« Bayrou et Sarnez bientôt encore trahis ? Mousson, Stasi et Gibault (ex-UDF) sur le point de quitter le MoDem parisien ? | Page d'accueil | Et si l'UDF d'avant 1998 existait encore... elle aurait peut-être 97 députés... »

13.01.2008

Mise en sommeil

Chers lecteurs,

Ce blog a été l'un des tous premiers blogs créés sur le Nouveau Centre. Il a même un peu servi de point de ralliement à ses premiers partisans dans l'attente de la mise en ligne d'un site officiel.

Vous avez été nombreux à le lire, à réagir à mes posts, à me transmettre des informations qui en font aujourd'hui un lieu "ressource" sur le centrisme non modemiste. La blogosphère néo-centriste a aujourd'hui pris son essor, et ce blog n'a plus vraiment de vocation à continuer à être alimenté régulièrement. Le site officiel national, les sites et blogs des fédérations et des militants remplissent désormais ce rôle.

Et puis, à titre personnel, j'ai de plus en plus de mal à croire en l'aventure du Nouveau Centre.

Depuis le sabordement de l'UDF, il est évident que les centristes non partisans du MoDem ne rejoignent pas le Nouveau Centre. Jean-Marie Cavada va créer son propre mouvement. Gilles de Robien relance Société en Mouvement. Jean-Louis Bourlanges ne veut pas rejoindre le camp des "réfugiés".

Au sein de la Majorité, le NC est aussi très marginalisé, oublié. Pour l'UMP, l'ouverture au centre à l'occasion des municipales se fera vers le MoDem. Par des listes communes comme à Bordeaux ou peut-être à Lyon. Par des débauchages comme à Paris. L'ouverture se fera aussi à gauche, principalement via Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel. Les directives nationales de l'UMP relayées au plan local sont claires. Exceptées les villes où le NC est déjà fort ou aux commandes, il ne sera qu'un partenaire de second rang. Un cousin que l'on installe en bout de table au repas de famille.

Il faut reconnaître que le Nouveau Centre n'aura pas été gâté pour sa création. Entre les candidatures familiales aux législatives, la haine qu'il a suscitée dans les rangs du MoDem par sa prétendue traîtrise, la visibilité médiatique très limitée de ses ministres, sa rocambolesque course au financement public, l'annonce de  chefs de file aux municipales qui n'avaient jamais entendu parler du parti, le Nouveau Centre n'est pas parvenu à s'imposer comme un héritier crédible de l'UDF. Sans doute ne parviendra-t-il jamais à dépasser ces handicaps de naissance.

J'en prend acte, et je me résouds à voir le centre se décomposer en une multitude de chapelles.

Certains trouveront leur bonheur du côté de l'utopie bayrouiste qui connaîtra certainement un échec cuisant aux prochaines municipales. Echec que Bayrou-Sarnez réussiront à transformer en victoire relative, au moins suffisamment pour motiver leurs militants jusqu'en 2012. Les amis des députés se réfugieront au Nouveau Centre. Ceux des députés européens à l'Alliance des citoyens pour la démocratie de Cavada. Ceux des sénateurs dans la formation que Jean Arthuis ou Michel Mercier ne manqueront pas de créer quand ils n'auront plus d'intérêt électoral à prendre part au MoDem...

Bonnes chances à tous,

Bob

Trackbacks

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(Mauvaise) humeur

Plus personne ne parle de nous, l’UMP est «prête à nous liquider dans beaucoup de villes»… les sympathisants se détournent… Les journaleux sont muets et les points presse de Sauvadet n'attirent pas les foules... Que sommes nous devenus ? A Paris...

Trackback par : Nouveau centre | 21.01.2008

Commentaires

Et ben dis donc !
Quel billet !
Là où tu te te trompes c'est quand tu crois que la blogo PSLE est prête. Veux-tu que je revérifie à nouveau un par un tes liens ? ;-)
Plutôt que de blancer des infos sur le PSLE et voir comment les lecteurs vont réagir, fais nous comme aujourd'hui des billets perso. Tu critiquais le look "total mandarine" des blogs modem. Nettoie le tien de cette PSLE mania et que continue ce blog !
Je serai particulièrement affecté par le fin de ce blog, mais tout a une fin.

Ecrit par : Le Petit Grognard | 14.01.2008

Puis-je relayer sur mon blog ce billet que je trouve vraiment très juste et très bien vu (à tous points de vue, sur le NC ou le MoDem) ?
Merci

Ecrit par : le fond du bocal | 14.01.2008

Etant un lecteur assidu de votre blog, je suis tout à fait d'accord avec cette analyse, je suis ancien délégué départemental des Jeunes UDF de mon département, et j'ai soutenu mon député sortant qui a rejoint le NC. J'étais prêt à y adhérer, mais je ne l'ai pas fait d'ailleurs je ne le regrette pas. Je suis aujourd"hui très déçu par le centre-droit. Je n'ai adhéré à aucun parti à ce jour !

Cela fait plaisir de voir que vous avez la même analyse que moi concernant Bayrou, le NC, Cavada, Mercier...

Merci !

Ecrit par : Un déçu du centre-droit | 14.01.2008

Salut Bob,

J’appréciais particulièrement la lecture de ce blog, car comme vous l’expliquiez, il ravivait la flamme, mais je n’ai jamais lu un tel ramassis de conneries que dans ce billet.

Cela relève de la naïveté ou de l’utopie, cela me semble d’ailleurs assez incroyable de tenir de tels propos. Nous savons tous que le chemin est difficile, mais renoncez à ce point m’étonne, surtout à l’approche d’une élection, et surtout au moment où la supercherie Bayou ne trompe plus personne.

Le Nouveau Centre est un satellite, il faut l’accepter. Nos idées et nos valeurs ont été sacrifiées pour une ambition personnelle (la première fois dans ce mouvement), notre planète centriste a éclaté. Il ne fallait pas rêver à ce que le Nouveau Centre devienne instantanément une terre de refuge. Mais la loi de la géophysique est telle que tous ces petits satellites, le Nouveau Centre, Société en Mouvement, les Valoisiens et Jean Louis Borloo, Bourlanges et ses amis, les Sénateurs Centristes, Alliance Européenne, … vont finir par s’agglomérait, pour reconstituer enfin une planète centriste, forte, autonome, fidèle à son passé et ses valeurs, et qui a son rôle à jouer dans notre démocratie.

Il ne faut pas que le long chemin vous effraye.

Renoncer, c’est faire le jeu de Sarkozy, renoncer, c’est faire le jeu de Bayrou.

Du côté du Nord, on ne lâchera pas, soyez en assuré !

