29.11.2008

Georges Frêche prédit une fusion du PS et du MoDem

John-Paul Lepers a interviewé Georges Frêche pour son site LaTéléLibre.fr. Frêche commence par enterré le parti de Blum et Jaurès et reconnaît que le PS doit devenir un parti de supporters. Puis il prédit que Royal prendra la tête du PS avant les présidentielles avec une très large majorité, et que suite à sa victoire face à Sarkozy, elle prendra Bayrou comme Premier-ministre avant d'unifier PS et MoDem au sein d'un "Parti démocrate"... Politique fiction d'un vieux briscard qui sait flatter les quelques MoDem de sa majorité municipale en vue des régionales ou récit visionnaire d'un vieux sage de la politique ?

Lien vers l'article sur LaTéléLibre.fr

27.11.2008

Francis Falala, ex-UMP soutenu par le NC pour la législative partielle reimoise

Les 7 et 14 décembre se déroulera à Reims une législative partielle suite à la démission de Renaud Dutreil. Traditionnellement acquise à la droite, cette circonscription pourrait bien passer à gauche tant la majorité y part divisée.

falala.jpgL'UMP a investi difficilement son candidat (Arnaud Robinet), le MoDem y sera représenté par Franck Noël un ancien adjoint de la majorité municipale sortante et le NC, après avoir soutenu sans succès l'investiture par l'UMP d'un divers droite (Jean-Pierre Fortuné), apporte son soutien à Francis Falala, qui fut député UMP de la circo jusqu'à ce que Dutreil lui soit préféré en 2007...

Le blog de Francis Falala

Un article du journal local L'Union qui tente de faire la synthèse de la stratégie de Courson

23.11.2008

Législative en Gironde : le MoDem ne profite pas de la crise au PS

Suite à l'élection de Marie-Hélène des Esgaulx (UMP) au Sénat, se déroulait aujourd'hui une législative partielle en Gironde.

Le candidat PS, François Deluga, arrive en tête avec 43.07% des voix, suivi par celui de l'UMP, Yves Foulon, à 40.95%. Suivent le CPNT (3.78%), Jacques Courmontagne du MoDem (3.57%), l'extrème gauche (3.22%), le PCF (2.31%), le FN (2.30%) et un divers droite (0.07%). Bilan pour le MoDem, une candidature inutile de plus dans un contexte bipolaire que la crise que vit le PS et l'impopularité de Sarko ne font pas vasciller. Mais bon, si le projet de Bayrou est de faire jeu égal avec le CPNT, ça reste jouable...

Article sur Le Figaro.fr

Le PS à l'heure des comptes

aubry-royal.jpgAu vu des résultats collectés vendredi soir, au vu de la dynamique incontestable dont a bénéficiée Ségolène Royal, au vu de l'échec du front anti-Ségo qui est pourtant à l'oeuvre depuis un an et demi, au vu des pratiques démocratiques douteuses qui ont longtemps été la règle en son sein et dont il reste forcément quelque chose, le PS aurait dû logiquement s'abstenir d'officialiser le résultat de l'élection de sa première secrétaire. Logiquement aussi, un second vote semble la seule issue potentiellement en mesure de départager réellement les deux candidates. Comment, en effet, le conseil national du PS, composé à 70% de membres issus des motions autres que celles de Royal pourrait légitimement délibérer alors que les militants ont eux-mêmes nettement désavoué leur vote aux motions...

Un centriste au secours du PS

Non, il ne s'agit bien sûr pas de François Bayrou ou d'un modemiste qui se retrouverait de gauche-malgré-lui, mais bien d'Alain Lambert, sénateur centriste membre de l'UMP. Il lance sur son blog un " SOS - Parti Socialiste - Aidons Martine et Ségolène à se départager ! ". Grâce à deux sondages, il permet de dire quelle candidate l'on souhaite voir devenir première secrétaire et si l'on est en faveur d'un nouveau scrutin pour les départager...

lambert_sos_PS.png

21.11.2008

"France socialiste... tout devient possible ici et maintenant"

C'était en 1977, quatre ans avant la victoire de Mitterrand... A quand une version tecktonik pour préparer le retour royal de la gauche en 2012 ?

