12.06.2009

Quelques idées pour mes amis MoDemistes

Allez, je vais me mêler un peu du débat interne au MoDem suite aux européennes. Volontairement, je ne le suis pas vraiment. A vrai dire, le parti est tombé si bas, que je ne pense pas qu'il soit en mesure de se refonder dans l'immédiat. Il faudra sûrement un mauvais score aux régionales et le compte-à-rebours des présidentielles, pour que "Bayrou=le Modem" soit en mesure de changer véritablement. D'ailleurs, vous verrez que les quelques idées que je vous lance, ne sont pas nouvelles, pas très originales, et qu'elles n'ont aucune chance de trouver un écho favorable.

1. La méthode : faire une pause dans le militantisme, prendre de la distance, retrouver une certaine objectivité. Pas facile, mais ce qui handicape le plus le MoDem selon moi, c'est son côté bien trop militant. Le centrisme a un énorme défaut. Tout en étant ouvert sur les autres auxquels il est prêt à s'allier, il a une propension désastreuse à ne supporter que l' "entre-soi". Autrement dit, le centriste est certainement ce qui existe de plus sectaire en politique. Il se croit supérieur moralement (et souvent intellectuellement). Du coup, s'il daigne apporter son génie à la gauche ou à la droite, pas question qu'il se mélange véritablement à l'aurte. Tant que le centre n'essaie pas de se transformer en appareil militant de masse, il joue un rôle utile en pesant sur l'un ou l'autre camp. Dès que le centre veut réunir 2 Français sur 3, il devient insupportable de prétention. Car il ne sait pas gérer le débat interne sans vouloir définir une ligne pure, cohérente, intelligente et allergique à toute notion de mensonge ou de démagogie. Résultat pour le MoDem ? Un débat interne bordélique, qui ne débouche sur rien, qui ne s'organise pas en courants car il faut rester unitaire derrière François, et une ligne politique qui se résume à peu de choses car il lui est impossible d'y inclure des contradictions flagrantes, comme le font à qui mieux mieux PS et UMP afin de rassembler l'ensemble de leurs tendances internes. Le centrisme c'est le compromis avec les autres sans compromission avec soi-même. C'est combattre pour faire avancer ses idées, pas militer pour le succès d'un homme ou d'un parti.

2. La stratégie : renouer avec la droite. C'est une évidence stratégique qui est démontrée à chaque élection depuis 2002. Comme mon Batracien préféré le note dans un récent billet, seul le centre-droit est fidèle au MoDem. C'est tout con, mais le boulevard pour un centre indépendant reste à droite. Si Bayrou était resté une alternative de Sarko à droite, son mouvement aurait fait fructifier les acquis durement gagnés depuis la création de l'UMP en 2002. Au lieu de ça, il est parti draguer un centre-gauche qui ne lui sera jamais fidèle, il compte sur l'éclatement d'un PS qui a survécu à la débâcle de 1993 et à l'humiliation de 2002. Il faut vraiment avoir vu la Vierge pour penser que le PS puisse éclater ;). Et même si cela arrivait, comment penser qu'il irait chercher un centriste de droite fraîchement converti comme sauveur. Juste pour mémoire, Mitterrand a mis 20 ans se faire accepter comme homme de gauche, et presque 20 ans de plus pour en prendre le contrôle définitivement. N'oubliez jamais qu'en 1979, il devait encore se justifier par rapport à la nouvelle garde de la deuxième gauche incarnée par Rocard !

3. La ligne : plutôt que de réinventer le centre, repartir des fondamentaux. Dévolution des pouvoirs au niveau local, Europe fédérale, valeurs chrétiennes laïcisées, libéralisme, pluralisme, exigence démocratique, politique sociale pour l'équité... Les valeurs fondatrices du centrisme n'ont rien perdu de leur actualité. Des valeurs facilement synthétisables pour l'électeur moyen : Europe / régions / ouverture politique / libéral-social. Il faut juste les dépoussierer et les inclure dans une stratégie de développement durable. Avec cette grille de convictions, il est possible de forger des propositions programmatiques concrètes, lisibles pour l'électeur. A contrario, critiquer la sphère politico-médiatico-sondagière, Le Pen l'a démontré, ça n'a jamais permis de construire un programme crédible. A contrario, s'opposer systématiquement à la droite en la diabolisant, le PS l'a démontré, ça n'a jamais suffit pour gagner une élection.

