19.06.2007
Le gouvernement renforcé par l'arrivée de 4 secrétaires d'Etat aux convictions centristes.
Maurice Leroy n'intègre finalement pas l'équipe de François Fillon. Mais les centristes déjà présents avec Hervé Morin, confirmé dans ses fonctions de Ministre de la Défense, sont désormais bien présents avec les nominations d'André Santini, Valérie Létard, Jean-Marie Bockel et Laurent Wauquiez.

André Santini devient secrétaire d'Etat à la Fonction publique. Le député-maire d'Issy-les-Moulineaux retrouve donc un portefeuille ministériel, après avoir été membre du gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac à la fin des années 80. Fondateur de l'UDF et ancien président du Parti Social-Démocrate qui fut l'une de ses composantes de centre-gauche, André Santini n'est plus à présenter. Il a fondé sa légitimité politique sur le travail exemplaire qu'il a fait dans sa ville d'Issy qu'il a transformé en une petite silicon valley aux portes de Paris. Toujours épris de liberté et d'un centre indépendant, il a fait partie des "poids-lourds" qui ont accompagné François Bayrou dans la création d'une UDF indépendante du grand parti de la droite et du centre qu'est devenu l'UMP en 2002. Il a soutenu Nicolas Sarkozy dès le premier tour de l'élection présidentielle, considérant que la candidature de François Bayrou menait l'UDF dans une impasse stratégique.
Valérie Létard devient secrétaire d'Etat à la Solidarité. Assistante sociale de formation, elle est depuis 2001 une jeune sénatrice du Nord, et conseillère régionale depuis 2004. Vice-présidente de l'UDF elle s'est battue aux côtés de François Bayrou, avant de rejoindre le Nouveau Centre. Proche de Jean-Louis Borloo elle est également adjointe au maire de Valenciennes.
Jean-Marie Bockel devient secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie. Membre du Parti socialiste depuis 1972, Jean-Marie Bockel a progressivement évolué de son aile gauche (le CERES de Jean-Pierre Chevènement) à son aile droite où il a courageusement tenter de structurer un courant de centre-gauche "social libéral" ayant pour référence le blairisme du New Labour. Sénateur-maire de Mulhouse, Bockel incarne donc l'aile la plus moderne du Parti socialiste, mais a malheureusement toujours été marginalisé par l'appareil de son parti. Plusieurs personnalités socialistes partageant ses convictions se sont rapprochées du Nouveau Centre, dont Marc d'Héré (président d'Initiative européenne et sociale) qui a été candidat PSLE aux législatives à Paris.
Laurent Wauquiez devient secrétaire d'Etat, Porte-parole du Gouvernement. Ce jeune député UMP, sorti major de l'Ena et normalien agrégé d'histoire, incarne une relève brillante et moderne du centre-droit français. Héritier de la circonscription du centriste Jacques Barrot quand celui-ci est devenu commissaire européen, Laurent Wauquiez s'est très vite fait une place de choix par ses déclarations réfléchies et ses prises de positions teintées d'un ton résolument libre, ouvert et sans langue de bois.
Le Gouvernement compte également plusieurs membres aux convictions centristes : Jean-Louis Borloo (Parti radical), Ministre d'État, Ministre de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables, Xavier Darcos (UMP - ex UDF), Ministre de l'Education nationale, Christine Boutin (FRS), Ministre du Logement et de la Ville, Jean-Pierre Jouyet (deloriste), secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Dominique Bussereau (UMP - ex-giscardien), secrétaire d'Etat aux Transports.
22:50 Publié dans Gouvernement | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Gouvernement, Nouveau Centre, Santini, Létard






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Commentaires
Wauquiez : très bonne nouvelle. J'ai bcp d'estime pour lui depuis que je l'ai découvert, même si il est UMP, et absolument pas Nouveau Centre !
Bockel : même remarque. Sauf que lui n'est pas non plus Nouveau Centre, mais élu PS, "social-libéral".
Létard : aucun commentaire. Je ne la connais pas assez.
Santini : Cela fait longtemps qu'il n'a plus de centriste que l'étiquette. Pas vraiment l'exemple du renouvellement politique. Sans compter qu'il est actuellement mis en examen pour prise illégale d'intérêt, faux et usage de faux et détournement de fonds publics. Une carricature du vieux politicien aux vieilles méthodes politiciennes.
Ecrit par : Bertrand | 20.06.2007
à Bertrand
Je te trouve un peu dur avec André Santini. Je ne dis pas que c'est l'exemple de la rénovation, mais ce n'est pas non plus l'archétype du vieux politicien. S'il l'était, il aurait rejoins l'UMP en 2002, plutôt que de rester avec Bayrou. Et s'il est devenu l'un des barons des Hauts-de-Seine, il a aussi fait bcp pour sa ville, et continue à le faire sans se reposer sur ses lauriers ou le glacis politique qu'il aurait pu se ménager autour de lui. Et puis, c'est un peu gonfler de nommer secrétaire d'Etat à la fonction publique un maire qui a privatiser la gestion des RH de sa commune...
Pour ce qui est de sa mise en examen, on peut attendre le jugement pour juger. Et au poste, qu'il occupe, somme toute assez modeste, je ne pense pas que cette mise en examen contribue à décrédibiliser l'ensemble de l'action gouvernementale.
Si j'ai voulu insister sur l'arrivée de Wauquiez et Bockel, c'est parce que je trouve intéressant de noter que Sarko n'a pas répondu au 2nd tour par un réflexe clanique, mais qu'au contraire, il a poursuivi l'intégration de personnalités à la marge de la ligne conservato-libérale de l'UMP. Histoire de calmer ses troupes, il aurait pu se la jouer "intégration d'hommes d'expériences" ou "intégration de fidèles sarkozystes". Or ce n'est pas vraiment le cas. Et l'ouverture se fait au final surtout grâce à des centristes, qu'ils soient de gauche ou de droite.
Ecrit par : Bob | 20.06.2007
@ bob
Santini fait partie de ces hommes politiques pour qui j'ai eu une certaine estime....il y a bien longtemps ! Qu'il soit un bon maire je n'en doute pas, mais cela ne suffit pas au niveau national. Ce mélange des genres entre politique et boufonnerie qu'il effectionne décrédibilise je crois toute l'action politique.
Quant à sa mise en examen, cela ne veut évidemment pas dire culpabilité. Mais c'est pour le moins maladroit pour Sarko d'avoir pris le risque... Il aurait pu attendre que cette affaire soit finie.
Ceci dit, je reste pour le moins dubitatif sur l'évolution de ce gouvernement à moyen terme. Sarko et Fillon vivent un peu une période de lune de miel actuellement. Mais viendra forcément un moment, dans six mois ou dans un an, où les choses vont se gâter. C'est le destin de tout gouvernement de vivre des périodes de disgrace. Des mouvements sociaux auront lieu, forcément. Des mécontentements se feront entendre... Sur certains sujets les ministres d'ouverture, que ce soit du centre ou de gauche, risquent de se retrouver en situation plus que délicate.
Par exemple, concernant le principe de la franchise médicale. Sachant qu'eux mêmes n'adhèrent pas sur ce sujet au programme de Sarko et que, Sarko l'a dit et redit, il appliquera tout son programme, et les ministres sont là pour appliquer son programme. Quelle sera leur attitude ???
Idem sur les sujets concernant la dette, l'éducation nationale, ou d'autres...
La grande différence entre ce gouvernement et celui de Jospin en 97 qui tous deux intègrent des sensibilités très différentes, c'est que d'un coté il y a eu un contrat de gouvernement négocié entre partenaires, tandis que de l'autre il s'agit de ralliements individuels (dont certains de valeurs, je ne le nie pas), mais qui sont là uniquement pour appliquer le programme de Sarkozy. Lequel n'est soumis à aucune pression, puique de toute façon il n'a absolument pas besoin d'eux. Il peut à tout moment, en cas de difficultés, décider de s'appuyer sur ses fidèles en virant finalement tous les centristes ou de gauche. Un peu comme Juppé avait éjecté subitement les fameuses Juppettes !
On verra quelle sera la durée de vie de tout cela...mais j'ai un gros doute !
Ecrit par : Bertrand | 20.06.2007
Santini est sous le coup d'une mise en examen pour prise illégale d'interet. Je ne sais pas je me faisait une autre idée de l'ethique en politique...
Ecrit par : Xavier | 21.06.2007
@Xavier
Santini.... sans doute l'illustration de la fameuse "rénovation de la vie politique" chère à Sarkozy !
Un autre semble...pour le moins fragile :
"Les Bretons n'ont pas été moins surpris d'apprendre par la presse régionale que Jean-Yves Le Drian, le président (PS) de la région Bretagne, avait été approché à plusieurs reprises après le second tour pour se voir proposer le ministère de la défense, attribué à Hervé Morin dans le gouvernement Fillon 1. M. Sarkozy est allé jusqu'à décrocher lui-même son téléphone, après plusieurs refus successifs, pour lui en formuler l'offre. Jacques Le Guen, député du Finistère, ne décolère pas. "Déjà qu'en Bretagne on est en vrac, comment voulez-vous qu'on arrive à reconquérir la région si le président de la République fait lui-même des avances au président de région ? Je ne sais pas si c'est ce qu'on appelle l'ouverture mais, en tout cas, c'est une sacrée rupture..." (Source Le Monde 21/06)
A croire que Sarkozy pensait déjà à virer son Ministre de la Défense au bout d'un mois...
Et vu les tensions actuelles au sein de l'UMP, entre Devidjian qui pense "qu'il faut pratiquer l'ouverture jusqu'aux Sarkozystes", Coppé qui dit qu'il "faudra panser quelques plaies à droite", et Raffarin - qui n'est pourtant pas le pire des gauchistes - affirmer (souhaiter ??) "qu'il n'y aura pas de majorité pour voter la TVA sociale", ça m'a l'air assez mal parti la cohésion majoritaire ! Sans compter que le groupe UMP compte désormais une députée de moins, qui elle, parle carrément de "double trahison" à propos de Sarkozy.
Ecrit par : Bertrand | 21.06.2007
à Bertrand
C'est certain que dans les rangs de l'UMP la pillule est un peu amère... surtout du côté des libéraux qui ne compte que Novelli comme représentant au gvt. D'autant que Novelli est loin d'être une lumière...
Maintenant, cela montre bien que Sarko a une démarche d'ouverture sincère. Quelque part il prend le risque d'avoir une majorité moins monolithique que prévu. Il n'est pas non plus complètement idiot de penser que l'affaire de l'annonce de la TVA sociale a été suffisament mal gérée pour que ce ne soit pas totalement involontaire. Que Borloo est gaffé est une chose. Que Fillon n'ait pas rectifié le tir est plus étrange. Que Sarko est attendu le dernier moment pour le faire, l'est encore plus.
Je pense que Sarko compte réellement devenir l'artisan d'une recomposition politique. En captant des socialistes modernes, il ne fait que démontrer l'archaïsme du PS. En marginalisant les libéraux et en se souciant assez peu des députés UMP tendance "godillots", il prend acte de leur faiblesse et de leur nullité. On sait bien que ces armées de députés UMP seront les premiers à le lâcher car il n'ont aucun intérêt pour leur mandat national et font tjs de la politique à la grand papa, matinée de clientelisme et de populisme.
En fait la majorité rêveé de Sarko n'est pas à l'Assemblée, mais dans son gouvernement. Et si le Nouveau Centre n'y occupe clairement pas de postes clés, il a quand même trois représentants. Ce qui est bcp pour un parti dont tu dis qu'il risque de n'occuper qu'un rôle de force d'appoint vouée à se fondre dans un rôle d'UMP bis.
Au contraire, je pense que Sarko a fait le constat que grâce à leur passage à l'UDF des années 2002-2005, les députés UDF sont des élus qui bossent et savent contribuer constructivement au débat politique.
Ecrit par : Bob | 21.06.2007
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