30.01.2009
MoDem 31 : la rénovation politique par le gel
J'ai découvert sur le blog du Crapaud du Marais l'initiative prise par le président du MoDem 31 pour défendre les salariés d'une usine toulousaine en cours de délocalisation. Par une démarche solidaire et pour faire bouger les politique, Rémy Daillet-Wiedemann s'est installé sur un parking pour entamer une "grève du froid". Autrement dit, il passe ses nuits dans sa voiture et ses journées à l'air libre, en simple bras de chemise. Hallucinant.
Au-delà du contexte du MoDem toulousain (que je méconnais presque totalement, si j'ai bien compris, ce président est en cours d'éjection suite à un recours déposé par une partie des responsables départementaux du MoDem qui viennent d'obtenir une mise sous tutelle de la fédé par le national), la méthode qu'il utilise est je le crois jamais vue.
Je pensais qu'avec la grève de la faim de Lassalle, le centrisme avait atteint un point maximal de démago-politique. La démarche de l'homme était certainement profondément sincère, mais utiliser une telle extrémité pour sauver une usine (dont tout démontre qu'elle n'a que peu d'avenir coincée au fond d'une vallée perdue), m'avait profondément choqué. Il est peut-être d'autres causes qui mériterait qu'un député, qui est avant tout là pour représenter la Nation et non le développement économique de sa circonscription électorale, se mobilise en usant de moyens "extrêmes".
Avec sa grève du froid, le leader modemiste de Haute-Garonne, franchit une étape supplémentaire. D'abord, sa démarche est particulièrement démagogique et populiste. Son discours se suffit à lui-même : "Mon objectif est clair, je veux que les politiques viennent voir ce qu'il se passe sur le terrain." "Je symbolise l'ouvrier français, "dépouillé" de son travail, dans une précarité profonde, c'est pour cela que je ne porte qu'une chemise ...". Je ne le connais pas, mais ce qu'il raconte a tout d'un mégalopoujadomodémiste. Ensuite, elle m'inquiète sincèrement - et sans mauvais esprit - sur le MoDem. Comment un mec pareil a-t-il pu se retrouver à la tête d'une fédération ??
Décidément, le centrisme paiera cher la stratégie de l'UDF libre... D'un côté nous n'avons plus qu'un chapelet d'élus locaux qui récitent des prières pour l'UDF-un-jour-ressuscitée. De l'autre, un mouvement qui réinvente malgré lui la démocratie avec un amateurisme d'une rare dangerosité... Une sorte de pré-mix qui allie le bordélisme des Verts, le populisme des méthodes des extrêmes, une stratégie d'opposition bien peu constructive, et la foi synchrétiste d'un mouvement charismatique.
L'entretien de RDW sur le site des salariés de l'usine Molex.
22:55 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, toulouse
29.01.2009
Le budget du Nouveau Centre grimpe de 37,6%
Pour la deuxième année, les parlementaires NC ont majoritairement déclaré leur rattachement au Fetia Api, qui reversera l'essentiel de la dotation publique ainsi perçue au Nouveau Centre.
Cette année, le NC fait - presque - le plein de ses députés (22 sur les 23 contre seulement 18 l'an passé) et double son nombre de sénateurs (10). Le NC percevra donc 1 408 147,51 euros contre un peu plus d'un million en 2008.
Côté MoDem, le financement public s'élèvera à 3 745 113,92 euros contre 4 053 428,18 euros en 2008, soit une baisse de 8,23% due à la perte de 7 sénateurs. A noter que les 19 sénateurs non membres du NC du groupe Union centriste ont conserver leur rattachement à l'UDF-MoDem.
22:16 Publié dans Le nouveau centre | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau centre, fetia api, financement
Européennes : le NC vous présente son armée mexicaine
Enfin. Le Nouveau Centre nous délivre du suspense insoutenable qu'il entretenait depuis des mois sur sa position européenne. Génétiquement centriste-à-la-papa, le NC opte pour le "même pas peur, même pas mal". Pas peur du ridicule et sûr de pas avoir mal, parce que l'UMP sera là pour prendre les coups à sa place...
