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11.01.2009

Bourlanges : "les élections européennes seront gagnées par le MoDem"

Dans la chronique mensuelle qu'il signe dans L'Expansion, Jean-Louis Bourlanges fait le point sur la stratégie bayrouiste. Magnant un humour pour le moins acide pour son ancien ami, dont il démonte chaque élément fondateur de sa stratégie, il lui concède néanmoins un victoire probable lors des prochaines élections européennes. Tout en instistant sur l'impasse que constitue la stratégie d'alliance du MoDem et son absence de véritable projet politique.

Une histoire sainte

bourlanges_2.jpgFrançois Bayrou vit d'une certitude : le doigt de Dieu lui a touché le front. La divine providence a été inventée pour le porter à l'Elysée. Loin de l'abattre, les revers le stimulent : il n'est pas de résurrection sans Passion. La trahison de Judas, le reniement de saint Pierre, la dispersion des apôtres sont autant de signes de l'élection divine.

L'« entrée en résistance », n'ayons pas peur des mots, se fondait, pour François Bayrou, sur la prémonition d'un triple désastre. Chez le président du MoDem, il y a du Philipulus, le prophète de malheur de L'Etoile mystérieuse, dans « Les Aventures de Tintin », qui proclame la fin des temps et l'imminence du châtiment. Le désastre, en l'occurrence, ce serait d'abord celui de Nicolas Sarkozy, de l'usurpateur puéril et agité qui serait, comme dit l'Ecriture, « pesé et jugé trop léger ». Ce serait aussi celui d'un Parti socialiste privé de son âme, écartelé entre ses fantasmes et ses dérives, promis de science certaine à la cannibalisation générale. Ce serait enfin la déconfiture nécessaire d'une société asservie à l'idolâtrie du veau d'or. « Ça ne peut pas durer » : tôt ou tard se lèveront les orages désirés et sonnera l'heure du bayrouisme en majesté.

Il y avait dans ces promesses d'apocalypse quelque chose d'égolâtre et de mégalomane. Mais aujourd'hui, les fruits ont passé la promesse des fleurs. Certes, après un début de mandat calamiteux, Nicolas Sarkozy avait retrouvé, avec le calme au foyer, le ton juste, le rythme apaisé et le bonheur dans l'action. Et puis, patatras, voici que la hideuse crise traverse sa course, met à mal son discours, poisse le quinquennat et l'offre en victime expiatoire à un peuple malheureux et vindicatif.

Quant aux socialistes, inutile d'épiloguer. Reims est un antisacre. Le clergé a refusé l'étendard à Jeanne d'Arc, mais raté la mise à feu de la sorcière. Elle est toujours là, intacte et menaçante. Résultat, on passe des Valois aux Mérovingiens : Brunehaut contre Frédégonde, une guerre sans arbitre, la haine à l'état pur entre un passé mythifié et un avenir nébuleux.

L'heure du berger de Nay a-t-elle sonné ? La crise serait-elle sa « divine surprise », la revanche de Péguy sur les golden boys, le triomphe du tracteur sur le CAC 40 ? Politiquement, le dilemme est redoutable : comment gagner à gauche sans perdre à droite ? Comment faire du Mitterrand avec du Lecanuet ? Comment faire du collectif avec un homme seul ? Les élections européennes seront gagnées par le MoDem, mais elles laisseront dans l'ombre les deux questions majeures : celle des alliances et celle du projet. Or, non seulement aucun socialiste n'entend participer à une coalition dominée par les centristes, mais François Bayrou lui-même est ontologiquement allergique à l'idée d'alliance : dès que l'autre n'est pas un miroir, c'est un enfer. Quant au projet, il se décline comme une charade : mon premier est mon horreur du libéralisme, fût-il social ; mon second, mon impuissance majoritaire ; mon troisième, la vigilance corporatiste de la France de gauche ; mon quatrième, mon goût pour les fresques oratoires ; et mon tout, un immobilisme tempéré par la glose. Bref, l'observateur s'émerveille, le romantique s'émeut... et le réformateur souffre.

