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14.04.2008

Aux "manoeuvres" de l'Elysée : Bayrou répond "plébiscite"

Rénover la démocratie, la refonder, la réinventer... voici quelques uns des leitmotive du MoDem depuis sa création. Et pourtant, plutôt qu'un laboratoire de la démocratie, le Mouvement-qui-n'a-de-démocrate-que-le-nom semble définitivement voué à fonctionner selon un mode pour le moins césariste.

Et ce, en maniant deux arguments pour le moins spécieux. L'urgence de contrer les attaques venues du dehors, la patrie "centro-modemiste" étant en danger. L'urgence de répondre aux attentes des électeurs d'avril 2007 et des nouveaux adhérents MoDem.

Et ces deux arguments, sont systématiquement utilisés, indépendemment ou cumulativement, pour mettre fin à chaque embryon de débat.

Lorsqu'il s'agissait du conseil national du 20 mai 2007, l'argument avait du sens. Aujourd'hui, on ne voit pas bien ce qui pousse Bayrou à décider du jour au lendemain d'organiser un référendum interne pour confirmer la ligne d'indépendance du parti.

En fait si, il y a deux raisons à cela.

La première est médiatique. Comme il ne reste à Bayrou que le ministère de la parole, et comme les dernière enquêtes d'opinion le voient entamer une nette chute dans les sondages, Bayrou doit trouver un source de relégitimation médiatique après son échec aux municipales. Sa stratégie pour y parvenir tient en deux axes : victimisation (dès le soir de 2nd tour il s'est présenté comme une victime des manoeuvres de l'UMP et de Sarkozy qui auraient téléguidé le choix des électeurs palois) ; soutien militant (Bayrou doit rester le héro des militants du MoDem qui continuent à le soutenir au milieu de la tempête).

La seconde est politicienne et financière. Les sénatoriales ayant lieu en septembre prochain, il serait particulièrement bien venu que Bayrou se trouve relégitimé par les militants juste avant les vacances. Juste à temps pour discréditer pour de bon l'aventure du trio Arthuis-Mercier-Cornillet visant à rendre à l'UDF son autonomie.

La fuite dans Le Monde de la note de l'Elysée sera donc tombé à point nommé. Elle donne l'occasion à Bayrou-Sarnez (cette dernière est d'ailleurs sorti de son silence post-électoral pour s'exprimer hier sur le sujet) de tuer dans l'oeuf le débat interne qui semblait pouvoir naître suite aux municipales. Elle leur permet d'accélerer les échéances, de réduire la question à une réaffirmation de la ligne sans possibilité de l'amender et de caricaturer le contexte en créant artificiellement l'idée d'un MoDem assiégé de toutes parts.

Non, le MoDem n'est pas en proie à des dissenssions internes plus fortes que celles qui le traversent depuis l'origine. L'échec des municipales aidant, elles s'expriment juste avec un peu plus de liberté. 

Non, le MoDem n'est pas plus qu'avant dans la ligne de mire de l'UMP et de Sarkozy. L'UMP veut la marginalisation de l'UDF depuis 2002. Sarko veut celle de Bayrou depuis mai 2007. Rien de nouveau donc.

Non, les départs d'Arthuis, voire de la moitié des sénateurs, ne sont en aucun cas plus dangereux que ceux des députés. Au contraire. La véritable fracture avec les élus a eu lieu dès le lendemain des présidentielles. 

Non, Bayrou n'est pas la victime de l'Elysée. Il est avant tout la victime des Français. Ces satanés électeurs, qui n'ont pas été suffisamment nombreux à glisser son bulletin dans l'enveloppe en avril 2007 pour le pousser au 2nd tour. Qui ont été trois fois moins nombreux à le faire pour les candidats MoDem aux législatives un mois plus tard. Et qui n'ont pas vu en lui un renouveau pour Pau, en tout cas juste un peu moins qu'une candidate issue de la gauche du PS, ni en Marielle une bonne façon d'équilibrer la municipalité de Delanoé...

Mais, plutôt que de donner le temps au débat, d'aborder ce passage difficile avec sagesse et le moins d'amertume possible, Bayrou fait le choix du plébiscite, dans une posture qui se veut gaullienne, mais qui tient plus de l'enfant vexé par les railleries dans la cour de récréation, et cherchant le soutien de sa bande de copains.