La revue des personnalités est assez délirante. La seule valable, Jean-Marie Cavada (Ile-de-France), n'est pas membre du parti. Ensuite on retrouve tout et n'importe qui. A part une Brigitte Fouré dont le NC exige qu'elle soit sauvée par les 3 places éligibles qu'il espère de l'UMP. Si l'UMP s'exécute, il ne reste donc qu'une seule personne parmi les autres "chefs de file" qui peut espérer dépasser le stade de la figuration. Faites vos jeux :
Michel Hunault ? Député de Loire-Atlantique, il est probable que sa présence sur cette short-list n'est qu'une tentative de plus de le mettre en avant et de grandir sa notoriété nationale quasi nulle. Si je ne me trompe pas, la dernière fois, il s'agissait qu'il devienne contrôleur général des prisons. Peu de chances d'être éligible. A moins que l'UMP locale ait vraiment besoin de libérer sa circo.
Brigitte Angibaud ? Candidate de centre-droit malheureuse aux législatives et aux municipales en Mayenne. Procureure de la République à Angers. Forte chance qu'elle soit la caution "Jean Arthuis" de la liste. Peu de chances d'être éligible, à moins qu'Arthuis exige une place sur les 3 négociables.
Manon Fouquet ? Ex-jeune UDF tourangelle devenue jeune néocentriste. La liste dont elle faisait partie a perdu les municipales. Banale caution "jeune" qui a l'avantage d'être également une caution "femme". Aucune chance.
Florent Montillot ? Elu orléanais, ancien DL tendance ultra-libéral et sécuritaire, ancien UMP exclu pour avoir tenté de bouter hors de sa circo un vénérable député centriste du Parti radical. A connu une certaine célébrité médiatique pour avoir été l'initiateur du premier couvre-feu "anti jeunes"... Heureusement très peu de chances d'être éligible. La droite locale cherche plus à contenir son pouvoir de nuisance qu'à le légitimer par un mandat de parlementaire européen.
Mireille Benedetti ? Elle n'est plus à présenter. Son engagement au Mouvement européen lui donne une certaine crédibilité. Malheureusement elle est surtout là comme caution "militants" pour l'interne, qui a aussi l'avantage d'être caution "parité" pour l'extérieur. Très peu de chances donc.
Dominique Puthod ? Conseiller général de Haute-Savoie. Héritier du Bossonisme à Annecy. A l'air d'avoir un profil crédible par ses initiatives locales. Pourquoi pas... mais son manque de notoriété nationale risque de le placer en queue de liste.
François Decoster ? A priori bon candidat. Encore jeune malgré un look très UDF grande époque, ancien collaborateur de Jean-Louis Bourlanges, Bernard Lehideux, Noëlle Lenoir, Gilles de Robien et Valérie Pécresse. Ancien du Collège d'Europe... respect. Bon candidat, donc aucune chance malheureusement.
Marc Sebeyran ? Authentique centriste de Troyes-dans-l'Aube. De Raymond Barre à l'UDF libre, il a été de tous les combats locaux. Jusqu'à devenir un peu encombrant pour François Baroin dont il est le premier adjoint. Peu de chance d'être éligible, Sarko préfèrera qu'il continue à casser les pieds du fils préféré de Chirac.
Marc Frot ? Candidat MoDem aux cantonales de mars dernier qui a battu le candidat de Sauvadet avec l'appui du PS... Quelques jours plus tard, il a rejoint la majorité de Sauvadet dont il constitue l'unique voix d'avance face au PS... Devenu vice-président, le voilà tout prêt à entamer goulûment son deuxième bol de soupe à la lentille.
Damien Abad ? Président des Jeunes Centristes. Inutile de le présenter. Simple caution "jeunes" doublée d'une caution "militants". A la réputation d'un mec valable et sincère. Quasi aucune chance donc.
Patrice Drevet ? C'est la recrue people et popu qui met Marielle en panique. Déjà qu'il lui faut trouver une Rachida Dati, voilà qu'il lui faudrait un animateur TV... Et oui, au NC on ne fait pas dans la demi-mesure médiatique... et comme on a pas mal d'humour à l'UMP, il a de réelle chance d'être placé en position éligible.
Pascal Vittori ? Un des leaders du parti centriste local de Nouvelle-Calédonie. Représentant du NC-NC. Un doublé par définition super perdant, mais on ne sait jamais, un parti ultra-marin peut toujours être utile à long terme.