Jean-Louis Bourlanges -  01/01/2009  - L'Expansion

Lien vers la chronique sur L'Expansion.com

Ajout du 13/01/09

Sur son blog, Le centriste en vadrouille m'a fait découvrir un article de La Croix consacré à Jean-Louis Bourlanges. A lire d'urgence.

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Commentaires

Quand Bourlanges dénonce le "goût pour les fresques oratoires " de Bayrou, il sait de quoi il parle.
En voilà un bel article, drôle, bien écrit (Bourlanges a été agrégé de lettres avant de passer l'ENA...) mais tellement creux sur le fond !
On retrouve le vieux cliché de la divine Providence (les socialos préfèrent parler de la fameuse prémonition que Mitterrand aurait soufflé à Bayrou), la même frilosité politicienne (voie du centre impossible - tiens, il a oublié de parler des institutions de la Vème) comme si faire de la politique n'avait de sens que dans les 2 grands partis ou leurs satellites, etc.
Mais une seule remarque ressort de ce joli verbiage : la prédiction sur le score des Européennes du MoDem. Puisse Bourlanges, si inspiré par les métaphores spirituelles, être un divin prophète !
Et l'on peut noter d'ailleurs - ce que je faisais remarquer il y a quelque temps - que la perspective des Européennes décante le jeu politique de Bayrou : nombreux articles, danse du ventre des Radicaux de gauche, incertitudes subites des néo-centristes convaincus qu'il n'y aura pas de place pour tout le monde au gouvernement et sur les listes UMP/NC... et jusqu'à ce cher Mercier qui fait ami-ami avec le centre-gauche au Sénat...
Quand il sera débarqué du gouvernement en juin, Hervé Morin va avoir du boulot pour tenir le NC.
Et à défaut d'avoir bouleversé la vie politique française, Bayrou a le mérite de présenter la seule liste pro-européenne forte, crédible, unie en juin. (car voter "Vert" avec DCB et Bové, c'est pas tout à fait la même chose).

Amitiés à Bob

Ecrit par : Vincent | 11.01.2009

Sur ta dernière phrase, que la liste MoDem soit pro-européenne c'est assuré, qu'elle soit crédible, c'est moins sûr. En 2004, il y avait Bourlanges pour la crédibilité, et quelques personnalités comme Morillon ou Cavada, dont on pouvait penser qu'elles joueraient un rôle permettant au moins de médiatiser le débat européen. Si Cavada a quelque peu réussi... Morillon est resté d'une inexistence médiatique quasi totale.
Ce ne sont pas Sarnez, Bennahmias ou Artigues, sans parler des députés européens transparents sortants (Beaupuy, Morillon, Griesbeck, Laperrouze, Lehideux) qui pourront compenser ce double handicap.
Tout reposera une nouvelle fois sur Bayrou. C'est ainsi que les centristes risquent de perdre ce qui faisait l'une de leur spécificité dans l'opinion (l'européisme) au profit d'une simple démarche de soutien à une personne (Bayrou).
Quant à Bourlanges, je lui conserve toute mon admiration. Il est bien peu de personnalités politiques qui, comme lui, se sont tenues à l'écart des calculs politiciens pour défendre des convictions et un idéal plutôt qu'une carrière. Il a aussi le seul à braver les militants et Bayrou en rejetant la création du MoDem lors du conseil national de l'UDF de mai 2007. Ses mots à l'égard de Bayrou sont durs et moqueurs, mais l'indépendance de son parcours me font penser qu'il ne les prononce pas par méchanceté, mais parce qu'il a le sentiment d'avoir été trahi par Bayrou dont il a été parmi les plus fidèles.