18.11.2008

Catherine Morin-Desailly quitte le MoDem pour le NC

Membre du bureau exécutif du MoDem, son départ était effectif depuis fin octobre. MoDem et Nouveau Centre sont donc désormais à égalité au sein du groupe Union centriste (29 membres). Encore que de modemistes purs et durs, on n'en compte plus que 7. Les membres de Rassembler les Centristes, seraient au moins 6, en comptant la double appartenance de Mercier au MoDem et à la chapelle d'Arthuis...

morin_desailly_catherine04070g.jpgCommuniqué publié par le Nouveau Centre.

Un 9ème sénateur pour le Nouveau Centre

Catherine Morin-Desailly, Sénatrice de la Seine-Maritime (Haute-Normandie), élue en 2004 sous l’étiquette UDF, a rejoint le Nouveau Centre. Adjoint au Maire de Rouen de 2001 à 2008,  elle est aujourd’hui conseiller municipal de Rouen.

Très active sur les questions relatives à la culture, l’internet et l’audiovisuel, notamment, Catherine Morin-Desailly est Vice-Présidente de la commission des affaires culturelles du Sénat où elle siège au groupe de l’Union Centriste.

Ayant été membre de la commission « Copé» sur la réforme de l’audiovisuel public, elle sera rapporteur au Sénat du projet de loi relatif à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision.

17.11.2008

Convention nationale de Rassembler les Centristes

LOGO-RASSEMBLER-LES-CENTRIS.pngLe mouvement de Jean Arthuis se réunira ce samedi 22 novembre au Sénat de 10 à 13h. Bon ben voilà, c'est dit.

Site officiel de Rassembler les centristes

16.11.2008

Réforme des collectivités, le rendez-vous à ne pas rater (II)

Comme je l'expliquais dans un précédent billet, la décentralisation à la française, sans être un échec, est loin de pouvoir être assimilée à une véritable et sincère dévolution des pouvoirs au profit de l'échelon local. Sur l'impulsion de Nicolas Sarkozy, trois réformes sont en train ou s'apprêtent à lui redonner une chance, en remettant à l'ordre du jour quelques vieilles recettes dont rèvent bien des centristes.

woerth.jpgPremière réforme en passe de se concrétiser, la révision générale des politiques publiques (RGPP). Peu connue du grand public, cette réforme silencieuse a pour ambition de révolutionner, pour son volet local, l'organisation territoriale des services de l'Etat. Loin des réformettes du passé, il s'agit aussi de la première véritable traduction concrète de la fameuse Réforme de l'Etat, qui est censée être une priorité depuis que Chirac avait créé en 1995 un commissariat général en charge de la mener (et qui fut parmi les premières structures supprimée par Jospin en 1997). La réforme devrait aboutir à la fin de l'année au niveau local, et se concrétiser dès 2009. Au programme, la marginalisation du préfet de département. En effet, le niveau d'organisation principal des services de l'Etat devient la région. La réforme introduit logiquement, et enfin, une hiérarchie entre services régionaux et départementaux. Une hiérarchie qui touche même le préfet de département, qui sera désormais "sous la tutelle" de celui de région. La réforme conduit également à une profonde réorganisation des services déconcentrés, qui de la multitude actuelle de directions (DIREN, DDE, DDSVA, DDASS, DDTEFP, DRTEFP, DRASS, DRIRE, DDAF, ARH...) seront regroupés au sein de quelques grandes directions régionales. Au niveau départemental, il n'en existera plus que 2 à 3 maximum. Rapidement, la réforme est censée également se traduire par une concentration des moyens financiers et humains au niveau régional. Là, il faut être réaliste, si l'exercice sera aisé financièrement, le transfert de moyens humains devra certainement attendre les départs en retraite des fonctionnaires en poste.

Cette réforme ne sera pas sans conséquence pour les collectivités. Surtout au niveau départemental, qui sera le grand perdant.

Perdants, car les conseils généraux vont retrouver face à eux un "sous-représentant de l'Etat" qui sera contraint de faire valider ses initiatives au préfet de Région, ou, tout du moins, obtenir auprès de lui des moyens financiers et humains à même de répondre aux demandes des élus départementaux. Si la réforme réussit, c'est donc un véritable renversement des compétences qui se manifestera. Aujourd'hui, un président de conseil général a souvent plus de poids sur les services de l'Etat par l'entremise de ses bonnes relations avec le préfet, qu'un président de conseil régional qui se trouve face à un secrétaire régional aux affaires régionales qui n'a réélement prise que sur les financements issus des contrats de projets (ex-contrats de plan Etat-régions).