Philip Schyle ? Président de Fetia-Api, le "Don Salluste" du NC, en perte de vitesse localement. L'or est venue de le remercier des grands services qu'il a rendu au centrisme nouveau, par un mandat bruxellois.
Patrick Gob ? Recrue de Jean-Christophe Lagarde en Guadeloupe. Conseiller régional. Pas de parti local, donc moins intéressant que les deux précédents.
Cyril Hamilcaro ? Ancien maire de Saint-Louis de la Réunion, centriste depuis Raymond Barre, il a été lâché par le MoDem quelques mois avant les dernières municipales. La raison ? Sa mise en examen dans une affaire d' "escroquerie portant sur la vente de terrains communaux fictifs pour un montant d’environ deux millions d’euros". L'UMP risquera-t-elle d'inaugurer la session du nouveau PE par le vote de la levée de son immunité parlementaire ? Pas sûr...
01:28 Publié dans Le nouveau centre | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau centre, européennes, cavada, vigier, morin
27.01.2009
Cantonale dans le Loir-et-Cher : la majo de MoMo devient incertaine
Décidément, sale temps pour le Nouveau Centre... Ce week-end se déroulait dans le Loir-et-Cher une cantonale partielle. Si le candidat soutenu par Maurice Leroy perd son mandat, sa majorité au conseil général en serait fortement fragilisée.
A première vue, le sortant, Jean-Luc Portevin (divers droite), qui se représentait à sa succession, semble assuré de gagner dimanche prochain. Il arrive en effet en tête (35.8%) et dispose d'une réserve de 18.9% grâce au score d'un autre sans-étiquette en réalité divers-droite. Le problème, c'est qu'en mars dernier, le même équilibre au 1er tour (37% pour Portevin, 30% pour le PS, 27% pour le DVD) ne lui avait permi de remporter le second que d'une poignée (20) de voix... Ironie de l'histoire, Portevin ne dépasse le candidat PS que de 20 voix au 1er tour de la partielle d'hier ;)
Pour la petite histoire, ce n'est même pas ce faible écart de voix qui a valu à Portevin l'annulation de son élection, mais le fait qu'il ait déposé hors-délai ses comptes de campagne...
Au Conseil général, Maurice Leroy dispose a priori d'une majorité confortable. Sur les 30 conseillers généraux du département, la gauche n'en compte que 10... Mais c'est sans compter la majorité composite à la tête de laquelle MoMo s'est hissée. Elle se répartit historiquement en 3 groupes. L'Union pour le Loir-et-Cher (momoiste) ne compte que 13 membres. Dont le fameux candidat en péril. A côté de cette union locale, siège un petit groupe UMP (4 membres) et un groupe MoDem (2 membres) passé depuis mars dans l'opposition au côté du PS et d'un élu non-inscrit.
Or, l'UMP locale ne porte pas en son coeur l'ami Leroy. Il faut dire que ce dernier lui a ravi la présidence du conseil général en 2004 en agrégeant au groupe UDF de l'époque une majorité des divers-droite. Ce vol à l'étalage avait d'ailleurs valu à MoMo la remise en selle d'un candidat UMP sur sa circo pour les législatives, en la personne du frère de Roselyne Bachelot. Seul son ralliement à Sarko a permis à MoMo de contenir cette concurrence, non sans que l'UMP locale se soit rangée aux exigences parisiennes de l'ouverture de fort mauvaise grâce. Si l'UMP ne soutiendra jamais le PS officiellement, il n'est pas dit qu'elle raterait l'occasion de se débarrasser de MoMo ou de monnayer très cher ses voix.
Quant au groupe MoDem, il suffirait d'un geste auriculaire de la brave Jacqueline (alliée au PS à l'agglo de Blois) pour qu'il fasse définitivement bloc avec le PS. Le plaisir lui serait en effet immense d'ajouter un Leroy à son tableau de chasse-au-traitre, qui exhibe déjà fièrement le Perruchot piégé en mars dernier aux municipales.
Au final, MoMo ne disposerait plus que des 12 voix de son groupe, contre les 10+2+1 de l'opposition PS-MoDem-Non inscrit, son sort étant scellé par les 4 élus UMP.
