui se tient aujourd'hui adoptera le principe d'une révision des statuts, et un rassemblement le 27 juin achèvera la procédure avec l'adoption d'une nouvelle dénomination pour le mouvement. La démarche d'Arthuis vise rien de moins que de ressusciter l'UDF. En effet, sa nouvelle chapelle sera conçue sous la forme d'une confédération politique, dont Rassembler les centristes ne constituerait que l'un des piliers à terme.
Le succès de l'entreprise repose sur deux échéances. La première est le remaniement ministériel, que Nicolas Sarkozy a judicieusement positionné 3 jours avant le grand rassemblement d'Arthuis. Ainsi, si Michel Mercier est nommé au gouvernement, il pourra tranquillement rejoindre la boutique d'Arthuis, dans laquelle il a déjà un pied, en tant que co-fondateur de l'association locale du Rhône menée par Muguette Dini. Deuxième rendez-vous fondateur : les élections régionales.
Des primaires de la majorité pour les régionales...
L'UMP et Sarkozy comptent transformer le comité de liaison, présidé par Jean-Claude Gaudin, qui réunit régulièrement les partis de la majorité présidentielle, en une alliance électorale dans la perspective des régionales. Ainsi, les investitures conclues par l'UMP à l'issue de primaires internes, devraient se doubler d'un nouveau tour de piste ouvrant la course aux autres formations de la majorité. A priori, la chose se déroulera en deux temps. D'abord la conclusion d'une alliance où les autres formations de l'UMP se rangeront gentiment derrière certaines têtes de liste déjà investies en échange de places éligibles. Pour la seconde, rien n'est calé, mais l'idée d'organiser une nouvelle série de primaires ouvertes à l'ensemble des formations de la majorité fait son chemin.
Cette démarche aurait l'avantage d'occuper le terrain médiatique, de prendre le PS de court par une procédure démocratique dont il discourt depuis 2002, de donner de la visibilité aux partis frères et par là-même de capitaliser sur l'ouverture de l'UMP en amenuisant son image de parti hégémonique. Reste à éviter la foire d'empoigne, ce qui parait possible grâce à la première étape, qui fixera les règles du jeux en attribuant a priori telle ou telle région à l'une des formations, et une sortie honorable pour les candidats déjà investis qui devraient céder leur place aux cousins.
Le revirement de Sarkozy sur la compatibilité entre un portefeuille ministériel et une candidature en tête de liste aux régionales va dans ce sens. Des 8 ministres UMP qui s'y sont engagés, plusieurs devraient préférer conserver un maroquin à une victoire hypothétique aux régionales. D'autant que selon les experts UMP, seules 4 régions sont gagnables.
Un rassemblement élargi à Arthuis... et au PRG ?
Mais si elle veut rendre crédible ce rassemblement, l'UMP a besoin de l'élargir en apportant de nouvelles formations. Si le Nouveau Centre négocie depuis des mois une place de choix aux régionales, il conserve une image de parti des traitres à Bayrou, qui gâche le signe d'ouverture que constituerait sa participation aux listes de la majorité.
Aussi Sarkozy se réjouit-il à l'avance de pouvoir ajouter à son escarcelle la petite formation centriste qu'Arthuis est en train de constituer. Renforcée par l'arrivée d'un Mercier et constituée dans un contexte où le MoDem aura du mal à refaire le coup du départ des traitres, le parti d'Arthuis donnera une touche "100% vrais centristes" à l'équipée sarkozyste. De plus, il dispose d'un poids électoral non négligeable dans l'une des régions gagnables, les Pays de la Loire, où son département de la Mayenne reste pour ainsi dire le seul bastion du grand Ouest démocrate-chrétien. Toutes les autres places fortes, flirtent durablement ou épisodiquement avec le PS. Avec la Vendée villieriste, il est donc l'une des clés pour un retour de la droite à la tête de l'exécutif régional.