Il va en rester bien peu, des arguments, à ceux qui essaient depuis des mois de démontrer que le MoDem ne se résume pas à l'aventure personnelle d'un homme.

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Commentaires

encore une fois, on joue les militants contre les élus. C'est efficace pour le rapport du leader avec ses militants, mais stérile pour l'influence politique du MoDem.

Ecrit par : le fond du bocal | 14.04.2008

Effectivement. Je ne pensais pas Bayrou capable de nous rejouer le coup de janvier 2006. En appelant à une "grande clarification" que veut-il dire ? Que l'UDF n'avait pas déjà adopté une ligne claire en 2006 ? Que le MoDem s'est créé dans l'ambiguïté ? Je trouve cet angle d'attaque pour le moins ridicule.
Il ne fait que démontrer une fois de plus que Bayrou ne sait ni gérer, ni respecter une opposition interne. Il reproche à l'UMP et au PS leurs stratégies hégémoniques, mais il ne fait rien d'autre que d'appliquer cette méthode en interne.
Pourtant, parmi les fondements des formations centristes, il existe l'attachement au pluralisme et la recherche du consensus.

Ecrit par : Bob | 14.04.2008

Je souscris totalement à cette analyse. Bien écrit, concis, clair, chapeau !

Ecrit par : Thomas | 14.04.2008

Désolé, mais j'ai du mal à comprendre cette levée de boucliers.

Depuis des mois, le reproche est fait à Bayrou d'avoir, lors du congrès constitutif du Modem, forcé la main pour que l'UDF se fonde dans celui-ci. C'est l'argument repris en boucle par certains, dont Arthuis en dernier.

Bayrou demande aujourd'hui aux adhérents des deux formations de trancher le débat, et ce faisant de valider ou invalider sa ligne politique. Je ne vois pas très bien ce qui est choquant dans la démarche. J'aurais même tendance à trouver cela plutôt sain (sans t !). C'est assez rare dans les formations politiques d'en appeler aux adhérents pour choisir la ligne politique pour être noté.

C'est pas très sérieux de crier systématiquement au manque de démocratie interne, et de crier encore plus fort quand, précisément, les adhérents sont appelés à s'exprimer sur les choix politiques du leader.

Ecrit par : Bertrand | 15.04.2008

Bertrand,

Qu'un parti fasse adopter sa ligne par ses adhérents est effectivement la base de tout fonctionnement démocratique. Tous les partis procèdent ainsi, y compris l'UMP dont la charte des valeurs a été adopté lors de son congrès fondateur.

La démarche de Bayrou est pour le moins étrange. Qu'est-ce qui justifie de faire à nouveau valider par les adhérents la ligne du parti après seulement 6 mois d'existence ?

S'il s'agissait de changer cette ligne, ne serait-ce qu'à la marge, alors oui, cela serait parfaitement légitime. Mais, là, il n'y a aucune question de fond à trancher, dans la mesure où Bayrou affirme depuis les municipales qu'il n'infléchira pas d'un millimètre sa stratégie.

Que peut-il proposer de plus ? Supprimer définitivement l'UDF ? Pourquoi pas, mais cette question est distincte de la ligne politique du parti. Et en toute logique, il faudrait aussi supprimer Cap21, ce que Lepage ne semble pas prête à accepter.

Alors de deux choses l'une. Ou la question est la suppression de l'UDF et Bayrou s'apprête à la biaiser en la faisant glisser sur un pseudo débat de fond. Ou la question ne porte que sur la réaffirmation de la ligne adoptée il y a deux ans, prolongée il y a un an avec la création du MoDem et finalisée il y a 6 mois avec sa fondation, et là encore, il n'y a en fait pas de question de fond.

L'intention de Bayrou ne porte pas sur le fond, mais sur la forme. Il s'agit bien principalement d'obtenir un vote d'adhésion sur sa qualité de leader. Une question que personne ne pose, pas même Arthuis ou Cornillet, qui ne critique que la gouvernance et la ligne suivi, sans remettre en cause le leadership évident de Bayrou.

Ecrit par : Bob | 15.04.2008

On va savoir combien d'adhérents du Modem veulent recréer l'UDF. xD
Bravo Bayrou. Tous ces notables du centre vont devoir apprendre à vivre sans leur rente.