Même si la situation devient délicate, Maurice Leroy est presqu'assuré de conserver son siège, l'UMP n'ayant pas de véritable intérêt à contribuer à faire passer le CG à gauche. Mais cela augure un scrutin particulièrement délicat pour 2011 (prochaines cantonales), d'autant qu'un MoMo fragilisé risque de revigorer l'UMP locale humiliée. Cela explique peut-être pourquoi, MoMo a été l'un des très rares présidents de CG à rester fidèle à la ligne bayrouiste préconisant une fusion des départements et des régions.
00:10 Publié dans Le nouveau centre | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau centre, maurice leroy, loir-et-cher, jacqueline gourault, modem, ps, ump
24.01.2009
Le Nouveau Centre en débandade européenne
Le Nouveau Centre va très certainement s'abstenir de présenter des listes aux européennes. Il faut dire que ce parti héritier de l'UDF qui se dit le seul "génétiquement européen" a bien du mal à demeurer crédible sur le sujet...
Il y a bien l'amicale participation de Jean-Louis Bourlanges à la Ruche de Brigitte Fouré. Mais le grand Européen, qui a quitté le Parlement en janvier dernier, s'est bien gardé de rallier officiellement les néo-centristes. A partir de là, le Nouveau Centre, qui n'a pas non plus réussi à attirer Jean-Marie Cavada et son fan-club, se trouve sans véritable force politique ou intellectuelle en mesure de crédibiliser sa foi européenne. Brigitte Fouré semble une femme sympathique et de conviction, mais elle reste une grande inconnue qui doit l'essentiel de son parcours à sa proximité avec Robien, qui l'a choisi pour assurer l'intérim en mairie d'Amiens pendant qu'il torpillait sous les ors des ministères, sans en avoir conscience, un parcours jusque là sans faute.
Depuis des mois, le Nouveau Centre reste donc dans un situation pour le moins délicate. Crédité de 2 à 3% dans un sondage (la marge d'erreur comme le fit remarquer amicalement l'UMP), la tentation des militants de présenter des listes indépendantes apparaît suicidaire pour un parti qui a déjà bien du mal à exister. Des listes communes avec l'UMP reste donc la seule issue possible. Mais là encore, le NC part avec de sérieux handicaps. D'abord, il n'a pour ainsi dire aucune personnalité crédible à imposer. Au mieux, il peut juste exiger que Brigitte Fouré soit sauvée en étant présentée en place éligible sur la liste Nord-Ouest. Sa seule chance d'avoir un peu de visibilité aurait pu être la candidature de Valérie Létard sur cette même circonscription. Mais cette dernière a décliné l'offre pour se concentrer sur les régionales de 2010.
Conscient de ce constat peu engageant, le NC tente toutefois de maintenir une pression d'opérette sur l'UMP. Sa première arme est le suspense. Sans cesse repoussée, l'annonce de ses têtes de liste, qui se fera finalement après celle de l'UMP, ne sert plus qu'à démontrer que le NC n'avait pas grand monde à présenter. Il lui sera plus facile d'avancer des noms une fois que l'UMP aura confirmé qu'il ne lui réserve 2 ou 3 places en positions éligibles. L'autre arme de choc, fut médiatique, avec la réunion il y a quelques jours d'une 1re "Conférence européenne des Centres". Une réunion aussi réussie que le Carrefour des Centres, qui a quand même permis au NC de co-signer une résolution avec 7 partis "frères"... Enfin "frères", l'expression est un peu forte. Parmi les signataires, pour la plupart grands inconnus, on retrouve le parti portugais de l'aplat-ventriste Barroso, les conservateurs de la Nouvelle Démocratie grecque, le parti du peuple suédois de ... Finlande et un groupuscule démocrate chrétien italien... Pas très glorieux...
