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22.03.2008

Ségolène reste la seule à pouvoir faire gagner le PS.

On entend souvent que le PS est aujourd'hui dans une situation très délicate. Dissensions entre les chefs putatifs, pacte idéologique à réactualiser, stratégie d'alliance inefficace. Même chose pour l’UMP dont certains stigmatisent l’atelage artificiel et de moins en moins crédible de tendances politiques bien différentes. Et cette situation n'est pas sans conséquences sur le centre. Beaucoup au MoDem sont en effet persuadés que l'avenir du PS passe par le parti de François Bayrou. Soit il en sera le meilleur allié, soit l'héritier de la droite du PS. Mais leur erreur est certainement de plaquer la culture centriste de l’« entre-soi » à des logiques partisanes de rassemblement.

Au centre, on aime rien mieux que la chapelle. Ce lieu intime où l’on se retrouve entre personnes qui pensent pareil et qui sera l’embryon d’une grande cathédrale. Bayrou surfe d’ailleurs sur ce trait de caractère bien centriste. Plus de personnes quittent le centre, mieux c’est. Plus la chapelle sera pure et exiguë, plus la cathédrale sera vaste et sacrée. Mais analyser le PS et l’UMP à travers ce prisme centriste est une lourde erreur. Car la droite et la gauche ne se constituent pas à partir de chapelles. Elles sont le fruit de la réunion de plusieurs courants. Qui ne sont pas d’accords sur tout, mais coulent dans le même sens.

En apparence, le PS est plus que jamais la victime de ses dissensions idéologiques. En fait, rien que de très banal. Le PS rassemble depuis l'origine une gauche socialiste favorable à une alliance avec l'extrême-gauche, la deuxième gauche rocardienne, des transfuges trotskistes, des sociaux-libéraux et une gauche républicaine qui verse facilement dans le souverainisme, le populisme voire le nationalisme.

Côté UMP, le RPR était déjà un attelage très disparate, entre souverainistes, gaullistes de gauche, gaullistes légitimistes, pompidoliens, chiraquiens sans foi ni loi et libéraux-non giscardiens... Même l'UDF n'était pas très homogène entre libéraux et indépendants d'un côté et modérés et centristes de l'autres, les divergences idéologiques n'étaient pas absentes.

Au contraire, ces deux grandes formations sont plus homogènes aujourd'hui qu'hier. Au moins sur le fonds.

Au PS, le quatuor Delanoé-Royal-Hollande-Fabius est plus homogène idéologiquement que ne pouvait l'être Chevènement-Mitterrand-Rocard-Poperen. Le PS est aujourd'hui cimenté par un consensus sur l'économie sociale de marché.

A l'UMP, les différences sur le fonds entre Juppé-Villepin-Sarkozy-Borloo, sont bien moins fortes qu'entre Pasqua-Chirac-Giscard-Lecanuet dans l’RPR/UDF d’hier. L'UMP est unie par un libéralisme social et européiste. La ligne de l’UDF d’antan en quelques sorte, avec une prime nette pour les thèses libérales.

S'il existe des différences, c'est sur la forme, sur les stratégies d'alliance, et surtout, surtout quant aux personnalités des différents leaders. Mais là encore, cela a toujours existé. Entre Rocard et Mitterrand, ni la forme, ni la personnalité, ni la stratégie n'étaient sur le papier compatibles. Même chose à droite. Et pourtant ni le PS, ni l’UMP n’ont éclaté par le passé. Même pas quand le PS s’est retrouvé écrasé en 1993, même pas après la fracture profonde entre balladurien et chiraquien au sein de la droite en 1995.

Ce qui éloignent PS et UMP, c'est que la droite assume totalement son évolution idéologique, son programme libéralo-centriste faisant quasi l'unanimité. A gauche par contre, l'évolution n'est pas assumée, et le problème reste que l'idéologie du PS n'est pas compatible avec celles des formations politiques à sa gauche.

Pour l'UMP, il est toujours possible de draguer à sa droite. Avec des thématiques sécuritaires, un peu de populisme, quelques postures conservatrices sur les valeurs traditionnelles, il est facile à la droite de parler à l’électorat situé à sa droite sans remettre en cause l’essentiel de son corpus idéologique. Tout simplement car sur les questions économiques, il n'y a pas d'antagonisme majeur entre l’UMP et la droite de l’UMP. Pour les même raisons, cela ne le coupe de l’électorat de centre-droit. Le seul point d'opposition qui demeure au sein des droites est l'Europe. Mais cela joue à la marge et n’est plus, depuis que les souverainistes ont quitté l’UMP, une source de fracture interne, comme du temps de Pasqua-Séguin.