Ecrit par : jeremy | 15.04.2008

@Bob,

que Bayrou cherche à entériner sa ligne politique en appelant au vote des adhérents, oui sans doute.
Mais sans connaître les modalités exactes de la procédure, il me semble avoir compris que seront appelés à se prononcer tous les adhérents MoDem, UDF, et j'imagine Cap21.

Le reproche qui a été fait à Bayrou - et que je partageais n'ayant pu alors moi même voter - était que lors du Congrès de Villepinte, seuls les adhérents présents pouvaient voter. D'où effectivement la critique faite par certains dont Arthuis, argumentant que Villepinte avait été en quelque sorte phagocyté par les "nouveaux MoDem" et quelques rares UDF en accord avec l'idée de fondre petit à petit l'UDF dans le MoDem. Critique justifiée.

La démarche de Bayrou aujourd'hui me semble tout ce qu'il y a de plus sain. Il demande à tous les adhérents de se prononcer sur une ligne politique. En gros sur l'indépendance ou pas du mouvement vis à vis des autres formations politiques, ou sur la continuation d'une stratégie d'alliance systématique avec l'UMP.

C'est une démarche on ne peut plus démocratique. Il va présenter une motion. D'autres sont invités à présenter leurs propres motions. En face à ces différentes motions, les adhérents trancheront. Une fois les résultats du vote connus, le porteur de la motion gagnante deviendra le leader naturel du mouvement. Ce qui n'empêche pas une opposition interne, mais cadrera les choses. Ceux qui seront en minorité auront le loisir de quitter la formation - s'ils considèrent que la feuille de route ne correspond en rien à leurs attentes - ou d'y rester pour faire entendre leur voix. Mais dans le respect du choix des adhérents.

C'est exactement ce qu'il se passe depuis des lustres au PS. Et il ne semble pas que les minoritaires au PS, les Emmanuelli, Mélanchon ou autres, soient muselés. Ils s'expriment même assez régulièrement et font vivre le débat interne. Mais ils le font en respectant la ligne politique choisie par la majorité.

Il ne s'agit donc pas de modifier la ligne choisie à Villepinte. Mais de faire valider ou invalider cette ligne par l'ensemble des adhérents et non par quelques uns uniquement. Quant à l'UDF, il a été acté à Villepinte que l'UDF se fondrait petit à petit dans le MoDem sur une durée de 3 ans. Rien ne semble avoir changé à ce niveau là. Mais libre à ceux qui souhaitent que l'UDF continue à exister en tant qu'entité autonome, au sein ou à l'extérieur du MoDem, de proposer une voie différente.

Sur la stratégie de l'UDF, n'en ayant jamais fait partie, je n'ai pas à me prononcer. Par contre, personnellement, je ne souhaite pas du tout que la motion Bayrou soit, à l'occasion de ce vote, plébiscitée. Qu'il gagne, oui. Mais disons dans des proportions « raisonnables » et non avec un score de 98%. Tout simplement justement pour permettre l'émergence de voix différentes, et donc le débat, et sein du mouvement.
Sur Arthuis et Cornillet, et le problème du leadership, je ne te suis pas. Cornillet a appelé à reconstruire le centre « sans Bayrou ». Pourquoi pas. Mais cela me semble quand même un peu remettre en cause le leadership de Bayrou, non ? Quant à Arthuis, il explique que le Modem est une secte, et ce faisant Bayrou un gourou. Pourquoi pas là non plus. Il a tout à fait le droit de le penser. Mais si ce n'est pas remettre en cause le leadership de Bayrou, alors qu'est-ce ?

Personnellement, je souhaite vivement qu'Arthuis, comme Cornillet, comme d'autres d'ailleurs, s'expriment véritablement à l'occasion de ce vote pour exposer leurs analyses et projets. Et j'espère qu'ils le feront, et qu'ils ne caleront pas au dernier moment comme en son temps Robien.
Et qu'à partir des différentes motions, les adhérents s'expriment à leur tour. C'est tout simplement ce qu'on appelle la démocratie interne. C'est ce qui se passe traditionellement au PS, beaucoup moins à l'UMP même si ils commencent à s'y mettre, et pour le moment, pas du tout par exemple au NC.