Blog Non Officiel du Nouveau Centre du Nord et du Pas de Calais

Ecrit par : nc5962 | 14.01.2008

Désolé pour les fautes et mauvais url ...

Ecrit par : nc5962 | 14.01.2008

Au Petit grognard

Je mets le blog en sommeil, je ne m'interdis pas de le rescuciter un jour sous une autre forme... Mais bon là, je suis un peu gavé, et comme tu l'auras compris, je n'assume plus d'être le pseudo porte-parole du NC. Mon âme militante a ses limites...

Au Fond du bocal

Pas de pb, copie-colle ce que tu veux... Tant que tu fais un lien vers l'original...

Au déçu du centre-droit

On est d'accord. Bien difficile d'adhérer avec conviction à un "parti" centriste aujourd'hui... Comme toi, je n'ai pas adhéré au NC et je ne le regrette pas !

A NC5962

D'abord, j'en profite pour te féliciter pour ton blog de très grande qualité. Quand le petit grognon toulousain nous dit que la blogosphère NC est ridicule, c'est qu'il n'a pas été sur ton blog, régulièrement mis à jour et qui relaye des ifnos très intéressantes sur la vie du NC.

Maintenant, si le NC du NordPdC a l'air très actif, c'est loin d'être le cas partout. Je pense que cela tient bcp à la personnalité de Valérie Létard et de Vercamer, qui a l'air d'être un bon député et un homme politique ouvert et dynamique.

Personnellement, j'ai aussi un député NC par chez moi, et on est loin de tout ça. Son action locale se résume à essayer de sauver les meubles de l'ex-UDF (très massivement captée par le MoDem) et à négocier en coulisses des candidatures aux municipales et aux cantonales. Sans réussir d'ailleurs.

Je suis d'accord avec toi, il ne faut pas tout attendre du NC aujourd'hui. J'ai toujours dit que le NC n'était qu'une étape, un point de ralliement en vue d'une recomposition plus large du centre, qui ne s'achèvera qu'après l'échec définitif de Bayrou, c'est à dire en mai 2012.

Maintenant, j'étais aussi convaincu que le NC avait vocation à être le pivot de cette recomposition.

Or, le NC n'arrive pas à s'imposer dans ce rôle, et il n'a selon moi plus vocation qu'à être une chapelle parmi d'autres.

La promesse du NC, c'est de réussir à faire vivre un centre autonome au sein de la majorité. Force est de constater que la promesse a peu de chances d'être tenue.

Tout simplement parce qu'elle ne peut l'être sans l'appui de l'UMP. Aujourd'hui, Sarko et l'UMP ne font plus pression sur les centristes ralliés à sa cause pour intégrer le NC. C'est ce qu'il avait fait au lendemain des législatives, où il semblait impossible d'être centriste et d'exister au sein de la majorité en dehors du NC. Aujourd'hui, la dynamique de l'ouverture a changé la donne. Rien n'oblige un Cavada, un Bourlanges et demain un Mercier ou un Arthuis à intégrer le NC pour intégrer la majorité.

Et le NC me semble bien incapable de compenser cette dynamique externe agonisante, par une dynamique interne véritable. Il n'a pas de leader. Médiatiquement il reste le parti des traitres. Politiquement, il n'a presqu'aucune influence à l'Assemblée et encore moins au Sénat, où seuls 5 sénateurs sur 30 centristes ont rejoint ses rangs. Quant au nombre d'adhérents, je pense qu'il est très largement gonflé. Au mieux le NC doit rassembler 1/10e des militants de l'ancienne UDF...

Donc je ne vois plus de raisons valables de s'investir en particulier par le NC, en tout cas pas plus que pour l'Avenir démocrate de Cavada, le centrisme
-indépendantiste d'Albertini ou le middle-of-nowhere de Bourlanges.

Le jour où les satellites fusionneront en un plus large rassemblement, il sera temps de se réengager. Mais cet engagement se fera sur des bases claires et aura les moyens de ses ambitions.

Pour l'instant le centre est retombé sous la coupe des Neu-Neus. Et il nous faudra quelques années avant de retrouver le VGE qui saura redonner un peu de dignité à ce qui ressemble de plus en plus à un remake de la bande à Basile ;)

Bob

Ecrit par : Bob | 15.01.2008

A Bob : c'est vrai, je ne connais pas le blog cité. Y' a Gégé qui bouge aussi.

Bonne idée si tu fais un autre blog (moi à ta place, j'aurais la flemme, je virerai un peu de bleu, quelques vidéos et hop !)
Ca ne serait pas gênant vu que PSLE ne s'emploie plus (sauf par moi).
Tu as mon adresse, dès que tu fais qch, tu me préviens ? Je compte sur toi !

Ecrit par : Le Petit Grognard | 15.01.2008

Bob,

Reçois ton mon soutien et mon amitié ;)

Ecrit par : nc5962 | 15.01.2008

Je suis d'accord avec toi ! Mais j'attends de voir ce qui se passera lors des législatives et au-delà. Ton billet me "fout un coup au moral" mais je ne me laisserais pas abattre. C'est une nécessité que d'apprendre à traverser un désert. Ce n'est pas une honte que de croire en la renaissance un jour de la planète centriste qui, plus que morte, est éclatée. En fait, il me semble qu'elle a amplement souffert de son succès.

Sa difficulté viens du fait que, comme tu le relèves avec beaucoup de justesse, le centre est la famille politique qui souffre le plus de sa division entre son aile gauche et son aile droite. Le découpage traditionnel de la scène politique, le fameux clivage passe en "plein milieu du centre". Les dépasser na sera pas simple. Pas si simple qu'on nous l'avait promis...

Dans tous les cas, tu sais que si tu fais un nouveau blog, je serais le référencer sur mon blog qui lui continue, parce que l'aventure ne saurait prendre fin ici.

Ecrit par : Maxime Mangeot | 15.01.2008

Tiens, tiens....

C'est marrant, c'est bien la première fois depuis bien longtemps que je me retrouve dans une analyse de Bob. Quand je disais la même chose il y a six mois, je me faisais traiter de suppôt de Satan (ou pire, de Bayrouiste !). Comme quoi tout arrive...

Il y a une réalité, qui n'est nullement polémique, mais qui est un fait : le NC a développé une "offre" politique qui ne correspond à aucune demande. Certes, le NC a des députés (merci l'UMP), il aura probablement des maires (peu, mais merci quand même l'UMP), et plus que d'autres formations. Plus de députés que le MoDem et plus de maires que la LCR. Mais pour autant, cela ne suffit pas. Le NC a juste oublié un paramètre dans l'analyse préalable à sa création : un parti politique qui n'a pas un minimum d'assise populaire n'a strictement aucune chance de survie. Or, si le MoDem, la LCR, le FN, le PC, les Verts ou le RPR devenu UMP correspondent - ou ont correspondu lors de leur création, à une demande - ce ne fut jamais le cas du NC. La création du NC est venue résoudre un problème électoral à un moment donné. Il correspondait à une demande d'élus, mais d'élus uniquement.