Perdant également car la RGPP va imanquablement se traduire par un désengagement des services de l'Etat au niveau local et départemental. Or, qu'il s'agisse des services aux collectivités ou du secteur médico-social, les conseils généraux sont en première ligne pour récupérer la charge financière des services qui ne seront plus assurés par l'Etat et qu'il devront reprendre à leur compte sous la pression des maires, en particulier dans les départements à dominante rurale.

marleix.pngDeuxième réforme en cours, celle de la carte électorale. Si elle ne concerne pas directement la décentralisation et les collectivités, elle se traduira là où elle s'appliquera par un effet colatéral sur les cantons. En effet, là où une circonscription législative sera redéfinie, les cantons pourront l'être également. Mais son impact sera marginal. D'abord parce que le redécoupage ne concernera pas l'ensemble des départements, et qu'il semble que la redéfinition des cantons se limitera à ceux des circonscriptions remodelées. On est donc très loin d'une réforme en profondeur de la carte électorale cantonale, pourtant nécessaire quand on connaît les grandes disparités qui existent à l'intérieur des départements et entre les départements. A titre d'exemple, je prendrai celui où j'habite. Le plus petit canton compte moins de 2500 habitants, le plus grands, plus de 30 000, alors que la moyenne devrait être autour de 14 500 habitants par canton. Dans un département limitrophe, très rural, cette moyenne (population divisée par le nombre de canton) n'est qu'à 7250 habitants, dans un autre, très urbanisé, elle est à plus de 35 000. Cette réforme limitée aux circonscriptions législatives est donc loin de restaurer l'égalité entre les Français pour leur représentation politique. Peut-être sera-t-il difficile de la laisser ainsi en jachère une fois que sera adoptée la réforme issue du comité Balladur.

balladur.jpgTroisième réforme en gestation, celle qui sera engagée sur les conclusions du Comité Balladur. Plusieurs scénarii sont susceptibles d'y être étudiés.

On parle de renforcement des partages de compétences au profit essentiellement de la région et des agglomérations et au détriment des départements. Ces derniers pourraient perdre les collèges, les transports interurbains (lignes de cars entre les villes), ce qui leur reste en matière de développement économique, au profit de la région, voire l'action sociale au profit des agglos.

On parle également d'une suppression partielle de la clause générale de compétence (qui permet à chaque niveau de collectivité d'intervenir dans l'ensemble des domaines qu'il juge utile à son territoire) dont résulte une bonne part du fouilli actuel. Là encore, on parle de la réserver aux régions et agglos, départements et communes devenant des collectivités "spécialisées". Le département serait spécialisé sur les aides sociales et les routes, la commune soumise à une "tutelle" générale au profit des intercommunalités.

Autre sujet à l'ordre du jour, celui de la fiscalité locale, l'antienne consistant à donner à chaque échelon un impôt qui lui soit propre. Ce serait la fin des parts communales, départementales, régionales et intercommunales sur les impôts locaux, dont l'effet déresponsabilisant pour les départements, régions et interco est désastreux.

plaque 44.jpgEnfin, il est bien sûr question de rationnaliser le nombre des échelons. Médiatiquement, cela s'est traduit par la suppression des départements. Pourtant, cette option ne semble pas véritablement à l'ordre du jour. Il sera plus question de supprimer des structures sans grands impacts comme les pays, de renforcer les intercommunalités et d'introduire une approche différenciée des structures locales en fonction des réalités locales. Plus clairement, il s'agirait par exemple que l'Île-de-France n'ait pas la même organisation territoriale que le reste de la France, que des départements très urbanisés puissent fusionner avec les agglomérations (ex. Rhône, Loire-Atlantique), que des régions soient regroupées (ex. les deux Normandies, Poitou-Charentes et Limousin...), ou qu'elles puissent fusionner avec les départements qui les composent (ex. Alsace, Corse, DOM, Nord-Pas-de-Calais...).

