24.01.2009
Le Nouveau Centre en débandade européenne
Le Nouveau Centre va très certainement s'abstenir de présenter des listes aux européennes. Il faut dire que ce parti héritier de l'UDF qui se dit le seul "génétiquement européen" a bien du mal à demeurer crédible sur le sujet...
Il y a bien l'amicale participation de Jean-Louis Bourlanges à la Ruche de Brigitte Fouré. Mais le grand Européen, qui a quitté le Parlement en janvier dernier, s'est bien gardé de rallier officiellement les néo-centristes. A partir de là, le Nouveau Centre, qui n'a pas non plus réussi à attirer Jean-Marie Cavada et son fan-club, se trouve sans véritable force politique ou intellectuelle en mesure de crédibiliser sa foi européenne. Brigitte Fouré semble une femme sympathique et de conviction, mais elle reste une grande inconnue qui doit l'essentiel de son parcours à sa proximité avec Robien, qui l'a choisi pour assurer l'intérim en mairie d'Amiens pendant qu'il torpillait sous les ors des ministères, sans en avoir conscience, un parcours jusque là sans faute.
Depuis des mois, le Nouveau Centre reste donc dans un situation pour le moins délicate. Crédité de 2 à 3% dans un sondage (la marge d'erreur comme le fit remarquer amicalement l'UMP), la tentation des militants de présenter des listes indépendantes apparaît suicidaire pour un parti qui a déjà bien du mal à exister. Des listes communes avec l'UMP reste donc la seule issue possible. Mais là encore, le NC part avec de sérieux handicaps. D'abord, il n'a pour ainsi dire aucune personnalité crédible à imposer. Au mieux, il peut juste exiger que Brigitte Fouré soit sauvée en étant présentée en place éligible sur la liste Nord-Ouest. Sa seule chance d'avoir un peu de visibilité aurait pu être la candidature de Valérie Létard sur cette même circonscription. Mais cette dernière a décliné l'offre pour se concentrer sur les régionales de 2010.
Conscient de ce constat peu engageant, le NC tente toutefois de maintenir une pression d'opérette sur l'UMP. Sa première arme est le suspense. Sans cesse repoussée, l'annonce de ses têtes de liste, qui se fera finalement après celle de l'UMP, ne sert plus qu'à démontrer que le NC n'avait pas grand monde à présenter. Il lui sera plus facile d'avancer des noms une fois que l'UMP aura confirmé qu'il ne lui réserve 2 ou 3 places en positions éligibles. L'autre arme de choc, fut médiatique, avec la réunion il y a quelques jours d'une 1re "Conférence européenne des Centres". Une réunion aussi réussie que le Carrefour des Centres, qui a quand même permis au NC de co-signer une résolution avec 7 partis "frères"... Enfin "frères", l'expression est un peu forte. Parmi les signataires, pour la plupart grands inconnus, on retrouve le parti portugais de l'aplat-ventriste Barroso, les conservateurs de la Nouvelle Démocratie grecque, le parti du peuple suédois de ... Finlande et un groupuscule démocrate chrétien italien... Pas très glorieux...
En plus, le fait est qu'à l'UMP, le cas "centriste" se pose plus largement que la question "Nouveau Centre". Le parti doit en effet également faire de la place aux amis de Cavada, à son courant centriste interne (Baudis servira ainsi de caution dans le Sud-Ouest), ainsi qu'aux radicaux de Borloo, particulièrement dragués en ces temps où Sarkozy tente d'imposer une centralisation de sa majorité au sein de l'UMP. Lui reste aussi à recaser les premières victimes collatérales de cet exercice, comme Alain Lamassoure, qui n'a pas été jugé une bonne machine électorale face à Baudis... Et puis qui sait, il n'est pas impossible qu'Arthuis et Mercier soient en train de négocier en sous-main quelques places, profitant du peu d'intérêt que les médias porteraient à cette tambouille et fort de leur pouvoir de nuisance au Sénat.
Le Nouveau Centre s'apprête donc à payer ses erreurs congénitales. L'équipée précipitée et individuelle des députés qui l'ont créé ne lui a pas permis d'agréger en son sein l'ensemble des centristes non-bayrouistes. Le centre "indépendant" de la majorité demeure une nébuleuse informe, fière héritière de l'UDF des Neu-Neus où chacun essaie de bomber le torse, pour que le seigneur de l'Elysée lui offre quelques victuailles électorales. La démarche exige, bien-sûr une bonne vaccination contre la peur du ridicule.
En fait, la direction du Nouveau Centre a depuis longtemps fait une croix sur les européennes. Elle se concentre depuis quelques mois sur les régionales de 2010 où elle est en capacité de présenter des candidats crédibles et où son influence dans les conseils régionaux a resisté mieux qu'ailleurs à la modemisation de l'UDF. De ce côté, les négociations vont bon train et l'UMP n'est pas insensible aux pressions. La perspective d'alliance PS-MoDem pouvant lui coûter un statu-quo électoral, alors qu'elle devrait logiquement en récupérer quelques unes, Raffarin n'étant plus Premier-ministre.
