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08.05.2008

Baromètre du FigMag : le MoDem ne convainc plus.

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Commentaires

Je n'avais pas vu ce baromètre. Il est clair. Depuis la création du MoDem, le pourcentage de bonnes opinions est en baisse. Après, n'est ce pas le cas pour tous les partis ?

Ecrit par : Thomas | 08.05.2008

Tiens, cela faisait un moment que tu n'avais pas tenté une "spéciale polémique" !

En fait c'est dommage que tu n'aies pas donné les courbes comparatives pour les autres formations, car c'est là que ça devient aussi intéressant qu'inattendu.

Sur la même période (mai 2007/mai 2008), les courbes de l'UMP, du MoDem et du NC sont à peu près identiques. L'UMP est à 36% et le NC à 17%. On peut donc suivre ta conclusion, et considérer qu'ils ne convainquent pas, ou plus.

Par contre, ceux qui - je reprend tes mots - "convainquent" le plus, sont les Verts (45%), le PS (41%), et dans une moindre mesure le PC (23%). Bref, dans les 3 cas, des formations qui, actuellement, sont plutôt muettes, et dont les "scores" n'ont rien à voir avec leurs résultats aux élections.

45% des sondés ont une bonne opinion des Verts. Combien parmi ces 45% seraient capables de citer une seule proposition défendue par les Verts ? Ou même de nommer une seule personnalité ?

Dommage que la LCR ne soit pas citée. On aurait pu s'attendre à un excellent score de sa part.

Situation un peu surréaliste !

Pour moi, tout cela indique plutôt une défiance extrêmement forte vis à vis des formations politiques. Ce qui n'est pas réjouissant, bien au contraire.

Ecrit par : Bertrand | 08.05.2008

Quelques commentaires, vu que je n'en ai pas fait dans mon post. Après savoir si un tel est à 40 et l'autre à 43... Ca ne m'intéresse pas bcp. C'est pour ça que j'ai mis un graphique de l'évolution, si j'avais voulu faire polémique, cher Bertrand, j'aurais fait comme dans le passé en titrant un "Près de la moitié des Français rejettent le MoDem" ;)

1/ Le MoDem a vécu son effet ciseau au mois de novembre, tout comme l'UMP dont la courbe de popularité a le même profil (en plus net) que celle du MoDem.
Que faut-il en conclure... surement que le MoDem n'est pas considéré comme une force d'opposition, mais un satellite de la majorité. En tout cas, il est vraiment étonnant qu'UMP et MoDem "décrochent" le même mois...

2/ Au moment où le MoDem confirme la majorité nette des mauvaises opinions, le PS vit son effet ciseau.
Que faut-il en conclure... surement que le PS commence à redevenir progressivement une force d'opposition crédible.

3/ Est-ce que les résultats du baromètre sont un signe de défiance vis à vis des formations politiques. Les Français ne crient leur amour pour aucun parti, c'est sûr. Mais ils ont n'ont pas la même opinion de chaque parti. L'évolution de l'opinion du PS est bien distincte de celle de l'UMP... Si le MoDem a une évolution, elle est bien sa propre évolution et non le résultat d'un sentiment de rejet globalisé à l'ensemble des partis.

4/ Quant au NC, ce qui est flagrant, c'est son manque de notoriété. Quand plus de 80% des sondés ont une opinion sur le MoDem, ils ne sont que 60% à en avoir une du NC...

Après ces quelques remarques, juste une explication sur mon terme "convaincre". Pour moi, c'est bien ce que traduit la courbe de popularité du MoDem. Un parti très populaire à sa création, qui déçoit rapidement, et qui devient de plus en plus impopulaire, alors que le contexte devrait lui être de plus en plus favorable, du simple fait de l'impopularité de Sarkozy.

Donc, oui le MoDem ne convainc pas, ni en terme de force de proposition, comme le montre son effondrement dès le mois de juin 2007, ni comme force d'opposition comme l'évolution de sa popularité le montre depuis novembre.

Ecrit par : Bob | 08.05.2008

Ouai... tout cela ne me convainc pas vraiment.

Le PS, quand on regarde les courbes sur une plus longue période, par exemple 2000/2008, est plutôt dans sa moyenne basse avec 41%. En fait, en 8 ans, il n'a quasiment jamais été en dessous des 40%, exception faite de la fin d'année 2007.
Il commence, un peu, à jouer son rôle d'opposant. Il remonte donc, mais il est encore loin de convaincre.