En plus, le fait est qu'à l'UMP, le cas "centriste" se pose plus largement que la question "Nouveau Centre". Le parti doit en effet également faire de la place aux amis de Cavada, à son courant centriste interne (Baudis servira ainsi de caution dans le Sud-Ouest), ainsi qu'aux radicaux de Borloo, particulièrement dragués en ces temps où Sarkozy tente d'imposer une centralisation de sa majorité au sein de l'UMP. Lui reste aussi à recaser les premières victimes collatérales de cet exercice, comme Alain Lamassoure, qui n'a pas été jugé une bonne machine électorale face à Baudis... Et puis qui sait, il n'est pas impossible qu'Arthuis et Mercier soient en train de négocier en sous-main quelques places, profitant du peu d'intérêt que les médias porteraient à cette tambouille et fort de leur pouvoir de nuisance au Sénat.
Le Nouveau Centre s'apprête donc à payer ses erreurs congénitales. L'équipée précipitée et individuelle des députés qui l'ont créé ne lui a pas permis d'agréger en son sein l'ensemble des centristes non-bayrouistes. Le centre "indépendant" de la majorité demeure une nébuleuse informe, fière héritière de l'UDF des Neu-Neus où chacun essaie de bomber le torse, pour que le seigneur de l'Elysée lui offre quelques victuailles électorales. La démarche exige, bien-sûr une bonne vaccination contre la peur du ridicule.
En fait, la direction du Nouveau Centre a depuis longtemps fait une croix sur les européennes. Elle se concentre depuis quelques mois sur les régionales de 2010 où elle est en capacité de présenter des candidats crédibles et où son influence dans les conseils régionaux a resisté mieux qu'ailleurs à la modemisation de l'UDF. De ce côté, les négociations vont bon train et l'UMP n'est pas insensible aux pressions. La perspective d'alliance PS-MoDem pouvant lui coûter un statu-quo électoral, alors qu'elle devrait logiquement en récupérer quelques unes, Raffarin n'étant plus Premier-ministre.
C'est la confirmation que le NC n'a d'avenir qu'en devenant un parti "génétiquement régional et local", un réseau d'élus locaux, qui tel le Parti radical en son temps se transformera peu à peu en une coquille plus ou moins vide selon le contexte politique ; terre promise des dissidents modérés d'une majorité dominée par les conservateurs.
16:10 Publié dans Le nouveau centre | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau centre, fouré, baudis, lamassoure, morin, sauvadet, centrisme
Européennes : le MoDem va-t-il trouver son Obama ?
L'ancien ministre de Jacques Chirac, Azouz Begag se verrait bien ressusciter politiquement pour les européennes.
Après son échec aux législatives de juin 2007, et sa candidature avortée aux municipales de 2008, Azouz Begag tente un retour au sein du MoDem où c'est peu dire qu'il fut pour le moins discret depuis un an. C'est l'élection de Barack Obama, qui, en toute modestie, lui fait penser qu'il est "l'hypothèse gagnante" pour le MoDem si ce parti le choisit comme tête de liste aux européennes.
François Bayrou, qui aurait accueilli l'initiative comme un "cadeau" serait-il sur le point de sacrifier Jean-Luc Bennahmias et Gilles Artigues, qui ont peu de chances d'être élus s'il faut caser un troisième homme en tête de la liste ? Bayrou n'aura cependant peut-être pas à trouver un motif de trahison pour ceux qui pourraient le quitter par dépis, la candidature surprise de Begag ressemblant à un coup de force médiatique... Mais il se dit aussi que Marielle tient à absolument à ce que le MoDem ait son "Rachida Dati" aux européennes... Peut-être une occasion inespérée de remettre en selle Djamel Bouras ;)
14:45 Publié dans Bayrouland | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : begag, modem, européennes, bayrou
15.01.2009
MoDem : première mise en examen
Le Nouveau Centre n'a plus désormais le monopole du centriste mis en examen. Rien à voir avec André Santini, le MoDem est quant à lui la victime collatérale de l'adhésion il y a un an d'un ex-dirigeant du PS de l'Oise en disgrâce.
Guillaume Fauchoix est en effet l'ancien bras doit du premier fédéral du PS de l'Oise qui a déposé plainte contre lui concernant la gestion des comptes de la fédé. Il lui a été signifié aujourd'hui sa mise en examen pour escroquerie et usage de faux.
Au programme : un déficit de plus 270.000 euros dont, selon la presse, quelque 100.000 euros qui ne trouveraient pas de justification comptable claire. L'affaire n'a pas l'air aussi simple qu'il pourrait y paraître, certains militants PS relevant qu'il est peu probable que Fauchoix ait pu agir seul ou sans une particulière négligence des autres dirigeants.