Ecrit par : Bertrand | 15.04.2008

La personnalité de Bayrou n'est pas en jeu: il est important de rappeler la ligne INDEPENDANTE de 2006/2007. Les élus ont tendance à l'oublier quand leur mandat vient à terme.

Ecrit par : jeremy | 15.04.2008

A Bertrand et Jérémy

Désolé, mais je ne crois pas que Bayrou cherche en toute honnêteté à trancher une question de fond. Le MoDem n'a pas la même structure interne que le PS ou l'UMP. Dans ces partis de rassemblement, la logique des motions a du sens. Au MoDem, les bayrouistes pèsent 98%, les autres 2%. Cela oblige à ne pas réduire la vie démocratique du mouvement à la démocratie directe. Le véritable esprit pluraliste, c'est savoir reconnaître que les 2% archi-minoritaires peuvent poser de vraies questions. Et cela consiste aussi à traiter ces questions en en débattant dans le respect mutuel. la démocratie, ce n'est pas que la dictature de la majorité, c'est aussi garantir que la minorité existe, qu'elle a les moyens de s'exprimer et qu'elle peut jouer un rôle réel dans le fonctionnement du parti.

Bayrou ne donne aucun espace vital à ses opposants internes. Il gère le MoDem en autocrate, sans qu'aucun autre dirigeant national n'est de véritable rôle à jouer.

Partant de ce constant, je trouve l'annonce de Bayrou outrancière. Surtout quand il prend le soin de préciser que si sa motion ne remporte pas la majorité, il quitte le pouvoir... C'est tout de même une drôle de façon d'introduire le débat ! A-t-on jamais vu un premier secrétaire du PS annoncer "si je ne fais pas 51% des voix au Congrès, je quitte la direction du PS. Pas question de m'abaisser à faire alliance avec une frange minoritaire du parti pour le gérer".

Car il est là le véritable fonctionnement démocratique d'un parti. Celui qui oblige plusieurs personnalités, incarnant des lignes distinctes mais compatibles, à composer ensemble sur une ligne de compromis.

La méthode Bayrou, c'est tout le contraire. C'est pousser les minorités vers la sortie, c'est marginaliser ou humilier ceux qui y restent.

Ecrit par : Bob | 15.04.2008

Heu, Bob, t’as déjà vu des motions à l’UMP toi ?!
Alors qu’aujourd’hui même Estrosi demande que les adhérents de l’UMP puissent quand même voter pour élire leurs dirigeants (et donc que ceux-ci ne soient plus nommés par le Président de la République) !

Sur le MoDem, tu as une lecture très orientée des évènements. Deux points posent problème : l’UDF doit-elle continuer à exister comme une entité indépendante ? Si oui, dans le MoDem ou hors MoDem ? Et d’autre part, le MoDem (et l’udf si elle existe encore et en fait partie intégrante) doit-il être sur une ligne politique d’indépendance vis-à-vis de l’UMP ou pas ?

C’est juste cela la question. A partir du moment où il existe un désaccord entre sur ces questions entre la direction actuelle du Modem et certains cadres de l’UDF, la meilleure solution me semble effectivement de trancher cela par un vote.

Pour le moment j’ai un peu de mal à comprendre la position d’Arthuis. Il veut que l’UDF continue à exister en tant que telle, ça ok. Mais là où j’ai du mal à suivre, c’est que je n’ai pas très bien compris s’il est pour que l’UDF rompe définitivement avec le Modem ou pas. Si oui, cela ne me paraît pas très compliqué de présenter ce projet aux adhérents UDF et de les laisser choisir. C’est à eux de décider. Et si non, sa position devient incompréhensible. Peut-on vouloir à la fois être dans le Modem en tant que parti et ne pas y être à titre personnel ?