Parallèlement, Sarkozy négocie avec Jean-Michel Baylet et le PRG. Oubliée par le PS aux européennes, force d'appoint indispensable à Sarkozy pour l'adoption de la révision de la Constitution, la gauche cassoulet se laisse gentiment draguer par l'UMP. On parle de l'entrée au gouvernement d'un radical de gauche. Reste que le PRG doit quand même l'essentiel de son implantation électorale, qu'il s'agisse des parlementaires ou des élus locaux, à la bienveillance du PS. Aussi, il semble assez peu probable que Baylet réussisse le tour de force de faire prendre le risque à son parti, presqu'exclusivement composé d'élus, de se fâcher avec le PS pour tenter une aventure assez folklorique avec l'UMP. Le plus probable est certainement la conclusion d'alliances au niveau régional, comme en Corse, où il se dit que les pourparlers vont déjà bon train.
Boutin ripoline sa boutique
Dernier "événement" de la galaxie centriste plus ou moins alliée à l'UMP, avec l'initiative de Christine Boutin. En passe de quitter le gouvernement bien qu'elle n'ait pas l'assurance de conserver la présidence du CG des Yvelines qu'elle exerce par intérim depuis la condamnation de Pierre Bédier (UMP), Christine Boutin tente de revigorer la petite formation catho qu'elle a créé en 2001. Au placard les appellations cache-sexe, la Boutin souhaite désormais s'assumer et renommer son parti en Parti démocrate-chrétien.
Boutin ne pèse pas grand chose, et ne pèsera certainement toujours que presque rien, mais elle compte ainsi capter une partie des villieristes déçus du score de leur champion aux européennes. Et pour le futur PDC, comme pour tout groupuscule, quelques dizaines de militants et d'élus, c'est toujours une bonne manne à prendre. Surtout si Boutin quitte le gouvernement, ce qui lui permettra de reprendre sa liberté de paroles et ainsi de peser plus certainement par son petit pouvoir de nuisance sur l'UMP. Et on l'a vu avec le NC aux européennes, il suffit d'être en capacité de mobiliser quelques pour cents de l'électorat pour être en capacité de négocier avec le grand frère quelques places éligibles.
L'UMP assèche son camp, face à un PS qui devra composer avec ses dissensions et les concurrents de son camp.
Voilà. A ceux qui posent régulièrement la question des réserves de voix dont aura besoin l'UMP pour gagner aux régionales au second tour, le parti présidentielle commence à apporter sa réponse. Il poursuit sa stratégie d'assèchement à ses marges, pour concentrer le plus largement possible son socle électoral naturel dès le premier tour. L'idée est de réitérer un score autour de 30% avec un net écart face au PS.
Un PS que l'UMP espère sérieusement handicapé par un double exercice très périlleux. D'une part, celui de constituer des listes respectant les équilibres internes du PS et compensant le déséquilibre issu de son échec aux européennes qui a désavantagé certains courants. D'autre part, celui de donner des places à ses alliés naturels (PCF, Verts), de limiter leur propension à faire fructifier en solo leur bon score aux européennes avec un retour du Front de Gauche et d'une alliance écologiste élargie à la société civile. Ce dernier défi semble le plus difficile à tenir, et ne devrait s'opérer qu'entre les deux tours, avec la constitution d'alliances artificielles qui devront aussi composer avec les quelques pour cents du MoDem, et avantageront sans nul doute les listes UMP arrivées largement en tête.
16:14 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau centre, centrisme, rassembler les centristes, arthuis, boutin, forum des républicains sociaux
12.06.2009
Quelques idées pour mes amis MoDemistes
Allez, je vais me mêler un peu du débat interne au MoDem suite aux européennes. Volontairement, je ne le suis pas vraiment. A vrai dire, le parti est tombé si bas, que je ne pense pas qu'il soit en mesure de se refonder dans l'immédiat. Il faudra sûrement un mauvais score aux régionales et le compte-à-rebours des présidentielles, pour que "Bayrou=le Modem" soit en mesure de changer véritablement. D'ailleurs, vous verrez que les quelques idées que je vous lance, ne sont pas nouvelles, pas très originales, et qu'elles n'ont aucune chance de trouver un écho favorable.
1. La méthode : faire une pause dans le militantisme, prendre de la distance, retrouver une certaine objectivité. Pas facile, mais ce qui handicape le plus le MoDem selon moi, c'est son côté bien trop militant. Le centrisme a un énorme défaut. Tout en étant ouvert sur les autres auxquels il est prêt à s'allier, il a une propension désastreuse à ne supporter que l' "entre-soi". Autrement dit, le centriste est certainement ce qui existe de plus sectaire en politique. Il se croit supérieur moralement (et souvent intellectuellement). Du coup, s'il daigne apporter son génie à la gauche ou à la droite, pas question qu'il se mélange véritablement à l'aurte. Tant que le centre n'essaie pas de se transformer en appareil militant de masse, il joue un rôle utile en pesant sur l'un ou l'autre camp. Dès que le centre veut réunir 2 Français sur 3, il devient insupportable de prétention. Car il ne sait pas gérer le débat interne sans vouloir définir une ligne pure, cohérente, intelligente et allergique à toute notion de mensonge ou de démagogie. Résultat pour le MoDem ? Un débat interne bordélique, qui ne débouche sur rien, qui ne s'organise pas en courants car il faut rester unitaire derrière François, et une ligne politique qui se résume à peu de choses car il lui est impossible d'y inclure des contradictions flagrantes, comme le font à qui mieux mieux PS et UMP afin de rassembler l'ensemble de leurs tendances internes. Le centrisme c'est le compromis avec les autres sans compromission avec soi-même. C'est combattre pour faire avancer ses idées, pas militer pour le succès d'un homme ou d'un parti.
2. La stratégie : renouer avec la droite. C'est une évidence stratégique qui est démontrée à chaque élection depuis 2002. Comme mon Batracien préféré le note dans un récent billet, seul le centre-droit est fidèle au MoDem. C'est tout con, mais le boulevard pour un centre indépendant reste à droite. Si Bayrou était resté une alternative de Sarko à droite, son mouvement aurait fait fructifier les acquis durement gagnés depuis la création de l'UMP en 2002. Au lieu de ça, il est parti draguer un centre-gauche qui ne lui sera jamais fidèle, il compte sur l'éclatement d'un PS qui a survécu à la débâcle de 1993 et à l'humiliation de 2002. Il faut vraiment avoir vu la Vierge pour penser que le PS puisse éclater ;). Et même si cela arrivait, comment penser qu'il irait chercher un centriste de droite fraîchement converti comme sauveur. Juste pour mémoire, Mitterrand a mis 20 ans se faire accepter comme homme de gauche, et presque 20 ans de plus pour en prendre le contrôle définitivement. N'oubliez jamais qu'en 1979, il devait encore se justifier par rapport à la nouvelle garde de la deuxième gauche incarnée par Rocard !
3. La ligne : plutôt que de réinventer le centre, repartir des fondamentaux. Dévolution des pouvoirs au niveau local, Europe fédérale, valeurs chrétiennes laïcisées, libéralisme, pluralisme, exigence démocratique, politique sociale pour l'équité... Les valeurs fondatrices du centrisme n'ont rien perdu de leur actualité. Des valeurs facilement synthétisables pour l'électeur moyen : Europe / régions / ouverture politique / libéral-social. Il faut juste les dépoussierer et les inclure dans une stratégie de développement durable. Avec cette grille de convictions, il est possible de forger des propositions programmatiques concrètes, lisibles pour l'électeur. A contrario, critiquer la sphère politico-médiatico-sondagière, Le Pen l'a démontré, ça n'a jamais permis de construire un programme crédible. A contrario, s'opposer systématiquement à la droite en la diabolisant, le PS l'a démontré, ça n'a jamais suffit pour gagner une élection.
4. L'ambition : préférer les petits pas concrets au grand soir qui n'arrivera jamais. Encore une fierté et une vertue centristes que Bayrou a oublié. N'est pas Jean Monnet qui veut, mais le centre n'a pas vocation à faire la révolution. C'est une force morale, pluraliste, de conviction, de tenacité, d'humilité pour influencer et faire avancer ses idées. Un Sarko qui aurait du composer avec un Bayrou dans sa majorité ne serait certainement pas le même. Et personne ne joue plus ce rôle aujourd'hui. Ni le trop faible et docile Nouveau Centre, ni les très marginalisés gaullo-chiraco-villepinistes. A vouloir n'être qu'un opposant qui fait miroiter un grand soir dont aucun électeur ne sait vraiment quelle nouvelle ère il inaugurerait, le MoDem a sacrifier le rôle utile qu'il aurait pu jouer pour modérer la droite en l'influençant de l'intérieur.
Alors, voilà, tout le problème du MoDem, c'est qu'il ne peut pas reprendre une seule de ces idées sans contredire ce qui a justifié sa création. J'en reviens toujours à la même conclusion, à la juste prédiction de Jean-Louis Bourlanges. Le MoDem est une aventure séduisante, mais qui repose sur un formidable malentendu. Même avec un leader de la qualité de Bayrou, la conviction et l'activisme de 50 000 militants ne changeront rien aux lignes de force de la Ve République.
Bayrou n'est qu'un porte-messages qu'ont utilisé les Français à la présidentielle. Comme ils ont utilisé Le Pen en 2002. Comme il l'ont fait aux européennes de 1994 avec Tapie, Pasqua en 1999, Cohn-Bendit en 2009. Le drame de Bayrou, c'est qu'il est plus présentable, plus crédible que tout ceux-là. Il faudra bien du temps aux militants du MoDem pour comprendre que sans la dynamique propre à l'un des deux grands camps politiques, le coup de 2007 et la crédibilité de l'homme, n'ont qu'une chance infime de porter les idées centristes au pouvoir. Car il existe effectivement, une chance, même si elle est infime. Et pour entretenir la flamme de cette petite lueur, combien de sacrifices...
00:03 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, centrisme
10.06.2009
Guy Verhofstadt, candidat de compromis
Le compromis est loin d'être trouvé, mais l'idée de désigner Guy Verhofstadt à la tête de la Commission européenne commence à faire son chemin. Revue des bonnes raisons qui pourraient amener un libéral à la tête du "gouvernement" européen :
1. Barroso n'a pas fait ses preuves. Par son manque de dynamisme, son aplat-ventrisme face au Conseil, Barroso manque de véritables soutiens parmi les membres du Parlement européen. Même au sein du PPE (centre-droit), bien des députés lui reprochent de faire systématiquement le jeu des Etats et de ne pas s'appuyer suffisamment sur le Parlement pour soutenir une politique européenne ambitieuse. Barroso n'incarne pas l'intérêt de l'Union européenne, mais bien celui des Etats. Il contribue donc à déséquilibrer le "triangle institutionnel" qui fonde le fonctionnement des institutions européennes : un Parlement incarnant l'intérêt des peuples, un Conseil celui des Etats, et une Commission l'intérêt général de l'Union.
2. Barroso incarne, à tort, une Europe libérale. Même s'il n'est pas franchement plus libéral que ses prédecesseurs, Barroso s'est laissé enfermer par les socialistes dans le difficile rôle du bouc émissaire. A l'heure de la crise, il colle assez peu avec le revirement dirigiste/économie sociale de marché qu'ont pris les gouvernements.
