08.05.2008

"Tous pourris": quand Fatal Bazooka dérape

Mickaël Youn as Fatal Bazooka a sorti le clip de "C'est une pute", nouvel opus où il décline son fameux personnage de Christelle Bazooka, grande prêtresse de la discussion palmaire. Sans être fabuleux, le clip est plutôt marrant, avec un jeu sur du type "Un homme à femme, c'est un séducteur, Une femme à homme, c'est une pute", la conclusion étant toujours la même. Là où le clip dérape, c'est quand Youn se transforme en maire coupant un ruban d'inauguration pour illustrer le "salop"... Dans la série "tous pourris" on a rarement fait moins fin... Une vidéo déjà vue plusieurs centaines de milliers de fois, en ligne depuis un mois, et qui n'a pas encore vraiment soulevé d'émoi à ma connaissance... 


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Baromètre du FigMag : le MoDem ne convainc plus.

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29.04.2008

Pourquoi j'ai voté Sarko au 2nd tour. Bilan un an après.

Comme un certain nombre d'électeurs centristes, j'ai fait le choix, au second tour de l'élection présidentielle de voter pour Nicolas Sarkozy. Retour sur les raisons qui ont fondées ce choix et bilan après un an de sarkozysme présidentiel.

Après l'échec relatif de Bayrou au 1er tour, les centristes se trouvaient face à une triple alternative. L'abstention par dépit. Le vote Royal par esprit contestataire. Le vote Sarkozy par esprit constructif.

Le premier, confortable, mais finalement peu responsable, était tout à fait honorable. Voter pour Sarko ou Ségo, c'était en effet tirer un trait sur l'aventure bayrouiste. C'était considérer que les centristes ne pourraient, dans la séquence à venir, poursuivre leur stratégie d'autonomie.

Le vote Royal quant à lui, était essentiellement tactique. Donc selon moi bien moins honorable. Il s'agissait de tenter de faire perdre Sarko coûte que coûte, quitte à renier à la fois ses idées et le rêve d'un centre qui n'aurait pas été plus autonome comme supplétif du PS qu'il n'a pu l'être comme allié-soumis au RPR dans le passé.

Reste le choix Sarko. Pour moi, plus que stratégique, il fut aussi un vote d'adhésion. Par défaut. Mais un vote d'adhésion tout de même.

Première raison, le volontarisme. Sarkozy, en tant que ministre de l'intérieur, mais aussi sous Balladur en tant que ministre du budget avait su démontrer qu'il était une nouvelle incarnation du volontarisme en politique. L'idée qu'en agissant, il est toujours possible de faire plus qu'en restant essentiellement passif, comme avaient pu l'être, au moins dans leur style suranné et compassé, Mitterrand et Chirac.

Deuxième raison, la rupture face au système. Si la véritable rupture était bien celle prônée par Bayrou, celle qui aurait fait voler en éclat, par sa seule élection, une bonne partie des pratiques et des institutions de la Ve République, Sarko avait lui aussi été le chantre d'une rénovation en profondeur du système politique. Et sur des fondements plus crédibles que la démocratie participative ségoléniste, impraticable et dangereuse pour la démocratie représentative, la seule qui vaille à mes yeux.

Troisième raison, le programme économique. Si le programme de Sarko sentait bon la machine à promesses, il était toutefois principalement d'essence libérale. Seul véritable point noir, sa mollesse quant aux déficits publics et le mirage d'un certain dirigisme économique à la grand papa. Mais sur ces deux points, je n'avais pas trop d'inquiétude quant à la realpolitik à laquelle il serait bien obligé de se plier. Qu'il s'agisse du déficit ou de l'interventionnisme, il serait bien obligé de se rendre rapidement aux évidences respectives de l'urgence et l'impuissance.

Quatrième raison, le rassemblement. Pour moi, le centre est le fruit d'une tradition historique, il est porteur d'un corpus de valeurs qui le porte naturellement à s'allier avec les forces de droite, pourvu qu'elles soient relativement modérées. Contrairement à ce que l'on a bien pu dire durant la campagne, Sarko incarne une droite relativement modérée. Bien moins libérale qu'un Madelin avec lequel nous fûmes pourtant alliés jusqu'en 1998. Bien plus sociale que la plupart des droites européennes. La droite française reste une droite influencée par le syncrétisme gaulliste, qui la positionnerait au centre-gauche dans bien des États membres de l'Union. L'intérêt d'une alliance avec le centre, c'est que ce dernier la modère sur ses travers. Au dirigisme, le centre répond libéralisme. A l'individualisme, le centre répond humanisme social. Au nationalisme, le centre répond Europe. Aux valeurs traditionalistes, le centre répond ouverture sur les sujets sociétaux. En tout cas, le centre tel que je le conçois.