Pour le PS, parler à sa gauche revient à dire le contraire de son fonds idéologique social-démocrate. C’est manier un vocabulaire révolutionnaire, faire des références implicites à l’idéologie marxiste, anti-capitaliste et anti-mondialisation qui forge la gauche de la gauche. Même difficulté pour les questions européennes, qui sont depuis le référendum de 2005 une source de cristallisation des oppositions au sein des gauches. Plus grave, contrairement à l’UMP, ces lignes traversent le PS en interne. Dès que le PS adopte un discours « gauchisant », il se coupe en lui même et se coupe du centre-gauche. Au final le seul point d'accord entre toutes les gauches restent les questions sociétales, qui pèsent peu dans le débat public au final.

C'est tout le problème du PS. Il lui est difficile de s’ouvrir à sa gauche sans perdre en crédibilité. Et il lui est difficile de faire le choix de s'ouvrir à sa droite immédiate car le centre n'est pas suffisamment structuré pour être un allié ou un électorat fiable.

La question au PS ne peut donc pas être idéologique. Car un aggiornamento idéologique ne lui serait pas électoralement payant. Elle le conduirait à la scission en interne, le couperait des électorats situés à sa gauche, et ne l’ouvrirait que sur un centre qui reste un ventre mou.

En fait, le PS n'a que deux portes de sorties. Qui ne se situe ni sur le fonds, ni sur sa stratégie d’alliance, mais clairement sur la question des personnalités.

La première est de pouvoir s'appuyer sur une personnalité à la popularité et/ou à la stature exceptionnelles.  La seconde est d’aller chercher son électorat à droite, plutôt qu’au centre mou ou à la gauche protestataire. En fait, il faudrait au PS un miroir du Chirac de 1995, homme d'Etat populaire et qui parle à une partie de l'électorat de gauche.

Et pour cela, je n'en vois qu'une : Ségolène Royal.

Elle est populaire, elle est l’incarnation virtuelle du PS mais reconnue dans son rôle par l'opinion. En plus, si elle joue bien, elle peut bénéficier du meilleur capital possible pour la présidentielle, le fameux « cette fois-ci c’est son tour ». C’est ainsi que Mitterrand, Chirac ou Sarkozy ont avant tout gagné. En se positionnant en amont comme « le prochain président », ce qui leur a permis de capter le goût du légitimisme bien français. Au risque de favoriser à l’inverse un Poulidor nommé Jospin ou Bayrou, ce qui n’est pas bien grave, car on le sait bien, les Français adore les Poulidor car ils ne gagnent jamais.

Ségolène est donc prête à réunir sur sa personne le facteur popularité/stature. Mais son véritable atout est sur le terrain des idées. Car personne n’en doute, Ségolène Royal s’appuie sur un système de valeurs de droite. Ses origines, son style de Madone péroniste, son goût de casser les tabous, sa capacité à adopter des solutions de droite et à les transformer en solutions de gauche car c’est elle qui se les ait appropriées, tout cela lui donne de bons atouts pour aller pêcher des voix à droite.

Et la crédibilité, la cohérence ? C’est vrai qu’en draguant la droite, Ségolène prend le risque de se couper de sa gauche. Mais ce serait oublié une partie du trio : la stature. Si elle continue à apparaître comme l’opposante en chef à la droite, quoi qu’elle dira, il sera impossible de la faire passer pour une traîtresse.

Ségolène a donc le meilleur potentiel. Une popularité qui lui permettrait d’asseoir une dynamique transpartisane, une stature qui lui évite d’être taxé de collusion avec l’adversaire, un système de valeurs qui la rende crédible pour parler à la droite.

Son véritable défi reste tactique. Car pour gagner, il lui faudra aussi une machine de guerre électorale derrière elle, le Parti Socialiste. Et c’est bien là que Sarkozy conserve une carte maîtresse, celle qui se situe dans la guerre des chefs dont le PS aura bien du mal à sortir. Alors que lui, à droite, reste un patron. Certes fragilisé, mais qui n’a pas trop d’inquiétude à avoir sur l’émergence d’un challenger crédible d’ici à 2012.

Il en serait certainement tout autrement si Bayrou n’avait pas quitté le bercail du centre-droit.

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Commentaires

Intéressant point de vue.

Ecrit par : L'Hérétique | 24.03.2008

Ahem...

Vous avez classé à tort Thierry Benoît dans les députés NC. Il se revendique de l'UDF et de rien d'autre.

Ecrit par : L'Hérétique | 24.03.2008

c'est très intéressant. Mais comme toujours tu réagis comme un papi centriste. Tu analyses trop en fonction du passé

Ecrit par : Le Petit Grognard | 24.03.2008

Le passé prépare l'avenir ! L'analyse est excellente ! Légèrement actualisée et elle devient parfaite...

Simplement, je ne suis pas prêt à voter ni pour Sarkozy et encore moins pour Ségolène en 2012... Comme quoi le mieux aurait été un candidat de centre droit capable de parler à la gauche.