4. L'ambition : préférer les petits pas concrets au grand soir qui n'arrivera jamais. Encore une fierté et une vertue centristes que Bayrou a oublié. N'est pas Jean Monnet qui veut, mais le centre n'a pas vocation à faire la révolution. C'est une force morale, pluraliste, de conviction, de tenacité, d'humilité pour influencer et faire avancer ses idées. Un Sarko qui aurait du composer avec un Bayrou dans sa majorité ne serait certainement pas le même. Et personne ne joue plus ce rôle aujourd'hui. Ni le trop faible et docile Nouveau Centre, ni les très marginalisés gaullo-chiraco-villepinistes. A vouloir n'être qu'un opposant qui fait miroiter un grand soir dont aucun électeur ne sait vraiment quelle nouvelle ère il inaugurerait, le MoDem a sacrifier le rôle utile qu'il aurait pu jouer pour modérer la droite en l'influençant de l'intérieur.

Alors, voilà, tout le problème du MoDem, c'est qu'il ne peut pas reprendre une seule de ces idées sans contredire ce qui a justifié sa création. J'en reviens toujours à la même conclusion, à la juste prédiction de Jean-Louis Bourlanges. Le MoDem est une aventure séduisante, mais qui repose sur un formidable malentendu. Même avec un leader de la qualité de Bayrou, la conviction et l'activisme de 50 000 militants ne changeront rien aux lignes de force de la Ve République.

Bayrou n'est qu'un porte-messages qu'ont utilisé les Français à la présidentielle. Comme ils ont utilisé Le Pen en 2002. Comme il l'ont fait aux européennes de 1994 avec Tapie, Pasqua en 1999, Cohn-Bendit en 2009. Le drame de Bayrou, c'est qu'il est plus présentable, plus crédible que tout ceux-là. Il faudra bien du temps aux militants du MoDem pour comprendre que sans la dynamique propre à l'un des deux grands camps politiques, le coup de 2007 et la crédibilité de l'homme, n'ont qu'une chance infime de porter les idées centristes au pouvoir. Car il existe effectivement, une chance, même si elle est infime. Et pour entretenir la flamme de cette petite lueur, combien de sacrifices...

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Commentaires

Excellent, et je dois avouer une chose : je continue à penser, en effet, que les électeurs du MoDem (même au PRG ou au NC) sont supérieurs intellectuellement aux autres... Mais EN MOYENNE, pour ne pas froisser certains. Cela vient des CSP.
Après pour les militants, ça se voit moins mais ça reste un peu le cas.
C'est pas politiquement correct ce que je dis, mais je le pense...
Je vais me faire griller si qn lit ça mais bon... Prenons 100 électeurs de chaque parti et faisons un petit test de culture : je veux bien que les plus intelligents soit ailleurs (d'ailleurs le crime du NPA est de ne plus être intellectuel comme le fut la LCR et il y a toujours eu de grands esprits dans les extrêmes droites en France) mais en moyenne, je parie sur les centristes.
Ai-je tort ?

Ecrit par : LCDM | 12.06.2009

A LCDM

Chez les militants, c'est sûr que les centristes recrutent principalement dans les CSP+. Mais les autres grands partis aussi. A l'UMP et au PS, il y a aussi bcp de personnes plus cultivées et "instruites" que la moyenne. Mais comme ce sont des rassemblements, elles sont plus "noyées" dans la masse des militants.

Après compter plus d' "intellectuels" qu'ailleurs ne signifie pas forcément plus d'intelligents. On peut ne pas être cultivé et être très intelligent, et vice-versa.