C'est la confirmation que le NC n'a d'avenir qu'en devenant un parti "génétiquement régional et local", un réseau d'élus locaux, qui tel le Parti radical en son temps se transformera peu à peu en une coquille plus ou moins vide selon le contexte politique ; terre promise des dissidents modérés d'une majorité dominée par les conservateurs.
16:10 Publié dans Le nouveau centre | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau centre, fouré, baudis, lamassoure, morin, sauvadet, centrisme






Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://partisocialliberaleuropeen.hautetfort.com/trackback/2012925
Commentaires
Ben si c'était vraiment l'Europe au coeur du sujet, une alliance PRG/MoDem/PSLE ?
Mais les hommes bloquent toujours leurs propres idées...
Écrit par : LCDM | 25.01.2009
Répondre à ce commentaireJolie formule :-)
Écrit par : Claudio Pirrone | 25.01.2009
Répondre à ce commentaireOn en reste à un débat essentiellement stratégique et tactique, où les questions de fond n'ont pas leur place.
Écrit par : Bob | 25.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Leroy-Morin | 26.01.2009
Répondre à ce commentaireJe le souligne, car ce n'est pas toujours le cas. ;-)
On retombe sur le même problème qu'il y a 18 mois. Le NC a été bâti sur une offre politique qui ne correspond à aucune demande, ou plutôt qui ne correspond plus à la demande.
A partir de là, il n'y a aucune solution viable, mais juste du cirque médiatique pour tenter de prolonger l'agonie.
Il est aussi illusoire de vouloir relancer "l'UDF des années 70", que pour Citroën de relancer en 2009 la DS d'il y a 30 ans... même si c'était une excellente voiture.
Écrit par : Bertrand | 26.01.2009
Répondre à ce commentaireAu NC il y a tjs des surprises étonnantes... Je ne vais pas faire dans le délit de sale-gueule, mais rien que la tête du leader italien en dit assez long sur la "nouvelle" démocratie chrétienne qu'il est censé incarné... Leur histoire est assez drôle, ils ont d'abord essayé de reprendre le sigle de l'ancienne démocratie chrétienne avant d'être finalement condamnés et contraint de changer de nom... Le représentant tchèque, de son côté a soutenu Vaclav Klaus à la dernière présidentielle... un véritable européen qui a le fédéralisme chevillé au cœur... Le représentant allemand de la CDU est en charge de la sécurité et de la défense au PE... d'où une certaine proximité avec le ministre de la Défense français avec lequel il pose sur son blog. Le représentant belge, vient juste de rejoindre son pays après deux ans d'exil suite à un redressement fiscal de 265 000 euros. Il a déjà recasé deux de ses fils en politique ;) Il est également soupçonné d'avoir été missionné par son parti pour nouer des rapports avec des partis en France au cas où la Wallonie nous serait rattaché lol
Je pense que tu devrais avoir quelque matière pour faire un article non ?
Bonne année à toi aussi !
A Bertrand
Merci pour les félicitations, mais je crois que l'on n'est malgré tout pas tt à fait d'accord. Sur le NC, on doit effectivement penser la même chose. Mais sur une nouvelle UDF à la seventies, je serais moins catégorique que toi. Je crois qu'il reste une demande politique pour une offre de centre-droit, une droite modérée si tu préfères, qui tempère l'UMP. Relancer la DS en 2009, c'est illusoire, mais regarde le succès de la NewBeetle ou de la FiatCinquecento... Une bonne ligne politique peut tjs renaître si on sait la remettre au goût du jour ;)
Écrit par : Bob | 26.01.2009
Répondre à ce commentaireQu'il y ait une demande pour une droite modérée, européenne, moderne, sociale en même qu'économiquement réaliste, oui, très certainement.
Par contre, je ne cois pas une seconde que le NC soit en mesure un jour d'incarner cette demande. Le NC est un parti mal né, au positionnement illisible, et de fait pieds et poings liés avec l'UMP.
Je crois beaucoup plus que cette demande puisse être représentée par un courant de l'UMP même, à condition qu'il réussisse à s'émanciper du Sarkozysme tout puissant. Pour le moment c'est assez mal parti de ce coté là.
Après, la deuxième question est la suivante : le MoDem pourra-t-il, maintenant qu'il a acté sa rupture avec la droite la droite UMP, représenter aussi ce courant ? Bref, agréger un centre droit modéré et un centre gauche modéré dans une même formation ? Il a contre lui d'avoir, dans un premier temps, attiré beaucoup de gens issus de la gauche. Mais il a pour lui le fait d'être un recours intéresant pour nombre de gens de droite peu séduits par les dérives actuelles de l'UMP et de son chef... et que la gauche rebute.
C'est à cette condition que la populaire Coccinelle deviendrait la New-Beetle "tendance" !
Écrit par : Bertrand | 27.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : LCDM | 28.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Bob | 28.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire