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29.08.2007
Le Nouveau Centre se retrouve les poches vides
294 588 euros, c'est le maigre budget sur lequel le Nouveau Centre pourra s'appuyer pour les cinq ans à venir. A cette somme très modeste on pourra ajouter le produit des adhésions. Soit 80 000 euros pour l'instant. Comment faire vivre un parti avec si peu de moyens ?
Cette fois-ci l'espoir, bien mince, de pouvoir bénéficier du financement public semble définitivement compromis. N'ayant pas réussi à atteindre les 50 candidats aux législatives réunissant un minimum de 1%, et malgré l'argumentation de nos responsables appelant à une interprétation souple des critères en raison de la création récente du parti, le Nouveau Centre sera privé de financement public. Malgré un groupe parlementaire, il ne peut compter selon le Figaro que sur les un peu plus de 1000 euros que l'Assemblée met à la disposition des députés chaque mois.
L'UDF conserve quant à elle un financement à hauteur de 3,5M d'euros (contre 5 sous la législature précédente). Le Parti radical, grâce à son association à l'UMP, recevra 1,5M d'euros (contre 800 000 précédemment).
Alors face à cette situation financière inquiétante, quelles solutions ? Peu à vrai dire. Soit compter sur le ralliement massif des sénateurs UDF qui viendraient eux aussi apporter une contribution du Sénat, tout aussi modeste que celle de l'Assemblée. Soit compter sur un maintien d'une UDF non-modemiste, avec laquelle il serait possible de s'associer. Deux scénarios très peu probables. Ou encore conclure un accord d'association avec l'UMP. S'il se fait aux mêmes conditions que pour le Parti radical et le FRS de Boutin, cela signifiera une adhésion commune, et donc l'absorption du NC par l'UMP. Ce qui n'empêche pas de défendre ses idées cela dit.
Au final, ce sont les alliés de l'UMP qui auront pâti du système mis en place sous la précédente législature pour étrangler l'UDF. En rendant beaucoup plus drastique l'accès au financement public, ce nouveau système aura certes permis de couper l'évasion de l'argent public vers des formations politiques farfelues comme 'Homme-nature-animaux', mais elle aura surtout rendue très difficile l'émergence de nouvelles formations politiques.
Dans un système déjà ultra-majoritaire, est-ce normal que la moitié du financement soit réservé aux formations disposant d'élus à l'Assemblée. Ce qui prive l'UDF d'une partie substantielle de son budget. Est-ce logique qu'un parti ayant un groupe parlementaire n'est droit à aucun financement ? Est-ce normal que le financement d'un parti soit uniquement conditionné par la déclaration de candidature aux législatives ? Si un parti vient à se scinder en cours de mandature, comment justifier que les dissidents, même s'ils ne sont minoritaires que de très peu, n'aient pas accès au financement public ? On a du mal à suivre la logique de ce système...
Ajout 05/09/07 Extrait d'un article du Monde.fr (d'après AFP) :
Pour le Nouveau Centre (20 députés), la situation est toute différente.
Ses candidats ne s'étant pas tous inscrits auprès des préfectures sous la même étiquette, le parti présidé par Hervé Morin n'atteint a priori pas le seuil ouvrant l'accès au financement public (50 candidats ayant obtenu 1% des voix dans au moins 50 circonscriptions).
Seuls 43 candidats répondent strictement au critère, selon le député de la Marne et trésorier Charles de Courson.
La situation sera tranchée par le ministère de l'Intérieur, qui officialisera les chiffres dans un décret attendu "à partir de février 2008", selon la Commission nationale des comptes de campagne et des financements publics.
"La loi sur le financement public présente des inconvénients majeurs, qu'il faut corriger", a estimé mercredi François Sauvadet, chef de file des députés NC.
"Comment un parti qui a un groupe à l'Assemblée pourrait-il ne pas avoir de financement public?", a-t-il demandé.
"On a des discussions qui ne sont pas conclues avec le ministère de l'Intérieur", a ajouté Hervé Morin, lors d'une conférence de presse.
"Les préfectures n'ont été informées par le ministère que dans le milieu de la semaine des inscriptions, que notre parti politique existait", a indiqué le ministre de la Défense. "Le décompte réalisé mérite donc d'être revu en fonction de cet élément".
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23:10 Publié dans Le nouveau centre | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Nouveau Centre, UDF, UMP
28.08.2007
L'UMP remporte la sénatoriale partielle dans l'Hérault. Le MoDem fait 5%.
Le maire UMP de Béziers Raymond Couderc a remporté l'élection sénatoriale qui se déroulait dans l'Hérault. Il succède au sénateur PS démissionnaire suite à son élection à l'Assemblée nationale. Le MoDem, qui avait présenté un candidat ne passe pas, sans surprise, le premier tour. Avec un score de 5%. Honorable selon les responsables locaux, mais surtout bien peu pour qui entend bousculer l'alternance droite-gauche.
Raymond Couderc (UMP), maire de Béziers, a remporté dimanche au second tour la sénatoriale partielle organisée dans l'Hérault pour remplacer le socialiste André Vézinhet, élu en juin député de la 2e circonscription de ce département.
2.010 grands électeurs étaient convoqués aux urnes pour ce scrutin qui a vu l'UMP remporter un bastion socialiste avec 53,04% des suffrages pour Raymond Couderc contre 46,96% pour sa rivale PS, Karine Chevalier.
Mieux placée sur papier puisqu'il s'agissait de remplacer un sénateur socialiste, cette dernière a souffert du passage à droite de plusieurs villes du département dont Sète et Agde depuis l'élection de M. Vézinhet en 1998.
Les résultats du second tour ont été proclamés très tard en raison de débats sur la validité de certains bulletins sur lesquels figuraient uniquement le nom du candidat UMP Raymond Couderc et pas celui de sa suppléante. M. Couderc, retenu par un problème d'avion en Bolivie, n'a pas pu lui-même déposer sa candidature au second tour et a dû laisser agir sa suppléante.
Six candidats s'étaient présentés à cette sénatoriale partielle: M. Couderc, Mme Chevalier, le secrétaire de la fédartion PCF de l'Hérault Jean-Louis Bousquet, Dominique Canu du Modem, le président du groupe FN au conseil régional de Languedoc-Roussillon Alain Jamet et un non inscrit, Christian Olive.
Premier tour:
Inscrits: 2.010
Votants: 1.973
Bulletins blancs: 58
Exprimés: 1.915
Alain Jamet (FN) : 32 voix (1,67%)
Jean-Louis Bousquet (PCF): 279 voix (14,57%)
Raymond Couderc (UMP): 817 voix (42,67%)
Karine Chevalier (PS): 629 voix (32,84%)
Dominique Canu (Modem): 106 voix (5,53%)
Christian Olive (SE): 52 voix (2,72%)
Second tour:
Inscrits: 2.010
Votants: 1.950
Bulletins blancs: 191
Exprimés: 1.759
Raymond Couderc (UMP): 933 (53,04%)
Karine Chevalier (PS): 826 (46,96%)
© 2007 AFP - Le 26/08/2007 à 21:11
16:00 Publié dans Majorité UMP-NC | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : UMP, majorité, UDF, MoDem, PS
27.08.2007
"Nouvelle étoile" s'associe au Nouveau Centre
Le parti polynésien Fetia Api (Nouvelle étoile) vient d'amorcer un rapprochement avec le Nouveau Centre. Proche de l'UDF, puis tentée par le MoDem, le parti fait le choix du renouveau au centre suite à une rencontre entre Hervé Morin et Philip Schyle, ancien président de l'Assemblée de la Polynésie française accompagné de Thilda Fuller, qui représente le Fetia Api au sein de cette assemblée suite aux élections de 2007.
Présente à Paris pour les consultations en vue d'une réforme du mode de scrutin à l'Assemblée de Polynésie, la délégation du Fetia Api emmenée par Philip Schyle a également, au cours de ce déplacement, officialisé son rapprochement avec le Nouveau Centre, en rencontrant, vendredi, le président de cette nouvelle formation centriste, le ministre de la Défense, Hervé Morin.
"Nous avons fait un tour d'horizon de la situation politique en Polynésie française. Ce qui est clair, c'est qu'il est temps qu'une nouvelle génération apparaisse en Polynésie. Le Fetia Api et Philip Schyle doivent y jouer un rôle", a déclaré Hervé Morin.
"Les députés du Nouveau Centre participeront aux réflexions gouvernementales qui sont en cours. Nous faisons partie de la majorité et nous entendons bien, sur ce dossier, défendre la cause du Fetia Api", a-t-il insisté, en rappelant qu'il avait, au début de l'année, avec Jean-Christophe Lagarde, autre membre du Nouveau Centre, déposé une proposition de loi permettant de revenir au mode scrutin proportionnel en Polynésie.
Et Hervé Morin de poursuivre, au sujet de la nouvelle réforme qui doit être présentée en septembre à l'Assemblée nationale: "Jean-Christophe Lagarde sera la voix du Nouveau Centre au cours du débat parlementaire. Etant dans la majorité, nous entendons bien faire valoir un certain nombre de positions, comme nous le faisons sur tous les dossiers".
(...)
Réalisme politique
Accompagné de la représentante à l'Assemblée, Thilda Fuller, et de l'ancien président du CESC (Conseil économique, social et culturel) Guy Lejeune, Philip Schyle a précisé sa position: "Je regrette à titre personnel l'évolution, la tournure que les affaires ont pu prendre au niveau de l'UDF (ndlr, scission, avec la création du Nouveau Centre, d'une part, et du Modem de François Bayrou, d'autre part). Mais au niveau du Fetia Api (...) il y a aussi l'intérêt de la Polynésie. Et nous avons besoin, ici, à Paris, d'avoir des voix qui puissent s'exprimer au moment opportun et là où cela est indispensable".
Allié de longue date à l'UDF centriste, le Fetia Api n'avait vu qu'un seul de ses candidats obtenir l'investiture du Modem de François Bayrou lors des dernières élections législatives, au mois de juin, l'investiture de cette formation étant revenue, dans la première circonscription (côte ouest de Tahiti, Australes, îles Sous-le-Vent), à Nicole Bouteau (No Oe e Te Nunaa).
Et Philip Schyle de commenter: "Je n'entre absolument pas dans ces considérations là. Je dirai que c'est plus une question de réalisme. Avec François Bayrou, je n'ai aucun problème personnel. Au contraire, j'ai beaucoup d'estime pour lui. Lorsque je reviendrai à Paris, je reprendrai contact avec lui pour que nous puissions nous expliquer sur certaines choses (...) Je regrette malgré tout ce qui a pu se passer lors des dernières échéances électorales".
TAHITIPRESSE.pf - 24/08/2007 à 06:40
23:20 Publié dans Le nouveau centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Fetia Api, Nouveau Centre, UDF, MoDem
Décès de Raymond Barre
"C’est avec émotion que j’ai appris ce matin le décès de Raymond Barre à l’hôpital du Val de Grâce.
Raymond Barre faisait partie des grands hommes d’Etat de la cinquième République qui n’ont jamais cédé à la démagogie ni au compromis, plaçant toujours l’intérêt général au premier plan de l’action politique.
Brillant universitaire, professeur d’économie dont l’expertise avait dépassé les frontières nationales, il avait eu le courage de s’engager au service de la cité, confrontant ainsi son enseignement théorique à la difficile pratique politique. De la Commission européenne, dont il fut le vice-président, aux responsabilités de chef du gouvernement qu’il a assumé pendant près de cinq ans puis de député et de maire de Lyon, il s’est totalement dévoué aux intérêts de l’Etat et de ses concitoyens.
Je salue sa mémoire et adresse à son épouse ainsi qu’à ses deux enfants et ses proches, ma très profonde sympathie et mes sincères condoléances."
Hervé Morin
Ministre de la Défense
Président du Nouveau Centre
22:55 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Raymond Barre, UDF, Nouveau Centre, Hervé Morin
22.08.2007
"Hervé Morin, la défense du centre"
Portrait consacré à Hervé Morin paru dans Le Figaro du 12 août dernier.
« JE FAIS une course contre la montre » : sous ses airs désinvoltes, Hervé Morin sait que le temps lui est compté. L'ancien président du groupe UDF de l'Assemblée a reçu mission d'« occuper le centre droit » déserté par François Bayrou. Pour affirmer son autorité sur les centristes qui l'ont suivi, Nicolas Sarkozy lui a donné un ministère régalien, la Défense. Qu'il échoue rue Saint-Dominique, ou sur le terrain électoral, et c'en sera fini du Nouveau Centre. « Il y a un peu moins d'un mois, confie-t-il, Sarkozy m'a prévenu que ça allait beaucoup tourner au gouvernement. Il m'a dit qu'un certain nombre d'entre nous allait exploser en vol. »
Ministre de la Défense à 45 ans, onze ans après son mentor François Léotard, qui l'avait emmené avec lui rue Saint-Dominique comme conseiller chargé des relations avec le Parlement, Hervé Morin jouit de sa promotion éclair tout en essayant de se « faire à l'idée d'être assis sur un siège éjectable ». À quand l'épreuve de vérité ? Le chef de l'État a expliqué à l'état-major de l'UMP qu'il envisageait de remanier le gouvernement en janvier, avant de soumettre ses réformes institutionnelles au Parlement réuni en congrès. Objectif : élargir encore l'« ouverture » pour obtenir la majorité des trois cinquièmes et semer un peu plus de désordre dans les rangs socialistes à trois mois des municipales. Hervé Morin pense qu'il conservera son ministère. Il ne voit pas Nicolas Sarkozy « changer de stratégie » et se séparer des centristes avant qu'ils aient pu faire leurs preuves. D'où le calme avec lequel il a pris l'épisode Le Drian.
Le soir du second tour des législatives, le chef de l'État a appelé le président PS du conseil régional de Bretagne pour lui proposer un poste à la Défense. Offre rejetée. « Il s'agissait sûrement d'un secrétariat d'État », veut croire le patron du Nouveau Centre. Les centristes restés fidèles à François Bayrou ont une tout autre interprétation de la manoeuvre. « Je serais Morin, je me ferais du souci !, ironise le sénateur UDF Jacqueline Gourault. Les centristes, Sarkozy s'en fout. Il a vécu une traversée du désert, il connaît la valeur de la fidélité. Je n'ai pas beaucoup de doutes sur ce qu'il a pensé quand Morin et les autres sont venus le voir. »
Pour les municipales, des négociations avec l'UMP
Cette bayrouiste de choc est persuadée que « les législatives ont montré à Sarkozy les limites de la technique du débauchage individuel. Il a compris que ça poussait toute une frange de notre électorat vers la gauche, et qu'il ne fallait pas en abuser ». « Faux, riposte Jean-Christophe Baguet, ex-UDF rallié à la candidature Sarkozy dès octobre 2006. L'électorat de gauche qui avait été séduit par Bayrou à la présidentielle est simplement rentré au bercail. Nos électeurs traditionnels, eux, nous ont suivis. » Le député des Hauts-de-Seine pense que « Morin est capable de fédérer ces centristes historiques, qui ne se reconnaissent plus dans la démarche de Bayrou ».
« À condition qu'on bosse, prévient l'intéressé. Les députés UDF sont venus à moi parce Bayrou voulait en faire de la chair à canon, mais l'existence d'un centre droit libre et indépendant n'est pas acquise. On doit se territorialiser pour s'affirmer localement face à la machine UMP. »
Les négociations pour les municipales entre le parti présidentiel et le Nouveau Centre serviront de test. Hervé Morin va pouvoir les suivre de très près, puisque son secrétaire d'État à la Défense, Alain Marleix, est aussi secrétaire national chargé des élections à l'UMP. Ils cohabitent depuis les législatives et leurs relations sont « excellentes » au dire de tous ceux qui les ont vus ensemble. Gros travailleur, Marleix est réputé pour son caractère affable et son inusable patience. Quant à Morin, « il est un peu brut de décoffrage, mais c'est un malin et un fonceur », juge Pierre-Christophe Baguet. « Il est carré et il ne prend pas les gens en traître : quand il m'a fait virer par le groupe UDF, il m'a téléphoné avant pour me prévenir. Et il m'a envoyé ses voeux en 2007, ce qui m'a fait marrer ».
Son caractère, le ministre de la Défense a eu l'occasion de le montrer dès son arrivée rue Saint-Dominique. Il a décidé d'y passer le plus de temps possible. « Michèle Alliot-Marie était tout le temps sur le terrain, ce qui veut dire qu'elle n'était pas ici à prendre les décisions. Moi, je refuse d'être une marionnette. »
On raconte rue Saint-Dominique que les premières semaines, les relations entre le ministre et Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées, ont été du genre « viriles ». Déjà mis sous étroite surveillance par l'Élysée et par Matignon, Morin n'a aucune envie de « laisser les militaires prendre les décisions à sa place ».
Éviter une diminution de ses crédits
Dans un domaine aussi sensible que la Défense, il est difficile pour un ministre d'imprimer sa marque. Surtout en période de restriction budgétaire. Entre un Fillon « debout sur le frein » pour éviter que les dépenses dérapent, et un Sarkozy « tenu par ses engagements devant les Français », Morin se démène pour éviter une diminution de ses crédits.
Combat difficile, et peu lisible par l'opinion. Pour faire exister le Nouveau Centre dans la majorité, son chef a besoin de sujets porteurs, et aussi d'alliés. Mais il se réserve le droit de les choisir. Frustrés d'être si peu représentés au gouvernement, les ex-centristes qui avaient rejoint l'UMP dès 2002 ont menacé un temps de quitter le parti présidentiel pour le Nouveau Centre. Morin, qui ne s'est pas émancipé de la tutelle de Bayrou pour se soumettre à celle d'un Méhaignerie ou d'un Raffarin, leur a fait savoir qu'il n'était « pas là pour récupérer les UMP fâchés ». En revanche, il a accepté les offres de collaborations ponctuelles des réformateurs.
Leur président fondateur, Hervé Novelli, est une vieille connaissance et un ami. Les deux Hervé habitent le même immeuble du XVIIe arrondissement. Aussi jaloux l'un que l'autre de préserver l'originalité de leurs mouvements , ils ont décidé de tester leur compatibilité en organisant ensemble deux colloques à la rentrée. L'un, sur l'instauration d'un small business act à la française, sera animé par Hervé Novelli, secrétaire d'État chargé des entreprises, tandis qu'Hervé Morin pilotera les travaux de l'autre, consacrés aux réformes institutionnelles. Tous ces projets figuraient parmi les propositions phares du candidat Bayrou. Morin a négocié avec Sarkozy leur inscription dans la plate-forme commune de l'UMP et des centristes ralliés pour les législatives. De sa capacité à les faire aboutir dépendra le poids politique futur du Nouveau Centre.
JUDITH WAINTRAUB. Publié le 13 août 2007
23:31 Publié dans Le nouveau centre | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Nouveau Centre, Hervé Morin, gouvernement, UDF, Sarkozy
17.08.2007
UDF : chronologie d'un suicide collectif (8/8)
2007 : la scission entre "démocrates" et centristes
25 avril 2007 : François Bayrou annonce la création d'un nouveau parti, le Parti démocrate
Entre deux tours : L'UDF ne donne pas de consigne de vote. François Bayrou annonce qu'il ne votera pas Nicolas Sarkozy. Une majorité de députés UDF appellent à voter pour Nicolas Sarkozy.
9 mai 2007 : 24 députés UDF sur 30 signent dans Le Figaro une tribune "Pour un centre libre dans la majorité présidentielle"
10 mai 2007 : Le principe de la fondation du Mouvement démocrate est voté le par les conseillers nationaux de l'UDF réunis à la Mutualité. Jean Arthuis prend ses distances. Jean-Louis Bourlanges "dit au revoir" à l'UDF. Pierre Albertini quitte l'UDF pour devenir "centriste indépendant".
18 mai 2007 : Hervé Morin est nommé ministre de la Défense dans le 1er gouvernement Fillon
29 mai 2007 : Création du Nouveau Centre par les parlementaires issus de l'UDF.
10 juin 2007 : l'UDF-MoDem présente 535 candidat et s'effondre avec 7.61 % (1 981 107 voix). Le Nouveau Centre voit 7 de ses candidats élus dès le premier tour.
17 juin 2007 : Le MoDem emporte 5 sièges, le Nouveau Centre compte 21 élus. Jean-Christophe Lagarde quitte l'UDF et rejoint le Nouveau Centre.
19 juin 2007 : André Santini et Valérie Létard font leur entrée au gouvernement en tant que secrétaires d'Etat. François Sauvadet devient président du groupe parlementaire du Nouveau Centre.
2 juillet 2007 : le Nouveau Centre se dote d'instances nationales provisoires.
3 juillet 2007 : les sénateurs UDF, MoDem et Nouveau Centre restent unis au sein du groupe Union Centriste - UDF
13 juillet 2007 : Didier Bariani refuse que l'UDF disparaisse dans le MoDem
17 juillet 2007 : Thierry Benoît, député MoDem, appelle au rassemblement entre MoDem et Nouveau Centre au sein d'une UDF modernisée
En quelques semaines, la dernière séquence est particulièrement douloureuse pour la famille centriste. Elle est désormais divisée en cinq "courants".
Celui du MoDem qui refuse de voir un échec relatif dans la candidature de Bayrou à l'élection présidentielle et entend créer un nouveau parti "démocrate" sur les ruines de l'UDF, opposé à Nicolas Sarkozy et allié objectif du PS. Mais la dynamique bayrouiste de la présidentielle marque un point d'arrêt aux législatives.
Celui du Nouveau Centre, qui a pris acte de la stratégie personnelle jusqu'au boutiste de Bayrou et souhaite s'appuyer sur son groupe parlementaire pour prendre la suite de l'UDF avec un nouveau parti indépendant, mais allié à l'UMP. S'il peut s'appuyer sur un important réseau d'élus, le nouveau parti manque encore de militants ... et de financement ?
Celui des UDF "canal historique", sceptiques sur l'aventure du MoDem et qui défendent le maintient de l'UDF comme un parti indépendant qui aurait toujours vocation à rassembler l'ensemble des centristes. Au-delà des questions stratégiques, celle des finances, l'UDF restant le "tiroir caisse" du MoDem. Mais comment tenir cette ligne sur le long terme dans un parti totalement acquis à la ligne de François Bayrou qui veut faire du MoDem un parti unitaire.
Ensuite, celui des centristes indépendants, qui ne se reconnaissent dans aucun parti et attendent certainement la fin de cette séquence dominée par les divisions pour adopter un positionnement définitif.
Enfin, celui des centristes de l'UMP (qui a compté quelques ralliements comme Baguet ou Galland), qui restent convaincus d'avoir fait le bon choix en 2002. Leur influence au sein du parti demeure cependant marginale en l'absence d'un leader identifié. Mais il faut reconnaître que sur le plan des idées, ils ont su favoriser un virage de l'UMP vers une ligne européenne proche de l'UDF et une pratique plus démocratique et ouverte de la politique.
Pourtant, cette division aurait pu être évitée. Il aurait fallu que François Bayrou prenne acte de son échec relatif et qu'il l'utilise constructivement pour renégocier la place de l'UDF vis-à-vis de l'UMP. Avec plus de 18% à la présidentielle, l'UDF était en mesure de préserver sa ligne d'indépendance, tout en accroissant sa représentation au parlement et au gouvernement. Elle aurait pu ainsi poursuivre sa reconstruction amorcée en 2002 pour continuer à jouer son rôle de force critique et d'équilibre au sein de la majorité. Quant à l'ouverture au centre-gauche, elle demeurait possible le jour où le PS se serait rénové. Mais cette stratégie positive, qui aurait maintenu la famille centriste unie, qui aurait peut-être même permis un rapprochement entre centristes de l'UMP et UDF, contenait un point négatif. Elle handicapait grandement la possibilité pour Bayrou de se présenter à nouveau en 2012, en l'empêchant de tenir une ligne d'opposant à Sarkozy. Bayrou aura donc préféré sacrifier l'unité de sa formation politique au profit de sa stratégie personnelle et de la chimère d'un parti centriste qui ne s'allie jamais et entend prendre à lui seul le pouvoir. Le vrai bilan des années Bayrou ne pourra être fait qu'en 2012. Et l'on pourra constater s'il a su, en près de 20 ans de contrôle sur l'UDF, faire mieux que VGE avant lui, et rassembler les fameux 2 Français sur 3 qui restent prêts à voter au centre à chaque élection.
Députés (07-12) : 21 Nouveau Centre - soit 3.5 % des sièges ; 4 MoDem - soit 0.7% des sièges
20:50 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : UDF, politique, centrisme, MoDem, UMP, Nouveau Centre
16.08.2007
UDF : chronologie d'un suicide collectif (7/8)
2005-2007 : l'UDF "libre"
2005 : l'UDF se divise sur le vote de confiance au gouvernement Villepin. Le groupe UDF à l'Assemblée s'abstient majoritairement, mais 9 de ses membres votent néanmoins la confiance (Jean-Pierre Abelin, Pierre-Christophe Baguet, Jean Dionis du Séjour, Francis Hillmeyer, Michel Hunault, Olivier Jardé, Christian Blanc, Bernard Debré et Philippe Folliot). Sept sénateurs (Nicolas About, Jean Arthuis, Maurice Blin, Didier Borotra, Daniel Dubois, Gisèle Gautier et Anne-Marie Payet) le feront également.
2005 : Gilles de Robien reste membre du gouvernement et est suspendu des instances nationales de l'UDF par François Bayrou.
2006 : Au congrès extraordinaire de Lyon, 91.1% des adhérents valident la stratégie de Bayrou d'une "UDF libre"
2006 : le groupe UDF à l'Assemblée nationale se divise de nouveau. Bayrou est minoritaire dans sa démarche et seuls 11 députés contre 19 votent la motion de censure socialiste contre le gouvernement Villepin.
2006 : Gilles de Robien crée l'association Société en Mouvement
2006 : Pierre-Christophe Baguet exclu du groupe UDF après avoir annoncé son soutien à Nicolas Sarkozy
24 janvier 2007 : création du Cercle Démocrate, Républicain et Social (CDRS) : Francis Decourrière , Pierre-Christophe Baguet , André Santini, Valérie Létard et Hervé Marseille.
21 février 2007 : André Santini et Hervé Marseille suspendus de l'UDF après avoir annoncé leur soutien à Nicolas Sarkozy.
22 avril 2007 : François Bayrou obtient 18,57 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle.
De 2005 à 2007, la ligne d'indépendance du parti se radicalise. François Bayrou pousse à une rupture définitive de l'UDF avec l'UMP et quitte la majorité parlementaire. Il est majoritairement soutenu par les cadres et militants du parti et la ligne de Robien apparaît comme marginale. Cependant, il n'arrive pas à convaincre une majorité de députés UDF à voter la motion de censure socialiste contre Villepin. Le parti reste très largement uni derrière sa candidature à présidentielle. Seuls Gilles de Robien et André Santini soutiennent la candidature de Nicolas Sarkozy dès le premier tour. Au terme d'une campagne brillamment menée, Bayrou ne parvient néanmoins pas à se qualifier pour le second tour, malgré un score historique, qui plus est avec un taux de participation très élevé. Près de 7 millions de Français ont apporté leur voix au projet de l'UDF. Et pourtant, malgré l'unité derrière la candidature de Bayrou, le parti est déjà divisé depuis longtemps sur la question de son degré d'indépendance. Mais il est bien tard pour les prudents et les sceptiques de vouloir enrayer la stratégie de Bayrou qui est désormais à l'évidence seul maître à bord.
Députés (06-07) : 29 - soit 5% des sièges
Présidentielle : Bayrou - 18.57% (6 820 119 voix) au 1er tour
19:40 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : UDF, politique, centrisme
15.08.2007
UDF : chronologie d'un suicide collectif (6/8)
2002-2005 : l'UDF indépendante
2002 : L'UDF obtient 4.85% des voix au premier tour des législatives et 31 élus. Hervé Morin prend la présidence du groupe à l'Assemblée nationale contre Anne-Marie Idrac.
2002 : Gilles de Robien, entre au gouvernement Jean-Pierre Raffarin.
2004 : l'UDF présente dans la plupart des régions des listes indépendantes au 1er tour des régionales. Elles fusionnent au 2nd tour avec les listes UMP. Suite aux cantonales, elle emporte la présidence de 8 départements (contre 4 auparavant) gérés via des alliances avec l'UMP.
2004 : L'UDF présente des listes indépendantes aux européennes et améliore son score en obtenant près de 12 % des voix et 11 sièges.
Malgré la création de l'UMP, Bayrou parvient, avec l'aide des cadres qui sont restés fidèles à l'UDF, à sauver le parti centriste. Mais il le doit aussi au "fair-play" de l'UMP qui ne présente pas de candidats contre les UDF aux législatives de 2002. L'UDF maintient sa ligne de 1998, celle d'un parti indépendant, allié naturel des gaullistes et des libéraux. Cependant, face à l'UMP, l'affirmation de cette indépendance devient plus que jamais nécessaire. Ainsi l'UDF devient de plus en plus ouvertement critique face à la politique menée par Chirac et Raffarin. Elle présente également pour la première fois des listes indépendantes aux élections régionales. Elle réalise d'ailleurs un bon score à ces élections, tout comme aux européennes, qui semblent être le fruit d'un transfert des déçus de l'UMP vers l'UDF. L'UDF semble avoir réussi son pari de survivre à la création de l'UMP qui est en proie à des divisions profondes entre sarkozystes et chiraquiens. Bayrou a su créer une dynamique favorable et est devenu une figure médiatique plus assurée qu'en 2002. Une question reste posée : jusqu'où faut il aller dans la prise de distance avec les alliances traditionnelles avec les partis de droite ?
Députés (02-06) : 30 - soit 5% des sièges
10:30 Publié dans Centrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : UDF, politique, centrisme
14.08.2007
UDF : chronologie d'un suicide collectif (5/8)
1998-2002 : la nouvelle UDF
1999 : liste indépendante de l'UDF aux européennes qui obtient 9.29% des voix et 9 élus.
2002 : une partie des cadres de l'UDF participe à Alternance 2002, préfiguration de l'UMP, qui soutient la candidature de Chirac
2002 : François Bayrou obtient 6.84% des voix au premier tour de l'élection présidentielle.
2002 : une majorité des cadres de l'UDF rejoignent l'Union pour la majorité présidentielle. 3/4 de l'UDF intègre par la suite l'UMP.
Malgré la scission de 1998, l'UDF reste un parti divisé entre son président, François Bayrou, et son président de groupe à l'Assemblée nationale, Philippe Douste-Blazy. Le premier souhaite que l'UDF présente un candidat à l'élection présidentielle. Le second préconise une union avec les gaullistes derrière Jacques Chirac. Les résultats électoraux sur la période montrent que l'UDF n'arrive pas à créer une nouvelle dynamique. Aux européennes, elle fait à peine plus que Simone Veil en 1994. A la présidentielle, François Bayrou réalise un score honorable, mais très loin derrière les 16.5% de Barre en 1988. La nouvelle UDF semble donc un échec pour beaucoup, en ce qu'elle a réduit l'assise politique du parti aux seuls démocrates-chrétiens. L'union avec les gaullistes et les libéraux qui se dessine sous l'égide de Chirac, constitue pour beaucoup la concrétisation de la fameuse "CDU à la française" rêvée par les centristes et les libéraux 20 ans plus tôt. Les centristes s'apprêtent à vivre leur plus importante division depuis 1978. L'existence de l'UDF semble très compromise face à la machine électorale que devrait être l'UMP. Mais Bayrou tient son cap.
Députés (97-98) : 114 - soit 20% des sièges
Députés (98-02) : 84 - soit 14.5% des sièges
Présidentielle : Bayrou - 6.84% (1 949 170 voix) au 1er tour
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13.08.2007
UDF : chronologie d'un suicide collectif (4/8)
1993-1998 : le triomphe des neuneus
1993 : l'UPF est dissoute
1993 : Victoire écrasante de la droite et du centre aux législatives, l'UDF obtient 215 sièges.
1994 : François Bayrou est élu président du CDS contre Bernard Bosson
1995 : pas de candidat UDF à la présidentielle. La majorité des cadres du parti soutient Edouard Balladur. VGE et Hervé de Charette soutiennent Chirac.
1995 : Fusion du CDS et du PSD au sein de Force démocrate dont François Bayrou devient président.
1996 : François Léotard devient président de l'UDF
1997 : dissolution
1997 : le PR devient Démocratie libérale. Alain Madelin en devient le président.
1998 : Elections régionales. Trois membres de l'UDF passent des accords avec le FN pour conserver leur présidence. Ils sont exclus.
1998 : DL quitte l'UDF. Création de la Nouvelle UDF, parti unitaire qui fusionne FD, le PPDF de Charette, le PRIL (ex-DL) et les adhérents directs. Le Parti radical reste une composante autonome de l'UDF. François Bayrou est élu président du parti.
Empêtrée dans les affaires liées au financement de ses deux principales composantes (PR et CDS), l'UDF connaît toujours une grave crise de leadership. VGE est considéré comme fini, Balladur a échoué, Barre se tient à distance. Le parti entre donc dans une guerre de chapelles sans précédent, et l'unité ne devient plus qu'une façade. Alain Madelin et François Bayrou conduisent des stratégies parallèles mais concordantes de rupture, qui doit permettre à l'un et à l'autre de se présenter sous ses couleurs à l'élection présidentielle de 2002. La dissolution ratée libère les énergies et le parti se désagrège en moins d'un an. Bayrou ouvre en 1998 une nouvelle séquence, celle d'une "nouvelle UDF", unitaire et qui revendique et systématise son indépendance vis-à-vis du RPR.
Députés (93-97) : 215 - soit 37% des sièges
Présidentielle : Balladur - 18.58% (5 658 796 voix) au 1er tour
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