Et puis, cette concentration de CSP+ est aussi un très net handicap pour les formations centristes. Dans les autres partis, on s'enrichit aussi du mélange, notamment d'un point de vue électoral. Ce qui a longtemps fait la grande force des partis gaullistes, c'est qu'ils se composait d'un savant mélange entre notables et prolos. Pouvoir tester ses arguments au sein d'un parti auprès des familles Groseille est un atout considérable pour les futurs élus des familles Lequesnois.

Mais cela oblige aussi à travestir ses convictions, à les reformater, à les simplifier, pour les mettre en cohérence avec un électorat qui ne détient pas les clés pour comprendre de belles idées si elles sont trop abstraites ou trop complexes. D'où aussi l'attrait du centre pour les beaux esprits, qui y trouve une façon de mener un combat politique sans compromis intellectuel.

D'ailleurs, le centrisme n'a jamais été aussi fort que lorsqu'il a eu à sa tête VGE. Une magnifique mécanique intellectuelle, doublé d'un pédagogue hors pair. Pour durer, il aurait juste fallu qu'il ait derrière lui la mécanique d'un véritable parti, et non une confédération de chapelles centristes et libérales, et qu'il arrive à contenir son orgueil qui l'a coupé du peuple.

Ecrit par : Bob | 13.06.2009

A Bob : oui, on ne sera pas au pouvoir car les classes populaires ne votent pas "modérément"

Ecrit par : LCDM | 14.06.2009

A LCDM

Si, il nous reste un chance, les classes populaires ne votent pas tant que cela ;)

Ecrit par : Bob | 15.06.2009

Plein de choses intéressantes dans ce billet. Ce que je déplore le plus, c'est la cassure irréversible avec les députés Nouveau Centre. Si nous étions restés proches, nous aurions pu construire autre chose.

Ecrit par : L'hérétique | 15.06.2009

A l'Hérétique

Nous partageons les mêmes regrets. Mais nous savons tous les deux que ce chemin était très difficile à tenir, tant les intérêts de l'un et des autres étaient divergents.
Les centristes sont entrés en 2006 dans une aventure qui flirte avec le suicide collectif. En tout cas, ils ont fait collectivement un pari sur l'avenir formidablement dangereux. Miser sur l'élection présidentielle pour redonner au centre une influence dans la vie politique française est particulièrement audacieux.
J'espère que Morin a tort en parlant d'une chevènementisation de Bayrou. Mais à long terme, le risque reste quand même grand qu'il ne reste pas grand chose du pari gagné en 2002, qui avait préservé un centre à côté d'une UMP qui l'avait vampirisé...

Ecrit par : Bob | 15.06.2009

J'arrive sur ce blog pour la première fois et je trouve le discours de grande qualité.

Sur ce qui est dit de François BAYROU, on peut discuter, mais il a montré que l'humain a ses limites et qu'à trop vouloir être, on risque de disparaitre.

Le MoDem, c'est autre chose et je crains que vous ne commettiez un énorme contre sens. C'est la première fois depuis 1981, presque une génération, que l'on voit des gens s'intéresser à un discours différent, à une vision intelligente et à un projet ambitieux.

Personnellement, j'ai commencé à faire de la politique sur les bancs de la fac en 68, donc je ne suis pas un "perdreau de l'année", puis j'avais pris de la distance parce qu'il faut travailler, penser à fonder une famille... En 1981, le 10 mai ça ne s'invente pas, la France élit François MITTERRAND. Quand on a un père parti en 1943 pour l'Angleterre, donc qu'on a été nourri au terreau gaulliste et une mère réfugiée politique qui avait fui les chars de l'Armée Rouge, il reste une solution: on prend sa carte du RPR deux jours plus tard et on se dit naïvement qu'on est dans le camp des "bons" face aux "méchants".
La politique étant ce qu'elle est, on avale des couleuvres, on garde sa carte sans conviction, on vote par habitude et le RPR devient l'UMP. Là, ça devenait trop surtout quand de braves centristes changent en masse de camp pour assurer les fins de mois. Entretemps, on divorce, on galère, on oublie la politique et on s'en porte aussi bien. BAYROU, je ne le connaissais pas, je savais juste qu'il avait été ministre de l'éducation jetant quelques centaines de milliers de gens dans la rue au sujet de la loi Falloux.