Ecrit par : Bob | 11.01.2009

merci de reprendre, sympa ta nouvelle banière

Ecrit par : LCDM | 11.01.2009

Bob, considérer "transparents" des gens comme Beaupuy (initiateur des programmes Leader +) ou Laperrouze (experte en matière d'énergie) est un peu dur, non ? Ou alors la seule chose qui compte est la médiatisation et je comprends mieux

Ecrit par : Claudio Pirrone | 12.01.2009

Pour Beaupuy et Laperrouze, je pense surtout à leur inexistence médiatique. Quant à leur expertise, si elle est réelle, elle ne me paraît cependant pas compenser l'expertise "généraliste" d'un Bourlanges, ou si l'on remonte à plus loin d'un Lamassoure, ou dans un autre camp celle d'un Olivier Duhamel.
Ce qui manque au MoDem (et aux centristes en général, le NC ou AD sont dans la même situation) c'est d'avoir quelques personnalités dont l'engagement et la carrière politique est essentiellement centrée sur l'UE et qui ne sont ni des "gadgets" médiatiques, ni seulement des spécialistes "techniques" de l'Europe.
Sarnez aurait pu avoir se profil, mais force est de constater qu'elle n'est pas considérée comme une députée européenne de haut-vol, certainement car elle passe la majeure partie de son temps à Paris et s'exprime essentiellement sur des questions de politiques nationales. Ce n'est pas critiquable en soi, mais cela ne lui permet pas de combler la perte d'un Bourlanges.

Ecrit par : Bob | 12.01.2009

Pas convaincu...

Bourlanges sait écrire, c'est évident. Mais à trop vouloir citer de références on finit pas être confus. Cela me fait penser à certains devoirs que je faisais naguère en philosophie, où mon plaisir était d'étayer avec les références les plus improbables possibles. C'est un vrai plaisir d'écriture, mais c'est pas toujours efficace !

Sur le fond, je ne suis pas du tout persuadé que le Modem sera LE gagnant des Européennes. Cette élection, comme souvent, risque de se jouer sur une question essentielle mais un peu annexe : quelles solutions crédibles pour la crise actuelle. ? Et sur une question accessoire : quel projet Européen et institutionnel pour y répondre efficacement.
Le Modem fera un bon score s'il est en mesure de répondre à ces deux inquiétudes. Y arrivera-t-il ?

Dernier point de désacord avec Bourlange : la crise financière (et conséquemment économique) actuelle n'est pas, comme il est de bon ton de l'affirmer une sorte de phénomène naturel imprévisible qui viendrait soudain offrir Sarkozy "en victime expiatoire à un peuple malheureux et vindicatif".
Cette crise est la conséquence de décisions politiques. Décisions bien entendu pas "franco-francaises", mais décisions politiques tout de même, prises à tous niveaux depuis 15 ou 20 ans.
Une crise financière est tout SAUF un phénomène naturel météorologique !

Le problème actuel de l'UMP - et ce faisant des autres "centristes" qui sont dans les esprits indissociales de l'UMP - est qu'ils ont toujours adhéré et défendu mordicus le système qui a abouti à ce résultat. Toutes les gesticulations médiatiques de Sarkozy pour "refonder le capitalisme mondial" n'y changeront rien. La conversion parait un peu trop rapide pour être honnête !
De l'autre coté, le PS est profondément malade et ne sait plus rien proposer.

Bayrou a pour lui d'être le premier "dans le camp de la droite" a avoir remis en cause certains dogmes. Ayant fait en quelque sorte son "examen de conscience" bien avant les autres, il en est devenu plus crédible.

Après, la question est de savoir s'il saura proposer un modèle de société - et très concrètement des mesures d'évolution au niveau Européen - qui répondront à cette attente. La challenge pour lui est là : passer du statut d'analyste assez visionnaire à celui de force de propositions réalistes.

LE gagnant des Européennes peut tout aussi bien être Olivier Besancenot, pour de toutes autres raisons...

Ecrit par : Bertrand | 12.01.2009

En tout cas, le passage sur Jeanne d'Arc et la sorcière m"a bien fait rigoler :-)

Ecrit par : L'Hérétique | 12.01.2009

A Bertrand

Je ne suis pas sûr que la crise était si prévisible que cela. Depuis l'été 2007, et la crise du crédit hypothécaire, elle était très probable à moyen terme. En raison des cycles économiques aussi... Son arrivée n'est peut-être pas si éloigné que ça qu'un événement météorologique. On savait qu'elle pouvait potentiellement arriver, quant à savoir quand exactement et quelle serait son intensité, je crois que personne n'a été en mesure de l'annoncer.

