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25.05.2008

Bertrand Delanoë, libéral et réaliste sur la stratégie du MoDem

Bayrou aura au moins réussi une chose, le MoDem sera présent au prochain congrès du PS. Les candidats au poste de Premier secrétaire ne peuvent éluder la question de la stratégie d'alliance du PS et de l'opportunité de trouver dans le MoDem un nouveau souffle se substituant aux partenaires de l'ancienne Gauche plurielle jospiniste... Après les yeux doux entre Ségo et François, puis les alliances socialistes-centristes aux municipales, dans une ampleur que l'on n'avait pas connu depuis les années 60, le PS doit clarifier sa stratégie.

Doit-il juste continuer à laisser venir les électeurs MoDem au second tour, sans afficher dès le 1er une alliance qui effaroucherait la frange dure de l'électorat de gauche ?

Doit-il considérer que Besancenot va capter durablement cet électorat, et qu'il est désormais illusoire de chercher à s'appuyer sur lui, et qu'il faut donc chercher l'oxygène chez Bayrou ?

Ou plus simplement, doit-il uniquement miser sur l'anti sarkozysme. Né plus rapidement que prévu dans l'opinion, la perspective du "on en a pris pour 10 ans minimum de Sarkozy" s'est éloignée. Le président s'est forgée un bonne réserve de déçus, qui n'ont pas rechigné, dès les municipales, à apporter leur voix au PS pour signifier leur opposition.

C'est certainement sur ce capital que va miser le PS. Mais il ne gagnera que s'il parvient à lui ajouter une dynamique constructive, avec un projet crédible, portée par un leader qui saura parler aux Français.

Extraits du texte de Delanoë "Courage, clarté, créativité : pour un grand congrès socialiste" 

376680412.jpg« Posons franchement les termes d’un débat que les circonstances électorales de l’entre deux tours des présidentielles ont lancé, qui a rebondi lors des élections municipales, mais auquel seules des réponses - dans le premier cas improvisée et non concertée et dans le second circonstancielles - ont jusqu’ici été apportées et que le congrès devra trancher, au fond cette fois : celui de la stratégie du parti socialiste et du sens de ses alliances politiques.

L’élection présidentielle de 2007 a incontestablement consacré la fin d’une époque pour la gauche. Les résultats parlent quasiment d’eux-mêmes: le PS à un score honorable de 25% au premier tour mais par captation d’un puissant vote utile, la gauche à un étiage historiquement bas, l’effondrement de nos partenaires communistes et verts qui n’incarnent plus une alliance victorieuse lors des échéances nationales et un centre qui réalise un score jamais aussi élevé à la présidentielle mais qui, depuis, n’arrive à exister qu’avec un seul objectif : affaiblir le PS tout en misant sur l’échec de Sarkozy pour se substituer à nous et incarner l’alternance en 2012.

[...] Nous devons travailler d’abord au rassemblement le plus large en notre sein de toutes les forces qui veulent ouvrir une alternative durable à la droite. Tout autre chemin, qui ne s’appuierait pas sur un parti socialiste plus fort, plus ouvert, plus influent, ne ferait que servir les intérêts de ceux qui, à l’extrême gauche ou au centre, fondent leur stratégie sur un affaiblissement du parti central de la gauche.

Les seules frontières de ce nouveau rassemblement sont entre ceux qui veulent participer à cette construction dans la société et à la formation de majorités nationales et locales et ceux qui se réfugient dans la contestation ou dans le refus du clivage entre la gauche et la droite.

Oui, les lignes doivent bouger dans le paysage politique français. Mais pour construire une offre politique nouvelle et pour susciter un élan identifié, à gauche.

Le congrès devra débattre du processus de travail de convergences et de rassemblement. Sans doute, le projet d’un grand parti de la gauche réformiste est l’idée neuve qui s’impose pour l’avenir. Mais avant d’en déterminer les formes, commençons par en faire grandir l’exigence en donnant au parti socialiste la capacité d’organiser le débat politique, de renouer les liens distendus avec la société, de travailler à une nouvelle dimension de nos relations avec les forces progressistes à l’échelle européenne et mondiale.

Il reviendra alors à celles et à ceux qui se définissent aujourd’hui comme centristes de choisir leur chemin. Qu’ils s’opposent vraiment, durablement, à la politique de la droite, qu’ils fassent sans ambiguïté le choix de la justice sociale et du progrès et le dialogue est possible. Mais dans l’état où est notre démocratie, malmenée par le Président de la République, que l’on ne compte pas sur les socialistes pour brouiller davantage l’image de la politique aux yeux des citoyens en la traitant, comme d’autres, comme un marché. »

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