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11.04.2008
Et si Sarko avait surtout peur d'un Borloo fédérateur du centre ?
Le Monde publie le texte intégral d'une note (attribuée à Dominique Paillé qui a démenti en être l'auteur) qui fait le point sur les tractations en cours pour pousser les sénateurs centristes à rompre définitivement avec François Bayrou.
On peut en tirer plusieurs enseignements.
L'UMP ne compte plus sur le NC pour rallier les centristes, mais sur les chances d'Arthuis et de Mercier de parvenir à rendre à l'UDF son autonomie face au MoDem.
Au sein de l'UMP, Méhaignerie a bien été investi de la mission de raviver les réseaux centristes du Grand Ouest.
Borloo rêve de fédérer sous sa personne les centristes, sans semble-t-il réussir à convaincre.
C'est pourtant cette dernière option qui serait certainement la plus dangereuse pour Sarkozy et Bayrou, dans la mesure où elle placerait le rassemblement du centre sous l'égide d'un leader crédible. Et si les manoeuvres de l'UMP visaient moins Bayrou, qui a du depuis longtemps intégrer une rupture à terme avec les UDF historiques tant elle paraît inéluctable depuis la création du MoDem, que Borloo qui nourrit de légitimes espoirs de pouvoir concurrencer un jour Sarkozy sur sa gauche ?
" 1) Plusieurs mouvements récents dans la famille centriste sont à noter.
Votre proposition à Michel Mercier pour appartenir officiellement à la majorité présidentielle a sans doute été un déclencheur puisque le président du groupe UC du Sénat ne s'en est pas caché.
Les ministres centristes (Hervé Morin, Valérie Létard, André Santini – Christian Blanc se tient à l'écart) ont alors redoublé d'assiduité auprès des sénateurs centristes pour leur proposer une alliance plus claire au sein du Nouveau Centre. Le petit groupe prêt à le faire atteindrait aujourd'hui le tiers de l'effectif.
Depuis le lendemain des élections municipales, Michel Mercier a fait savoir à François Bayrou et Marielle de Sarnez qu'il ne les suivrait plus dans des opérations-suicides et sectaires et que c'était là sa responsabilité de trésorier à la fois de l'UDF et du MoDem.
Jean Arthuis, dans une interview au Journal du dimanche, est venu s'aligner pratiquement mot pour mot sur la position de Michel Mercier.
Thierry Cornillet, député européen centriste, que vous avez reçu, a de son côté publié un manifeste pour le Centre qui constitue à la fois une proposition et une analyse pertinente de la situation : le Nouveau Centre ne recrutera pas plus, par contre il est possible de retravailler dans le cadre de l'UDF historique sans François Bayrou.
Dans le même temps, de nombreux élus dans le Grand Ouest, maires de petites villes (Douarnenez, Concarneau, Landerneau, Quimperlé) ne s'affilient pas au Nouveau Centre mais se réclament de l'Union centriste. Pierre Méhaignerie, comme il vous l'a d'ailleurs dit, les encourage dans ce sens. S'ils ne veulent pas venir à l'UMP, il préfère qu'ils n'aillent pas non plus au Nouveau Centre.
2) Derrière ces mouvements variés, plusieurs constantes peuvent nous permettre de continuer à compter sur l'ensemble de la famille centriste pour la recherche d'une majorité au Sénat et d'une majorité au Congrès.
Michel Mercier souhaite sincèrement être ministre et reste très intéressé par la possibilité pour un parlementaire de retrouver son siège directement, comme l'avant-projet de loi constitutionnelle le prévoit.
Jean Arthuis veut conserver la présidence de la commission des finances en septembre prochain.
Pierre Méhaignerie veut rester la référence centriste au sein de l'UMP.
Enfin, il est clair qu'à quelques semaines du versement aux partis politiques de la dotation publique de l'Etat, les sénateurs centristes et de nombreux élus locaux ne veulent plus en faire bénéficier François Bayrou et Marielle de Sarnez, sans pour autant apporter tout cela au Nouveau Centre.
En conclusion, il est possible dans les semaines qui viennent que les UDF centristes historiques récupèrent même matériellement le siège du parti et tous les actifs qui y sont, lesquels appartiennent toujours formellement à l'UDF. Nous nous retrouverions alors avec un parti centriste supplémentaire (l'ancienne UDF) entre le Nouveau Centre et le MoDem.
3) Il est clair que, depuis plusieurs semaines, cette analyse a été faite par Jean-Louis Borloo et son secrétaire général, Laurent Hénart. Le ministre d'Etat multiplie les entretiens et les déjeuners avec l'ensemble de cette mouvance et tente, en vain jusque-là, de la fédérer à son profit.
Dans ce contexte, la réunion que vous présidez [mercredi 9 avril] avec la majorité présidentielle n'en est que plus opportune."
Lien vers l'article sur le site du Monde
00:21 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, modem, nouveau centre, sarkozy, centrisme





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Commentaires
Donc, en gros, exit le NC qui n’a pas réussi et semble de moins en moins en mesure de fédérer les « centre droit ».
Sur l’UDF, quelle que soit la tournure que prendront les évènements, on voit mal quel leader pourrait s’imposer de façon crédible, et rendre cette formation attractive. Ni Arthuis ni Mercier en tous cas. Arthuis est indéniablement compétent, mais ce n’est pas un leader. Pas plus que ne l’était Robien qui lui aussi a tenté sa chance auparavant.
Quant à Mercier, il « tient » une partie des élus, mais ce n’est pas suffisant. Et manque dramatiquement de charisme. Mercier, c’est l’incarnation de ce qu’on appelait le centre mou.
Borloo ? Il aurait sans doute pu jouer cette carte il y a quelques années. Mais en dehors de la sympathie dont il bénéficie, je crois qu’il est désormais, depuis qu’il a pris la présidence des radicaux, beaucoup trop assimilé à l’UMP.
Ecrit par : Bertrand | 11.04.2008
Ces mouvements de sénateurs sont palpitants. On sent vraiment que quelque chose est en train de naître dans le pays. Et tout ça, sans militants ni vote.
Boorlo? Après s'être fait autant baladé aux législatives (TVA sociale, récupération d'un ministère en urgence), il aura du mal à fédérer des gens en dehors de la Sarkozie.
Ecrit par : jeremy | 11.04.2008
l'analyse est intéressante. Je t'ai d'ailleurs mis en lien dans ma dernière note.
Ecrit par : MIP | 11.04.2008
Seul l'avenir le dira mais il est clair qu'un espace existe en Sarkozy et le MoDem. Si F. Bayrou ne peut plus l'incarner et qu'un autre homme (ou une femme...) peut le faire ce sera peut-être le début de la fin du sarkozysme. Tout cela bien sûr dépendra aussi du bilan du premier mandat de ce cher Nicolas en 2012.
Ecrit par : Mike | 11.04.2008
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