Cinquième raison enfin, l'adhésion à la bipolarisation. Votez Sarko, c'était aussi assumer que la France était, depuis l'élection au suffrage universel instituée en 1962, entrée dans un système politique viscéralement bipolaire. Et que les Français l'avait accepté massivement, trouvant en l'alternance, devenue possible depuis 1981, une façon de faire vivre la démocratie. Revenir sur cette bipolarisation n'est possible qu'en changeant le mode de scrutin présidentiel. Ce qui est impossible. En outre, bipolarisation ne veut pas dire bipartisme, mais seulement l'affrontement de deux coalitions naturelles de partis, l'une ancrée à droite, l'autre à gauche. Dans la bipolarisation, le centre peut donc continuer à jouer un rôle, certes minoritaire. Mais à long terme, rien ne lui interdit de modifier sa stratégie d'alliance. Avec un PS rénové, dans le cadre d'un contexte local ou régional particulier, le centre reste une force libre, capable de s'allier intelligemment. Mais cela n'est possible, comme dans les autres États européens, que dans un cadre clair pour le citoyen-électeur. Quand la CDU allemande s'allie avec le SPD au niveau fédéral ou avec les Verts à Hambourg, cela reste exceptionnel et non une règle de l'alliance à géométrie variable systématique.

Passons maintenant au bilan.

Sur le volontarisme, la déception est grande. Plutôt que de volontarisme, Sarkozy a fait preuve d'agitation tous azimuts. Le volontarisme aurait consisté à une sorte de Grenelle général. Une traduction concrète, avec échéancier, de ses promesses de campagne en un programme législatif de mandature. Bien au contraire, la réforme a été lancée dans tous les domaines sur le mode classique de la réformette. Plutôt que de réformer le système fiscal en profondeur, on nous a livré un paquet fourre-tout, peu lisible, et qui plus est sans réel effet immédiat. Plutôt qu'une réforme de l'enseignement, on a donné une semi-autonomie aux universités. Puis on a distillé, sans mise en perspective, des réformes de l'éducation nationale, qui semblent être autant de perles enfilées sur un collier que l'on sait déjà sans fin depuis 30 ans. Plutôt que de libéraliser la vie économique là où cela est nécessaire, on a enchaîné les petites touches cosmétiques. L'abrogation des lois Royer-Raffarin-Galland en est certainement le plus bel exemple, la touche Chatel ayant inutilement précédée la touche Lagarde actuellement en débat, pas encore assez radicale pour réellement changer la donne.

Sur la rupture face au système, Sarkozy a confirmé qu'il était bel et bien dual en la matière. Si la réforme des institutions annoncée reste porteuse de belles avancées, Sarkozy n'a pas véritablement rompu avec le système clanique des ères Mitterrand et Chirac. Le retour d'un Guaino plus pathétique qu'inspirant une tendre nostalgie, l'omniprésence du couple Balkany en véritable décalcomanie des réseaux Pasqua, la répartition des postes élyséens et ministériels qui tient compte de l'humeur de la Première Dame, sont autant de signes que Sarko raisonne plus chef d'une bande de copains, qu'en chef d'un État moderne et démocratique.

Le programme économique. Là aussi, nous sommes loin du compte. Mais force est de constater que Sarkozy s'en est plutôt tenu à son programme initial. Mi libéral, mi dirigiste, mi père-la-morale, mi démagogue, il ne lui aura pas fallu six mois pour s'engluer définitivement dans son refus de faire des choix responsables. Plutôt que d'assumer d'emblée les réalités, Sarkozy a préféré tenter de bercer les Français dans l'illusion que nous pouvions éviter d'adapter notre économie à la mondialisation. Point de réelle remise en cause des 35h, point de traitement de choc contre le déficit et la dette publics, point de réforme de l'État-providence... Mais sur ce point, Sarkozy n'aura pas le choix. L'État n'a plus de marges de manœuvre budgétaires et les coupes ciblées qui sont actuellement réalisées démontrent l'impasse dans laquelle il se trouve. Mais plutôt que d'être le Président qui aura mis les Français face aux réalités, Sarko restera certainement celui du bonimenteur aux "poches vides". Un boulet bien lourd et dont il aura bien du mal à se délier.