Ecrit par : Maxime Mangeot | 24.03.2008

Bob,

Tu es nettement meilleur dans l'analyse que dans l'anathème. Dommage d'avoir attendu si longtemps pour nous faire découvrir ce talent.
Ceci dit, je rejoins assez la remarque du Petit Grognard... Le "centrisme", je ne sais pas très bien ce que cela veut dire.

Ecrit par : Bertrand | 24.03.2008

A tous

Je ne sais pas si je réagis en papy centriste, mais ne vous trompez pas, j'ai bien conscience que le centre d'aujourd'hui n'est pas celui d'hier.

Mais cela dit, il est assez frappant que le centre renoue avec ce qu'il était avant l'UDF. L'UDF a constitué la seule véritable initiative qui visait à créer une grande formation politique entre les gaullistes et les socialistes. Avec une démarche de rassemblement (démocrates-chrétiens, libéraux, radicaux, sociaux-démocrates...) comparable à celle du RPR ou du PS.

Aujourd'hui, nous sommes retombé dans la guerre des chapelles. Certaines s'inscrivent dans l'héritage comme le NC, d'autre dans la novation comme le MoDem. Si on ne peut sans doute plus parler de "centrisme", il est est tjs pertinent de parler du centre, ne serait-ce que parce que ces formations politiques se déclarent soit aux marges des deux grands partis, soit entre les deux.

Après j'ai peut-être tort de fonder mon analyse sur le passé, mais si les lignes bougent avec le temps, les tactiques et les stratégies sont souvent similaires.

Quand on est structurellement minoritaires comme le sont la gauche et le centre dans ce pays, il n'y a d'autre moyen de prendre le pouvoir, comme l'a théorisé Tony Blair en Grande-Bretagne, qu'en allant prendre des voix dans le camp d'en face.

Même la droite qui a longtemps pu compter sur le vote conservateur des campagnes et des centres-villes doit aujourd'hui adopter cette stratégie. L'ouverture de Sarko avait bien cet objectif. Il sait très bien que pour gagner en 2012, il lui faudra une assise comparable à celle de Mitterrand en 88. Mais qu'il n'aura pas la séquence d'une cohabitation pour asseoir son image de "président de tous les Français". Sa "chiraquisation" actuelle va dans le même sens, ce retour au président arbitre est le dernier recours qui lui reste pour apparaître au dessus de la mêlée. Pas dit qu'il y réussisse...

Mais que Sarko soit ou non en mauvais point en 2012, le PS n'a d'autre choix que d'être en mesure de capter une partie de son électorat de 2007. Pour rassurer les déçus et convaincre ceux qui ne croient pas aux solutions traditionnelles de la gauche.

Quant à Bayrou, il aurait bien mieux fait de jouer une carte à la Pompidou, Giscard ou Sarkozy. C'est à dire se forger l'étoffe d'un recours possible au sein de son camp. Autrement dit, développer une opposition interne au sein de la droite et du centre, tout en restant loyal. Maintenant qu'il passe pour un traitre auprès des électeurs de droite, il ne peut plus compter que sur un délitement du PS pour asseoir sa stratégie présidentielle.

Or un parti qui contrôle 20 régions, 60 départements, qui était au 2nd de la dernière présidentielle, qui a fait un score honorable aux législatives et a gagné les municipales, un parti qui est le premier opposant au pouvoir en place a peu de chance d'exploser dans les 4 ans à venir. La force d'inertie est une donnée qui compte aussi beaucoup en politique, et le passé est riche d'enseignements en la matière.

Ecrit par : Bob | 25.03.2008

@Bob,

tu oublies juste deux éléments :

1) Imaginer que Bayrou puisse (aurait pu) se forger l'étoffe d'un recours possible au sein du centre-droit et exclusivement de celui-ci est une utopie. C'est oublier que depuis 2002 l'UMP a été bâtie sur une volonté hégémonique avec pour objectif de dissoudre le centre, objectif partiellement réussi d'ailleurs. Mais ça, ce n'était pas la faute de Bayrou, bien au contraire.

2) Sur ton dernier paragraphe, certes le PS est localement très fort. Mais paradoxalement, c'est là aussi sa faiblesse. Les électeurs font autant confiance aux élus PS pour gérer les territoires qu'ils ne leur font pas confiance pour gérer le pays, et ce depuis 88. Pourquoi donc ? Peut-être, comme le dit Huchon, parce que les élections locales sont pragmatiques tandis que les élections nationales sont politiques. Et là, le PS a un véritable problème idéologique, tiraillé qu'il est entre une volonté de plus en plus social-démocrate, et des alliés - indispensables - qui sont à l'opposé de cela.
A ce petit jeu, aujourd'hui, c'est plus l'extrême gauche qui gagne. Le mode de scrutin fait que cela n'a pas grande importance lors des municipales, mais les équilibres à trouver dans une présidentielle sont tout autres. Plus le temps va passer, et plus les tensions risquent d'être exacerbées au sein du PS sur la question - occultée en 2007 - d'un positionnement politique cohérent.