Même si toutes ses réformes n'atteignaient pas leurs objectifs (ce qui est probable), on peut dire que la France est certainement en train de vivre une considérable évolution de l'organisation de son administration territoriale. Les effets cumulés de la RGPP et de la réforme qui sortira du comité Balladur, pourraient bien modifier profondément le périmètre d'intervention, la configuration juridique et politique et le rôle dans la vie quotidienne des Français de leurs pouvoirs locaux. Le problème, c'est que les Français s'en foutent pas mal...

11.11.2008

Du "quatre-quarts" socialiste, Bayrou n'aura que les miettes.

Bayrou n'a pas résisté au plaisir de lâcher un bon mot suite aux résultats du vote des motions par les militants du PS. Qualifiant ce dernier d'un "quatre-quarts", Bayrou entretient la folle idée d'un PS moribond, au bord de l'implosion, dont il se propose d'accueillir les électeurs déboussolés. Si le PS est bel et bien divisé en 4 motions, Bayrou fait semblant d'oublier deux données essentielles : la remise en selle de Royal et la force de la machine électorale socialiste.

ségolène cherche.jpgEn effet, même s'il est un peu tôt pour savoir si elle parviendra à devenir premier-secrétaire, ce scrutin interne du PS aura une conséquence indiscutable. Il a relégitimé Ségolène Royal. Celle que les sondeurs et nombre de ses amis socialistes disaient plus ou moins finie, est arrivée en tête. Personnellement, je ne suis pas vraiment surpris. Je n'ai jamais cru que les 60% des militants socialistes qui l'avaient désignés en 2006 avaient pu fondre au point que sa motion n'arrive pas dans les deux premières. D'autant qu'après une campagne présidentielle pas si mal menée, elle incarne toujours pour nombre de militants et sympathisants, le chef virtuel pour lequel il se sont battus et qui reste parmi les mieux placés pour faire la nique à Sarko en 2012. On connaît bien ça au MoDem et au centre en général, c'est aussi dans les campagnes et les défaites que se forge ce lien irrationnel entre un candidat et ceux qui le soutiennent.

delanoe_royal.jpgEn plus de relégitimer Royal, ce scrutin met aussi certainement sur le carreau son opposant interne le plus dangereux : Delanoë. Même si les autres motions lui faisaient barrage en unissant leurs forces, Royal aurait beau jeu de se placer en victime de mauvais perdants, qui seraient bien en mal de lui opposer une figure présidentiable crédible. Si le "tout sauf Ségo" triomphait, il est probable que cela se ferait autour de Martine Aubry, qui a toutes les chances de se transformer en un Hollande-bis, accaparée par la gestion en équilibriste du parti, au détriment de la refondation du PS. Même dans ce scénario, Royal ne s'en trouverait que libérée et pourrait s'appuyer sur son réseau Désirs d'avenir pour préparer 2012.

Le PS est donc bien loin de l'implosion rêvée par Bayrou et qui reste le seul événement politique qui pourrait sauver la stratégie qu'il a choisi depuis 2005.

L'autre donnée que Bayrou fait semblant d'oublier, c'est la force de frappe électorale du PS. Même dans le piteux état qui est le sien depuis la présidentielle, le PS demeure la seule réelle force d'opposition aux yeux des Français. Encore mieux, il y est parvenu seul aux municipales, cantonales et sénatoriales, sans réellement avoir besoin de l'appui de ses partenaires classiques et encore moins de celui du MoDem.

Bayrou 3è homme.jpgAucun éléphant du PS n'est assez fou pour casser cette machine à l'aune du résultats du vote des motions. Le PS est divisé, comme il l'a toujours été depuis sa création, et peut-être moins si l'on tient comptede la très juste analyse de Mélenchon (ça me fait un peu mal d'être d'accord avec lui ;)). 80% du parti est désormais sur une ligne peu ou prou sociale-démocrate contre seulement 20% pour son aile gauche, qui sort affaiblie comme jamais depuis 2002. L'émergence de l'ex-rocardo-aubryste Hamon mise à part.

Qu'il soit à sa tête ou à ses marges, le PS a donc désormais un chef en la personne de Royal et fort de l'expérience des dernières élections intermédiaires il sait qu'il est toujours en capacité de capter les suffrages des Français. Du "quatre-quarts", Bayrou n'aura point le beurre, mais au mieux, quelques miettes... Encore que les miettes, jusqu'ici, sont plus parties chez Sarko qu'au MoDem...

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