Sur le rassemblement, Sarkozy a plus que rempli sa mission. Je reste un fervent amoureux de l'ouverture. Même si elle n'a pas l'ampleur qu'elle pourrait avoir en raison du sectarisme qui inspire profondément l'opposition socialo-bayrouiste, cette ouverture est bien celle dont, nous centristes, avions rêvé. Un gouvernement rassemblant Kouchner, Borloo, Alliot-Marie, Dati, Bockel, Lagarde, Yade, Wauquiez, Darcos... des missions confiées à Bourlanges, O. Duhamel, Attali, Amara, Hirsch, Simone Veil, cela reste une belle aventure politique. Et au-delà du coup politique, des symboles porteurs de sens, et l'intégration de valeurs différentes dans un esprit pluraliste. Quel dommage cependant que Bayrou n'est pas su donner à l'UDF la place qui lui revenait dans ce schéma. Mais à côté de ce tableau plus que séduisant, reste l'UMP. La large victoire aux législatives n'a fait que renforcer son godillotisme grognon par la réélection de bon nombre de députés aussi nuls qu'issus de la droite la plus conne du monde. Là encore, avec le score réalisé par l'UDF au 1er tour de la présidentielle, il aurait sans doute été possible de rééquilibrer quelque peu cette majorité en négociant des circonscriptions "gagnables" pour des candidats centristes. Las, il ne nous reste que la grosse vingtaine de députés NC et l'autre petite vingtaine de députés radicaux. Une force bien maigre, à côté des centaines d'UMP, aussi bien élus qu'une vache l'autre été avec l'étiquette Sarkozy agrafée à l'oreille droite.

Sur la bipolarisation, là aussi, le contrat est rempli. Il n'était d'ailleurs pas question de contrat, mais tout simplement de logique. Et son application était bien moins l'affaire de Sarkozy que celle des Français. En lui donnant une majorité franche au 2nd tour de la présidentielle, ils ont confirmé leur validation d'un système bipolaire. Sans réserve. Tout comme aux législatives, où entre les deux tours, ils ont porté leurs voix sur des candidats socialistes pour modérer le raz-de-marée umpiste annoncé. Tout comme aux municipales, où, lorsqu'ils ont voulu sanctionner la droite, ils ont voté à gauche, et vice-versa.

Alors, au final, était-ce un bon choix que de voter Sarkozy ?

Peut-être pas si l'on tient compte de son échec sur les principales questions de fond. Mais aurait-il mieux valu voir l'élection de Ségolène. Rien n'est moins sûr. Nous aurions certainement eu droit à un grand n'importe, sans plus de rigueur économique, sans plus de méthode dans la mise en œuvre des réformes et assurément avec encore moins d'intensité, et, qui plus est, nous n'aurions certainement pas eu d'ouverture.

Peut-être pas non plus si l'on considère que Bayrou a finalement survécu. Au fond de sa chapelle, abandonné des Français qui lui conservent pourtant une affection parfois un peu honteuse, souvent superficielle et qui ne se traduit nullement en acte d'amour électoral, Bayrou entretient la petite flamme du centrisme révolutionnaire, qui nous a tant fait espérer jusqu'au soir du 22 avril 2007. Mais la chapelle qu'il s'est construite est entourée d'un champ de ruine. En rompant de façon définitive avec ses racines, ses amis et l'homme de centre-droit, viscéralement démocrate-chrétien, qu'il est au fond de lui, la flamme qu'il entretient n'a d'autre destin que d'attendre que la chandelle qui la fait luire finisse par se consumer. Pas plus qu'au soir du 22 avril, le choix du non-choix que nous a imposé Bayrou n'a de sens.