3. Barroso fait un peu trop savoir qu'il est candidat. A force de répéter presque tous les jours qu'il est candidat et qu'il est soutenu par une majorité de gouvernements, Barroso donne le sentiment depuis plusieurs semaines que son maintien en fonction est joué d'avance. En fait, cela traduit surtout qu'il en est tellement peu assuré qu'il cherche à forcer les chefs d'Etat et de gouvernement à s'engager publiquement en sa faveur. Mais qui s'est senti forcé de soutenir, se sent libre de tout engagement. Quelles que soient les déclarations répétées de plusieurs dirigeants européens, Barroso reste sur la scellette et peut très bien être éjecté de la course à la candidature.
4. Les gouvernements commencent à instiller le doute. Depuis le scrutin, les déclarations des chefs de gouvernements vont toutes dans le même sens : Barroso est le seul candidat, il n'existe pas d'alternative. En termes diplomatiques, c'est ce que l'on appelle un soutien mou. Nul ne dit avec force qu'il est le meilleur candidat, ni même qu'il est le plus crédible. Tous ou presque se bornent à constater qu'il n'en existe pas d'autres... pour le moment ? Ajouter à cet enthousiasme relatif une déclaration de Merkel reconnaissant que la désignation de Barroso sera "difficile", et vous comprenez que d'autres options sont à l'étude.
5. Verhofstadt en recours. Pas ouvertement candidat, libéral (ce qui assure le soutien de l'ELDR au Parlement), modéré, éloigné de la vie politique nationale belge, citoyen d'un Etat-membre de taille moyenne, Verhofstadt a encore deux atouts. D'abord, il est également ouvertement soutenu par les Verts, une partie du PDE et de l'ELDR voire le PSE. Ensuite, il a déjà obtenu un quasi consensus parmi les Etats en 2004, si ce n'est le veto que Tony Blair a opposé à sa nomination. Aujourd'hui, il est le meilleur compromis possible.
6. Verhostadt rend possible un double compromis. A la tête de la commission, il rend possible la conclusion d'une coalition au Parlement européen entre le PPE, l'ELDR et le PSE ou les Verts. Elle se traduirait vraisemblablement par une présidence du Parlement avec une alternance à mi-mandat. Un début de mandat pourrait être confié au PSE ou aux Verts, la fin de mandat au PPE, ce qui lui laissera le temps de s'accorder sur un nom.
20:45 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pde, pse, ppe, eldr, alde, verhofstadt, barroso
PPE et ELDR s'accordent sur leur intention de fonder une majorité commune au Parlement européen
En toute logique, le PPE cherche à constituer une nouvelle majorité au Parlement européen, dans la mesure où il lui manque 100 sièges pour l'atteindre seul. Le rapprochement entre libéraux de l'ELDR et démocrates-chrétiens du PPE semble en bonne voie, même s'il s'accompagne pour l'instant de scénarios plus ou moins innatendus. Reste à savoir comment compléter cette axe "idéologique" (dixit Graham Watson, leader ELDR du groupe ALDE) auquel il manque au moins 30 sièges pour atteindre la majorité.
Joseph Daul, président sortant du groupe PPE-DE a annoncé son intention d'inclure l'ALDE dans la future majorité. Il propose en fait une grande coalition PPE-ALDE-PSE qui s'accorderait sur la reconduction de Barroso à la commission et pourrait laisser la présidence du Parlement à un libéral de l'ELDR. Ce qui résoudrait la difficulté qu'a le PPE à s'accorder sur un candidat (actuellement il en a deux, un Italien et un Polonais).
Graham Watson, président sortant ELDR de l'ADLE, souhaite quant à lui limiter la coalition à une alliance "idéologique" de centre-droit, autrement dit PPE-ALDE. Paradoxalement, il laisse ouverte la possibilité d'un accord technique qui se traduirait par une présidence partagée, alternant un PSE et un ALDE. Tout en réaffirmant être pour sa part candidat à la présidence du PE pour ... cinq ans, soit la totalité du mandat. Enfin, il reste opposé à la reconduction de Barroso... ce qui signifierait que le PPE devrait non seulement renoncer à la présidence du PE, mais se voir imposer le candidat qu'il lui est permis de présenter pour la commission. Cela risque de faire un peu beaucoup...