Ta comparaison avec le PS est fausse. Le PS est depuis longtemps dans une culture de motions, et aucune motion n’est en mesure à elle seule de remporter 51% des voix. Il y a donc des alliances entre certaines. Mais une fois ces alliances réalisées, la motion qui l’emporte voit ses propositions adoptées par le parti dans son ensemble. Après, bien sûr que les gagnants peuvent « tendre la main » et travailler avec les autres courants dans, comme tu le dit « le respect mutuel ». Mais encore faut-il que ceux-ci le souhaitent. Arthuis ne me semble pas vraiment être dans cet état d’esprit là, au moins pour le moment. A moins de considérer que traiter son – toujours actuel – président de gourou menant une secte soit pour toi une preuve de respect.
Je n’ai jamais entendu au PS ni Melenchon ni Emmanuelli traiter de telle façon Hollande, avec qui pourtant certains affrontements furent durs. Mais sur des options politiques, pas sur des attaques personnelles. Arthuis – à la différence de Mercier par exemple – est sorti du débat d’idées pour rentrer dans l’injure personnelle. Et ce n’est pas à son honneur.

Tu fais bien grand cas de pas grand chose avec cette histoire. Simplement, il faut que le « cas » UDF soit tranché une fois pour toute, en ou hors MoDem. Et que la décision finale soit acceptée par tous, c’est tout. Il ne peut pas y avoir au sein d’une même formation des gens qui sont pour que l’UDF fasse partie du Modem et d’autres qui y sont opposés, des gens qui sont pour une alliance systématique avec l’UMP et d’autres contre, cela n’aurait aucun sens ! On peut après avoir des approches différentes sur beaucoup de points, mais il faut un minimum d'accord sur des sujets clefs.

Ecrit par : Bertrand | 16.04.2008

On a pas fini de se marrer !

Sauvadet appelle aujourd'hui "tous les centristes qui s'interrogent", issus de l'UMP, du MoDem ou de l'ancienne UDF, à rejoindre le NC" (...) Si les centristes de l'UMP ne se plaisent pas à l'UMP, qu'ils viennent nous rejoindre"

... tout en souhaitant que les relations entre NC et UMP se développent. A mon avis, c'est bien parti pour !

Ecrit par : Bertrand | 16.04.2008

A Bertrand

Sur Arthuis, nous sommes d'accord depuis longtemps. Cet homme est difficile à suivre et sa stratégie n'a pas bcp de sens. Je pense qu'en son for intérieur, il rêverait de pouvoir prendre le contrôle d'une UDF-tiroir-caisse au sein du MoDem...

Sur la vie des motions au PS, tu oublies une étape essentielle. La synthèse. Contrairement à ce que tu dis, c'est en général une agrégation de motions qui prend le contrôle du PS. Cela garantit un certain pluralisme dans la direction, et une réelle opposition.

Sur l'UMP, bien évidemment le système est différent et moins démocratique. Il est l'héritage du RPR. Les militants élisent directement le président et les instances locales. Le président nomme la direction nationale et les secrétaires des fédérations. Cependant, il faut reconnaître que l'UMP représente une véritable avancée démocratique par rapport au RPR. En tout cas jusqu'à la présidentielle. Elle a été pendant 5 ans un vrai lieu de débat, et encore aujourd'hui, il est possible d'être villepiniste ou plus simplement anti-Sarko, tout en étant membre de l'UMP. C'est en cela que les élus ont aussi un rôle majeur à jouer dans la vie démocratique d'un parti. Si les militants de l'UMP sont très majoritairement afidés à Sarkozy, il existe une véritable expression d'une opposition interne à travers certains élus.

La stratégie appliquée par Bayrou depuis 2002 s'appuie sur un soutien indéfectible des militants (comme à l'UMP) et une exclusion progressive des élus opposants.

Pour finir, et revenir au début de ton comment, je ne suis pas d'accord avec les "deux points qui posent problèmes" que tu présentes. La question de l'indépendance vis à vis de l'UMP ne se pose, la stratégie est actée par l'existence même de l'UDF depuis 2002 et tranchée depuis janvier 2006 quant à sa teneur (une indépendance totale).

La seule question qui demeure est effectivement de savoir le sort qu'il convient de réserver à l'UDF. Doit-elle disparaitre définitivement, conserver une existence juridique transitoire ou devenir une véritable composante ou structure associée, comme le sont les radicaux au sein de l'UMP ?

Le problème, c'est que Bayrou ne pose justement pas cette question.