Comme de coutûme au PS, les camarades en sont déjà à se balancer à la figure les factures de tacos, d'hôtel "luxueux" et de cantines gastonomiques... Ambiance. Dernier élément à signaler, Guillaume Fauchoix a été l'animateur de Désirs d'avenir dans l'Oise... Au final, on se demande bien pourquoi le MoDem local, qui a fait alliance avec l'UMP aux municipales, a accepté l'adhésion de ce jeune homme...
22:19 Publié dans Opposition PS-MoDem | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, ps, oise, fauchoix
Rocard quitte la scène, éternel incompris.
Le groupe du Parti socialiste européen a annoncé aujourd'hui que Michel Rocard démissionnait de son mandat de député européen. La fin annoncée de la vie politique active du hérault de la deuxième gauche française.
Une vie politique qui aura tenté d'orienter la gauche française vers une approche plus pragmatique qu'idéologique, plus réformiste que démagogique, plus ouvertement modérée que radicalement sectaire. Une vie politique qui ne parviendra jamais à dépasser l'ombre mitterrandienne, même lors de ses plus belles années quand, de 1988 à 1991, Michel Rocard mena le gouvernement de la France avec succès et grâce à l'appui d'une partie des centristes. Un "éveil" politique qui restera sans lendemain, les centristes rejoignant la future majorité RPR-UDF de 1993 et le peuple de gauche préférant en 1994 un Tapie encore flamboyant à un Rocard portant la lourde croix d'un PS affairiste.
Si Rocard aura marqué par ses piètres talents de communiquant et l'échec quasi systématique de toutes les stratégies politiques qu'il aura initiées, il n'en reste pas moins que la gauche, avec ce retrait de la vie politique, perd l'une de ses figures morales, à l'intelligence peu commune, à la droiture trop peu partagée.
A l'heure où la jeune garde issue du rocardisme accède aux plus hautes fonctions du parti derrière Benoît Hamon, l'on voit mal qui pourrait bien en être l'héritier. Ne serait-ce qu'en atteignant le haut de sa chaussette.
00:07 Publié dans Babord | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rocard, ps, pse, parlement européen, élections européennes
12.01.2009
Redevance, le NC tient tête à l'UMP...
Dépêche AFP
Redevance: M. Copé n'est pas en charge de la Culture (Maurey, UC)
L'orateur du groupe centriste du Sénat sur le projet de loi sur l'audiovisuel, Hervé Maurey a contesté lundi les propos du patron des députés UMP, Jean-François Copé sur la redevance, en soulignant qu'il n'est pas "en charge de la Culture".
"Je ne crois pas que ce soit M. Copé qui soit en charge de la Culture ou du gouvernement, je ne donne donc pas plus d'importance à cette déclaration que ce qu'elle mérite", a déclaré à l'AFP le sénateur Union Centriste de l'Eure.
"Nous attendons une réponse du gouvernement et de la ministre de la Culture et non pas du président du groupe UMP à l'Assemblée nationale", a-t-il ajouté.
M. Copé, lorsqu'il présidait une commission sur l'audiovisuel, "avait conclu à une taxe de 0,5% sur les opérateurs de télécommunication et non pas de 0,9% comme votée en première lecture par l'Assemblée nationale", a-t-il remarqué.
M. Copé a exclu lundi toute hausse, hors inflation, de la redevance télévisée, affirmant sur lepoint.fr qu'il n'était pas question de "lâcher" sur ce point pour "complaire à tel ou tel sénateur centriste".
Les centristes souhaitent une augmentation de deux euros de la redevance en plus de son indexation sur l'inflation - ce qui conduirait à une redevance de 121 euros en 2010. Ils souhaitent également la suppression ou la réduction à 0,5% de la taxe sur les opérateurs télécom prévue par le texte pour compenser la perte de la publicité.