Maintenant, sur la responsabilité collective, tu as raison, tous nos dirigeants politiques, sont quelque part responsables de la situation actuelle. Y compris Bayrou, qui a quand même participé à des gouvernements, soutenu activement des majorités, et défendu une certaine idéologie libérale aussi fortement que le pendant "social" qu'il lui associait systématiquement. Ne serait-ce qu'avoir soutenu la construction européenne sans trop la remettre en cause, revient à être co-responsable de notre société capitaliste.

Comme tu le reconnais finalement, Bayrou n'est pas Besancennot, et il aura bien du mal à faire vraiment croire qu'il est un petit nouveau qui n'a pas mis les mains dans le pot de confiture du système qu'il dénonce aujourd'hui.

Maintenant, je ne crois pas forcément à une victoire de Besancennot. En temps de crise, si l'on peut avoir envie de sanctionner le système en place, on cherche surtout un retour à la stabilité, à la normalité. L'aventure "anti-capitaliste" de Besancennot ne me parait pas en mesure de répondre à la "grande peur de l'avenir" qui fait tressaillir presque tous les électeurs.

Perso, je parie plus sur un renforcement mécanique du PS et de l'UMP, et d'un bon score pour les listes qui se placeront à leur proximité tout en défendant un discours "différent" (Cohn Bendit et peut-être Bayrou). Besancennot fera certainement aussi un bon score, mais je ne le vois pas exploser.

Ecrit par : Bob | 12.01.2009

Bob,

concernant la crise actuelle, je me souviens d'un conversation que j'ai eu il y a 3 ans maintenant avec un ancien banquier. Ou plus exactement un type qui avait travaillé 30 ans en bourse, à Paris, Londres et NY sur à peu près tous les types de produits "sains" comme " plus ou moins pourris".

Il m'avait décrit a peu près exactement ce qui est en train de se passer. Je serais bien incapable de reproduire exactement son argumentation - beaucoup trop technique pour mon niveau en la matière - mais le scénario qu'il envisageait était à peu de choses près exactement celui auquel on assiste.

Pour lui c'était inéluctable, pour la simple raison que tout le système était bâti sur un colosse aux pieds d'argile construit dans un marécage. Le colosse étant le système financier américain... et tout ce qu'on a, nous pauvres béotiens, découvert après.

Et pour lui, c'était évident que l'Europe dans son ensemble allait prendre ça en pleine poire, tout simplement parce que nos "élites" de façon générale savaient mais ne voulaient pas savoir. En gros on se berçait d'illusions douceureuses à l'ombre du colosse. Il estimait la chute entre deux et 3 ans à cette époque.

Sur le moment, j'en étais ressorti persuadé d'avoir rencontré un modèle de pessimisme. Le fait est... qu'il avait raison d'un bout à l'autre.

Si un "modeste" même si probablement brillant intervenant lambda du système voyait aussi clairement les choses, il m'étonnerait qu'il ait été le seul, y compris aux plus hauts niveaux.

Ecrit par : Bertrand | 12.01.2009

Bertrand,

Je n'ai pas eu ce type de conversation, mais c'est vrai que depuis le dernier éclatement de bulle (celle de la nouvelle économie au tournant des années 2000), celle de la finance et de l'immobilier était plus ou moins annoncée.

Devons nous pour autant stigmatiser nos élites qui ne nous y ont pas préparé ?

Force est de constater qu'aucun candidat à la présidentielle, y compris Bayrou, n'a véritablement abordé le sujet durant la campagne présidentielle. Est-ce à dire qu'ils ont tous essayé de nous tromper sur l'ampleur du cataclysme économique qui nous guettait...

J'ai du mal à le croire. Je ne crois pas non plus qu'un Bayrou, s'il avait eu conscience de l'imminence de la crise, aurait tant que cela insisté sur la lutte contre les déficits par exemple. Si cette lutte reste primordiale pour nous redonner des marges de manœuvres, je ne crois pas qu'elle soit tenable à court terme, sachant que l'un des petits pansements que les Etats peuvent coller sur la plaie béante de la crise financière, reste justement de faire un peu plus de déficit budgétaire... Je ne crois pas non plus qu'une Ségolène Royal, et les socialistes en général, s'ils en avaient eu conscience, se serait privé de relancer leurs vieilles argumentations sur la nécessité d'amender le capitalisme mondial. Même au moment du paquet fiscal - qui a d'une façon entamer largement nos capacités à réagir aujourd'hui - aucun leader de l'opposition n'a principalement insister sur ce point. Et pourtant, le paquet fiscal a été adopté à la veille de la crise des subprimes. Il aurait été assez facile de sauter sur l'occasion pour utiliser ce type d'arguments.

