31.05.2009
"Bayrou : un Le Pen centriste ?"
C'est le titre d'un article de l'iconoclaste Bruno Roger-Petit récemment paru sur LePost.fr. Dans cet article, le journaliste développe en quatre points ce qui rend selon lui possible de faire le parallèle entre François Bayrou et Jean-Marie Le Pen. Du point de vue de leur stratégie.

"Une ambition strictement personnelle". Pour BRP, Bayrou, tel Le Pen, n'a d'ambition que pour lui. Il ne pense qu'à son ascension politique personnelle et reproduit les méthodes de Le Pen en faisant le vide autour de lui : "Bayrou a peur du talent des autres".
Sur le constat "brut", je partage ce point de vue. L'aventure bayrouiste est en effet une affaire très personnelle, qui n'a jamais eu peur de sacrifier les talents de l'UDF sur l'autel de son intérêt personnel. 2007 en aura été le plus bel exemple, où quelles que soient les conséquences pour ses plus fidèles soutiens dans la perspective des législatives, Bayrou n'a pas hésité à rompre définitivement les ponts avec la droite.
Cela dit, je ne crois pas que Bayrou ait peur des talents. Au contraire, il a toujours cherché à les agréger autour de lui, bien conscient qu'il lui fallait une équipe pour lui apporter un programme crédible à la hauteur de sa vision trop strictement messianique de la politique. Le drame de Bayrou, c'est que le dernier scrutin présidentiel lui a fait oublier ses propres faiblesses, et ses propres échecs. Ce qui l'a empêché de battre Royal au 1er tour tient autant à son positionnement au centre-droit qui l'a coupé d'une partie des déçus du PS, que le manque de lisibilité de son programme, qui ne le rendait pas véritablement plus crédible que Ségolène.
"Ils ont un objectif strictement présidentiel". En plus d'être des hommes seuls, Bayrou et Le Pen partagent effectivement ce seul objectif de remporter la présidentielle et "profiter d'un accident électoral socialiste de l'Histoire et se hisser au second tour de l'élection présidentielle". C'est vrai, la tactique est semblable.
Cela dit, quel homme ou femme politique d'envergure (ou pas) n'a pas en notre pays comme véritable objectif de gagner la présidentielle. C'est le jeu de nos institutions qui fait qu'il ne sert pas à grand chose de gagner d'autres élections si l'on n'est pas capable de remporter la principale. Le PS depuis 2002 en est une démonstration flagrante, qui remporte toutes les élections intermédiaires, et échoue à la présidentielle.
Mais il est aussi vrai qu'il est possible de reprocher plus qu'à d'autres l'application de cette stratégie à Bayrou. Il démontre par là-même l'hypocrisie profonde de son discours. La création du MoDem, d'un nouveau parti qui rivaliserait avec l'UMP et le PS, d'une troisième voie, n'est en effet qu'un trompe l'œil. Comme le note BRP, son seul objectif est de faire des scores honorables aux européennes et aux régionales pour faire croire que son parti pèse dans le jeu institutionnel. Alors, que comme le FN par le passé, et jusqu'ici avec moins d'efficacité, le MoDem n'existe dans le jeu politique que par la personnalité médiatique de son chef et le pouvoir de nuisance qu'il peut représenter pour l'un des grands camps établis. On est loin de la refondation politique que nous vend Bayrou depuis 2002.
"Ils dissimulent une même stratégie du chaos". Là, je partage l'analyse de BRP. "Comme Le Pen n'avait que Le Pen à offrir, Bayrou ne peut offrir que Bayrou". Il ne répond effectivement à aucune des questions essentielles qui se posent à lui pour exercer le pouvoir : quel programme, quelle équipe, quels alliés ? Comme pour Le Pen, le risque est effectivement qu'une fois arrivé au 2nd tour, l'électeur s'aperçoivent que Bayrou n'a définitivement pas les moyens de traduire en actes politiques les valeurs qu'il incarne.