Et puis, en 2006, je rencontre ma compagne actuelle qui me dit: je suis élue UDF, ne me croyez pas si vous le voulez, mais j'ai éclaté de rire. Je lui ai demandé: "quelle différence y a-t-il entre un élu UDF et un paillasson, il me semble que si j'avais à choisir, j'irais dans le parti dominant qui a une histoire".
Et alors, elle m'a parlé d'un centre que j'avais oublié depuis la fac de droit , le MRP et le CDS. Avant elle, son père avait fait deux mandats soit douze ans auxquels s'ajoutent ses trois mandats à elle, soit trente ans. J'ai lu Marc SANGNIER, le SILLON et j'ai découvert qu'il y a une vraie et belle tradition centriste en France, que déjà Victor HUGO voulait faire travailler ensemble des gens différents, que le général de GAULLE était issu de cette famille. A la Libération, il a travaillé avec des communistes, le hobereau catholique.

Désolé pour ce long développement, mais le génie, j'insiste sur le mot, de François BAYROU en 2007, c'est d'avoir réveillé par des accents gaulliens ce qu'avait fait son illustre prédécesseur 50 ans plus tôt et il a fédéré des gens qui, pour beaucoup, n'avaient jamais fait de politique, c'est là qu'est le drame!

Parce que le système institutionnel est manichéen - pour assurer la stabilité des institutions nous dit-on sauf qu'à Bruxelles on fait différemment et que ça marche - et 7 millions de Français ont du choisir entre le coeur et la raison auxquels s'ajoutent le début d'un dérapage personnel.

Ces gens-là, ils font partie des 60% du 7 juin qui n'ont pas voté, le MoDem intuitu personnae pèse entre 8 et 12% si son patron ne le plombe pas, c'est pas mal pour deux ans d'existence.

Mais le message demeure, la route est ouverte, l'attente est la même et ce que les citoyens attendent et appellent de tous leurs voeux, c'est le MESSAGER. Soit François BAYROU se fait une traversée du désert et laisse les manettes à des "managers", le temps pour lui de se reposer, de GAULLE a rongé son frein pendant 12 ans, en 2012 ou en 2017 François n'aura que 61 ou 66 ans, soit il faut trouver, les USA nous ont donné la recette, un homme ou une femme (personnellement, j'aimerais bien) neufs qui sauront redonner confiance et porteront ce message.

A l'inverse de vous, je pense que la solution n'est ni à droite ni à gauche, elle est ailleurs en faisant de la politique autrement, ce qui suppose que le candidat s'engage à modifier radicalement les textes, les pratiques et le personnel politiques.

Ecrit par : cocobe | 17.06.2009

A Cocobe

Merci pour ce post. Je constate avec un grand plaisir que je ne suis pas le seul à placer mes convictions dans l'héritage centriste. Un peu comme vous, je suis un converti. Ma famille n'est pas de cette lignée (moi c'est gaullo - radsoc), et si le centre a un avenir, c'est aussi parce qu'il a un passé, que de Sangnier à Monnet il porte avec constance une ligne politique originale.

Sur le centre aujourd'hui, vos arguments sont assez convaincants. Bayrou a effectivement fait émerger une force politique centrale en 2007. Toute la question est de savoir comment faire fructifier la brèche qu'il a ouverte dans le système.

Je pense que Bayrou a griller une étape. Plutôt que de continuer à creuser le Sillon d'un centre-droit indépendant comme il l'a fait depuis 2002, il s'est lancé dans l'aventure très risquée d'un centre-central capable en 5 petites années de rivaliser avec l'UMP et le PS.

A l'heure actuelle, nous n'avons pas un centre central, mais un centre-droit qui se mue en centre-gauche. Et nous ne connaissons pas l'émergence d'une troisième voie, mais juste celle d'un nouveau mouvement politique, dans la catégorie "petit parti".