AFP - 12.01.09 | 16h46
22:55 Publié dans Majorité UMP-NC | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau centre, union centriste, maurey, copé
11.01.2009
Bourlanges : "les élections européennes seront gagnées par le MoDem"
Dans la chronique mensuelle qu'il signe dans L'Expansion, Jean-Louis Bourlanges fait le point sur la stratégie bayrouiste. Magnant un humour pour le moins acide pour son ancien ami, dont il démonte chaque élément fondateur de sa stratégie, il lui concède néanmoins un victoire probable lors des prochaines élections européennes. Tout en instistant sur l'impasse que constitue la stratégie d'alliance du MoDem et son absence de véritable projet politique.
Une histoire sainte
François Bayrou vit d'une certitude : le doigt de Dieu lui a touché le front. La divine providence a été inventée pour le porter à l'Elysée. Loin de l'abattre, les revers le stimulent : il n'est pas de résurrection sans Passion. La trahison de Judas, le reniement de saint Pierre, la dispersion des apôtres sont autant de signes de l'élection divine.
L'« entrée en résistance », n'ayons pas peur des mots, se fondait, pour François Bayrou, sur la prémonition d'un triple désastre. Chez le président du MoDem, il y a du Philipulus, le prophète de malheur de L'Etoile mystérieuse, dans « Les Aventures de Tintin », qui proclame la fin des temps et l'imminence du châtiment. Le désastre, en l'occurrence, ce serait d'abord celui de Nicolas Sarkozy, de l'usurpateur puéril et agité qui serait, comme dit l'Ecriture, « pesé et jugé trop léger ». Ce serait aussi celui d'un Parti socialiste privé de son âme, écartelé entre ses fantasmes et ses dérives, promis de science certaine à la cannibalisation générale. Ce serait enfin la déconfiture nécessaire d'une société asservie à l'idolâtrie du veau d'or. « Ça ne peut pas durer » : tôt ou tard se lèveront les orages désirés et sonnera l'heure du bayrouisme en majesté.
Il y avait dans ces promesses d'apocalypse quelque chose d'égolâtre et de mégalomane. Mais aujourd'hui, les fruits ont passé la promesse des fleurs. Certes, après un début de mandat calamiteux, Nicolas Sarkozy avait retrouvé, avec le calme au foyer, le ton juste, le rythme apaisé et le bonheur dans l'action. Et puis, patatras, voici que la hideuse crise traverse sa course, met à mal son discours, poisse le quinquennat et l'offre en victime expiatoire à un peuple malheureux et vindicatif.
Quant aux socialistes, inutile d'épiloguer. Reims est un antisacre. Le clergé a refusé l'étendard à Jeanne d'Arc, mais raté la mise à feu de la sorcière. Elle est toujours là, intacte et menaçante. Résultat, on passe des Valois aux Mérovingiens : Brunehaut contre Frédégonde, une guerre sans arbitre, la haine à l'état pur entre un passé mythifié et un avenir nébuleux.
L'heure du berger de Nay a-t-elle sonné ? La crise serait-elle sa « divine surprise », la revanche de Péguy sur les golden boys, le triomphe du tracteur sur le CAC 40 ? Politiquement, le dilemme est redoutable : comment gagner à gauche sans perdre à droite ? Comment faire du Mitterrand avec du Lecanuet ? Comment faire du collectif avec un homme seul ? Les élections européennes seront gagnées par le MoDem, mais elles laisseront dans l'ombre les deux questions majeures : celle des alliances et celle du projet. Or, non seulement aucun socialiste n'entend participer à une coalition dominée par les centristes, mais François Bayrou lui-même est ontologiquement allergique à l'idée d'alliance : dès que l'autre n'est pas un miroir, c'est un enfer. Quant au projet, il se décline comme une charade : mon premier est mon horreur du libéralisme, fût-il social ; mon second, mon impuissance majoritaire ; mon troisième, la vigilance corporatiste de la France de gauche ; mon quatrième, mon goût pour les fresques oratoires ; et mon tout, un immobilisme tempéré par la glose. Bref, l'observateur s'émerveille, le romantique s'émeut... et le réformateur souffre.
Jean-Louis Bourlanges - 01/01/2009 - L'Expansion
Lien vers la chronique sur L'Expansion.com
Ajout du 13/01/09
Sur son blog, Le centriste en vadrouille m'a fait découvrir un article de La Croix consacré à Jean-Louis Bourlanges. A lire d'urgence.
17:03 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bourlanges, bayrou, modem, élections européennes, européennes, centrisme