Et la situation est en la matière pire aujourd'hui qu'en 2007. En 2007, Bayrou était entouré d'un certain nombre d'intellectuels qui le conseillaient utilement. Il était secondé d'une équipe d'élus peu connus, mais fidèles et capables de former un noyau dur au sein d'un gouvernement. On voyait bien quelques personnalités, à gauche et à droite susceptibles de jouer l'ouverture avec lui. Aujourd'hui, il n'a plus rien de tout cela.
"Ils adoptent une même tactique complotiste". Là aussi, il est clair que Bayrou use des mêmes ficelles que Le Pen dans le passé. Victimisation, populisme antisystème, rejet des élites médiatiques et politiques présentées comme des corporations au service de l'établissement, posture de chevalier blanc "la tête haute et les mains propres". C'est ce qui m'inquiète le plus dans la stratégie de Bayrou.
D'abord car elle entretient effectivement l'idée d'un complot d'une élite organisée contre le peuple. On peut être très critique, et je le suis, sur le personnel politique et la sphère médiatique. Mais il est primordial de considérer que bon nombre de leurs travers sont en vérité acceptés par le peuple. Notre problème est collectif, et c'est une culture politique qu'il faut faire évoluer. Et non se limiter à jeter une opprobre tous azimuts sur un système qui ne s'imposerait que parce que ses instigateurs se sont donnés les moyens de conserver le pouvoir.
Ensuite, cette stratégie est aussi dangereuse pour Bayrou lui même et les valeurs dont il est l'héritier. A force de rejeter systématiquement ses faiblesses dans la force malfaisante des autres, on évite toute remise en question et l'on ne se donne plus les moyens de progresser soi-même en retenant les leçons de ses erreurs.
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30.05.2009
Sondages européennes : petite synthèse (2)
Une petite mise à jour du billet précédent.
Le fait majeur est la baisse sensible du PS qui creuse son score plancher et s'installe à 20%. Martine devra-t-elle tenir la main de Ségolène jusque dans l'isoloir pour faire gagner le "vote efficace" ?
Autre donnée remarquable, l'installation d'Europe Ecologie et du MoDem vers le haut de leurs scores plafonds respectifs, soit 10,5 et 13%. Dany fera-t-il mordre la poussière à Marielle, qui pourrait être la seule élue du MoDem en Ile-de-France ? (ah, décidément qu'est-ce que je regrette de ne pas habiter en IdF...)
Côté UMP la baisse est légère si l'on s'en tient à la moyenne des sondages depuis novembre, mais plus sensible sur la dernière période. Elle s'installe à 26% soit une perte d'environ 1,5pt par rapport à la semaine précédente. Cela dit, l'écart avec le PS reste à peu près le même et les médias ne parle que d'une "UMP toujours en tête". Ce sont des éléments déterminants pour gagner des sièges, et cela semble pouvoir assurer la réélection d'Alain Lamassoure dans le Sud-Ouest. On croise les doigts.
Pour le reste, notons la bonne forme du Mélenchonobuffetisme qui semble en capacité de damer le pion au Besancennotisme. Il partage avec lui le même "coeur" d'étiage, autour de 6%, avec, à son avantage, une dynamique ascendante.
15:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : européennes, ps, ump, modem, verts
17.05.2009
Sondages européennes : petite synthèse
Les sondages pour les européennes se multiplient. Jeudi prochain sera la date limite de dépôt des listes. Petit point sur les intentions de vote.
Avant toute chose, il faut évidemment rappeler que la prudence est de mise. D'abord en raison du très fort taux d'abstention qui rend très difficile d'évaluer réellement les intentions de vote. La mobilisation/démobilisation de tel ou tel électorat potentiel, même marginale, peut avoir des conséquences importantes sur le résultat final.
Cela dit, les intentions de vote aux sondages successifs permettent de dégager le terrain électoral de chacune des listes.
Cliquer sur l'image pour l'agrandir
L'UMP semble cumuler les avantages. Elle est sans discontinuer en tête des intentions de vote depuis novembre. Elle détient une avance de 2 à 6 points sur le PS. Elle bénéficie d'une tendance doublement positive. Elle réalise en moyenne 10 points de mieux qu'en 2004. Elle a également gagné 4 points depuis novembre, et son résultat dans le dernier sondage est de 1,25 point au dessus de la moyenne des intentions de vote en sa faveur.
Suit le PS, qui lui semble cumuler les handicaps. D'abord, il ne bénéficie pas d'une véritable dynamique, ni à la hausse, ni à la baisse. Les intentions de votes en sa faveur oscille le plus souvent entre 22 et 23%, sans véritable pic (sauf un 25% en avril), ni décrochage significatif. C'est le signe que le PS n'a presqu'aucune prise sur la campagne, dans laquelle il semble condamner à jouer un rôle de spectateur passif, soumis à l'évolution des intentions de vote des listes concurrentes. En plus il est victime d'une tendance doublement négative. Il perd en moyenne un peu plus de 6 points par rapport aux résultats de 2004. Le résultat du dernier sondage est lui également en léger recul (-0,8pt) par rapport à la moyenne des intentions de vote en sa faveur.
Ensuite vient le MoDem. Comme dans les autres élections depuis 2007, la situation du parti est paradoxale. Son étiage est le plus large, de 10 à 14,5%. Soit, entre un peu moins et un peu plus que son score de 2004. La tendance n'en est pas moins légèrement positive. Il a gagné 1 pt depuis novembre, son score moyen est identique à celui de 2004, et le dernier sondage lui donne 0,5 pt de plus que la moyenne de ses intentions de vote. Cela dit, il est notable que la popularité de son leader ne semble pas se répercuter mécaniquement sur le score de son parti. Il est tout de même remarquable que le MoDem tient son étiage pour la première fois depuis 2007. En effet, contrairement aux législatives et aux municipales, il n'a pas connu de forte dégringolade, entre des premiers sondages "très bons" et les derniers "très moyens".
Désormais sensiblement distancé par le MoDem, vient le rassemblement Europe Ecologie. Pour lui, il est difficile d'en dire plus que de constater que son étiage va de 7 à 11%. Le niveau des intentions de vote en sa faveur varient régulièrement, alternant des scores autour de 10% et d'autres autour de 7%. Il semble juste que son électorat potentiel soit plus lié à ceux du NPA et du Front de Gauche, qu'à ceux du PS et du MoDem.
Sur les autres listes, je m'en tiendrai à quelques remarques.
Un pari qui semble pour l'instant raté pour le NPA qui plus que ne pas décoller semble engluer dans une tendance à la baisse. Il fait tout de même plus de 5 points de mieux qu'en 2004.
Un FN qui se maintient plutôt bien, même s'il perd un peu plus de 3 points en moyenne par rapport à 2004, et qui pourrait conserver sa 4e place si le NPA continue à baisser.
Un Front de gauche qui réussit à exister, mais qui ne parvient pas à faire mieux que le seul PC en 2004, avec 1 point de moins en moyenne.
Une droite souverainiste qui n'émerge pas, DLR demeurant dans la marge d'erreur et Libertas restant scotché à 5 ou 6%.
Comme jamais, la campagne des européennes patit d'une absence d'enjeu au niveau européen. L'absence de véritable débat de niveau européen sur les grandes questions habituelles (institutions, élargissement...) rend le scrutin illisible pour l'électeur et empêche l'émergence de nouvelles forces politiques, comme cela fut de nombreuses fois le cas. Le débat tourne un peu autour de la gestion de la crise (ce qui fait émerger le NPA), mais surtout sur la future présidentielle de 2012 et encore plus strictement à la teneur du message que l'électeur souhaitera adresser à Sarkozy.
Pour la première fois, aucune liste, mise à part les extrèmes, ne joue la carte d'un discours européen. L'UMP ne l'aborde qu'à travers la personne du président. Son volontarisme hexagonal aurait fait la démonstration de son efficacité à l'échelle européenne lors de la présidence française de 2008. Le PS ne l'aborde que pour dire qu'une Europe de gauche serait un rempart à la droite qui dirige la France. Le MoDem ne capitalise pas sur sa génétique européenne, mais sur le potentiel de son leader face à Sarkozy en 2012. Les autres listes sont inaudibles. Seules les listes souverainistes de tous bords, par leur existence même capitalisent sur un discours européen.
Lien vers l'article de Wikipédia qui répertorie les résultats des sondages.
Tableau de bord du Monde (seulement 2 instituts pris en considération).
16:01 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : européennes, ps, ump, modem
12.05.2009
Européennes : quels programmes ?
Pour ce post, je vais la jouer simple mémo. Juste une petite compilation des programmes actuellement disponibles pour les prochaines européennes, au niveau des partis européens, et au niveau national. Et les vidéos de campagne du moment.
Parti populaire européen, UMP et NC
Site du PPE spécial européennes
10 priorités du groupe PPE-DE 2009-2014 (.pdf)
Site de l'UMP pour les européennes
Programme de l'UMP (.pdf)
Programme du Nouveau Centre (.pdf)
Site du PDE (pas de site spécial européennes)
Programme du PDE (.pdf)
Site du MoDem pour les européennes
Programme du MoDem (plate-forme)
10 engagements du MoDem pour l'Europe (.pdf)
Parti Vert européen et Europe écologie
Manifeste du PVE (EN)
Site des listes Europe écologie
Site des Verts (section spéciale européennes)
Manifeste d'Europe écologie
Manifeste du PSE (.pdf)
7 mesures pour les 100 premiers jours
Site du PS pour les européennes
Programme (texte d'orientation) du PS
Site du MJS spécial européennes
00:08 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : européennes, ump, ps, modem, verts, europe écologie
08.05.2009
Européennes : Marielle de Sarnez "reine" du parlement buissonnier
Suite à l'éphémère classement des députés européens, très contesté, du site Parlorama, Marianne a répertorié dans un récent article les autres classements encore disponibles. J'en ai tiré un classement des députés centristes sortants qui se présentent à nouveau aux suffrages des électeurs.
L'article de Marianne m'a permis de découvrir le travail réalisé par la députée PS sortante Catherine Guy-Quint (qui ne se représente pas). Plutôt que de ne tenir compte que de la présence en séance, elle a épluchée les comptes-rendus des réunions de commissions et donne une fourchette de présence pour chaque député français de 2004 à 2009. Sachant que le travail parlementaire se fait essentiellement à ce niveau, j'ai retenu ce "classement" comme le critère le plus important. Ensuite, j'ai tenu compte du nombre de votes en séances, critère intéressant retenu par l'Internaute. Enfin, j'ai intégré au tableau le taux de présence en séances, retenu par L'Express, sans en tenir compte dans le classement. En effet, le fait de venir "pointer" régulièrement ne me parait pas significatif, ce que confirme l'écart sensible qui peut exister entre la présence et le nombre de votes, qui seul atteste d'une participation active aux séances plénières.

Sans surprise, on retrouve tout en haut du tableau Jean-Marie Beaupuy. Ce qui démontre d'une façon définitive l'injustice dont il est victime en ayant été parachuté par François et Marielle dans une circonscription où il n'est pas certain de conserver son siège. On verra si Kahn sera aussi actif que lui au PE...
Petite surprise, Beaupuy est suivi de près par Jean-Marie Cavada dont la rumeur, distillée par le MoDem depuis qu'il l'a quitté, voulait qu'il soit un député dilletante. Il semble que ce soit tout le contraire, avec une forte assiduité en commissions et un nombre de vote élevé si l'on tient compte de sa faible présence en séance. Signe que lorsque Cavada est à Strasbourg, il n'y va pas que pour pointer.