Je ne dis pas qu'à terme, le centre ne peut pas (re)devenir une grande force politique indépendante. Mais cela implique une forte évolution des mentalités, une remise en cause de nos institutions suffisamment profonde pour qu'elle intéresse les citoyens. Et certainement l'émergence d'un homme neuf, ou le rassemblement de personnalités venant de tous bords, capable d'incarner un renouveau.

Et là encore, nous sommes loin du compte. Les Français se foutent des questions institutionnelles. Ils ne remettent pas en cause le système bipolaire droite/gauche (et le prouve à chaque élection en allant chercher dans le camp d'en face, et non au centre, une alternative au pouvoir en place). Et Bayrou et le MoDem, à l'exception de quelques personnalités politiques plutôt secondaires comme JL Bennahmias, reste el parti d'un seul homme, issu d'un seul camp.

C'est dans ce cadre là que je pense que le centre n'a d'autre avenir qu'à droite, car c'est là qu'il a selon moi le plus grand potentiel pour faire fructifier ses idées, faire entendre une petite musique différent, être politiquement utile dans le présent, sans compromettre l'avenir. C'est ce que dicte la séquence politique actuelle.

Ecrit par : Bob | 17.06.2009

@ Bob,

Merci pour votre réponse. L’écoute et le respect ne sont pas toujours la marque de fabrique du politique et ce qui s’est passé sur le plateau de France 2 est, comme le dit Jean-François KAHN, à « conserver dans le formol ».

En vous lisant, je sens que nous ne sommes pas loin, parce que Jacques CHIRAC, fondateur du RPR, était par ses origines corréziennes, un peu rad soc et fut ministre du Général.

Nous sommes d’accord pour dire que le centre n’est pas une utopie, tout dépend l’usage qu’on en fait. Valéry GISCARD d’ESTAING voulait « gouverner la France au centre » et pour cela, il a créé après son élection, l’UDF que veut faire revivre dans quelques jours Jean ARTHUIS.

En fait, vous avez raison, François BAYROU est allé trop vite, parce que les Français qui ont « le cœur à gauche et le portefeuille à droite » ont besoin d’être rassurés sur la capacité de leurs gouvernants.

Avant d’accéder à la magistrature suprême, de GAULLE, POMPIDOU, GISCARD, CHIRAC, SARKOZY ont tous passé, de GAULLE le moins longtemps, de nombreuse années dans les couloirs des ministères où « ils ont fait leurs classes».
Je le dis, je suis minoritaire, mais François BAYROU Premier ministre de Nicolas SARKOZY, c’était loin d’être idiot et inacceptable pour les Français (CHIRAC a été premier ministre de GISCARD et MITTERRAND), mais ça ne l’était pas pour lui. En 2007, fort de ses 18, 57% il avait les cartes en mains et pouvait négocier son équipe, son programme, son avenir, mais c’était le combat des chefs et celui-là il l’a perdu.
Le MoDem pouvait présenter des députés en juin 2007, il en aurait obtenu beaucoup et Nicolas SARKOZY ne pouvait les lui refuser sous peine de se griller. Ensuite, tout devenait possible et contrairement à ce qui a été dit, l’émergence d’un « gouvernement au centre » était possible.

François à dit non à ce que de GAULLE a su accepter en son temps, rétrospectivement, quelle arrogance ! Nous l’avons suivi et aujourd’hui, nous sommes avec une formule 1 au parking, mais personne pour la piloter. Je demeure convaincu que « gouverner au centre »est la vraie réponse, lorsque l’on a défini le cap on met la barre au centre et on fait bosser tout l’équipage, sur des sujets sensibles, on consulte tout le monde et on dégage des majorités de projet, c’est ce qui se passe à Bruxelles.

Je crains dans les jours qui viennent un éclatement du MoDem, jusque dans la petite section du 92 dont je suis un des responsables, parce que la chasse au BAYROU est lancée et que nul ne sait ce qui va en sortir, le seul perdant c’est la démocratie et un pas de plus vers l’abstention.

Quand vous dites que nous avions un centre droit qui devient un centre gauche, je suis assez d'accord parce que ça me conforte dans l'idée que les Français aiment les contre pouvoirs et qu'ils sentent bien que la droite ne résoudra rien.