Côté PSE, la position reste pour l'instant de présenter un candidat à la présidence du Parlement. Même si une hypothèse d'un partage du mandat en 3 est déjà évoquée, au profit du PSE Martin Schultz et des deux candidats PPE.
Pour finir sur ce qui prend la tournure d'un grand marchandage de tapis à géométrie variable, il faut noter une autre option de Graham Watson, qui propose une coalition PPE-ALDE alliée aux Verts ou à la droite eurosceptique (UEN). Rejetée d'emblée par les Verts, l'autre hypothèse qui verrait une alliance conservateurs-démocrates chrétiens-libéraux-droite nationaliste aurait l'avantage de confirmer les arguments de campagne du PSE. L'ALDE n'a rien d'un groupe de centre-gauche, il est bien un groupe libéral, qui penche sensiblement à droite de l'échiquier politique européen.
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09.06.2009
Les 17 députés européens centristes français
A l'issue du scrutin de dimanche, la délégation française au Parlement européen comptera 17 députés "centristes".
Le MoDem conserve le plus fort "bataillon" avec 6 élus, suivi du Parti radical qui compte désormais 4 élus et du Nouveau Centre avec 3. Le Sud-Ouest a également élu 3 députés centristes UMP. Sur l'ensemble, on dénombre 8 sortants (Bennahmias, Cavada, Griesbeck, Lamassour, Mathieu, Saïfi, Sarnez et Veyrac) et 10 femmes.

















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ALDE : quel rapport de force entre démocrates et libéraux ?
Le groupe ALDE sort a priori renforcé du scrutin. Avec une grosse inconnue : quelle sera la répartition du Partito democratico qui se répartissait lors de la législature précédente entre PSE et ALDE ?

Avec le recul des Lituaniens et la contre-performance du MoDem, le Parti démocrate européen n'a donc que 9 députés assurés. Les libéraux de l'ELDR sont donc très largement majoritaires.
La constitution d'un groupe purement centriste n'est donc pas possible, le PDE n'étant présent que dans 4 Etats contre les 7 requis, et de surcroît a priori en dessous du seuil des 25 députés minimums.
Malgré le départ des tories, le PPE, à 267 membres ne perdrait qu'un siège grâce aux bons résultats des partis de centre-droit et de droite qui le composent et qui sont arrivés en tête dans la majorité des Etats-membres.
Il doit cependant conclure un accord technique avec d'autres groupes pour s'assurer une majorité. Deux scénarii sont possibles.
Le premier, le plus probable, serait le renouvellement d'un accord avec le PSE, qui bien qu'en net recul, dispose de 159 sièges (hors PD italien). Cela constituraient une majorité à 416 sièges.
Autre solution, une alliance technique très disparate associant le PPE, l'ELDR et la droite eurosceptique. Mais ce curieux attelage serait encore à une 30 de sièges de la majorité. Il aurait donc vraisemblablement besoin de l'appoint du PD italien et du PDE pour atteindre la majorité. Cette solution est donc très peu probable.
Quant à la conclusion d'un front PSE-ALDE-Verts contre l'investiture de Barroso, elle paraît peu probable. Le groupe ALDE a peu de chance de demeurer monolithique si l'aventure prend forme. Alors que le PPE peut compter sur ses 267 députés, le socle de cette coalition anti-Barroso serait de 214 députés. Même avec un bon renfort des libéraux, cette coalition devrait encore s'assurer de la fidélité de tous les PSE (loin d'être assurée) et contrer le renfort des tories qui se rangeront vraisemblablement au côté du PPE pour l'occasion.
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1979-2007 : avec le MoDem, les centristes indépendants font leur plus mauvais score

00:05 Publié dans Elections | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, udf, veil, bayrou