Voter Sarkozy est donc un choix que je continue d'assumer. Parce qu'il reste un choix par défaut. Parce qu'il ne fut pas un choix irraisonné, qu'il ne fut pas le choix d'un militant aveuglé par ses croyances. Si Sarkozy m'était apparu véritablement sincère dans son volontarisme, sa capacité à rompre avec le système, son courage à assumer une ligne économique nécessaire, je n'aurais pas voté Bayrou au 1er tour. Ce que je regrette le plus au final, c'est que Sarkozy ne se soit pas muer en un autre, qu'il n'ait pas changé plus qu'il ne nous avait dit avoir changé.

Mais au final, j'ai voté sur un programme clairement présenté, par un homme dont je savais la personnalité, les qualités et les défauts.

Cela reste le principal avantage d'avoir voté Sarkozy. Celui d'avoir voté pour un candidat qui s'est placé en situation d'hyper-responsabilité. Une hyper-responsabilité qu'il a assumé et qu'il ne peut qu'assumer jusqu'à la fin de son mandat.  Sarko aura certainement apporté beaucoup à notre démocratie en ce sens.

Et si les Français l'aiment si peu aujourd'hui, c'est certainement qu'en assumant son programme et ce qu'il est, Sarkozy leur rappelle chaque jour à quel point ils ont voté pour lui en connaissance de cause. Et en conscience.

20.04.2008

Réunion du bureau de l'UDF : la version d'Arthuis

Jean Arthuis livre dans Le Point sa version du bureau de l'UDF qui s'est réuni mercredi dernier. S'il ne conteste pas que Bayrou y est resté majoritaire, il conteste le déroulement de la réunion et les "pratiques totalitaires" d'un Bayrou venu sans livres de compte. Il livre également la liste des sénateurs qui s'y sont opposés à Bayrou : Nogrix, Deneux, Ferat, Mercier et Morin-Desailly.

Ses dires confirment que Bayrou n'a qu'une vision très personnelle de la démocratie interne. Mais elle confirme surtout l'impasse que demeure l'idée de faire revivre l'UDF au sein du MoDem. D'ailleurs, Arthuis semblent en faire le deuil et annonce une "plate-forme" centriste trans-partisane associant le Nouveau Centre. A suivre...

Arthuis dénonce les "pratiques totalitaires" de Bayrou 

Jean Arthuis ne décolère pas. Le sénateur de la Mayenne, qui était présent mercredi soir au bureau de l'association centriste, a expliqué au point.fr qu'il remettait en cause les propos de François Bayrou sur le déroulement de la réunion. À l'issue de la soirée, le président du mouvement centriste avait affirmé qu'une large majorité s'était dégagée sur la question capitale de l'attribution du financement public. Avec cette précision de taille signée François Bayrou : ledit financement "ira au MoDem".

Une version vivement contestée par Jean Arthuis. "Au moment du vote, nous sommes sept à nous être levés et à avoir quitté la salle. Il y avait le président du groupe centriste au Sénat Michel Mercier, les sénateurs Marcel Deneux et Philippe Nogrix, les sénatrices Françoise Ferat et Catherine Morin-Desailly, le député européen Thierry Cornillet et moi-même. La raison était simple : lors de cette réunion, François Bayrou n'a pas apporté le budget, aucun livre de comptes, rien ! Comment voulez-vous pouvoir travailler sans document ?", s'exclame-t-il.

Jean Arthuis, qui dénonce une "pratique totalitaire", souhaite désormais "créer une nouvelle plate-forme politique qui rassemblera tous les centristes". "Des députés et des sénateurs du Nouveau Centre sont déjà prêts à nous suivre", promet-il.

Autre point de discorde : contrairement à François Bayrou, Jean Arthuis soutient que rien n'a été tranché sur la question du siège de l'UDF, situé dans le très chic VIIe arrondissement de Paris. Il souhaite désormais un accord avec le MoDem sur l'utilisation des bureaux.

Par Charlotte Chaffanjon - 12:16 | 17/04/2008 Le Point.fr

Lien vers l'article sur le site du Point.fr

"François Bayrou ou le rebelle solitaire"

C'est le titre d'une émission de Public Sénat diffusée le 11 avril dernier, qui tente de décrypter le phénomène médiatique Bayrou. Analyses somme toute assez convenues, mais intervenants assez pertinents...