Je persiste à penser que les Français veulent leur OBAMA et qu'il soit de gauche ou de droite n'est pas leur souci, François l'avait très bien dit à Cap Estérel: "les Français sont des citoyens pas des sujets", peu de peuples sont capables de couper la tête de leur roi, ils l'ont fait en 1789, en 1945 et en 1969.

Ecrit par : cocobe | 17.06.2009

A Cocobe

Peu de choses à ajouter, je partage votre analyse. Notre seule différence, c'est que je n'ai pas suivi Bayrou après 2007. A la fois, je lui en veux énormément de ne pas avoir eu le courage d'assumer une alliance avec Sarkozy. A la fois, je comprends qu'avec le score du 1er tour, il avait atteint un stade qui ne pouvait que l'encourager à jouer une carte plus personnelle. On ne peut pas lui reprocher de croire en son destin.

Je ne sais pas si le MoDem va éclater. De toute façon, cela ne changerait pas grand chose, vu que le MoDem se résume malheureusement à Bayrou. Qu'il ait derrière lui 50 000, 30 000 ou 15 000 militants ne représente pas un véritable handicap. Quant aux départs de personnalités, le gros des troupes et déjà parti depuis 2007, et à part Corinne Lepage, je ne vois pas trop qui pourrait le quitter désormais. Si cela arrivait, on en parlerait pendant un ou deux mois, et puis les Français oublieraient... "Qui connaît Mme Lepage ?"...

Ecrit par : Bob | 17.06.2009

Vous avez probablement raison. Si vous avez fait le choix du Nouveau Centre, je n'ai aucun commentaire à faire, ce ne sont que des anciens UDF. Je serais plus critique sur certains qui, lors qu'ils étaient "patrons" de leur fédé départementale, n'ont pas montré qu'ils étaient guidés par un esprit démocrate.

Personnellement, j'aspire à plus d'oxygène dans les partis, à des primaires comme ça se fait à l'UMP et au PS et aussi fou que ça paraisse ni au MoDem ni au Nouveau Centre, et j'ai envie de bousculer un peu cette exception française qu'est le cumul des mandats, je crains sur ces deux sujets de faire partie de la minorité.

Pour nous tous, il y a une vie en dehors de la politique et beaucoup à faire pour ceux qui le veulent.

Merci pour ces échanges, je continuerai à visiter régulièrement votre blog.

Ecrit par : cocobe | 18.06.2009

A Cocobe

Juste une précision, je ne suis pas au Nouveau Centre et ne l'est jamais été. J'ai fait la promotion de sa création à l'origine de ce blog, mais j'ai depuis longtemps maintenant pris une distance définitive avec ce parti.

Ecrit par : Bob | 18.06.2009

Bonjour Bob,

Vous avez du lire ou entendre parler dune initiative au MoDem baptisé les Promoteurs. C'est une démarche inédite parce qu'elle émane de la base qui a pris pour argent comptant l'idée qu'on peut "faire de la politique autrement" et qu'un parti démocrate se doit d'être démocratique dans son fonctionnement.

On sent bien que de vieilles "raideurs "reviennent ou font donner de la voix pour essayer de canaliser et étouffer dans l'oeuf cette mini révolution des oeillets. il sera intéressant de voir comment va réagir l'état-major du siège qui, pour le moment, observe et se fait discret. Seule Corinne LEPAGE fait des avancées en soutenant l'idée de cette concertation ouverte par des militants actifs, mais en restant critique sur le schéma de travail.
Elle tente une forme de passage en force en proposant des listes communes avec Europe Ecologie, démarche intéressante, mais il n'est pas certain que les militants et cadres du MoDem soient d'accord pour se laisser repeindre en vert.
Ce qui sera le plus instructif, c'est la réaction des hiérarques avant la tenue d'un conseil national le 4 juillet, à moins que la mise à mort des "factieux" n'intervienne ce jour là dans l'arène.
Quoiqu'il arrive, on se sera bien amusé et on aura montré que "quand on veut, on peut".Joke!

Ecrit par : cocobe | 21.06.2009

Oui j'ai vu l'initiative de Ginisty. Je la trouve un peu formelle et grandiloquente... Je connais assez peu le fonctionnement des instances interne du MoDem. Mais je ne suis pas sûr que les changements organisationnels changeront grand chose. Sur le papier, l'UMP est un grand parti démocratique. Après tout dépend surtout de la pratique des dirigeants. Ce n'est pas le MoDem qui doit changer, c'est Bayrou...

Quant à Corinne Lepage, elle essaie de jouer sa carte pour gagner de la visibilité médiatique. Ce n'est pas la première fois, et malgré toutes ses qualités, je ne la crois pas en mesure d'équilibrer Bayrou à la tête du parti. Peut-être réussira-t-elle à mettre un peu de côté Sarnez, qui est la seule à véritablement exister médiatiquement depuis la création du MoDem. Mais si elle existe, c'est justement parce que Sarnez n'est rien d'autre qu'un Bayrou-bis. Elle n'incarne pas du tout le pluralisme qui devrait être le fondement du MoDem.

Comme je le disais en introduction à mon post, je ne crois pas que le MoDem saura opérer une véritable mue en profondeur suite à son échec aux européennes. Le parti est trop jeune et la claque n'est pas encore assez cinglante. Et surtout, toute mue en profondeur, reviendrait à contester la ligne de Bayrou. C'est possible pendant quelques temps, mais à terme, cela impliquerait de trouver une alternative en interne pour équilibrer la direction du parti. Le problème, c'est qu'au MoDem, personne ne peut rivaliser avec Bayrou. Ou même faire croire qu'il est en capacité de rivaliser.

Et puis, pour finir, je ne crois pas non plus que le Mouvement puisse se refonder en puisant dans ses forces militantes. L'élection des responsables départementaux en a été le plus bel exemple. Cet exercice démocratique s'est traduit par quantités de guerres picrocholines, dignes des pires heures de la démocratie interne bordélique et contreproductive des Verts.

Ecrit par : Bob | 21.06.2009

Bob,

Vous savez quoi? Vous me sapez définitivement le moral, parce que tout ce que vous écrivez, je le ressens tellement que j'aurais pu l'écrire.

En même temps, nous avons assisté hier à un discours parfait, pas un mot à changer, et derrière, il n'y aura rien comme d'hab!

Quand j'ai entendu parler de bon et mauvais déficit, j'ai cru qu'il parlait de mon cholestérol, sauf que je n'ai pas entendu qu'il allait se mettre au régime comme le conseille tout bon nutritionniste, cet Etat vorace.

Quand j'ai entendu parler de la taxe pro, par quoi la remplace-t-on, par une taxe carbone à une époque de crise où les bagnoles ne se vendent pas et où les gens ne font que les kilomètres nécessaires. On nous a annoncé qu'il y avait 7,5% de moins de victimes de la route, pour cause !

Quand j'ai entendu parler d'un emprunt pour favoriser l'investissement, j'ai senti l'enfumage, parce que de 75%, on va arriver à 80% du PIB, on a fait 150 milliards€ de déficit cette année et autant à prévoir l'an prochain. Soit on se finance à 50 ans sur les marchés et nos petits enfants paieront avant de naitre, soit on se finance sur les livrets Ecureuil et on leur sert du 4% garantis au lieu de 2 actuellement et on aggrave la charge de la dette.

Il va quand même falloir dire un jour que nous sommes en cessation de paiement avant que n'intervienne la faillite et qu'il serait temps de réduire de manière drastique les dépenses de l'Etat, à commencer par ses serviteurs qi ne vont pas aimer, qu'il va falloir dire que tout le monde ne peut pas être cadre sup ou docteur en psycho quand il n'y aura pas de boulot, que de déménager pour bosser n'est pas une tragédie, que notre système social est devenu le tonneau des Danaïdes, bref trouver un responsable politique courageux et pas carriériste parce qu'il ne sera pas réélu.