Les Verts ont un capital de sympathie toujours assez haut. Sur une période longue ils évoluent constamment entre 40 et 45% d'opinions positives. C'est assez curieux, car totalement déconnecté de leur efficacité électorale.

L'UMP a toujours été assez basse depuis sa création, exception faite de la période pré-présidentielle. Mais depuis c'est un peu la chute libre. Sans doute un effet Sarko, auquel s'ajoute désormais les dissensions internes. L'UMP a été conçue comme une machine à gagner les élections nationales, ce qu'elle sait faire. Mais en dehors de ces périodes, on se demande un peu à quoi elle sert...

Le NC a un problème, c'est qu'il a lié son destin a celui de l'UMP. Et que petit à petit, le rôle qu'il convoitait d'être un peu "l'opposition dans la majorité" est pris par l'UMP même. Bref il est inaudible, et le restera sans doute longtemps.

Le MoDem baisse aussi. C'est assez logique suite aux municipales, et à son discours à géométrie variable. Il lui faut désormais adopter une ligne politique claire s'il veut être de nouveau audible. D'un autre coté, évoluer entre 30 et 40% n'est pas non plus négligeable. Cela correspond grosso-modo à la côte moyenne de l'UMP.

Le PC est plutôt haut par rapport à son étiage normal. Il bénéficie de l'effet anti-sarko, bien qu'étant aussi totalement inaudible.

Bref, de tout cela on peut surtout tirer la conclusion que les partis attirent peu. Mais ce n'est pas tellement étonnant. De plus en plus - et ce phénomène s'est considérablement renforcé avec les dernières présidentielles - le choix se fait sur la personne et beaucoup moins sur tel ou tel parti. Royal et Sarkozy ont joué à fond la carte people. Bayrou aussi en partie. On a voté Royal sans être de gauche, on a voté Sarko sans être de droite, et on a voté Bayrou sans être centriste. Bref "on" a cherché l'homme ou la femme providentiel(le), sans trop prendre en compte son étiquette politique ; étiquettes que les deux principaux concurrents faisaient tout pour effacer !
Mais d'où les décalages qu'on observe de tous cotés entre les leaders et leurs formations politiques, dans un un sens ou dans l'autre. Bayrou bénéficie d'une cote de sympathie personnelle plus importante que sa formation ; Royal et Sarkozy moins importantes. Quant aux Verts, là aussi c'est un peu le mystère car le parti bénéficie d'un réel élan de sympathie sans qu'aucun leader n'émerge !

Ecrit par : Bertrand | 08.05.2008

Si tu regardes l'évolution du PS depuis le début du baromètre, il a un trait bien différent du RPR/UMP et de l'UDF.

Ces deux derniers ne connaissent des phases positives qu'à l'approche ou après leurs victoires électorales. Et sur des périodes très courtes.

Le PS, lui est très souvent dans le positif, y compris lorsqu'il est dans l'opposition, en particulier dans les années 70/80, dans sa phase émergente et gagnante. Ca se gâte dans les années 90 et depuis, il a adopté une courbe comparable au RPR/UMP et à l'UDF, avec quand même des phases plus longues dans le positif que les partis de droite et du centre.

Ce qui me parait notable pour le MoDem, c'est qu'il ne bénéficie effectivement pas d'un capital sympathie de force émergente, différente, alternative à la droite et à la gauche. Si le MoDem avait convaincu les Français sur son originalité et la novation qu'il constitue, il devrait avoir une courbe type Les Verts ou type PS des années 70.

La courbe des Verts, tu as raison est riche d'un enseignement. Les bonnes ou mauvaises opinions sur un parti n'ont pas de véritable influence au niveau électoral. Mais si l'on s'attache à celle des Verts, elle est au moins le signe que les thématiques qu'ils développent intéressent les Français. C'est moins selon moi les Verts qui suscitent de bonnes opinions que l'écologie à laquelle ils sont assimilés.

Ce qui me renforce dans l'idée que le MoDem a raté son entrée dans le paysage politique et qu'au delà de ses difficultés organisationnelles et stratégiques, il n'incarne aucune ligne politique qui puisse entraîné l'adhésion.