Lien vers la vidéo sur le site de Public Sénat

14.04.2008

Aux "manoeuvres" de l'Elysée : Bayrou répond "plébiscite"

Rénover la démocratie, la refonder, la réinventer... voici quelques uns des leitmotive du MoDem depuis sa création. Et pourtant, plutôt qu'un laboratoire de la démocratie, le Mouvement-qui-n'a-de-démocrate-que-le-nom semble définitivement voué à fonctionner selon un mode pour le moins césariste.

Et ce, en maniant deux arguments pour le moins spécieux. L'urgence de contrer les attaques venues du dehors, la patrie "centro-modemiste" étant en danger. L'urgence de répondre aux attentes des électeurs d'avril 2007 et des nouveaux adhérents MoDem.

Et ces deux arguments, sont systématiquement utilisés, indépendemment ou cumulativement, pour mettre fin à chaque embryon de débat.

Lorsqu'il s'agissait du conseil national du 20 mai 2007, l'argument avait du sens. Aujourd'hui, on ne voit pas bien ce qui pousse Bayrou à décider du jour au lendemain d'organiser un référendum interne pour confirmer la ligne d'indépendance du parti.

En fait si, il y a deux raisons à cela.

La première est médiatique. Comme il ne reste à Bayrou que le ministère de la parole, et comme les dernière enquêtes d'opinion le voient entamer une nette chute dans les sondages, Bayrou doit trouver un source de relégitimation médiatique après son échec aux municipales. Sa stratégie pour y parvenir tient en deux axes : victimisation (dès le soir de 2nd tour il s'est présenté comme une victime des manoeuvres de l'UMP et de Sarkozy qui auraient téléguidé le choix des électeurs palois) ; soutien militant (Bayrou doit rester le héro des militants du MoDem qui continuent à le soutenir au milieu de la tempête).

La seconde est politicienne et financière. Les sénatoriales ayant lieu en septembre prochain, il serait particulièrement bien venu que Bayrou se trouve relégitimé par les militants juste avant les vacances. Juste à temps pour discréditer pour de bon l'aventure du trio Arthuis-Mercier-Cornillet visant à rendre à l'UDF son autonomie.

La fuite dans Le Monde de la note de l'Elysée sera donc tombé à point nommé. Elle donne l'occasion à Bayrou-Sarnez (cette dernière est d'ailleurs sorti de son silence post-électoral pour s'exprimer hier sur le sujet) de tuer dans l'oeuf le débat interne qui semblait pouvoir naître suite aux municipales. Elle leur permet d'accélerer les échéances, de réduire la question à une réaffirmation de la ligne sans possibilité de l'amender et de caricaturer le contexte en créant artificiellement l'idée d'un MoDem assiégé de toutes parts.

Non, le MoDem n'est pas en proie à des dissenssions internes plus fortes que celles qui le traversent depuis l'origine. L'échec des municipales aidant, elles s'expriment juste avec un peu plus de liberté. 

Non, le MoDem n'est pas plus qu'avant dans la ligne de mire de l'UMP et de Sarkozy. L'UMP veut la marginalisation de l'UDF depuis 2002. Sarko veut celle de Bayrou depuis mai 2007. Rien de nouveau donc.

Non, les départs d'Arthuis, voire de la moitié des sénateurs, ne sont en aucun cas plus dangereux que ceux des députés. Au contraire. La véritable fracture avec les élus a eu lieu dès le lendemain des présidentielles. 

Non, Bayrou n'est pas la victime de l'Elysée. Il est avant tout la victime des Français. Ces satanés électeurs, qui n'ont pas été suffisamment nombreux à glisser son bulletin dans l'enveloppe en avril 2007 pour le pousser au 2nd tour. Qui ont été trois fois moins nombreux à le faire pour les candidats MoDem aux législatives un mois plus tard. Et qui n'ont pas vu en lui un renouveau pour Pau, en tout cas juste un peu moins qu'une candidate issue de la gauche du PS, ni en Marielle une bonne façon d'équilibrer la municipalité de Delanoé...

Mais, plutôt que de donner le temps au débat, d'aborder ce passage difficile avec sagesse et le moins d'amertume possible, Bayrou fait le choix du plébiscite, dans une posture qui se veut gaullienne, mais qui tient plus de l'enfant vexé par les railleries dans la cour de récréation, et cherchant le soutien de sa bande de copains.

Il va en rester bien peu, des arguments, à ceux qui essaient depuis des mois de démontrer que le MoDem ne se résume pas à l'aventure personnelle d'un homme.