Merci Bob, grâce à vous, je me sens mieux, d'autant que je ne pourrai bientôt plus porter de cagoule sans me faire traiter de casseur, c'est pas pour dire, mais finalement 68 c'était chouette, la preuve DCB est une star!

Y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond, je me sens décentré.

Salut Bob, à bientôt.

Ecrit par : cocobe | 23.06.2009

A Cocobe

Moi aussi j'ai plutôt été déçu par le discours du président de la République. Je dis plutôt car je n'ai pas encore eu le temps - ni le goût à vrai dire - de le regarder en intégralité. Ce que j'en ai vu ressemblait plus à un mauvais catalogue de mesures et d'intentions, pour la plupart déjà exprimées et pour les quelques nouveautés, pas franchement à la hauteur d'une relance politique à mi-mandat.

Maintenant, quelle alternative au fond de ce discours ?... J'avoue rester un peu sec.

Bien sûr comme vous, je reste convaincu que l'Etat doit s'attaquer à ses déficits et à la dette publique. Mais il faut reconnaître que si Sarko n'a pas été très vigoureux dans le domaine avant la crise, l'ampleur de cette dernière aurait de toute façon balayé les efforts les plus considérables qui auraient pu être engagés durant la petite année et demi qui a suivie l'élection présidentielle. Au moins, Sarkozy conserve quelques caps non négligeables en la matière. La réforme territoriale à venir, la réforme générale des politiques publiques qui se met progressivement en place dans les services de l'Etat, le non renouvellement d'une part notable des agents de la fonction publique, l'évolution statutaire de la Poste, la réforme du système de santé, de la carte judiciaire, des armées... Et puis, il ne ferme pas comme la démagogie pourrait l'y pousser le débat sur la réforme des retraites, ni l'objectif de long terme d'assainir les finances publiques.

D'ailleurs, sur la taxe professionnelle, on peut trouver une certaine sagesse à conditionner sa suppression à la création d'une nouvelle ressource fiscale. A ma connaissance, il n'est d'ailleurs pas question que la taxe carbone porte essentiellement sur le secteur des transports, mais bien, à l'instar de la TP sur les entreprises. Cela dit, d'une façon ou d'une autre c'est toujours le contribuable qui paye les impôts, ceux prélevés sur les entreprises étant in fine une charge intégrée au prix acquitté par le consommateur final.

Pour en revenir à ce que je disais précédemment, je ne vois de toute façon pas de véritable alternative. Qu'aurait fait un Bayrou ? Avec vraisemblablement une majorité composite intégrant une parti du PS au Parlement, il y a malheureusement de grandes chances que ce dernier eût abandonnés lui aussi ses engagements vertueux en matière budgétaire au profit d'une politique de relance dispendieuse. Idem pour une Ségolène Royal, avec certainement une série d'idées désastreuses comme de nouveaux emplois jeunes ou des mesures coercitives d'opérettes contre les licenciements...

Maintenant comme vous je pense, je ne suis toujours pas fan de Sarkozy, de son style omnipotent, de sa gestion clanique de l'Etat et de la France en général, de son goût immodéré pour les effets d'annonces et les réformettes vendues telles des réformes en profondeur. Mais au final, j'ai aussi beaucoup de mal à le critiquer fortement sur son programme. Jusqu'ici, mise à part la promesse démago sur le pouvoir d'achat, je trouve qu'il se tient assez bien à ses promesses de campagnes. Si ce n'est aussi leur habillage d'inspiration libérale-mondialiste qu'il a judicieusement mis de côté pour renouer avec sa dark-side gaullo-dirigiste.

Ce soir, je lui sais gré de confirmer à leur place Christine Lagarde et Eric Woerth, qui chacun dans sa fonction incarne avec constance une gestion raisonnable du denier public et des affaires économiques. Prendre le parti de la stabilité à ces postes clés est aussi un gage quant à ses intentions vertueuses à long terme.

Alors bon, Sarko, ce n'est pas la rupture avec le passé, ce n'est pas la réforme profonde et d'intérêt général que nous rêvions. Mais qui en aurait été capable ?

Ecrit par : Bob | 24.06.2009

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