Au final, nous sommes assez en accord. Ce qui compte avant tout pour gagner une élection, ce sont les hommes et les femmes qui sont à la tête des partis. Et sur ce point, le MoDem est bel et bien un parti comme un autre.

Ecrit par : Bob | 09.05.2008

Je ne suis pas sur qu'il soit pertinent de comparer les courbes des partis des années 70 avec celles des années 2000.
Il y a des différences de contexte notables, dont la plus importante est sans doute que l'appartenance, presque héréditaire, à un clan - droite ou gauche - n'existe plus vraiment.

On se définissait dans les années 70 comme étant de gauche ou de droite avant tout. Aujourd'hui, parce que le contexte international a fait que les différences idéologiques se sont fortement atténuées, cette grille de lecture est devenue inopérante. Les clivages ne sont plus les mêmes, et traversent désormais les partis. On est "pro-européen" ou souverainiste, on est pour ou contre les régulations du système libéral, on est plus ou moins atlantiste, plus ou moins sécuritaire, etc... tout en pouvant sur chaque question se retrouver plutôt à droite ou plutôt à gauche, en fonction des échéances.

En gros, en 30 ans, on est passé d'un positionnement idéologique assez stable à un positionnement pragmatique beaucoup plus souple. Pragmatique ou opportuniste, au choix !

La faillite des idéologies a eu pour conséquence qu'effectivement le choix aujourd'hui se fait beaucoup plus sur la personne qui incarne le message que sur le message lui-même. Les premiers a avoir compris cette évolution sont sans doute Chirac et Juppé lors de la création de l'UMP. Subitement, l'ex-RPR "gaulliste" s'est transformé en Union pour la Majorité Présidentielle. L'homme Chirac devenait à lui seul le projet. Le candidat n'était plus le porte parole d'un projet idéologique, il en était le programme.

Sarkozy et Royal en 2007 ont poussé l'exercice jusqu'à son paroxysme. Il n'était plus question d'être de gauche ou de droite, mais d'être sarkozyste ou royaliste. Sarkozy subitement citait Blum, et Royal parlait de "centres éducatifs renforcés". Le monde à l'envers en quelque sorte !

L'inconvénient de cette espèce de pipolisation du politique, c'est ce qu'a vécu Chirac, et qu'est en train de vivre Sarkozy. Une défiance très rapide pour peu que le produit ne corresponde finalement pas à la pub. Or le produit politique, promotion oblige, ne correspond jamais à la réalité !

Aujourd'hui, celui qui bénéficie du système est Olivier Besancelot. Un récent sondage (du figaro je crois) indique que si la présidentielle avait lieu aujourd'hui, il serait crédité de 8% d'intention de vote. Pas mal !

Bayrou est dans une sorte d'entre deux. D'un coté il a bénéficié d'une certaine pipolisation, et d'un autre coté c'est celui, des 3 "grands" candidats de 2007 qui a tenu le discours sans doute le plus politique au sens d'idéologie. Et qui plus est un discours souvent complexe, voire compliqué. En tous cas le discours le moins prometteur, le moins "demain on rase gratis". Donc d'un coté l'homme - perçu comme intègre - séduisait, et d'un autre coté son discours était presque trop honnête pour être séducteur.

Ecrit par : Bertrand | 09.05.2008

Etant adhérant MODEM, je ne peux que partager l'analyse de Bertrand.

Si j'ai voté Bayrou, c'est avant tout pour couper le robinet à promesse (L'idéal centristes et ses analyses n'ont fait que de catalyser le vote).

Je ne sais pas comment réformer la France, et bien qu'étant MODEM (je pense que je renouvellerais), je ne sais pas si Bayrou serait un bon président.

Par contre, j'ai acquis la certitude que être élu avec un robinet à promesse est dangereux car au final, on ne crée que des déceptions.

Effectivement, le président élu sur le robinet à promesse a deux solutions:
- Soit trouver une excuse pipau (genre: en fait on a des ardoises) et faire une politique sérieuse de réforme. Mais dans ce cas là, il trompe les électeurs.
- Soit faire sa politique démagogique, mais dans ce cas là, le président est rattrapé par la réalité, et les électeurs finissent par être déçu.

Bref, j'estime que aujourd'hui, le plus important est de couper le robinet à promesse et en finir avec la maxime:
"Les promesses n'engagent que ceux qui y croient".

Ecrit par : Phil | 11.05.2008

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