Ce qui ne semble pas être le cas de Marielle de Sarnez, qui en plus de sécher 70 à 80% des réunions de commission, détient le nombre de votes le moins élevé en séances plénières. Malgré un taux de présence égal à celui de Jean-Marie Beaupuy. Soit Marielle est victime d'un problème technique sur son boîtier de vote, soit il est possible de penser qu'il lui arrive plus fréquemment qu'à d'autres de signer la feuille de présence sans mettre les pieds dans l'hémicycle.
Lien vers le classement réalisé par Catherine Guy-Quint (.pdf)
Lien vers l'article de Marianne2.fr
01:45 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : européennes, modem, nouveau centre, avenir démocrate, parti radical, saifi, beaupuy, cavada, sarnez, griesbeck
05.05.2009
Manon Fouquet éjectée, bienvenue à Sophie Auconie, future députée
La région Centre a cette particularité qu'elle compte certainement la plus forte concentration en France d'élus du Nouveau Centre. Pas moins de trois députés, un sénateur, et avec les cumuls plusieurs mairies et un conseil général. Rien de moins. De Maurice Leroy à Pierre Fauchon en passant par Nicolas Perruchot et le petit nouveau Philippe Vigier (dans les starting blocks pour les régionales), l'axe Châteaudun-Vendôme-Blois reste, après l'avoir été pour l'UDF libre bayrouiste, l'ultime épine dorsale du centrisme français. C'est donc tout naturellement que fort de cette position unique face à l'UMP, les élus Nouveau Centre du Centre se sont étrillés pendant de nombreuses semaines pour placer en n°2 de la liste aux européennes une de leur militante.
Dans un premier temps, le NC a donc intronisé pas moins de deux chefs de file pour la circonscription Centre-Massif central. Très vite les deux personnalités ont fait figure pour beaucoup d'un simple rideau de fumée.
D'abord par la présence de Florent Montillot, élu libéral tendance très dur. Ancien conseiller régional DL francilien concomitamment devenu adjoint au maire UMP d'Orléans, il a hérité du médiatique dossier de la sécurité (il est l'un des inventeurs des fameux couvre feux anti-jeunes au début du siècle). Après un début de mandat musclé, il s'est très vite marginalisé. En se ridiculisant médiatiquement (on l'a vu à la télé errer dans un quartier chaud d'Orléans pour justifier son couvre feux et n'y trouver qu'un gamin en trottinette à sermoner), puis en confirmant son caractère pas facile facile, une sorte de resucée du fameux "tel le roquet" qu'un certain Chichi avait balancé à Fabius. Depuis que l'insécurité est passée de mode, Florent Montillot ne peut plus compter que sur son pouvoir de nuisance. Ainsi s'est-il présenté aux dernières législatives contre le vénérable Jean-Louis Bernard, député radical valoisien et ancien maire d'Orléans. Cette candidature dissidente lui vaudra l'exclusion de l'UMP, puis son adhésion au NC, où les authentiques centristes du Loiret cherchent toujours quelle fibre centriste peut avoir cet élu aux dents qui crépitent sur le parquet.
Autre écran de fumée, la gentille Manon Fouquet. Bien malgré elle, son intronisation comme chef de file et son adoubement rapide par une indiscrétion de Brice Hortefeux au Figaro n'avait d'autre but que de laisser le temps aux nombreux élus NC du Centre de se mettre d'accord sur un nom. D'un côté, le siège national a tenté à plusieurs reprises de parachuter Brigitte Fouré. Cette dernière a d'abord refusé, puis s'est laissé convaincre. Candidature relayée par MoMo (a priori par bouderie), ce dernier est allé jusqu'à tenter récemment le coup de force en livrant son nom à la presse locale comme la nouvelle championne du NC... Info démentie dès le lendemain par les instances officielles du parti, avec en première ligne Philippe Vigier, toujours à la manoeuvre pour défendre une autre candidate. En fait, Brigitte s'est décidée trop tard et a raté le coche, qui lui aurait permis de mettre d'accord l'ensemble des barons du NC par une solution externe. Au stade où elle a donné son accord, il ne restait plus que MoMo à faire de la résistance pour accepter la candidature d'une conseillère municipale tourangelle.