Ce sont, si je puis dire, les franchisés UDF qui a un moment ont été déboussolés par la nouvelle stratégie marketing du patron de leur ancienne maison, et ont décidé de tenter leur chance de leur coté. Pourquoi pas, mais la clientèle n'a pas suivi et se moque totalement de ces problèmes de stratégie interne. Bref, elle n'a pas suivi.

On me rétorquera que les radicaux non plus n'ont pas vraiment d'assise populaire. Certes, mais les radicaux - Valoisiens ou de gauche - ont un passé glorieux sur lequel ils vivent encore, et des valeurs qu’ils ont su conserver. Le « centre » pour peu que ce mot ait un sens, a été au fil des ans dépossédé de tout ce qui faisait sa spécificité (essentiellement l’engagement européen), en grande partie par la droite et en petite partie par la gauche. Et le fond de commerce a fondu… Et s’il a été dépossédé de son fond de commerce, c’est certes à cause de la création de l’UMP, mais c’est aussi parce que bon nombre de ses cadres ont préféré à ce moment là (2002) rejoindre la dite UMP, confort électoral oblige.

Un parti est - désolé de choquer certains idéalistes - une marque. Il lui faut évoluer. Il lui faut proposer une offre nouvelle constamment. A défaut, il meurt. Le NC a cru (ou fait semblant de croire car il m’étonnerait fort vu la qualité intellectuelle de certains de ses cadres qu’ils l’aient vraiment cru) qu’il suffisait de représenter comme les héritiers « naturels » du centrisme des années Giscard/Lecanuet ou même des années 80 ou 90 pour être attractif. Imagine-t-on Citroën ressortir la DS ? Succès d’estime assuré – nostalgie des années glorieuses – mais échec commercial assuré aussi.
Pas plus qu’on imagine l’UMP se rebaptiser « gaulliste » et fustigeant comme Chirac en son temps « le parti de l’étranger » ou le PS redevenir la SFIO. La culture de la nostalgie n’est jamais une stratégie efficace en politique. Sarkozy l’a bien compris qui n’a eu de cesse d’effacer toute trace de l’ex-RPR à l’UMP. Le PS commence à le comprendre…mais avec retard. Le PC visiblement ne le comprendra jamais, mais Besancenot, si, certainement !

Or, le NC est dans un discours constamment ambigu, soit disant « centriste » mais de fait – le vote des députés est là pour en témoigner…même si je sais leur marge de manœuvre est limitée par leur intégration à la majorité – inféodé à l’UMP. Plagions Cocteau (pardon Cocteau !) « Il n’y a pas de centrisme, il n’y a que des preuves de centrisme ». Or ces preuves, on les attend toujours.

Les verts existaient par eux-mêmes tout en participant à la « majorité plurielle » de Jospin. Le NC est mort quand il a intégré la « Majorité Présidentielle » de Sarkozy. Les premiers ont su participer en restant critiques - parce qu’ils étaient sous surveillance constante de leurs adhérents ; les autres se sont alignés sans moufter – car ils n’ont aucune assise populaire pour contre balancer l’attraction majoritaire.

Le reste, ce que déplore Bob - le manque de leadership, le manque de dynamique, les histoires abracadabrantes de financement puis d’investitures – n’ont fait qu’aggraver cette malformation néo-natale. La position des Bourlanges, Cavada, Benoît et autres Albertini (et jusqu'à Perruchot pourtant porte parole) résonne comme une constatation de cet état de fait. Eloignés de Bayrou, ils ne se reconnaissent pas dans le NC.

Et la suite ? Les uns, comme en 2002 puis en 2007, rejoindront l’UMP pour tenter d’y faire vivre un courant « modéré ». Les autres rejoindront le Mouvement Démocrate.
Quitte à heurter Bob (ce ne sera pas une première), le mérite de Bayrou est d’avoir compris lors de sa campagne présidentielle, qu’il existait une demande pour autre chose que l’UMP et le PS et que l’UDF ne correspondait plus à cette attente. Exactement à l’inverse du NC qui a présenté une offre sans qu’existe de demande, Bayrou a compris qu’existait une demande…et cherche désormais à proposer l’offre correspondante.

Considérer que l’objectif unique du Mouvement Démocrate est l’élection en 2012 de Bayrou « homme providentiel » revient à n’avoir rien compris à la demande. Ou plutôt c’est considérer que le MoDem est dans une logique d’offre, alors qu’il est au contraire dans une logique de demande. Que Bayrou pense – à titre personnel - à 2012, oui, certainement. Et certainement tous les matins en se rasant, comme quelques autres leaders politiques (et cela a plutôt bien réussi à certains !). Mais réduire l’attraction – car il y a, qu’on le veuille ou non, attraction populaire envers le Mouvement Démocrate – à cela, c’est n’avoir rien compris. Au plus bas de l’échelle, dans la population dont les sondages indiquent constamment une sympathie pour ce mouvement, comme chez les adhérents du MoDem, le devenir de Bayrou en tant que personne n’a strictement aucune importance. Ce qui est en jeu, c’est la possibilité de donner naissance à un mouvement qui soit autre chose que l’UMP et le PS, qui soit à la fois social, pro-européen, écologique, économiquement libéral, et capable des transcender les clivages idéologiques droite/gauche. Analyser la situation sans tenir compte de cela est une erreur. Certains – c’est le credo du NC - considèrent que cet objectif est utopique et qu’un tel mouvement ne peut exister, qu’il ne peut exister autre situation que celle d’un bipartisme avec une droite libérale et une gauche post-marxiste ou marxiste. Et pourtant, cette « troisième force » a existé longtemps avec force chez nous sous diverses formes, et existe chez pas mal de nos voisins… Le pari du Mouvement Démocrate est de la construire, et ce bien au-delà des problèmes personnels de leadership.

Parions qu’une fois l’offre du MoDem véritablement définie - le corpus idéologique -, les différents satellites dont parle nc5962 viendront en grande partie s’y amalgamer, quand certains s’en éloigneront pour s’amalgamer à l’UMP. Attraction politique oblige.

Good luck

Ecrit par : Bertrand | 15.01.2008

Au Petit grognard

Ne t'inquiète pas je te tiens au courant, mais je ne pense pas vraiment bouger avant la fin des municipales, cantonales et législatives (et oui moi je revote fin janvier... partielle oblige... et je n'aurais d'autre choix que voter MoDem comme pour les municipales. Heureusement qu'il y a eu Sarko au second tour, sinon je finirais par croire que je ne suis pas un partisan de la majorité présidentielle actuelle ;) )...

A Maxime

Garde espoir... Si je suis déçu par le NC, tout n'est pas forcément mauvais et si j'étais un peu plus jeune, je pense que j'aurais encore quelque réserve pour continuer à y croire. Bravo pour ton blog que je lis régulièrement et qui sera j'en suis sûr une bonne solution pour ceux qui regretteront le mien.

A Bertrand

Merci Bertrand pour ce message. J'aurais été bien peiné de ne pas avoir un petit signe de ta part après nos échanges si intenses et intellectuellement revigorant.

Je ne résiste pas au plaisir de t'apporter une fois encore la contradiction ;)

Je ne partage pas tout à fait ta théorie de l'offre et de la demande. En fait je la partage sur le fond, mais pas sur ton classement des partis dans un camp ou dans l'autre.

En tout cas, je ne crois pas que le NC se soit originellement positionné comme un parti de l'offre. Même si je ne m'y reconnais plus aujourd'hui, le NC répond tout de même à une attente, celle comme l'a bien résumé Bourlanges des "réfugiés". Je pense que tu sousestimes un peu cette partie de l'électorat et des militants de centre-droit qui aspire à pouvoir s'engager et voter pour une droite modérée, intelligente, ouverte et indépendante d'esprit. Il est vrai que l'UMP par certaines des personnalités qui la composent peut en partie répondre à ces aspirations. En tout cas l'UMP d'avant Sarkozy. Aujourd'hui, il ne s'agit plus que d'un parti démocratiquement verrouillé et totalement voué à son chef. On est loin de l'UMP de "rassemblement de la droite et du centre" du début. Il existe bel et bien une place pour un centre fidèle à la tradition démocrate-chrétienne et "européiste" française.

Si le NC n'arrive pas - et selon moi n'arrivera pas - à incarner cette famille de pensée, c'est plus pour des questions organiques que stratégiques.

Le centre est à la déroute et aucune personnalité centriste n'a aujourd'hui une légitimité suffisante pour agréger autour d'elle une dynamique sincère pour redonner vie à l'ancienne UDF. Mais la stratégie du NC reste la seule possible. Celle qui consiste à reconstruire le centre à partir de son terroir naturel, celui de la modération, du libéralisme, de l'humanisme, de la dévolution des pouvoirs. Et ce terroir reste aujourd'hui un espace plus proche des forces de progrès de la droite libérale que des forces de la gauche socialistes arcboutées sur les vieilles lunes de la gauche française encore très imprégnée par l'utopie marxiste.

Quant à François Bayrou, je reste persuadé qu'il commet une erreur originelle. Celle de croire que ses 18% à la présidentielle constituent essentiellement une adhésion à son projet et un socle sur lequel il est possible de faire émerger une nouvelle famille politique indépendante.

Nous en avons parlé à de nombreuses reprises. Pour moi, il reste évident que dans ces 18%, il y a une bonne part de socialistes en déshérence, une bonne part aussi de gens de droite à qui Sarkozy faisait "peur". La dynamique de Bayrou a beaucoup reposé sur le rejet des deux autres candidats, le rejet de la "Christine Boutin du PS" et du meilleur bonimenteur de France. Et le résultat fut sans appel. Une fois atteint les 18/20% dans les sondages, Bayrou n'a pas bénéficié d'une dynamique. Au contraire, les Français ont fait le choix d'un retour franc à la bipolarisation. La demande de MoDem n'existe qu'à hauteur du score des candidats bayrouistes aux législatives, entre 7 et 8%. On ne bâti pas une nouvelle force politique sur un socle aussi faible. En tout cas pas sans alliance durable et démocratiquement affichée avec l'un des deux camps. C'est là l'impasse dans laquelle se situe le MoDem. Faire alliance ? C'est rompre avec son socle électoral. Ne pas faire alliance ? C'est se condamner à ne jouer qu'un rôle de spectateur. Le MoDem, c'est une version sexy du radicalisme des IIIe et IVe République. Un petit parti central, qui n'existera que parce qu'il a cette capacité de s'allier un coup à gauche, un coup à droite. Le problème avec la Ve République, c'est que ce petit jeu ne fonctionne plus qu'au niveau local.

Et Bayrou a bien compris tout cela. S'il s'engage aux municpales à Pau, c'est qu'il sait bien que pour sauver les meubles aux municipales, il lui faudra quelques symboles. Il ne peut pas se priver d'une chance raisonnable de remporter une des rares villes que son parti est en mesure de gagner seul. Parce que le seul espoir du MoDem de gagner une élection, c'est que Bayrou s'y présente. Comme Bayrou ne peut pas être candidat dans toutes les villes de France, il applique une stratégie très tacticienne pour tenter d'exister. S'il accepte une alliance à droite à Bordeaux, c'est parce qu'il sait que le MoDem, avec ses quelques pourcents peut faire basculer le scrutin. Et il sera médiatiquement plus rentable de faire gagner un Juppé annoncé perdant que d'être noyé dans une gauche plurielle victorieuse. Si le MoDem fait les yeux doux à Delanoë à Paris, c'est parce qu'il a bien compris que la droite y est engluée dans sa version la plus ringarde. S'il laisse peu ou prou les mains libres à Mercier sur Lyon, c'est qu'il lui permet de conserver une certaine assise au Sénat... etc. Il est loin le projet de refondation politique.

Tu me diras que tout ce que je décris n'est pas propre au MoDem, mais qu'il s'agit du jeu inévitable des tactiques politiciennes, auxquelles aucune formation politique ne peut échapper. La différence, c'est que le fond de commerce de Bayrou est justement d'affranchir son mouvement de ces tactiques politiciennes. De donner enfin aux Français une formation qui fait de la politique autrement.

L'aventure de Bayrou est vouée à l'échec car il ne croît pas sincèrement à ce qu'il propose aux Français. On le voit bien dans sa gestion interne du parti. Ses réflexes restent ceux d'un homme de droite, qui n'est pas à l'aise avec le débat interne, avec une démocratie qui vienne de la base. Il ne fait que reproduire le schéma pyramidal du parti guidé par son chef élu par acclamation dont le rôle se résume à celui d'une machine à gagner la présidentielle.

Mais au final, la nature ayant horreur du vide. Quand Bayrou aura échoué et quand Sarkozy aura perdu de sa superbe, je suis persuadé qu'une force centriste libérale pourra à nouveau émerger. Et les petits satellites dont parle nc5962 deviendront les poussières d'étoiles qui serviront de base à cette recomposition.

Bob

Ecrit par : Bob | 15.01.2008

Bob,

Cela ne t’étonnera certainement pas, mais je crois sincèrement que tu fais plusieurs erreurs d’analyse.

1) Sur Bayrou. Tu es persuadé que le MoDem n’a d’autre finalité que de porter Bayrou, le « gourou », le « grand prêtre » à l’Elysée, dans une sorte de croisade de la dernière chance. C’est un peu la thèse développée depuis mai dernier par le NC, et peut-être est-ce aussi, ou était-ce aussi, la vision de Bayrou. Mais le fait est que les choses se passent bien autrement que cela. Sur le terrain, au sein de ce mouvement, le devenir « personnel » de Bayrou n’est vraiment pas un sujet, et à vrai dire n’intéresse pas grand monde. Il y a bien sur comme dans toutes les formations une petite minorité d’idolâtres, comme il existe à l’UMP les sarkosystes de choc (prêts à nous démontrer qu’il a raison quand il dit blanc, et le lendemain aussi quand il dit noir), ou au PS les groupies inconditionnels de Royal. Mais dans tous les cas il s’agit de minorités infimes… Les périodes électorales présidentielles exacerbent naturellement ce phénomène, mais il s’étiole dès le temps de l’élection passé.

Bayrou est aujourd’hui le leader du MoDem, mais rien ne dit qu’il le sera demain. Petit à petit, d’autres cadres vont naturellement émerger, pour remplacer ceux partis. Les Lepage, Bariani, Benhammias, Mercier, Werhrling, Arthuis, et d’autres, ont un rôle à jouer, et il m’étonnerait fort qu’ils endossent le costume de béni oui-oui d’un Bayrou « messianique ». Ils ne sont pas de la dernière pluie, et peu suspects d’être totalement masochistes !
Le Modem est un mouvement en construction qui a aujourd’hui une base militante et un leader « naturel », mais auquel manque en partie l’échelon intermédiaire. Pour autant le leader naturel n’a pas vocation à être le leader unique. De toute façon, nonobstant son désir propre, il n’a pas le choix. La base justement – exigeante et remuante on l’a vu - est là pour le lui rappeler… et le fait plutôt bien. Le « schéma pyramidal » que tu dénonces – héritage culturel de l’UDF – est précisément remis en question de façon incessante.
La « démocratie interne » si chère aux adhérents, s’impose de fait, et parfois trop. Elle dérange Bayrou ? Oui, sans doute parfois. Et alors ?

Dans ma vision forcément parcellaire des choses, je suis étonné depuis quelques temps des gens qui, où je suis, ont rejoint, adhérent ou pas, le MoDem après la séquence Présidentielles/Législatives. La personne de Bayrou et les histoires de « je suis plus centriste que toi » est le cadet de leur souci. Par contre, ils viennent parce que depuis bien longtemps il leur est proposé de participer à la construction même d’un projet politique. Dans ma ville, il y a près de 80 personnes qui, a des échelons divers, participé à l’élaboration du projet municipal. C’est du boulot, des réunions, des débats, du chiffrage voire des prises de bec. Mais sur ces 80 personnes, il y en a au moins 20 qui n’avaient jamais poussé la porte d’un parti avant cela. Et pourtant, Bayrou n’est pas tête de liste, et il n’y a aucune chance que la liste MoDem gagne les municipales ici ! Il y a juste une demande forte de comprendre les enjeux et de s’investir sur un projet. C’est cela aussi qui constitue l’attrait du MoDem, et son originalité par rapport au PS ou à l’UMP. Le MoDem représente une ouverture quand les autres formations sont encore dans des schémas de fonctionnement interne très archaïques.

Là où tu te trompes, c’est quand tu considères qu’il ne s’agit que de « l’aventure Bayrou ». L’aventure Bayrou, ce fut la présidentielle, mais la présidentielle c’était il y a 8 mois. C’est fini. Ce qui se joue aujourd’hui est d’une toute autre ampleur. Mais c’est vrai que c’est un schéma inédit, donc sans références confortables pour l’analyser.

2) Sur le NC. Tu es paradoxal sur le NC. Tu considères en même temps qu’il n’arrivera pas à incarner sa famille de pensée… mais qu’en même temps il n’y a pas d’autres solutions !
Le NC a un vrai problème : il s’est lié, non pas tellement avec l’UMP (les relations sont de plus en plus détestables, et l’UMP n’a aucune raison de faire des cadeaux au NC), mais avec la personne de Nicolas Sarkozy. Il n’y a pas eu de plate-forme gouvernementale négociée et signée avec l’UMP, il y a eu une inféodation de fait à la personne de Sarkozy.
La différence, c’est que ce faisant le NC s’est interdit toute expression originale. Oh, certes, officiellement, le NC « pèse », « enrichi le débat », etc… Dans les faits le NC apparaît juste comme un satellite un peu honteux de l’UMP, quand il n’est pas totalement inconnu. Les deux ou trois amendements proposés par le NC ont peut-être rassuré les rares adhérents NC ; ils sont passés totalement inaperçus au-delà du petit cercle d’initiés.

Or, depuis la présidentielle, deux faits se sont produits :

- Sarkozy a joué à fond l’ouverture, mais surtout l’ouverture vers la gauche. Faisant cela il a réduit à néant ce qui faisait l’originalité du NC. Les faits et gestes d’un Kouchner ou d’un Hirsch (demain d’un Lang ?) sont autrement plus auscultés – parce que personnalités « de gauche » dans un gouvernement de droite, et qui en plus n’hésitent pas à exprimer leurs désaccords éventuels – que ceux d’un Morin ou d’un Santini, personnalités de droite transparentes dans un gouvernement de droite lui même peu visible. L’enjeu des municipales se situe au même niveau : n’importe quelle liste UMP préférera intégrer un PS ou un MoDem pour, au choix ouvrir ou déstabiliser, quitte à éjecter si besoin est le NC local dont la voix de toute façon lui est acquise.

- Mais il est un autre fait que l’on voit poindre. En dehors de la politique gouvernementale, dont je veux bien admettre qu’il est bien trop tôt pour juger des résultats, la personnalité même de Sarkozy commence à poser un vrai problème.
La dernière étude BVA pour l’Express est intéressante à lire dans son intégralité (sur portail Orange). Plusieurs enseignements :
- La baisse de popularité de Sarko (45% satisfaits contre 48% insatisfaits). Elle est normale, mais elle est anormalement rapide. Depuis 81, seul Chirac en 95 avait connu une inversion si rapide… puis était remonté nettement après avoir dissous !
- Les « très bonne » opinion de Sarko tombe à 8%. Ce qui veut dire qu’il déçoit, y compris dans son propre camp.
- Il perd à gauche, c’est normal. Mais il perd surtout parmi les populations qui ont fortement participé à son élection : -11% chez les plus de 65 ans.
- Enfin, et là c’est plus problématique pour le NC, Sarkozy perd 25 points (pour être à 37%) chez les électeurs déclarés de Bayrou au premier tour.

C’est sérieusement problématique pour le NC car les électeurs de Bayrou au 1er tour sont aussi en grande partie les électeurs naturels du NC. C’est en grande partie le même vivier électoral. Là, il y a un vrai décrochage. Les mêmes – qui ne sont pas que d’horribles gauchistes – soutenaient jusqu’à présent massivement Sarkozy. Ils ne suivent plus. Et ne soutenant plus Sarkozy, on les voit mal soutenir le vaillant petit soldat NC… dont la différence avec l’UMP ne saute pas vraiment aux yeux du plus grand nombre, et pour cause. Cette population, modérée, de culture démocrate chrétienne et européiste, a du mal à se reconnaître dans ce président et ses dérives diverses. J’en connais quelques uns qui sont passés en peu de temps d’un Sarkosysme de bon aloi à un anti-sarkozysme violent. Non sur ses mesures bien que le doute là aussi s’installe, mais sur des questions de morale. Il m’étonnerait que les électeurs d’un Blanc (j’en connais) ou d’un Courson soient séduits par le coté bling-bling pour reprendre une expression à la mode de Sarkozy. Un Bayrou et le MoDem sont pour eux – même si moins de droite (mais n’est-ce pas Sarkozy lui-même qui a validé l’hypothèse que tous les gens de gauche n’étaient pas forcément que d’horribles marxistes arriérés ?) – plus « rassurants » et plus conforme à leur morale en politique.

Or, que tu le veuilles ou non, parce que le NC a accepté d’être totalement inféodé à Sarkozy, il disparaîtra si Sarkozy échoue, sans pour autant assurer sa survie si Sarkozy réussit. L’UMP dans ce cas n’aura malgré tout aucun intérêt à lui faire une autre place que celle qu’il a déjà. L’indépendance du NC est peut-être « d’esprit » comme tu dis, mais malheureusement elle n’est que d’esprit.


Ps : les « forces de progrès de la droite libérale »… c’est l’alliance du Mitterandisme avec le Sarkozysme ?

PS2 : …mais ceci dit, je suis parfaitement conscient de ne jamais arriver à te convaincre !

Ecrit par : Bertrand | 16.01.2008

A Bertrand

En fait, si, Bertrand tu arrives bel et bien à me convaincre.

Je partage l'essentiel de ton deuxième point sur le NC. L'ouverture le place dans une impasse et Sarkozy est en train de connaître un décrochage défavorable dans l'opinion. Maintenant, sera-ce un décrochage "fondateur" ou un trou d'air, il est un peu tôt pour le dire. Concernant l'électorat centriste, si la prise de distance est nette, il faut aussi que tiennes compte que cet électorat est certainement le plus volatile qui existe sur l'échiquier politique. Il est toujours le plus rapide à prendre ses distances vis à vis des gouvernements qu'il soutenait au départ. C'est bien naturel, c'est un peu l'essence même du centrisme que de rester l'esprit libre, d'être exigeant et de refuser toute "caporalisation".

Maintenant, tu as raison, je conserve une opinion paradoxale à l'égard du NC et des autres formations centristes qui refusent l'aventure du MoDem. Si je reconnais l'impasse stratégique dans laquelle elles se trouvent, et au premier chef le NC qui a bel et bien raté son positionnement d'héritier de l'UDF, il n'en reste pas moins que je continue à soutenir leur inétgration au sein de la majorité présidentielle.

Parce qu'il s'agit d'une adaptation nécessaire au fait majeur qu'est la bipolarisation de la vie politique française. Je ne crois pas que l'on puisse s'affranchir du clivage droite-gauche, l'alternance restant pour les Français un principe essentiel de notre démocratie. Ils veulent certes que toutes les bonnes volontés puissent agir de concert, mais ils veulent également qu'elles le fassent en choisissant clairement un camp. En résumé, ils veulent à la fois l'ouverture et une lisibilité politique. Une lisibilité qui leur garantit une véritable alternative. Ils ne veulent pas de trois blocs dont ils ne sauraient pas avec qui irait celui du milieu. En cela Sarkozy répond tout à fait à leur attente en ouvrant sa majorité à des personnalités de tous bords, sans remettre en cause les grandes orientations de son programme de mandature.

Donc, oui les centristes n'ont pas le choix. Leur place est au sein de la majorité présidentielle car la gauche telle qu'elle est aujourd'hui est trop éloignée des valeurs du centre, trop désorganisée pour agir utilement pour le pays. Et oui, selon moi, le progrès est aujourdh'ui à droite, le conservatisme à gauche.

Et si le centre se retrouve réduit à peu de chose au sein de la majorité, c'est bien en raison de la stratégie personnelle de Bayrou. Il n'a pas eu le courage de rejoindre la future majorité entre les deux tours de la présidentielle. C'aurait été un choix difficile, courageux, qui aurait désorienté une partie de son électorat, réduit à néant sa crédibilité pour une nouvelle candidature aux présidentielles, mais aurait permis à sa famille politique de prendre une place bien plus déterminante que celle que nous subissons actuellement. Le choix de l'utilité et de la sincérité face à celui du coup de poker suicidaire.

Quant au MoDem, je ne conteste pas son succès militant, ni qu'il soit au niveau local un lieu de débat et d'action démocratique. Maintenant, force est de constater que pour son organisation nationale, tout est décidé à Paris par le duo Bayrou-Sarnez. Et puis, une formation politique n'est pas seulement un forum de discussion permanent. Elle doit aussi être capable de gagner des élections. Comme tu le reconnais, au MoDem vous discutez beaucoup, mais vous n'avez aucune chance dans la plupart des villes, départements et régions d'être élus et de passer à d'une politique du verbe à une politique d'action publique. Pire, vous n'êtes même pas sûr de jouer souvent un rôle d'arbitre. Pour cela il vous faudrait un réseau de personnalités au niveau local. Ce n'est pas le cas. Comme pour la présidentielle, les voix qui se porteront sur le MoDem au 1er tour, iront tout naturellement à droite ou à gauche au second, sans que les électeurs ne se préoccupent le moins du monde de l'avis des candidats MoDem. Et au final, vous favoriserez mécaniquement la gauche et vous vous retrouvez malgré vous dans l'un des camps. Bipolarisation oblige.

Pour moi, c'est un élement supplémentaire du mirage qu'est le MoDem aujourdh'ui.

Succès militant ? Oui, mais très loin derrière les deux principaux partis que restent l'UMP et le PS. Il faut savoir rester modeste, le MoDem ne bénéficie pas autant qu'il le dit d'une dynamique "populaire" et militante. Elle est réelle et inespérée pour une formation centriste, mais très relative en réalité.

Lieu de débat démocratique ? Oui au niveau local, comme dans bien des associations ou des partis de gauche. Chez les Verts on débat depuis bientôt 15 ans au niveau local... et ça ne leur a pas permis d'émerger comme une force politique de gouvernement crédible comme on le prédisait au début des années 90.

Formation précurseur de la politique de demain ? Pas vraiment. Quant il y a un enjeu, comme à Paris, Bordeaux, Lyon, Marseille, Pau, Chartres, Strasbourg... le MoDem adopte toutes les caractéristiques d'un parti classique. Tout ce qu'il apporte de nouveau, c'est qu'il négocie dans l'ombre, sans toujours assumer ses alliances. Quant à la structure nationale du MoDem, elle reste en grande partie calquée sur l'ancienne UDF, la suprématie de Bayrou en plus.

Une formation centrale indépendante ? Au 1er tour oui, mais son incapacité à gagner seule une élection fait qu'il se retrouve fatalement dans l'un des deux camps traditionnels au second. Et dans la plupart des cas, sa présence au 1er aura favorisé la victoire de la gauche.

Voilà, pour résumer, le NC et les centristes de la majorité sont dans une impasse, mais leur positionnement reste juste. Le MoDem donne l'apparence d'un succès relatif, mais sa stratégie est vouée à l'échec, car déconnectée des réalités. Donc au final, si le centre se recompose, il le fera très certainement sur les ruines des centristes de la majorité que rejoindront les centristes égarés au MoDem.

Bob

Ecrit par : Bob | 17.01.2008

Je suis assez d'accord pour penser qu'au Modem se retrouvent des tas de gens qui ont envie de faire "de la politique autrement" mais ils se sont trompés en suivant un parti vérouillé par Bayrou. On le verra à l'usage. Mais bien sûr, je pourrais me tromper, et j'en serais ravi

Pour ce qui est du NC tout ce qui se passe et qu'analyse Bob ne fait que confirmer mes intuitions du départ

J'attends le congrès
On verra si on peut construire un vrai parti et si ceux qui en ont envie (j'en connais des tas) seront assez nombreux pour l'imposer
Si cela ne marche pas, il y a bien d'autres choses à faire dans la vie que la politique

Ecrit par : gerard | 17.01.2008

Bon, on va arrêter sur ces histoires MoDem/NC parce que c'est sans fin...et qu'on tourne un peu en rond. Le temps nous départagera, laissons lui du temps (au temps !)

Sur Sarko, je suis assez... interloqué, pour ne pas dire plus. Pas sur les mesures - on en verra les résultats dans 2, 3 ou 10 ans - mais sur le personnage. J'ai l'impression d'assister à une sorte de suicide politique en direct. Il a réussi avec une rapidité incroyable à détruire le capital dont il bénéficiait, aussi bien chez ses fervents soutiens que chez les autres... et par des conneries (comportement aberrant et provocant d'un mec de 13 ans, volte faces incessantes, cafouillages gouvernementaux qui se multiplient, illisibilité de l'action - inventer une taxe sur certains produits électroménager pour financer l'audiovisuel par exemple ! ). Un jour il répond politique de civilisation quand il est attendu sur le pouvoir d'achat, le lendemain il parle religion tandis que les ministres s'étripent dans leur coin...

Je vais finir par donner raison à JF Kahn qui le définit simplement comme un mec fou. A moins qu'il y ait une autre explication, mais laquelle ???

C'est Lassale qui disait récemment de lui "Il a réussi à faire exploser le centre, après il a réussi à faire exploser le PS, et maintenant il est en train de faire exploser l'UMP". Peut-être pas faux...

Ecrit par : Bertrand | 18.01.2008

Sur Sarko je suis assez perplexe aussi... Vraiment difficile de le suivre, de cerner quelle est sa stratégie, aussi bien à court qu'à long termes.

A la fois il est l'héritier des réseaux Pasqua pour le côté clanique. Il est aussi un peu un nouveau VGE pour ses convictions européennes, sa démarche d'ouverture, son art - dans un style bien différent - d'exposer simplement des questions complexes. C'est aussi un nouveau Chirac, énergique à limite d'être stressant, qui sait paraître proche du Français moyen, qui ne recule devant aucune tactique politique ou revirement dans le discours pour le pouvoir.

Au delà du tapage médiatique qu'il entretient en permanence, la véritable question reste pour moi la sincérité de sa démarche de rupture. Pour l'instant, on a surtout droit à des mesurettes qu'il enfile comme des perles. Même si ces mesurettes touchent des domaines cruciaux, il ne sera crédible - et efficace - sur le long terme, que s'il leur donne une suite plus conséquente.

Cela dit, il s'est mis lui-même plus que tout autre dirigeant national avant lui, en situation d'hyper-responsabilité. Quelque part, il ne peut pas ne pas réussir ou agir. S'il dégringole dans les sondages actuellement, c'est bien que le Premier-ministre ne joue plus le rôle de fusible. Dans un schéma classique, il aurait pu aisément stigmatiser la grogne contre Fillon, puis le virer après/avant les municipales. Mais tout le monde se fout de Fillon, et pour l'opinion, l'unique responsable est bel et bien Sarko.

Condamné à réussir, il lui faudra bien se rallier à un moment donné aux vraies solutions, aux réformes en profondeur. Nous aurons plusieurs tests dans les jours, mois et années à venir pour en juger : que fera-t-il des propositions de la commission Attali ? jusqu'où ira-t-il dans la réforme institutionnelle ? comment gèrera-t-il le déficit public, la réforme de la fonction publique et plus largement celle de l'Etat ? quelles suites concrètes donnera-t-il au Grenelle de l'Environnement ?

Maintenant, pour en revenir à des question plus basiques de tactiques politiques, il est effectivement en train de jeter l'effroi dans ses propres rangs. A l'UMP, les candidats aux municipales et cantonales sont en train de flipper tous azimuts. J'en connais un certain nombre qui prédisent un vote sanction comme en 2004. Ce qui serait désastreux pour la droite, et aussi pour Sarko, mais aussi pour la gauche.

Pour la droite, ce serait un effet proche de la dissolution de 1997. Psychologiquement, les militants et les cadres de l'UMP ne pourraient que faire le parallèle.

Pour Sarko, cela signerait un vote sanction qui lui serait personnellement adressé. Et au delà de sa politique, cela pourrait aussi lui rendre plus difficile l'ouverture. Mais cela peut aussi lui donner un nouveau départ en remettant les compteurs à zéro. Cela lui permettrait de prendre des distances avec son programme et de redonner un nouvel élan à sa politique "parce que les Français l'ont exigé".

Enfin, pour la gauche, ce serait certainement un effet comparable à celui de 2004. L'assurance qu'elle s'enferrera dans une stratégie molle, lui évitant une fois de plus une refondation qui parraissait inévitable. Et la bataille des courants risquent d'occuper toute son énergie jusqu'en 2012, entre un Delanoé victorieusement réélu, une Ségolène plus que jamais Jeanne d'Arc et un Hollande comme toujours rammasse-miettes.

Finalement, il se peut bien que Sarko soit en train de faire le ménage qu'il n'a pas fait avant 2007. En 2012, l'hiver 2008 sera bien loin dans les esprits. Je crois qu'il est en train de tenter un coup de poker qu'il pense forcément gagnant. Soit il sauve l'UMP par son engagement personnel et y gagne une relégitimation. Soit il perd avec l'UMP, mais s'offre la possibilité d'une recomposition profonde de sa majorité, très profitable à l'horizon 2012.

En tout cas, il est plus que jamais maître du jeu. S'il vascille, ce sera par lui-même et sa force reste que Royal et Bayrou n'y seront pour rien.

Moi, je ne crois pas au suicide politique. Nous n'en avons pas encore vraiment conscience, mais nous sommes en train de renouer avec un césarisme républicain d'un nouveau type. Nous sommes entrés dans l'âge de la République du plébiscite passionnel permanent. Mais ira-t-il jusqu'à quitter le pouvoir si le peuple le déjuge ?

Bob

Ecrit par : Bob | 19.01.2008

Reuters :

"Contre toute attente, Nicolas Sarkozy a déclaré lors d'une visite au port de Boulogne-sur-Mer son intention de remettre à plat les quotas de pêche approuvés par la France et ses partenaires européens le 19 décembre dans le but de sauver des espèces menacées de disparition.

"La France va présider l'Union Européenne du 1er juillet au 31 décembre, c'est une opportunité pour sortir de l'affaire des quotas", a affirmé Nicolas Sarkozy devant 200 à 300 marins pêcheurs.

Cette annonce intervient un mois jour pour jour après la signature le 19 décembre par les 27 ministres européens de la pêche, dont celui de la France, d'un accord sur ces quotas.

Le ministre français de la Pêche Michel Barnier - qui accompagnait Nicolas Sarkozy à Boulogne - avait alors annoncé que cet accord serait appliqué avec une "totale intransigeance".

S'il n'est pas fou, il est quoi alors ? On n'est pas dans le domaine de la tactique politicienne, encore moins dans la "rupture",on est désormais dans le grand n'importe quoi considéré comme méthode de gouvernement.
Magnifique message envoyé à nos partenaires, cette affaire de pêche ! Pauvres ministres...

Ecrit par : Bertrand | 19.01.2008

C'est vrai on est bien dans le n'importe quoi...

Ecrit par : Bob | 19.01.2008

Eh bien ! Quelle lecture édifiante, et je dirais même plus... pasionnante...Quelle belle partie de ping-pong. Cher Bob, ayant déserté ton blog pendant quelque temps, je suis admiratif de son évolution récente... (superbe bannière, soit dit en passant) Un grand "Club des déçus des avatars centristes" est désormais envisageable. Peut-être même vais-je demander à y adhérer ? Moi qui doute... et oui, moi aussi !

Ecrit par : Leroy-Morin | 20.01.2008

législatives ? Tu es peut-être dans la circo de Clamart... M'aurais-tu menti à propos du 92 ? ;-)

Ecrit par : Le Petit Grognard | 20.01.2008

A Bertrand: je savais que TU étais pas loin ;-)

Ecrit par : Le Petit Grognard | 20.01.2008

@Bob,

je ne suis pas persuadé que "sincérité" (dans sa démarche de rupture) et "Sarkozy" soient des mots qui aillent très bien ensemble. Remplace Sarkozy par Fillon, et ça marche. Mais avec Sarkozy....

Je suis ravi de voir que tu as découvert l'utilisation qu'on pouvait faire de la couleur orange. Mais ce mouton m'inquiète...

Ecrit par : Bertrand | 21.01.2008

Eh ! Comment as-tu fait une si belle bannière ??? J'en veux une aussi !

Ecrit par : Maxime Mangeot | 21.01.2008

A Leroy-Morin

Bon va falloir que j'ajoute ton blog à mes liens... J'espère que tu vas rester au MoDem, ce sera dommage de ne plus lire tes posts tjs si bien vus. Je ne me lasse pas de ton son tahitien...

A Petit grognard

Non non je ne suis pas dans le 92. Décidément tu ne suis pas mes posts et comments assez régulièrement... Sinon tu aurais compris depuis longtemps où je suis !!
Bon aller je te donne une dernière indication : mon département se trouve au milieu de ceux de Morin, Blanc, Gourault et Arthuis... Alors ça y'est ?

A Bertrand

Quand je parlais de la sincérité de sa démarche, je la mettais bien sûr en doute (pas sûr à la relecture que ma phrase soit bien claire...).
Sinon, tu as vu juste, le mouton est là pour inquiéter.
Mais pas toi en particulier. Tu n'as rien d'un mouton, tu es un modemiste conscient et convaincu...

A Maxime

Merci pour la bannière (et à LM aussi). C'est une compo perso... J'en pouvais plus du succédané de logo UMP dont s'est doté le NC...

Ecrit par : Bob | 21.01.2008

Je suis adhérant nouveau centre et ne le renouvèlerait sans doute pas à cause du comportement de la fédération du Nord cautionné par la direction nationale de soutenir Vanneste qui est aux antipodes de ce qu'est pour moi le centre...

En fait, au centre, il ne reste plus qu'un et un seul parti:
http://www.aujourdhui-autrement.fr/

Ecrit par : Richard | 22.01.2008

Si la "nouvelle façon de faire de la politique" n'est pas mieux que de vendre un vulgaire baril de lessive, alors "non merci" je ne veux pas de ça!

Si on doit abandonner tout dogme, tout idéal, ou est la vrai raison de faire de la politique?
Se servir des autres pour ce servir?
Les nouveaux semble en pire que les anciens...

Ecrit par : Richard | 22.01.2008

Sur Vaneste, rappelons Michel Noir : “Il vaut mieux perdre une élection que perdre son âme”
L'UMP a choisi. Mais quelle connerie du NC de les suivre ! (aussi cons que le PS quand ils sont totalement incapables de pre