Même les plus radicaux des anti-capitalistes n'ont jamais axé leurs critiques sur la perspective d'une crise. Soit ils ont remis au goût du jour la vieille critique de l'inefficience global du capitalisme pour sortir le monde de la pauvreté, soit ils ont mis en avant le changement de paradigme que constitue le réchauffement planétaire, soit ils ont diabolisé des symboles (OGM), soit enfin, ils ont prôné comme première étape une taxation des flux financiers... autrement dit, ils ont considéré de fait que le système financier avait un bel avenir devant lui, et qu'en attendant de pouvoir le mettre à bas, il convenait au moins de partager plus équitablement la création de richesse qui en résultait.

Si un Sarko ou un Bush avait tout intérêt à cacher une vérité qu'ils auraient connue, soit pour de bonnes raisons (le meilleur moyen de précipiter la crise est de reconnaître qu'elle va finir par arriver), soit pour de mauvaises (une foi idéologique dans le système), je ne vois pas ce que les opposants au système auraient eu à gagner à ne pas nous annoncer l'apocalypse.

Ecrit par : Bob | 12.01.2009

Bob,

concernant Bayrou, je me souviens l'avoir plusieurs fois entendu affirmer en 2006/2007 que le capitalisme financier s'effondrerait de la même façon que s'était effondré le communisme. Que les deux étaient, pour des raisons différentes, aussi fragiles.

Certes, il ne s'agissait nullement d'une analyse économique et financière étayée et objective, loin de là. Mais plus dans sa bouche d'une certitude née que les deux - de façons diamétralement opposées - annihilaient l'homme. Et qu'historiquement aucun système n'a tenu sur de telles bases. Je me souviens d'avoir assisté a un de ses meetings où il était parti dans une espèce d'envolée lyrique un peu surprenante sur ce thème.

Pour Bush ou Sarko, savaient-ils ? Ne savaient-ils pas ? On n'en saura jamais rien. Mais probablement les dogmes très forts auxquels ils se ratachent les auraient-ils rendus sourds à toutes les alertes éventuelles. Ce sont - ils s'en s'ont eux mêmes vantés souvent - des pragmatiques et non des intellectuels. Réagir aux évènements est leur moteur ; mais "penser" la société n'est pas du tout leur tasse de thé ! Les deux ont le même mépris feint ou véritable, mais en tous cas affiché pour les "intellos". La réalité ne les interessent que tant qu'elle correspond à leur schéma de pensée.

On est, malheureusement, rentré dans un système où seule l'action compte. Et où les visionnaires, les historiens, les philosophes aptes à analyser l'évènement, le mettre en perspective et le faire comprendre, n'ont pas leur place. Je ne parle pas là de Bayrou... qui n'est pas dans cette catégorie. Mais des intellectuels - de droite comme de gauche - qui ont (volontairement ?) été éjectés des abords du pouvoir.
Bref, il n'y a plus de vigies... car jugées inutiles.

Ecrit par : Bertrand | 13.01.2009

A Bertrand

Je partage totalement ton dernier commentaire sur le peu d'intérêt portés aux "intellectuels". Mais rassure toi, en France au moins, Guaino est là pour jouer les vigies ;)

Ecrit par : Bob | 13.01.2009

N'empêche, le ton est un peu amer, pour ne pas dire aigri...

Ecrit par : Christine | 13.01.2009

Bob,

Guaino est sans doute plus complexe qu'on veut le laisser croire.

Mais quand une vigie descend du mat pour participer à la manœuvre, le problème, c'est qu'il n'y a plus personne pour observer l'horizon !

"Et fo'cément ça ma'che plus !!! " foi de Baba !

Ecrit par : Bertrand | 14.01.2009

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