Ecrit par : Bob | 17.04.2008

Sur le PS, effectivement, il y a la systématique synthèse, avec comme « grand synthétiseur » depuis 10 ans François Hollande. Mais, la synthèse est faite à partir de motions basées sur des divergences politiques mais qui ont toutes un fond commun. Aucun courant, des plus à gauche aux plus sociaux-démocrates, ne remet en cause le fonctionnement même du parti et leur participation à celui-ci. Ce n’est pas tout à fait le cas du Modem où une partie de l’UDF conteste, elle, l’existence même du MoDem, ou au moins la participation de l’UDF au sein du MoDem.
D’autre part, le principe de la synthèse telle que pratiquée au PS a peut-être désormais trouvé sa limite. A vouloir systématiquement aboutir à une synthèse, y compris sur certains points où les fractures politiques sont béantes, le message du PS au niveau national est devenu inaudible.

Sur l’UMP, à sa création, il y a eu volonté effectivement d’introduire petit à petit un minimum de démocratie interne. Je ne suis pas persuadé que cela soit toujours le cas. Et le refus de Sarkozy de permettre l’élection par les militants d’une nouvelle équipe de direction est un mauvais signe. Il militait il n’y a pas si longtemps pour que l’UMP se dote d’un président élu par les adhérents. Depuis qu’il n’occupe plus ce mandat, il y est opposé !

L’UMP a conservé un certain nombre de pratiques qui sont d’un autre âge. Petit exemple récent que je connais bien. A Nantes, aux municipales, la liste UMP conduite par Sophie Jozan a obtenu 9 sièges. La veille du premier Conseil Municipal, celle-ci a réuni tous les élus de son groupe pour leur demander de signer en blanc une lettre de démission pré-établie. Sur les 9, un était un centriste ex-UDF, non encarté, mais très gros bosseur et très introduit dans les milieux économiques locaux. Bref, c’était un peu la caution centriste et économique de cette liste. Le type a été tellement outré de cette pratique que le lendemain même il convoquait une conférence de presse… et rejoignait le groupe MoDem !

Sur l’UDF, certes la ligne d’indépendance a été actée, en 2002, puis surtout en 2006. Mais on se rend compte désormais que visiblement ce que Bayrou mettait sous le terme indépendance, et qui a été compris par une très large majorité des adhérents, n’est pas tout à fait la même chose que ce que Arthuis ou d’autres y mettaient. Le premier parlait d’indépendance totale, les seconds ont compris autonomie, au même titre que le NC est « autonome » vis-à-vis de l’UMP.

Quant à savoir si l’UDF doit disparaître définitivement, ou conserver une existence juridique propre au sein du MoDem, personnellement je n’ai pas d’avis bien arrêté. La solution actée à Villepinte avec une période transitoire de 3 ans et un groupe chargé des intérêts de l’UDF durant ce temps ne me semble pas absurde. En tous cas c’est la stratégie qui a été adoptée. Je ne vois pas trop l’intérêt de revenir constamment sur cela. Il ne me gênerait pas outre mesure que l’UDF perdure au sein du MoDem, mais à la condition qu’elle soit véritablement alliée, et non qu’elle se présente en concurrente interne visant à faire capoter le projet global.
La stratégie actuelle d’Arthuis par exemple me semble totalement inefficace. Il aurait beaucoup plus de poids s’il jouait le jeu en interne et visait à être le porte parole du centre-droit à l’intérieur même du Modem, plutôt que de tenter une attaque de l’extérieur, en opposant l’UDF « historique » et la « secte MoDem ».

Ecrit par : Bertrand | 17.04.2008

C'est Ataraxosphere qui me dit de commenter ici, bien que j'avais déjà lu. Je vais faire une réponse de centriste : je suis d'accord avec toi sauf à la fin. Là je rejoins Bertrand : tant mieux si un poil d'ordre peut être donné. Celle que je voterai est uniquement celle-ci : "le centre n'ayant pas vocation à être majoritaire, sauf exception notable, une alliance avec les partis républicains de gauche comme de droite est possible à partir du moment où les militants sont consultés". Moi le psycho drames de tous ces cons d'adhérents au second tour qui se disent "démocrates" en refusant par principe de voter gauche (un peu) et droite (surtout) ça me fait gerber. Quelle hyprocrisie.

Voilà, s'il nous fait du blabla genre "yaouuuu démocrate nous sommes" alors là sans moi.

Ecrit par : Le Petit Grognard | 19.04.2008

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