Ecrit par : Bertrand | 25.03.2008

à Bertrand

1/ Je ne crois pas que la stratégie du recours au sein de la droite était une stratégie facile. En tout cas pas moins difficile, et assurément moins hasardeuse et personnelle, que celle de vouloir faire émerger une nouvelle force politique centrale dans un système fondamentalement bipolaire. Certes l'UMP en 2002 a capté une bonne partie du centre-droit, mais comme tu le disais, le passé est le passé et la situation de 2002 n'est pas forcément figée. Qui sait ce que Bayrou aurait pu faire en préservant l'UDF et en conservant des liens avec des personnalités comme Borloo ?

2/ Je ne crois pas vraiment en ce partage de la France entre un pays des territoires ancré à gauche et un pays de la nation ancré à droite. Il est certain que la gauche a un véritable problème avec le scrutin présidentiel, un problème qui ne date pas d'aujourd'hui.

Mais au niveau local, je ne crois pas que les Français considèrent que la gauche soit plus apte a priori à gérer que la droite.

Si 20 régions sur 22 sont à gauche, c'est essentiellement parce que les Français ont utilisé le scrutin de 2004 pour donner une grosse claque à Chirac/Raffarin.

Si 60 départements sur 100 sont à gauche, c'est en grande partie car la droite en a gagné beaucoup dans les années 80 et que beaucoup de conseillers généraux et présidents de CG de droite n'ont pas su gérer leur succession. C'est la fin d'un cycle en somme, qui bénéficie à la gauche comme l'agonie du radicalisme a profité jadis à la droite.

Quant aux villes, la branlée de cette année est assez comparable à la branlée que s'est prise la gauche en 2001, qui faisait suite à un rééquilibrage en 1989, qui faisait suite à une branlée infligée par la droite en 83 qui faisait suite à une grosse branlée qui a ébranlé la droite en 77... etc ...

Maintenant pour en revenir à la présidentielle, c'est sûr que le PS a un problème idéologique. Mais je ne crois pas qu'il puisse sérieusement encore espérer capter l'électorat d'extrême gauche qui lui est très hostile. Une partie de cet électorat est trop éloigné idéologiquement du PS pour lui faire confiance. D'autant que le PS lui a démontré à maintes reprises qu'il ne mènerait jamais une politique "100% à gauche" comme dirait la LCR. Le reste de cet électorat est avant tout contestataire, et comme la droite a mis 20 ans à se débarasser du FN, le PS risque de traîner un bon moment ce boulet de la gauche contestataire, jusqu'à ce qu'elle arrive dans une ultime impasse, comparable à l'échec de Le Pen en 2002 qui a démontré une bonne fois pour toute qu'il lui était impossible d'emporter la partie.

Et puis, encore une fois, le PS n'a pas grand chose à gagner dans un aggiornamento idéologique. Cela n'empêcherait pas des Fabius, ancienne incarnation du social-libéralisme de tenir des discours démago socialo-archaïque. Cela satelliserait une bonne fois pour toute des mecs comme Mélenchon ou Emmanuelli qui, s'ils ne jouaient pas la scission formelle (par peur de finir comme Chevènement ?) constitueraient un front interne minoritaire humilié et extrêmement vindicatif. Cela ne faciliterait pas la captation de l'électorat centriste. Le MoDem lui en sert désormais une partie sur un plateau, qui plus est sans que cet électorat n'est besoin que Bayrou donne la moindre consigne de vote. Quant au reste du centre, il ne se positionne pas sur des questions idéologiques.

Personnellement, je reste persuadé que le PS ne franchira pas le pas d'une mise à jour profonde de sa ligne politique. Il restera sur un logiciel social-démocrate emballé dans un discours de gauche classique "anti injustice", "anti ultralibéralisme", méfiant à l'égard de la mondialisation, républicain à la grand papa, et dans un ni-ni européen "new age" favorable à une Europe sociale fédérale fondée sur la généreuse idée d'offrir le modèle républicain et social français à l'ensemble de l'Europe.

Bref une synthèse molleto-hollandiste qui laissera la voie libre à un leader charismatique pour imposer son programme personnel au parti. Royal a en partie raté ce coche en 2007. Mais si elle parvient à prendre la direction du parti, elle pourra enfin gérer son calendrier et aura le temps qui lui a manqué pour ancrer son discours dans les esprits.

Ecrit par : Bob | 25.03.2008

"L'UMP est unie par un libéralisme social et européiste. "


N'importe quoi !!!

Ecrit par : rouldug | 27.03.2008

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