Ultime rebondissement, c'est donc finalement Sophie Auconie, conseillère d'opposition à Tours, qui a gagné une place quasi assurée à Strasbourg. Il faut dire que face à la jeune candidate trilingue Manon Fouquet, simple directrice de maison de retraite et conseillère d'opposition d'une ville de la banlieue tourangelle (Ballan-Miré), Sophie Auconie apporte la classe d'une candidature de centre-ville et le sens créatif d'une mère de famille qui a souhaité faire partager à autrui la beauté de son intérieur. Proche historiquement de Renaud Donnedieu de Vabres, elle pourra mettre à profit au Parlement européen son expertise en matière économique. 15 ans passé à la CCI d'Indre-et-Loire et la gérance d'un magasin de décoration "Les Merveilles du Sud" (sans aucun lien avec Fetia Api) de quelque 200 m2 sur l'une des avenues les plus prisées de Tours.
Bon, tout comme pour Manon Fouquet, je n'ai rien contre cette candidate, mais son élection laissera quand même un tenace arrière-goût de honte pour les centristes ligériens.
D'abord, car la place réservée au NC sert de prétexte à l'éjection d'une autre candidature UMP bien plus valable. Celle de Catherine Colonna, qui malgré le soutien hyperactif de Monsieur et Madame Jean-Jacques Descamps (gardien du temple giscardien et parrains de nombre de personnalités politiques centristes de la région), une implantation de longue date dans la région (elle y a grandi et y habite toujours) n'a pas réussi à faire oublier son chiraco-villepinisme.
Ensuite, parce que sur l'autre rive centriste, le MoDem parachute lâchement Jean-Marie Beaupuy, un député européen de grande qualité, qui n'a pas l'assurance de conserver son siège dans une circonscription où seulement 5 sièges sont à pourvoir dont 4 iront automatiquement au PS et à l'UMP. Et il est fort possible que le dernier siège n'aille pas à la troisième liste, mais bien à celle arrivée en tête.
Une démonstration supplémentaire des effets désastreux de l'éclatement de l'UDF.
Site internet de campagne de Sophie Auconie
Site internet de Marie-Hélène Descamps (députée tourangelle giscardienne sortante)
Site de Manon Fouquet (avec toujours le message de soutien d'Hervé Morin)
Blog de Brigitte Fouré (toujours actif)
23:16 Publié dans Majorité UMP-NC | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : auconie, vigier, leroy, perruchot, européennes
04.05.2009
Classement des députés : Méhaignerie en tête, Leroy en queue de liste
Depuis quelques semaines circule un classement des députés publié par le site lesInfos.com. Voici une extraction que j'ai réalisée répertoriant les députés centristes du NC, du Parti radical, du PRG, de l'UMP (seulement quelques têtes d'affiche) et du MoDem.
Sur 60 députés centristes, le NC truste 8 des 10 premières places. Le Parti radical, à l'inverse occupe 6 des 10 dernières places. Notons le classement honorable des députés MoDem, qui ne bénéficient pas d'une grande capacité d'intervention (élément pris en compte pour le classement) du fait qu'ils siègent parmi les non-inscrits.
Le bonnet d'âne revient sans conteste à Maurice Leroy, classé seulement 68e sur 577 députés. Pas glorieux pour l'un des députés centristes les plus médiatiques. Au classement général on peut enfin relever que les centristes occupent 3 des 10 premières places et 14 des 100 premières. Selon leur poids numérique, ils ne devraient tenir qu'une place dans le top ten et 10 dans le top 100.
Pour agrandir l'image, cliquer dessus.
23:28 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : centrisme, assemblée nationale, nouveau centre, modem, rassembler les centristes, leroy, benoit, méhaignerie, sauvadet, salles










